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Le parcours pour être reconnue légalement comme la mère de notre fils


Publié le 15 octobre 2014 par Anne

Je suis mariée depuis le 9 novembre 2013. Bien sûr, nous nous sommes mariées par amour, mais surtout, nous nous sommes mariées pour que je puisse adopter Théophile, 3 ans et demi, issu de mes gènes et porté par ma compagne. Pour nous, le mariage était le premier acte de cette adoption, de ce nouveau parcours du combattant. C’était une fête très réussie, remplie d’amour, de bonne humeur et surtout d’espoir…

En 2012, nous avions tenté de demander une DAP (délégation d’autorité parentale) à la justice. Elle ne nous avait pas été accordée par le tribunal de grande instance de Versailles, dont nous dépendons. Je m’étais entendue dire que j’avais le même rôle qu’une nounou, à qui personne n’accorde d’autorité parentale, et qui assure pourtant les mêmes actes que moi auprès des enfants. En tant que maman, cette phrase restera gravée en moi pour le restant de mes jours.

Cet enfant, nous l’avons voulu, nous l’avons attendu pendant 4 ans. Quatre années durant lesquelles nous avons vécu au rythme des prises de sang à 7h du matin, l’angoisse d’arriver en retard au travail, l’angoisse aussi de demander des jours de congés au dernier moment pour nous rendre en Belgique, la crainte d’être « découvertes » par la sécurité sociale, la crainte que notre gynéco soit ennuyé et ne veuille plus nous suivre, la crainte à chaque instant clandestin… Et la douleur… La douleur à chaque insémination, la douleur liée aux fécondations in vitro, la douleur de chaque échec…

Et l’espoir… L’espoir de fonder une famille avec celle que j’aimais, l’espoir quand je lui ai dit d’essayer de porter mes embryons, puisqu’en moi, ils ne voulaient pas se développer… Ce bonheur quand le test de grossesse a affiché positif, et que c’est moi qui l’ai vu en premier… Ces larmes lors de la première échographie, lorsque ce petit haricot s’est mis à avoir un cœur qui battait tellement plus vite encore que le nôtre…

J’ai été là tout le temps. J’ai repeint la chambre de notre enfant, je lui ai acheté ses habits premiers âge, j’ai porté les sacs de courses pour que ma compagne ne se fatigue pas trop, j’ai compté les jours, les semaines de grossesse, je les ai cochées sur mon calendrier, j’ai écrit au jour le jour pour me souvenir de tout…

Théophile est né par césarienne en urgence. J’étais là lors des premiers soins, je l’ai apaisé au son de ma voix, j’ai donné le premier biberon. J’ai été là toute la semaine à la maternité, tous les jours, et la nuit je rentrais pour faire des lessives et rapporter du linge propre le lendemain matin à la première heure… C’est moi qui ai prévenu la famille et les amis, de la naissance, c’est moi qui ai envoyé les premières photos, c’est moi qui suis allée le déclarer à la Mairie, accompagnée de ma petite sœur… Un bonheur si intense que personne ne pourrait le décrire.

L’enfant a grandi, il s’est mis à marcher, à parler. Il m’appelle Maman Nanoue, il appelle ma compagne Maman Mayé. Je le console quand il se fait mal, je lui prépare de bons petits plats, je l’emmène chez le pédiatre quand il est malade, je vais le chercher à la crèche le soir, je lui donne son bain, je perds un temps fou à la pharmacie pour trouver pour lui une bouteille de bain moussant qui convienne à sa peau fragile. Il appelle mes parents Papy et Mamie, mes sœurs Tata. C’est mon fils.

Trois ans plus tard, j’en suis là. Je dois adopter mon propre fils.

petit garçon assis sur un rocher

Crédits photo (creative commons) : Travis Swan

Nous avons tellement l’habitude de devoir galérer que ça ne me semble qu’une étape de plus dans notre parcours. Presque comme si c’était normal de devoir subir cela. Nous nous renseignons donc avec pragmatisme sur la procédure.

