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A la une / Témoignage

Ma grossesse à 20 ans

Comme tu as pu le lire dans ma courte biographie, je suis jeune. Très jeune. Trop jeune ? Comme tu as pu le lire aussi, j’ai la grande chance d’être enceinte et d’avoir un mari super chouette.

Il y a quelques semaines, j’ai lu sur Dans Ma Tribu le témoignage d’une jeune fille tombée enceinte elle aussi très jeune, et il m’a vraiment touchée. Ainsi donc, je n’étais pas la seule ? Eh bien non ! Mais mon parcours est un peu différent, et je voulais le partager avec toi.

Enceinte jeune

Crédits photo (creative commons) : Roderick Eime

Avec mon mari, nous sommes ensemble depuis trois ans et demi maintenant. Dès le début, il était évident pour nous que nous nous fiancerions et que nous nous marierions un jour. Puis, dans la suite logique des événements, que nous aurions des enfants !

À 16 ans, donc, nous nous projetions déjà dans l’avenir. À 19 ans, nous avons pris la décision de faire de cet engagement officieux quelque chose d’officiel, et nous nous sommes fiancés. Nous étions alors en janvier 2015. Nous avons eu à ce moment-là quelques réflexions (heureusement, de personnes qui nous importaient peu !), mais nos familles nous ont soutenus à fond et étaient heureuses pour nous.

Quelques mois plus tard, en mai, j’ai appris par un malheureux test de grossesse que j’étais enceinte. Bien. Enfin, non, pas bien. Catastrophe, même ! Pourquoi maintenant ? Pourquoi nous ? Les jours qui ont suivi ont été assez chaotiques. Nous nous sommes retrouvés, mon fiancé et moi-même, dans un tourbillon de sentiments assez différents : incompréhension, colère contre nous-mêmes, déni. L’acceptation finale, nous avons dû attendre de nombreuses semaines pour la ressentir.

À 20 ans, comment peut-on imaginer être maman, papa, bref, parents ? Comment peut-on être joyeuse à l’idée d’être enceinte, quand on ne le souhaitait pas ?

Mais si je te dis que je suis enceinte aujourd’hui, tu dois te douter que je n’ai pas fait le choix de l’avortement. Pourquoi ? Je pourrais te déballer toutes mes raisons, mais au fond, je crois que ce sont surtout les idées avec lesquelles j’ai été éduquée qui ont influencé cette décision, que je ne regrette absolument pas ! Mon fiancé, qui a reçu la même éducation que moi, était d’accord.

Parlons-en, d’ailleurs, de mon fiancé ! C’est évidemment l’homme le plus merveilleux du monde entier (oui, c’est vrai, et non, je ne suis pas subjective !), et il a pris l’annonce de ma grossesse de manière beaucoup plus positive que moi. Alors que je me suis retranchée durant des semaines dans mon malheur, dans le sentiment que ma vie entière était détruite, Monsieur a vraiment pris sur lui, a réfléchi sereinement, a évoqué toutes les possibilités.

Mieux que ça : il m’a supportée, et je peux te dire qu’une jeune femme bouleversée par ses hormones et l’annonce d’une grossesse non attendue, c’est vraiment dur à vivre au quotidien. Il a entendu toutes mes peurs sans jamais me juger. Le seul moment où nous nous sommes confrontés, c’est quand j’ai évoqué l’idée de l’adoption. Là, il m’a dit fermement non. Oui, c’était moi qui le portais, oui, c’était moi qui supportais les regards malveillants et les critiques déplacées, mais non, ce n’était pas juste mon enfant, et l’adoption était hors de question.

Au milieu de toutes ces questions et de ces chambardements, nous avons passé nos partiels de fin de semestre. Joie et allégresse. Heureusement, j’ai réussi mon année sans rattrapage et j’ai su rapidement que j’étais prise en troisième année de licence de lettres. Par contre, Monsieur a dû attendre mi-juillet et la fin des rattrapages pour apprendre qu’il était pris en troisième année de pharmacie.

Puis nous avons dû annoncer la grossesse. Re-joie et allégresse. Il faut savoir que nos parents sont très traditionnels, et par traditionnels, j’entends catholiques pratiquants. Et donc plutôt pas trop pour les enfants hors mariage, voire carrément pas pour le sexe hors mariage. Je le comprends et le respecte, comme ils nous ont compris et respectés. Tu imagines bien que si je suis là pour t’écrire, c’est que je n’ai pas été brûlée sur un bûcher ou enfermée dans un couvent, réactions que j’imaginais dans mes pires délires !

