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L’histoire de ma GEU ou comment j’ai failli mourir (et comment Mamour m’a sauvé la vie) : l’attente


Publié le 21 mai 2020 par Ninette

Je suis consciente que ma chronique ne déflore pas le sujet de la grossesse extra-utérine, mais je tenais à apporter mon témoignage sans doute un peu par nombrilisme (on en souffre toutes un peu ici, non ?) mais aussi parce que, s’il sera similaire à d’autres sur certains points bien sûr, il a aussi sa part d’originalité.

La principale spécificité de mon expérience c’est que j’ignorais que j’étais enceinte avant de me retrouver aux urgences et que je n’ai rien vu venir. C’est comme ça que j’ai appris que la GEU est une cause de mortalité importante dans les pays industrialisé et qu’elle y est même la première cause de mortalité liée à la grossesse. Ça peut paraître bête mais je n’avais jamais envisagé que ce que je pensais être un « accident » relativement rare puisse être aussi grave. En fait, ce n’est ni rare (2% des grossesses, si j’en crois mes recherches), ni anodin.

Le début des essais

Quelques semaines après que Mamour m’a fait sa demande en arrêtage-de-contraception (je t’ai dit que j’aime bien inventer des mots ?), j’ai décidé d’accéder à sa requête. Quatre mois plus tard, mes règles tardant à arriver, nous décidons de faire un test de grossesse urinaire.

*Mode digression on*

Je dis « nous décidons » parce que je ne sais pas comment font celles qui « annoncent » leur grossesse à leur chéri. Le mien savait précisément où j’en étais de mon cycle et il n’était pas envisageable que je puisse prendre un rendez-vous au labo sans qu’il soit au courant. Il faut dire Mamour est légèrement control freak… Donc, moi, je n’ai jamais eu d’annonce de grossesse à lui faire, et même, pour Bibou, il l’a su avant moi… Mais c’est une autre histoire…

*Mode digression off*

Le test urinaire s’avère négatif. On se dit qu’on va quand même le faire confirmer par un test sanguin, mais je n’ai même pas le temps de me le faire prescrire que mes règles arrivent. Je ne me pose plus de question : je ne suis pas enceinte, ce ne sera pas pour cette fois.

Mes règles me paraissent normales, un peu plus abondantes que les précédentes peut-être, mais, après 15 ans de pilule, il faut bien que les choses se remettent en place.

Le début des ennuis

Une quinzaine de jours plus tard, je commence à ressentir des douleurs abdominales, peu intenses mais qui rayonnent dans le dos. À mesure que la journée passe, je me sens de moins en moins bien. En rentrant du travail, je m’allonge, sous l’œil gentiment moqueur de Mamour qui pense que je vais passer la nuit sur les toilettes… Moi, je n’y crois pas vraiment car la douleur que je ressens, si peu intense soit-elle, ne ressemble à aucune douleur que je connaisse déjà, menstruelle ou intestinale. Je ne m’inquiète pas outre mesure. D’après mes calculs, je dois être approximativement en période d’ovulation, donc il est possible que ça travaille d’une manière ou d’une autre là-dedans…

Je passe une mauvaise nuit. Je me lève pour prendre un antalgique quelconque et quand je me réveille, ça ne va pas plus mal alors je me lève pour aller au travail… Puis finalement non : en sortant de la douche, j’annonce à Mamour que je ne peux pas aller travailler avec cette douleur au ventre. J’appelle donc mon médecin traitant qui ne peut me recevoir que dans l’après-midi. Comme mes douleurs, bien que désagréables, sont tout de même gérables, j’accepte. Je reviens me coucher tout en expliquant à Mamour que la douleur s’est déplacée : j’ai maintenant mal sur le côté gauche, juste au-dessus de l’aine.

Tout de suite, Mamour me dit : « J’espère que tu ne fais pas une grossesse extra-utérine ! » Je lève les yeux au ciel : Mamour a en effet une formation médicale mais il a aussi une tendance extrême à la dramatisation systématique de tout. Et puis, quand bien même je ferais une grossesse extra-utérine, je vois le docteur cet après-midi, je serai prise en charge.