Comment devenir légalement la maman de mon enfant ? Comment faire pour que je ne sois plus un « tiers » pour lui aux yeux de la loi ? Pour que plus personne, jamais, ne puisse me séparer de lui, ne puisse le séparer de moi ? Pour qu’il puisse, aussi, hériter de moi, et hériter de mes parents tout comme les enfants que mes sœurs ? Comment faire pour officialiser mes devoirs envers lui, pour que ma compagne ne puisse jamais se retrouver seule à élever cet enfant que nous avons tellement voulu à deux si jamais la vie nous séparait ? C’est bizarre de penser à ces éventualités alors qu’on parle de se marier, mais les circonstances font que nous sommes obligées de les évoquer…

Après le mariage, nous avons donc pris rendez-vous avec un notaire pour constituer la première pièce du dossier (le consentement de ma compagne à l’adoption de son enfant par son conjoint), qui nous avait été conseillé par une amie.
Le premier rendez-vous eu lieu le 18 décembre 2013. Nous avons fait garder Théophile par une amie, et nous sommes rendues toutes les deux en plein Paris pour un rendez-vous d’environ trois quarts d’heure. Ce notaire paraissait bien informé de la procédure. Il nous a donc expliqué que l’adoption plénière était irrévocable, et qu’il était de son devoir de nous en informer, de nous dire qu’il fallait bien y réfléchir. Car si demain nous devions nous séparer, après l’adoption, nous serions à égalité devant la loi. Ça tombe bien, c’est exactement ce que nous souhaitons !

Le notaire nous a alors proposé de rédiger ce consentement à l’adoption, puis de nous donner un nouveau rendez-vous pour le signer, le 30 décembre. Lorsque nous lui avons dit que nous dépendions du tribunal de Versailles, il a eu un air dépité, et nous a dit alors : « Oh là là, Versailles, ils sont réputés très conservateurs, j’espère que vous l’obtiendrez quand même… Et puis vous ne pouvez pas vous faire domicilier ailleurs, ce serait une faute… » Ce genre de remarque, on ne peut pas dire que ça donne du baume au cœur…

Nous craignons en effet beaucoup ce tribunal de grande instance, parce que nous y avons déjà subi une défaite. Nous avions déjà compris à ce moment-là que l’égalité de traitement n’existait pas d’un tribunal à l’autre. Nous avons donc la malchance de déposer notre requête au mauvais endroit, sans possibilité d’en changer…

Le 30 décembre, nous sommes retournées chez le notaire et avons signé le consentement à l’adoption (et nous sommes délestées de 250 euros au passage…). Nous avons également remis au notaire une « tutelle testamentaire », expliquant qu’en cas de décès de ma compagne, sa volonté est que Théophile puisse rester avec moi. Ubuesque… Mon fils pourrait en effet m’être enlevé, parce que je ne suis pas sa mère. Pour le moment. Jusqu’à quand ?

Le sort de notre fils, de notre famille, dépend donc d’un procureur, d’un juge, du bon vouloir de l’administration… Çà et là, nous lisons des témoignages réconfortants. Certaines familles ont déjà obtenu l’adoption plénière, et leurs enfants ont donc deux parents, deux mamans, aux yeux de la loi. Leurs enfants sont protégés.

Ça nous donne de l’espoir. Mais et nous ? Est-ce que nous aussi, nous y aurons droit ? Est-ce qu’on me dira bientôt que je suis légalement la maman de mon fils, comme je le suis aux yeux de mes amis, ma famille, mes collègues, de ma compagne… à ses yeux à lui, surtout ? Est-ce qu’on pourra bientôt souffler ?

