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L’histoire de ma GEU ou comment j’ai failli mourir (et comment Mamour m’a sauvé la vie) : l’après


Publié le 25 mai 2020 par Ninette

Dans l’épisode précédent, je te racontais comment j’avais survécu à une hémorragie interne importante due à une grossesse extra-utérine rompue. Revenons à présent sur la façon dont j’ai surmonté cette expérience potentiellement traumatique.

Les conséquences psychologiques

Je suis donc allée voir une psychiatre puisque tout le monde me l’avait conseillé. Je l’ai fait non parce que j’en ressentais le besoin mais parce que je voulais avoir l’humilité d’admettre qu’il se puisse que je sois plus affectée que je ne le pensais par cette expérience.

En fait, il s’est déroulé pas loin de trois semaines entre mon hospitalisation en urgence et la première consultation psychiatrique de ma vie et je pense que j’avais fait le chemin toute seule, avant d’aller voir la psy. Je suis quelqu’un qui ne parle pas de soi facilement (j’ai dit « parler », pas écrire, les chroniques sur DMT ça ne compte pas !) mais qui peut passer des heures et des heures en introspection (d’où les chroniques sur DMT probablement…). Alors peut-être que, dans certains cas du moins, ça me sert de thérapie. Quoiqu’il en soit, j’ai assez peu parlé de ma GEU à cette psy, j’en ai surtout profité pour parler d’autres choses, qui, elles, mériteraient une vraie psychothérapie. Et j’ai mis un terme à tout ça au bout d’une dizaine de séances pour des raisons personnelles qui n’ont rien à faire sur DMT.

Crédits photo (creative commons) : Polina Zimmerman

Mamour a, lui, moins bien surmonté cette GEU. Lui, a eu peur pour moi certes, mais, contrairement à moi, il a été surtout très affecté par le fait de voir s’éloigner son rêve de paternité. Et puis, il s’est senti délaissé car toute l’attention familiale et amicale s’est portée sur moi dans les semaines qui ont suivi. Peu de gens se sont inquiétées de savoir comment lui allait. C’est vrai que j’avais eu le rôle principal, mais il était une victime collatérale et personne ne l’a vraiment perçu.

Voilà pour les aspects psychologiques immédiats. Mais et mon corps dans tout ça ?

Les conséquences physiques

À la sortie de l’hôpital (48 heures après mon arrivée en fanfare), l’obstétricien qui m’a sauvé la vie (oui rien de moins… je dois la vie à pas mal de monde en fait… et d’ailleurs c’est ce même obstétricien qui libérera Bibou de mon bassin où il sera coincé tout juste un an plus tard… mais ceci est une autre histoire…), l’obstétricien qui m’a sauvé la vie donc, me conseille de reprendre la pilule pendant 6 mois. Moi, je suis plutôt d’accord. C’est vrai quoi ! On vient de faire quatre trous dans mes abdos (un au niveau du nombril, un juste au-dessus du pubis et un de chaque côté du bas-ventre) et de me retirer une trompe, alors mon petit bidou a bien le droit de rester tranquille le temps d’un semestre… Flûte ! (en vrai, je suis beaucoup plus vulgaire que ça…)

C’était sans compter sur Mamour et sur son incroyable (et pénible) pouvoir de persuasion… (et sur son angoisse que mon corps se réhabitue à la pilule et qu’il faille de nouveau attendre plusieurs mois qu’il s’en libère et que je développe une peur de retomber enceinte si on attend trop et que lui, il approche la quarantaine et qu’il n’est toujours pas papa et qu’il a tellement hâte qu’on ait un bébé tous les deux et blablabli  et blablabla…) Il a donc tenu à ce qu’on demande l’avis de notre médecin traitant, puis de ma gynéco et les deux pensaient que 3 mois pouvaient suffire si tout se passait bien.

Et tout s’est bien passé. On m’avait prescrit un arrêt de travail de deux semaines. Autant dire qu’après ce que je venais de vivre, je trouvais ça court a priori, mais il s’avère que j’ai pleinement profité de ces 15 jours. Si j’ai demandé une prolongation d’une semaine, c’est simplement sur les conseils de mon entourage. Et il faut croire que j’ai bien fait car, quand j’ai repris le travail, mon chef, toujours très délicat, a cru bon de me dire : « Ah ! Vous avez meilleure mine que la semaine dernière ! » (quand je lui avais apporté ma prolongation…)

Il faut dire que Mamour a tout pris en charge pendant ce temps et que je n’ai eu pour ma part qu’à me laver, manger, m’allonger et lire. Ça aide. Qui plus est, il a été très à cheval sur mon régime alimentaire afin que je fasse le plein de fer en plus des compléments prescrits à l’hôpital (hémorragie, transfusion, anémie, tout ça).

Une nouvelle grossesse ?

Bref. Nous avons donc repris les essais bébé à peine 3 mois après cette aventure… Je ne suis pas une grande angoissée de nature. Alors évidemment, je pensais aux risques de GEU, mais l’obstétricien m’avait bien dit que c’était la faute à Pas-de-chance, que des récidives survenaient parfois notamment dans une trompe abîmée, mais la mienne était tellement hors d’usage qu’on me l’avait enlevée… Donc j’ai pris le parti du lâcher prise.

La vérité c’est aussi que d’avoir survécu à tout ça, d’avoir surmonté cette souffrance, d’avoir fait confiance à tous ces professionnels de santé, d’avoir vu que je pouvais garder mon sang-froid dans une telle situation, ça m’a en fait permis de me sentir plus prête à vivre la grossesse et surtout l’accouchement.

Et ça a marché tout de suite… Oui ! Bibou s’est installé dès le premier cycle ! Ma gynéco m’avait expliqué que, même avec une seule trompe, ma fertilité ne serait pas forcément affectée. En effet, les schémas de l’appareil reproducteur féminin qu’on connaît sont une représentation « aplatie », ou « étalée » si tu préfères, du matos. Mais dans la réalité, tous ces machins, les ovaires, les trompes, l’utérus, sont quasiment tous à touche-touche et l’ovule sécrété par l’ovaire célibataire peut très bien être adopté par la trompe normalement dédiée à son frère jumeau.

Tu vois, ça, par exemple, c’est une représentation beaucoup plus étalée que dans la réalité – Crédits photo (creative commons) : episy2

Bon. J’ai beau ne pas être une grande angoissée, on a quand même sauté l’étape du test de grossesse urinaire (qui ne s’était pas montré très fiable pour la grossesse n°1) et fait une écho très précoce, dès les résultats positifs de la prise de sang, pour être sûrs que ça ne recommence pas (et on fait pareil pour Titou aussi d’ailleurs).

J’aurais aimé te parler de mes deux (autres) grossesses… Mais il y a tellement d’autres choses à raconter sur la vie de maman…

Et toi ? Est-ce que tu savais qu’on pouvait procréer aussi bien avec une seule trompe qu’avec deux ? Ou bien étais-tu aussi ignorante que moi sur le sujet ? Dis-moi tout !


 


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