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A la une / Récit de grossesse

L’acupuncture, un bon moyen de retourner un bébé en siège ?

Comme je te l’ai raconté dans mon précédent article, après avoir appris que mon bébé était en siège à l’échographie des 7 mois, j’ai décidé de faire des séances d’acupuncture pour tenter de régler le problème.

C’est donc pleine d’espoir et d’auto-persuasion que je me rends à la première séance.

aiguille

Crédits photo (creative commons) : Efraimstochter

La sage-femme me pose une aiguille sur chaque mollet et une aiguille sur chaque petit orteil. Soit quatre aiguilles en tout. Allez, c’est pas la mer à boire ! Puis elle chauffe à l’aide d’un briquet les aiguilles sur les doigts de pied, afin de stimuler l’énergie qui passe dans mon corps jusqu’à l’utérus, ce qui aidera le bébé à se retourner. Elle m’explique qu’il peut éventuellement se retourner pendant la séance, mais qu’il le fera plus probablement dans la nuit qui va suivre, voire durant celle d’après.

Puis elle me laisse comme ça, ne revenant que de temps en temps pour chauffer à nouveau les aiguilles. Entre-temps, j’applique la technique de respiration par le ventre pour me relaxer, et je parle à mon bébé. Par contre, j’évite de mettre mes mains sur mon ventre pour ne pas influencer ses mouvements. La sage-femme m’a dit qu’il devrait beaucoup bouger, mais mon bébé reste stoïque et continue sa sieste tranquillement !

Au bout d’environ quarante-cinq minutes, je suis libérée des aiguilles, et je rentre chez moi, toujours pleine d’espoir et de certitude.

En fin de matinée, j’ai un gros coup de barre, mais je continue mes occupations et je prépare à manger. Après le déjeuner, je lutte encore environ une heure, puis je pars m’installer confortablement dans le pouf pour une sieste. Je m’endors profondément, tout en sentant mon bébé bouger (chose étrange, car normalement, quand le bébé bouge, impossible de dormir !). Je m’empêche toujours de poser mes mains sur mon ventre, pour ne pas perturber ses mouvements.

Lorsque je me réveille, il bouge toujours, et je reste un long moment allongée, à le laisser faire ce qu’il a à faire. Je lâche prise et n’essaye même plus de comprendre dans quelle position il se trouve et dans quel sens il bouge : je lui fais totalement confiance. Je suis tellement détendue et confiante que j’arrive même à me dire en me levant que non, je ne vais pas essayer de savoir maintenant s’il s’est tourné. J’attendrai le soir, voire le lendemain matin.

Mais assez rapidement, je sens qu’il n’est plus tout à fait comme avant. Je ne sens plus la grosse boule (sa tête) qui me comprimait le côté droit quand je m’asseyais. Je sais au fond de moi qu’il a changé de position. Mais est-il vraiment comme il faut, avec la tête bien en bas ?

Deux jours plus tard, lors de notre deuxième rendez-vous, la sage-femme me confirme que mon bébé a changé de position. Sa tête semble être vers le bas, mais un peu sur le côté gauche. Il est globalement dans le bon sens, mais un peu de travers. Je suis ravie : c’est déjà beaucoup mieux comme ça ! Je suis heureuse d’avoir fait confiance à la sage-femme et au bébé.

La sage-femme décide quand même de faire la deuxième séance d’acupuncture, pour aider mon bébé à se mettre vraiment bien comme il faut. Cette fois, la séance est plus courte. Je suis tellement détendue que je m’endors presque.

À la fin de cette séance, nous décidons que je viendrai au cabinet pour la troisième séance, prévue trois jours plus tard, et qu’on verra ensemble si ça vaut le coup de la faire.

Le lundi matin, je me rends donc chez ma sage-femme, qui palpe mon ventre et me dit que la tête du bébé est toujours en haut. Bon. Elle me met en place pour la troisième séance d’acupuncture, mais je commence à ne plus vraiment y croire.

Est-ce parce que cette fois-ci, j’étais moins bien installée ? Parce que j’ai vu les aiguilles sur mes pieds ? Parce que mon corps et/ou le bébé ont voulu dire stop ? En tout cas, au bout de dix minutes, j’ai de grosses bouffées de chaleur. Je suis en train de faire un malaise. On arrête tout.

Dans la semaine, j’ai mon rendez-vous mensuel avec la sage-femme de l’hôpital. Juste avant, l’échographiste libère cinq minutes de son temps pour qu’on puisse vérifier la position du bébé. Quand il me dit : « Toujours en siège ! », je suis à bout de nerfs. J’y croyais tellement ! Ça faisait deux semaines que je ne pensais qu’à ça, je faisais une véritable fixette dessus, et cette mauvaise nouvelle me plombe le moral.

J’arrive dans le bureau de la sage-femme en pleurs, complètement paniquée et déprimée. Elle écrit d’ailleurs sur mon dossier : « angoissée ++ » !

