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A la une / Récit de grossesse

Entre joie et angoisse : la grossesse après ma fausse-couche

En juillet dernier, mon article concernant la fausse-couche que j’ai vécue en janvier a été publié… et à ce moment-là, j’ai découvert que j’étais enceinte de plus d’un mois et demi !

Nouvelle grossesse, nouvelle expérience. Immédiatement après avoir découvert ma grossesse, je préviens ma meilleure amie, photo du test de grossesse à l’appui. J’ai besoin de lui en parler, j’ai besoin de savoir qu’elle sera là, à nouveau, quelle que soit l’issue de cette nouvelle histoire.

Lorsque mon mari se réveille, je lui offre le test de grossesse… On peut faire plus glamour, comme annonce ! Seulement voilà, je ne peux pas attendre, il faut qu’on fasse face ensemble. Et si, à nouveau, ça se passe mal ? Et si, au contraire, tout va pour le mieux ? Difficile d’expliquer à ce moment-là ce que je ressens : une immense joie, et en même temps, une grande angoisse… Nous décidons d’un commun accord de ne rien dire à personne, si ce n’est à ma meilleure amie (qui, de toute façon, est déjà au courant !).

Grossesse après fausse-couche

Crédits photo (creative commons) : Unsplash

La gynécologue qui m’a vue pour l’échographie de contrôle après ma fausse-couche m’avait dit de la rappeler dès que je serais à nouveau enceinte, ce que je fais ! Elle réalise une première échographie où, hélas, nous ne voyons rien… Mais une semaine plus tard, un petit cœur bat ! Quelle joie !

Nous gardons le secret, tant au travail que dans nos familles. Je n’ai pas envie de revivre une annonce qui sera immédiatement suivie de larmes et de tristesse. Mon côté de la famille a été particulièrement touché par des deuils périnataux, avec notamment le décès de deux de mes petites nièces, suite à la découverte de malformations importantes in utero. Je veux donc me préserver, et préserver ma famille « au cas où ».

Cet « au cas où » est terrible car même si j’ai immensément envie d’annoncer cette grossesse à la terre entière, même si j’ai envie de m’y investir avec énormément d’intensité et de bonheur, je n’ose pas. Je n’ose pas par peur d’être déçue, par peur d’être triste, par peur de revivre la douleur.

Heureusement, mon mari et moi en parlons. Nous ne nous projetons pas trop, mais nous savourons tous les deux le bonheur de nous dire qu’un petit être grandit là, en dedans, avec tout cet amour que nous lui apportons. Nous espérons juste qu’il prenne de la force et de la vitalité !

J’oscille entre joie immense, peur panique, angoisse indescriptible et bonheur simple. J’ai quelques saignements et des douleurs importantes au premier trimestre, qui me donnent l’impression de revivre un cauchemar… alors qu’il faut simplement que je lève un peu le pied !

À ce moment-là, je suis allée aux urgences gynécologiques, j’ai attendu longtemps, et je suis tombée sur un horrible médecin qui m’a auscultée en deux minutes, m’a fait une écho mais sans me laisser voir notre bébé, et m’a expédiée en me disant que « je n’étais pas une chochotte ». Pour la psychologie et le soutien, on repassera !

Je suis beaucoup sur le qui-vive, je me demande toujours si ce que je vis, ressens, découvre est normal. Nous traversons tout cela ensemble avec mon mari, qui me canalise, me rassure, me rappelle que « jusqu’ici tout va bien ».

La première échographie officielle est à la fois merveilleuse et angoissante. L’angoisse m’assaille dès la salle d’attente. Je sens ma gorge se serrer et je broie la main de mon mari. Dès l’installation sur la table d’examen, le médecin (une remplaçante) me dit : « Bon, on va régler la chose immédiatement, car je vous sens stressée… » Boum boum boum… « Voilà, ça, c’est le cœur de votre bébé. Qui bat bien, très bien, même. »

Je retiens mes larmes, on est émus tous les deux ! Notre coquin de bébé a décidé de ne pas se tourner du bon côté, de sorte que nous pouvons l’observer longuement et sous tous les angles avant qu’il n’accepte de nous laisser voir sa nuque et son joli profil. C’est magique. Magique et émouvant.

Après cela, nous pouvons dire à tout le monde que nous attendons un bébé. Ma mère s’en doute depuis longtemps, mes beaux-parents n’ont rien vu, nos frères et sœurs non plus, alors que nous les avons tous vus pendant les vacances, à quelques jours seulement de la première échographie ! Cette fois-ci, l’annonce est plus simple, par téléphone (en raison de la distance géographique). Elle n’en est pas moins très heureuse !

Depuis, il y a eu la deuxième échographie, et nous avons été bien rassurés car tout allait bien. Mon ventre se voit bien désormais, même si la plupart des familles auprès de qui je travaille ne voient rien si je ne le leur dis pas ! Mes collègues sont aux petits soins avec moi. À pratiquement 6 mois de grossesse, la fatigue est bien présente, mais en dehors de cela, je me sens bien. « Jusqu’ici, tout va bien. »

Et toi ? As-tu vécu également une grossesse après une fausse-couche ? Quel était ton état d’esprit ? Arrivais-tu à te réjouir ou pas du tout ? Viens en parler…

A propos de l’auteur

33 ans, mariée depuis 2014 et maman de Charlotte (2017) et Cyprien (2019)