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A la une / Vie de maman

Comment envisager un deuxième enfant ?

Si tu as lu certains de mes articles (ou tous, soyons fous !), tu sais que j’ai déjà une petite fille, Croquette, qui a 1 an à l’heure où je t’écris. Et au vu du titre, tu auras compris de quoi je veux te parler aujourd’hui.

Je n’ai pas la prétention ici de partager mon expérience pour aider une autre (future) maman, mais j’aimerais te confier la marée de sentiments contraires qui m’assaillent depuis plusieurs mois à la perspective d’avoir un petit deuxième.

Doutes pour un deuxième bébé

Crédits photo (creative commons) : Haylee Sherwood

Un deuxième enfant comme une suite logique

Depuis que mon mari et moi, on a décidé de fonder une famille, on sait que celle-ci se composera d’au moins deux pitchous, voire de trois. Il est impensable pour mon mari comme pour moi de s’arrêter après un seul enfant, pour une raison qui englobe au final toutes les autres : éviter la solitude de l’enfant unique. On a un frère chacun, et on a toujours adoré ça. Mieux, avec ces deux-là, on a chacun eu l’impression de gagner un deuxième frère ! C’est te dire l’importance qu’a pour nous le principe de fratrie.

Depuis que ma fille a 8 mois, je me suis rendu compte que je voulais un deuxième enfant. Quand je vois des tout petits bébés, des photos de ma fille à la maternité, ou même des émissions sur la naissance, ça me plonge dans une atmosphère douce, empreinte de tendresse, d’émotions, de souvenirs. J’ai envie de revivre ça, de resserrer un tout-petit contre moi, un qui ne sait pas se mettre debout seul et qui sait à peine bouger sa petite main pour la poser contre mon sein !

D’après tous les standards de la société actuelle, mon mari et moi avons fait les choses « dans l’ordre » : il a acheté un appartement, on a emménagé ensemble, on s’est mariés, on a eu un premier enfant, on va acheter une maison… Dans l’ordre, quoi. (Je signale quand même que je ne suis absolument pas attachée au fait de respecter ou non ces standards, mais il s’avère simplement que ça correspondait à nos envies.)

La prochaine étape « logique » serait donc le deuxième enfant.

Un deuxième enfant, sauf que…

Sauf que j’ai une part de moi qui me crie haut et fort qu’il n’est pas question d’avoir un deuxième enfant dans l’immédiat…

Croquette était une enfant voulue depuis plusieurs années. J’étais sûre jusqu’au plus profond de moi, j’avais rêvé d’elle (enfin, de l’idée, disons), on était obsédés par son idée avant de lancer les essais bébé. Elle était une certitude et une envie avant d’être quoi que ce soit d’autre. Elle s’est imposée à nous, tout naturellement.

Mais ce deuxième enfant, il ne s’impose pas à nous : nous nous l’imposons à nous-mêmes, pour toutes les raisons citées plus haut.

Croquette a 1 an, et pour mon mari, ça marque le signal du départ de la course au deuxième enfant. Il veut qu’ils soient proches en âge, car lui a une très bonne relation avec son frère de deux ans son aîné. Mais moi, j’ai aussi une très bonne relation avec mon frère, qui a quatre ans de moins que moi ! Je sais que la différence d’âge ne veut rien dire, donc je refuse de me presser pour ça. J’ai encore envie de profiter de ma fille, de la découvrir, elle et juste elle, de lui accorder encore un peu toute mon attention et mon amour entier.

Ce qui, en soi, est égoïste aussi : le deuxième n’aura jamais l’attention entière de ses parents, parce que justement, il sera le second et qu’il devra tout partager. Pourquoi faire un autre enfant si on ne peut lui accorder toute l’attention qu’il mérite et qu’a pu obtenir le premier ? Je sais que la réalité ne ressemble pas à ça, que l’amour que l’on porte à ses enfants ne se divise pas, qu’il est entier pour chacun. Mais je ne parviens pas à passer outre cette sensation…

J’ai l’impression que cet enfant, on n’en veut que parce qu’il servira d’accompagnateur à Croquette ! On ne le désire pas pour lui-même, en tant qu’être à part entière, mais pour ce qu’il sera pour sa grande sœur, pour son utilité dans sa vie à elle. Je n’ai pas envie que mon deuxième enfant soit juste le compagnon de jeux de ma fille aînée.