Je me glisse sous la couette, décidée à prolonger ma nuit, mais Mamour ne l’entend pas de cette oreille : « Habille-toi : on va aux urgences. »

Moi : « Pfff ! Mais non ! On ne va pas aux urgences pour un simple mal de ventre ! Ils ont autre chose à faire ! »

Mais Mamour a fini par me convaincre que si grossesse extra-utérine il y avait, il fallait agir vite. À ce moment là pourtant, ni lui, ni encore moins moi, ne pensions que ma vie était en danger. Nous pensions avant tout (enfin lui surtout parce que moi j’y allais un peu en traînant des pieds) aux conséquences sur mon système reproducteur.

Crédit photo (creative commons) : ArtisticOperations

Le début de la prise en charge

À cette époque, nous habitions à deux stations de tramway des urgences, autant dire que ça allait plus vite comme ça qu’en voiture. Dans le tram, je commence à me sentir de moins en moins bien. Le trajet entre la descente du tram et l’entrée des urgences doit représenter peut-être 500 mètres au maximum… mais je ne peux pas le faire jusqu’au bout… Je m’évanouie à 30 mètres de l’entrée. Des pompiers qui sortaient de là me prennent en charge. Quand je rouvre les yeux, je vois en noir et blanc (oui, ça fait drôlement bizarre !). On me pose un milliard de questions, on me fait un électrocardiogramme et une prise de sang et puis on me range dans un coin sur un brancard dans l’attente des résultats.

Ici, je voudrais préciser une chose :

Je suis restée en tout près de 3 heures aux urgences adultes. J’ai souffert le martyre. Je n’avais plus mal au ventre, je souffrais… de tout. Je passais des sueurs froides aux bouffées de chaleur, de l’envie de vomir à la sensation de suffocation… Tout ça pendant 3 heures… non-stop… sans répit… Et pourtant, à aucun moment je n’ai perdu la confiance dans le corps médical qui œuvrait tout autour de moi mais sans plus s’occuper de moi. Je savais qu’ils ne pouvaient de toute façon rien faire de plus tant qu’ils n’avaient pas les résultats de ma prise de sang. Je me doutais qu’ils ne me donnaient pas à boire au cas où je devrais être anesthésiée… Peut-être est-ce de la naïveté, mais j’ai juste attendu en me disant, parce que je le voyais aussi, qu’ils étaient débordés, qu’ils faisaient un boulot de dingues et en espérant très fort que ma souffrance prenne fin le plus vite possible.

Enfin, vers midi, on vient m’annoncer que je suis enceinte et que « Soit c’est une grossesse bien placée et ce sont juste les symptômes d’un début de grossesse… (Moi en pensée : « Qu… Quoi ?! Les symptômes d’un début de grossesse !? C’est une blague ?! Il est hors de question que je puisse subir ça pendant 9 mois ! ») … soit c’est une grossesse extra-utérine, auquel cas il faudra opérer. » (Moi en pensée : « Pitié ! Pitié ! Faites que ce soit une grossesse extra-utérine ! »)

Je sais tout ce que l’expression de ces pensées peut avoir de choquant, notamment pour les personnes qui ne parviennent pas à procréer ou pour celles qui ont très mal vécu l’interruption d’une grossesse. Mais je tiens à faire part de mon expérience sincèrement et sans tabou et, sur le moment, je souffrais tellement que je ne voulais qu’une chose : que ça s’arrête d’une manière ou d’une autre.

Quelques minutes plus tard, un gentil brancardier barbu vient pour me transférer aux urgences de la maternité. Je me souviens très bien de ce monsieur pour deux raisons :

1. Il a prononcé 4 petits mots qui m’ont fait un bien fou et dont je suis presque certaine qu’il ne sait même pas combien ils m’ont fait du bien. Il m’a dit : « Ça va aller mieux. » En vrai, le dialogue a donné ça : « Ça va pas, hein ? ». Moi qui fais non de la tête. « Ça va aller mieux. » Ça a l’air bête, mais je pense que dans ces moments-là, on se raccroche à ce qu’on peut. Et ce monsieur, avec sa barbe de Père Noël et ses quatre mots de rien du tout, il m’a fait un bien fou parce que je l’ai cru.

2. C’est ce monsieur qui m’a fait emmenée vers l’endroit où tout s’est accéléré.

Crédit photo (creative commons) : Free-Photos

Mais cette chronique est déjà trop longue, je m’arrête là pour aujourd’hui et tu connaîtras la suite au prochain épisode… Mouhahahahaha ! (gros rire machiavélique) J’ai toujours rêvé de faire ça !

Et toi, as-tu vécu une GEU aussi ? Savais-tu que tu étais enceinte ou l’as-tu découvert comme moi ? Raconte-nous !



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