Du haut de ses trois ans, Théophile pose des questions… C’est quoi un notaire ? Pourquoi on va le voir ? Pourquoi je dois lui dire : « Bonjour Maître ? » Nous lui expliquons qu’après le mariage, il faut faire une adoption. Il comprend, un peu, pas tout. Je lui dis que je veux être sa maman légalement, et que pour cela, nous devons faire des papiers. Je lui dis que de toute façon quoi qu’il arrive, je suis sa maman. Que je le serai toujours. Qu’il est mon fils. Que bientôt, on les aura, ces papiers. Je le rassure.

Mais qui me rassure, moi ?

 Et toi ? Tu es parent d’un enfant vis-à-vis de qui tu n’as encore légalement aucun droit ? Tu as à faire à un tribunal hyper-conservateur qui te met des bâtons dans les roues ? Viens en parler !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !


 



Pendant la grossesse, tu t’imaginais épanouie, heureuse, avec un joli ventre rond, et bien sûr, il y a de ça. Mais tu n’étais peut-être pas tout à fait préparée pour les vergetures, les coups de pied dans la vessie à 2 heures du matin et les galères administratives. On ne te la refera pas deux fois. Avec le guide hyper complet et concentré de Dans Ma Tribu, tu sauras exactement ce qui t’attend après l’accouchement. Clique ici pour en savoir plus.

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Commentaires

26   Commentaires Laisser un commentaire ?

Yaelle

je pense que tout ceux qui lutte contre les droits a l’egalité pour tous devrait te lire, ca les feraient peut etre réflechir!!!
Aujourd’hui ou en etes vous? rien de plus qu’il y a 10 mois?
je n’ose imaginer a quel point cela peut etre difficile moralement, pleins de courage pour vous 3!

le 15/10/2014 à 09h56 |

Lady Rainbow

Ton temoignage m’a beaucoup touche Anne, comme le premier. Je vous souhaite de tout coeur de reussir a obtenir gain de cause… Bon courage <3

le 15/10/2014 à 09h58 |

Madame Lumi

Ton témoignage est très touchant. J’espère que vous avez obtenu ou obtiendrez gain de cause.

le 15/10/2014 à 10h22 |

Anne

Merci à toutes pour vos commentaires très gentils. J’ai écrit ce texte il y a près de 10 mois, et pas grand chose n’a évolué depuis : en fait, en avril dernier, des couples se sont vu refuser l’adoption plénière au TGI de Versailles, au motifs que les mamans auraient « fraudé la loi » en allant faire leurs enfants à l’étranger, là où la loi permet la PMA à des couples de femmes. Il y a quelques semaines, la Cour de Cassation, saisie sur cette question, a statué en notre faveur : il n’y a pas de fraude à la loi puisque nous avons utilisé les lois en vigueur à l’étranger, donc ce motif ne peut être reçu pour refuser l’adoption plénière de l’enfant du conjoint. Néanmoins, nous savons qu’ils sont près à tout à Versailles et que leur homophobie est loin d’être feinte. Nous attendons donc le premier jugement en appel, qui, nous l’espérons vivement, sera positif pour ces familles. Je vous avoue que nous avons très peur et avons du mal à dormir parfois. Heureusement que les sourires et les câlins de notre petit garçon sont là pour nous donner un peu d’espoir… Je vous tiendrai au courant de la suite si vous voulez !
Merci encore pour votre soutien.
Anne

le 15/10/2014 à 10h54 |

issabill (voir son site)

Je n’ai qu’une chose à dire : j’espère lire très bientôt l’article intitulé « Le jour où je suis devenue officiellement la mère de mon enfant ». D’ici là, tous mes vœux de courage à toutes les 2, tous les 3.

