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A la une / Témoignage

Après mon avortement, la fausse-couche d’une grossesse désirée

Me revoilà, presque un an après mon dernier article qui parlait de mon avortement lorsque j’avais 19 ans.

Il s’en est passé, des choses, depuis !! À la fin de mon article, je t’expliquais que suite à cet avortement, et malgré une envie de fonder une famille avec mon mari parfait (si, je te jure, je suis objective !), je n’arrivais pas à envisager une grossesse.

Je voulais un enfant, mais je ne voulais pas être enceinte. J’ai mis du temps à le vouloir. Et j’y suis arrivée !! En grande partie grâce à ma cousine, sœur de cœur et témoin de mariage. Le vrai tour de magie, c’est qu’elle m’a convaincue sans s’en rendre compte.

Après mon mariage en avril (d’où je tire mon pseudo), nous sommes allés chez elle plusieurs fois en quelques mois pour des petits séjours bien sympas. Ma cousine a six ans de plus que moi, elle est mariée et a deux enfants géniaux.

Passer autant de temps avec eux, jouer avec eux, parler avec ma cousine, tout cela a agi sur moi comme une thérapie. En plus, j’ai pu voir mon mari jouer avec les enfants et même aider la petite dernière à se débarrasser de sa phobie de l’eau, avec patience et en jouant. Le voir si heureux me remplissait de fierté et d’amour.

Au final, après ces quelques jours chez ma cousine, le désir de grossesse a commencé à vraiment pointer le bout de son nez. Je voulais vraiment un enfant : rire, câliner, écouter ce petit être qui serait à la fois le mien et le sien. Je voulais voir mon mari heureux comme je l’avais vu dans la piscine avec ma petite cousine.

Je voulais tellement tout ça que trois mois après, j’étais enceinte ! Comme quoi, un blocage psychologique peut durer des années et se dénouer très rapidement.

Au retour de nos vacances, fin août, je fais un test de grossesse à cause d’un tout petit retard, sous l’insistance de mon homme. Un petit plus apparaît !! Je n’en reviens pas, j’ai du mal à réaliser. Lui est fou de joie et me prend dans ses bras.

Ça tombe bien, j’ai mon rendez vous annuel chez le gynécologue deux jours plus tard !

Le jour du rendez vous, je lui annonce que je suis enceinte. Il me félicite gentiment, m’examine et me donne l’ordonnance pour la prise de sang à effectuer dans les jours qui suivent.

On annonce la grande nouvelle à ma cousine, et on décide de l’annoncer aux parents de l’homme. On a voulu leur annoncer dès les premiers jours, car sa maman se bat contre une méchante bête, qui s’est installée dans son sein depuis quelques mois… Elle le vit très mal, physiquement et moralement. Lui annoncer qu’elle va être grand-mère nous semble la meilleure solution pour lui remonter le moral. Il ne faut donc pas attendre plus longtemps !

Les futurs grands-parents n’en reviennent pas, Beau-Papa reprend même un second apéritif. On passe une super soirée.

Bon, tu as vu le titre de mon article, tu te doutes bien que la félicité n’a pas duré…

Petite étoile

Crédits photo (creative commons) : Jason Rogers

Trois jours plus tard, au réveil, je vais faire pipi et j’aperçois deux petites gouttes de sang au fond de ma culotte… Mon mari n’est pas du tout rassuré, mais j’arrive à le faire partir au travail en lui promettant d’appeler le gynéco dès que son cabinet ouvrira, quelques heures plus tard.

J’appelle et je tombe sur la secrétaire. Je lui explique pourquoi j’appelle. Je pensais qu’elle allait me dire de surveiller le fond de ma culotte pendant quelques jours, mais elle me prend un rendez vous avec le gynéco dans une heure. Je rappelle mon mari pour lui expliquer, il lâche tout son boulot et arrive à la maison en trente minutes.

Moi, dans tout ça, je ne vois pas trop pourquoi le gynéco veut me voir (naïve que je suis !), je me dis que c’est juste l’implantation de l’embryon qui a provoqué ces deux gouttes de sang.

Le gynéco nous reçoit, me demande de décrire la perte de sang et m’envoie faire une échographie d’urgence au rez-de-chaussée. L’attente pour l’écho est quand même assez longue, on attend plus d’une heure et on ne sait pas quoi se dire pour se rassurer….

Enfin c’est mon tour. L’échographiste cherche l’embryon et me dit qu’il ne voit rien… Il nous explique qu’il y a trois possibilités : soit la grossesse est extra-utérine (mais vu que je ne souffre pas, c’est peu probable), soit l’embryon est encore trop petit pour être visible (mais vu le terme de la grossesse, c’est peu probable), soit…

C’est une fausse-couche. Ça y est, le mot est lâché. C’est le premier à le prononcer depuis ce matin. Je me retrouve face à la réalité et j’ai l’impression de prendre un train en pleine figure.

On retourne en salle d’attente le temps que l’échographie soit imprimée, pour ensuite retourner voir le gynéco. J’ai les larmes aux yeux, mais je garde espoir, peut-être que le gynéco aura un autre avis ? Je suis tellement sous le choc que je ne pense pas un seul instant à mon mari, qui lui aussi a peur.

Le gynéco nous reçoit à nouveau, regarde l’échographie et au bout de quelques secondes qui me semblent interminables, il nous annonce que c’est bien une fausse-couche. Il n’y a pas d’autre explication. Il nous explique que plus de 20% des grossesses finissent en fausse-couche durant le premier mois, que c’est triste mais pas exceptionnel. Je fonds en larmes, pas pour moi, pas pour mon mari, mais pour ma belle-mère. Comment lui annoncer ça sans l’anéantir ?

Nous rentrons chez nous, complètement effondrés. Je n’arrive pas à parler, mon mari m’amène sous une douche brûlante, sous laquelle je reste immobile en pleurant durant de longues minutes.

Tu sais ce qui est le pire, dans tout ça ? Ce jour-là, c’était mon anniversaire, le jour de mes 25 ans. Et j’ai reçu des sms tout au long de la journée me souhaitant d’être heureuse et, cruauté du destin, de passer « une super journée »…

J’ai mis du temps à m’en remettre. Déjà parce que j’ai saigné durant un mois, mais aussi parce qu’une fausse-couche, même si tôt dans la grossesse, reste un véritable traumatisme.

Je ne sais pas combien d’après-midi j’ai passé à pleurer en boule sur le canapé, durant les mois qui ont suivi. Je me rappelle avoir même fait une espèce de crise d’hystérie où je pleurais, criais en disant que mon avortement aurait peut-être aussi débouché sur une fausse-couche, que je n’aurais jamais d’enfant, que je ne ferais que des fausses-couches… Je regrette d’avoir fait subir ça à mon mari, qui a été absolument parfait : c’était mon roc auquel je m’accrochais.

Aujourd’hui, plusieurs mois après, tout va bien : une petite grenouille s’est installée dans mon ventre depuis quatre mois. Mais ça, ça fera l’objet d’un autre article !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Je suis une passionnée d'histoire, de dessins animés et de pâtisserie. Après avoir quitté la région parisienne, je vis dans une maison en province avec mon mari, nos deux chats et Petite Fleur. C'est une petite fille gentille et malicieuse qui illumine chacune de nos journées.