Mes craintes plus ou moins rationnelles

Puis, j’ai peur d’une nouvelle grossesse et d’un nouvel accouchement. Si tu as lu mes deux articles sur ces sujets, tu sais qu’ils se sont tous les deux très bien passés. Alors pourquoi est-ce que j’aurais peur de repasser par ces deux étapes merveilleuses ?

Parce que justement, tout s’est bien passé et qu’il me semble impossible que ça puisse se passer de la même manière une seconde fois. Et si ça se passait mal ? Et si j’endurais des nausées, du diabète gestationnel, un arrêt de travail ou une MAP (Menace d’Accouchement Prématuré) ? Ou tout en même temps ? Et si j’avais épuisé tout mon quota de chance avec Croquette ? Et si, cette fois, mon taux ridiculement haut de risque de trisomie 21 n’était pas que le hasard des hormones ou une coïncidence médicale ? Et si l’accident, la maladie ou la mort passaient par là ? Et si…

De plus, Croquette est une fille (si si, je t’assure). Quand on l’a appris, ça m’a fait un choc (je m’attendais à un garçon, va savoir pourquoi), mais je m’en suis remise, évidemment, et actuellement, je n’imagine absolument pas avoir un garçon. Je me suis habituée à avoir une fille, j’aime ça, c’est ma petite merveille ! Je sais ce que vivra une fille/femme dans sa vie, je sais maintenant comment élever une fille… Mais je ne sais pas comment faire avec un petit garçon ! Et en même temps, on a décidé de n’avoir que deux enfants, alors si on a encore une fille, est-ce qu’on ne regrettera pas toujours un peu ce garçon ? Les deux situations m’inquiètent !

Enfin, ça nous arrange d’avoir un deuxième enfant maintenant. Oui, « ça nous arrange ». Je veux rester avec la gynécologue qui m’a accouchée de Croquette, et faire ça dans le même hôpital, à quinze minutes de chez nous. C’était un contexte rassurant, que j’ai apprécié et que je souhaite conserver. Sauf que nous voulons déménager dans une autre région. Ce serait donc bien que le deuxième enfant arrive avant ce déménagement. Il y a mieux comme motivation pour avoir un enfant…

En plus, s’il arrivait maintenant (enfin, dans neuf mois, au moins), nous serions dans une situation délicate. Je viens de changer de travail et, même si mes employeurs ont tous des enfants et sont compréhensifs, ils comptent sur moi pour plusieurs projets. Je ne dis pas que je suis brillamment efficace, indispensable ou quoi que ce soit… mais je suis leur seule travailleuse ! Si je pars en congé maternité, il n’y aura concrètement personne pour faire mon travail !

Comme tu vois, ça bouillonne dans mon esprit. J’additionne les pour et les contre, parfois tous plus absurdes les uns que les autres ! Je ne suis pas assez sereine pour envisager paisiblement une nouvelle grossesse et un nouvel arrivant, mais en même temps… il est si mignon, ce petit bébé tout juste né. Et cette famille avec plusieurs enfants, comme elle a l’air épanouie !

Alors dis-moi, lectrice, tout ça… tu crois que ce sont des raisons suffisantes ?

Et toi ? Tu veux un deuxième enfant rapidement ? Pour quelles raisons ? As-tu aussi des doutes sur ta motivation réelle ? Viens en parler !

A propos de l’auteur

Lectrice assidue des blogs de la famille Dentelle depuis l'organisation de notre mariage en 2014, je suis surtout maman d'une petite fille née en avril 2015 et d'un petit garçon né en avril 2017. Passionnée de littérature, de pâtisserie, de langues étrangères et de cosmétiques, je viens partager ici mes impressions et mon vécu.