le 15/10/2014 à 11h29 |

Mlle Mora

J’espère que vous obtiendrez gain de cause toutes les deux, pour votre fils. J’avais entendu que le TGI de Versailles bloquait les demande, c’est incroyable qu’il y ait autant de différences entre les tribunaux… Enfin, de tout cœur avec vous. Ça doit être difficile à expliquer à votre bout de chou, pour qui, vous êtes toutes les deux ses mamans…

le 15/10/2014 à 12h27 |

Mlle Panda

Malheureusement la justice n’est pas si impartiale… nous parlons d’hommes devant juger avec impartialité alors que nous savons tous que nous jugeaons avec nos convictions et nos croyances…
Pour ou contre, l’homosexualité (si on peut le dire comme ça…), la seule qui à mon sens est à retenir de ce témoignage c’est l’amour qui semble indéniable entre ton fils et toi. Une mère c’est pour moi ce que tu décris : ta patience, ton amour, ton dévouement, ton sacrifice, ta lutte au quotidien… la quotidien d’ailleurs. C’est ça être mère et je crois qu’aucun papier ne te rendra plus mère que ce que tu fais tous les jours… Mais je te souhaite tellement que vos démarches aboutissent pour que jamais cet enfant ne se retrouve sans toi… Plein de bonheur à tous les 3 <3<3<3<3<3

le 15/10/2014 à 15h54 |

Sophie

OUh la la, dès que j’ai lu le titre de ton post, je me suis dit: « j’espère qu’elle ne dépend pas du TGI de Versailles » et si, bingo… :/
Battez vous, vous n’êtes pas toutes seules! vous n’êtes pas le seul couple dans ce cas.
je redis ce que j’ai entendu vendredi soir à un concert , hurlé par le chanteur, et qui a été applaudi/acclamé de nombreuses minutes: « les enfants, peu importe s’ils ont un maman, un papa, deux papas, deux mamans, ou plus, l’essentiel, c’est qu’ils soient AIMES BON SANG! »
Courage dans votre épreuve.

le 15/10/2014 à 17h40 |

Sophie

(je l’ai fait sans tous les gros mots et les insultes envers ces « gens » « bien pensants »)

le 15/10/2014 à 17h41 |

Anne

C’était qui, ce chanteur, Sophie ? (que j’aille l’embrasser tout de suite ! 😉 )

le 16/10/2014 à 08h55 |

Sophie

Mat bastard, de skip the use. très engagé politiquement parlant, tellement vrai, tellement pfiouuu lala, j’ai cru que j’allais pleurer, et voir le public acclamer ce qu’il disait, ca m’a fait chaud au coeur, parce que je pense tout comme lui (et qu’en plus d’aimer leur musique comme pas permis, j’aime quand l’artiste a les memes opinions que moi)

le 16/10/2014 à 10h40 |

SoleilLevant

Anne, ton témoignage est magnifique! L’amour que tu portes à ton fils est infini et je trouve cela cruel que tout dépende d’une décision de justice!!! Je croise les doigts pour ta famille!!!

le 15/10/2014 à 18h47 |

Mme creamy

Je suis tellement émue de te lire….ça ne devrait pas exister ce genre de témoignage, ou est l égalité ?
Je vous souhaite plein de courage, votre petit garçon a beaucoup de chance d avoir des mamans aussi aimantes et aussi courageuses …tiens nous au courant si tu veux bien

le 15/10/2014 à 18h48 |

Chat-mille (voir son site)

D’autant plus aberrant de ne pas t’accorder de droits parentaux que tu es la mère génétique de votre enfant, en plus d’être sa mère au quotidien… Bon courage pour la suite de vos démarches et j’espère que vous obtiendrez vite la reconnaissance de votre famille !