Il est évident que ça n’a pas été facile pour eux. D’abord, d’accepter que leurs enfants ne partagent pas ou plus les mêmes principes qu’eux, et ensuite, d’admettre que notre avenir en serait bouleversé. L’idée que nous étions engagés depuis un certain temps ensemble les a rassurés sur notre couple, mais les mille questions que nous nous posions, ils se les sont posées eux aussi, et ça a généré pas mal de discussions. Des discussions, mais pas de disputes, ni de reproches amers, ni d’insultes, ni d’ultimatums.

Tu dois te demander pourquoi j’insiste autant sur la réaction de nos parents. Pour la simple raison qu’à 20 ans, même si nous n’habitions plus chez eux (et même, pour ma part, alors que j’habitais à 800 km d’eux), nous étions encore dépendants d’eux. Financièrement, et moralement, aussi, parfois, comme beaucoup d’autres jeunes adultes. Leur réaction et leur soutien (ou non) nous préoccupaient donc beaucoup. Après cette tempête de sentiments, d’incompréhension, nous avons pu mettre les choses à plat, envisager des solutions.

La première qui nous est apparue, ça a été de nous marier. Pas seulement pour une raison administrative, mais parce que c’était ce que nous voulions depuis le début, et que nous désirions que notre enfant et nous fassions partie d’une famille portant le même nom.

Bref, pour nous, c’était important, et nous nous sommes unis le 22 août à la mairie. Le mariage religieux, qui nous semble plus crucial et demande plus de préparation spirituelle et intérieure, attendra juillet 2016. Depuis, nous habitons ensemble, évidemment, et nous nous préparons tout doucement à accueillir notre bébé !

Au milieu de tous les témoignages et les récits de grossesses tant attendues et désirées, parfois dans la douleur, nous voilà donc qui attendons un enfant, sans l’avoir désiré, en étant jeunes, très jeunes. Est-ce que nous en sommes heureux ? Oui, maintenant, nous le sommes, parce que nous voulions un enfant, depuis toujours, parce que nous nous aimons, parce que nous aimons déjà tellement ce petit être qui joue au foot avec mes côtes.

Parmi toutes les réactions que j’ai eues quand j’ai annoncé ma grossesse, il n’y en a eu aucune de négative. Pourtant, les personnes autour de moi sont plutôt comme mes parents. Personne ne m’a jamais dit non plus que notre enfant serait malheureux parce qu’il aurait des parents très jeunes et financièrement instables.

Un enfant a certes besoin d’un certain confort matériel, mais il a avant tout besoin de parents unis, heureux et amoureux. Je n’ai pas la prétention d’avoir un couple parfait, mais j’espère que notre enfant sentira que nous nous aimons, que nous l’aimons. J’ai cette croyance un peu folle que ce sera plus important pour lui que le berceau dans lequel il dormira, ou la marque des couches qu’il aura sur les fesses !

Des parents aussi jeunes que nous posent question dans notre société. J’ai envie de dire que les parents jeunes ne sont pas plus mauvais que des parents plus âgés. La maturité est une notion subjective. Nous avons décidé vers 16 ans que nous nous marierions, déjà pleinement conscients de ce à quoi ça nous engageait… Alors sommes-nous vraiment beaucoup moins prêts à accueillir un enfant que des couples de 30 ans ?

Je crois que non, et je suis heureuse de pouvoir affirmer que je suis une future maman exactement comme les autres : angoissée par ce petit être inconnu, mais profondément heureuse de ce bouleversement, même s’il n’était pas prévu.

Et toi ? Es-tu tombée enceinte plus tôt que prévu ? Quelle a été la réaction de ton entourage ? Comment t’es-tu organisée pour accueillir ce bébé ? Viens nous raconter !

Toi aussi, ça te plairait de nous raconter ta grossesse mois après mois ? Toutes les infos pour devenir chroniqueuse grossesse, c’est par ici !

A propos de l’auteur

20 ans tout rond, un mari tout neuf, et un bébé en cours pour janvier 2016! Rêveuse et le nez toujours plongée dans ses bouquins, je suis une future maman heureuse. Quand le temps me laisse un peu de répit, j'aime écrire et rêver de mon futur mariage en été 2016!