Mais elle est vraiment super, elle m’écoute, me laisse me calmer et trouve les bons mots pour me rassurer. Elle me raconte qu’elle-même a accouché de son premier enfant par voie basse alors qu’il était en siège et qu’à l’hôpital où je vais accoucher, ils ont une politique favorable aux accouchements par voie basse. Elle me parle des spécificités de ce genre d’accouchement. Elle me parle aussi de la VME (Version par Manœuvre Externe : une technique pour retourner manuellement le bébé, de l’extérieur) et me dit qu’il faut prendre la décision rapidement, car je suis déjà à 35 SA et il faut la faire au plus tard à 36 SA… soit la semaine suivante !

Je ne sais pas du tout quoi faire. Par chance, l’après-midi, nous avons une séance de préparation à l’accouchement avec ma sage-femme libérale, et c’est la séance en couple, donc mon mari sera là !

J’en discute longuement avec lui, et je me rends compte que je ne suis pas très motivée pour la VME : il faut se rendre à l’hôpital (à 50 km), ça se passe sous perfusion, il y a seulement 50% de chances que ça fonctionne et des risques de déclencher l’accouchement – qui peut, en plus, se finir en césarienne ! Je me dis que si mon bébé ne s’est pas retourné avec l’acupuncture (50% de réussite aussi), c’est qu’il ne peut ou ne veut pas, et que la VME n’a pas plus de raisons de réussir.

On en parle avec la sage-femme l’après-midi, et elle finit par me dire qu’il faut la faire seulement si on la sent, si on en a envie. Ça achève de me convaincre de ne pas y aller.

Je me détends enfin, et je parviens à penser à autre chose pendant les quelques jours avant mon prochain rendez-vous.

Je passe un pelvi-scanner, pour savoir si mon bassin est assez large pour envisager un accouchement par voie basse. La sage-femme de l’hôpital me dit que j’ai un « bassin de compétition », qu’il n’y a pas de problème pour accoucher par voie basse, qu’il faut juste que je voie un gynéco pour qu’elle puisse mettre l’accord par écrit dans mon dossier.

Elle m’explique comment se passe ce type d’accouchement : il y aura plus de monde autour de moi, la péridurale est fortement recommandée (voire « obligatoire »), la maman fait tout le travail et il faut que je sois motivée. Elle me dit aussi qu’il y a quand même un risque de césarienne d’urgence si le travail n’avance pas assez vite.

Je suis d’accord, et j’ai retrouvé le sourire ! Même si je finis par avoir une péridurale, au moins, j’éviterai peut-être la césarienne. Et puis, je décide de prendre les choses différemment : ok, bébé est en siège et a l’air de s’y trouver bien. Mais ça ne veut pas dire que l’accouchement se passera mal ! Seulement que les équipes médicales auront moins l’habitude et seront donc plus précautionneuses.

En lisant des témoignages sur internet (je sais, c’est maaaal !), je me rends compte qu’après tout, c’est presque plus naturel encore, puisqu’il n’y a aucune intervention de l’équipe médicale et que c’est la maman qui fait tout. Et je vois qu’il y a même encore un espoir de le faire sans péridurale, si je me sens bien et que le travail avance vite.

Après le dernier cours de préparation à l’accouchement, on décide de faire une dernière séance d’acupuncture : quel qu’en soit le résultat, ça ne peut pas être néfaste.

Et cette fois-ci, tout se passe bien : je suis détendue, et le bébé bouge beaucoup. Mais alors, vraiment beaucoup ! Je sens qu’il se passe des choses en moi, que les ondes de l’acupuncture ont un effet sur le bébé. Je lui parle, je pose mes mains sur mon ventre, et je me dis que s’il ne se retourne pas maintenant, c’est qu’il ne peut véritablement pas.

La sage-femme m’annonce en fin de séance que sa tête est toujours en haut, et moi, je me dis que j’ai vraiment bien fait de ne pas faire la VME. S’il se retourne, ce sera plus tard, de son propre chef !

Verdict à l’accouchement ! Il y a des bébés qui se retournent au dernier moment, d’autres qui naissent par le siège et sont en très bonne santé… Moi, je suis juste déterminée à ce que tout se passe bien !

Et toi, as-tu déjà tenté l’acupuncture pour retourner ton bébé ? As-tu essayé la VME ? Quels résultats as-tu obtenus ? Viens nous dire !

Toi aussi, ça te plairait de nous raconter ta grossesse mois après mois ? Toutes les infos pour devenir chroniqueuse grossesse, c’est par ici !

A propos de l’auteur

Nous nous sommes mariés en mai 2014 et la famille s'est agrandie pile 1 an après avec l'arrivée de notre premier fils. Crapouillou est devenu grand frère 20 mois plus tard. Madame vélo parce que je me déplace beaucoup à vélo, normal je travaille dans le développement durable (bonjour le cliché !).