le 15/10/2014 à 23h35 |

Anne

Merci encore, vos commentaires mettent vraiment du baume au coeur. Nous avons tellement subi d’homophobie depuis le vote de la loi dite du « mariage pour tous » (paradoxalement !), qu’on avait l’impression que le monde entier était contre nous. Il s’agit juste d’amour, de famille, et d’un enfant…

le 16/10/2014 à 08h54 |

Maridul

Tu le sais, je suis bien placée pour vous soutenir et vous encourager ! Tu le sais, je suis émue de lire ces lignes qui font écho à ma colère, à ma tristesse, à mon inquiétude…. Et s’il nous arrivait quelque chose ? à ma femme ? à la tienne ? que deviendraient nos enfants ? N’ont-ils pas le droit de connaître la sécurité juridique ? Qui est ce juge sans coeur, sans raison, qui estime que nos enfants sont inférieurs aux autres et n’ont donc pas le droit d’être protégés !! Qui sont ces assoces de protection de l’enfance qui font des recours contre des avis favorables parce qu’ils estiment que nous, parents, ne pouvons pas aimer et élever nos enfants comme le font les couples hétéro ?! J’enrage et je pleure

le 16/10/2014 à 09h31 |

SL

Bonjour Anne,
J’essai sans succès de trouver un lien pour t’écrire en « privé ».
Est-ce possible sur ce site ou doit-on obligatoirement passer par un message dit « publique »?
Merci de ton retour.

le 16/10/2014 à 11h24 |

Anne

Heeeeu je ne sais pas comment faire… Je n’ose pas mettre mon mail ici, à la vue de tous… as-tu un compte fb ?

le 16/10/2014 à 13h00 |

SL

Anne,

Oui, j’ai un compte FB mais pareil, il est privé, ça ne le fait pas trop de mettre ça en publique.

Peut-être que la/le/les admins/modos pourraient nous mettre en relation?

Les modos/admins?

Merci.

le 16/10/2014 à 13h10 |

Anne

J’ai envoyé un mail à « nous contacter », on verra bien ! 😉

le 16/10/2014 à 14h04 |

MariePN (voir son site)

Ca fait toujours aussi mal de relire ces témoignages de parents qui galèrent tout ça parce que la loi n’a pas été jusqu’au bout… Merci de témoigner, c’est important que les gens comprennent ces différences de traitement d’un tribunal l’autre.
Bises et courage.

le 16/10/2014 à 12h21 |

SL

Ok, on attend alors.

le 16/10/2014 à 15h38 |

Alice la lutine

Anne et SL, je vous ai envoyé un mail. 😉

le 16/10/2014 à 16h02 |

Marina

Anne, moi je peux te rassurer…. sans vouloir trop m’étendre sur mon boulot… mais on va dire que je connais TRES bien la question 😉 Je ne sais pas si les juges de Versailles ont revu leur position mais de très nombreuses juridictions en France ont validé l’adoption (la grande majorité). A partir du moment où la Cour de cassation l’a validé elle aussi, toutes les juridictions de France seront obligées de s’y plier. Si un tribunal s’obstine, et que çà doit encore aller devant la Cour de cassation (qui confirmera donc l’adoption) çà reviendra devant une cour d’appel qui aura l’obligation de s’incliner. Donc çà prendra peut-être du temps (et de l’argent :-(( mais çà marchera pour vous. J’ai lu dans un comm « nous parlons d’hommes devant juger avec impartialité alors que nous savons tous que nous jugeaons avec nos convictions et nos croyances… » : les juges ont des convictions personnelles, sur la famille, la société… mais la règle c’est que la loi est la loi : de nombreux juges, personnellement conter le mariage pour tous, ont prononcé des adoptions au motif que strictement rien, dans la loi, ne permet de s’y opposer. Versailles, c’est très à part sur la carte judiciaire… et je suis certaine que ces juges là se défendent à corps et à cri de vouloir faire passer leurs convictions personnelles avant tout… ils doivent être persuadés de défendre l’enfant en refusant l’adoption. Vous n’avez pas eu de chance, mais la loi est avec vous. Je vous souhaite plein de bonheur.

le 17/10/2014 à 15h45 |

Anne

Merci Marina pour ton commentaire… On espère fort que nous obtiendrons cette adoption… vraiment. On espère que tu auras raison…

le 17/10/2014 à 15h50 |

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