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A la une / Témoignage

Le point allaitement de Camomille : allaiter, tout simplement

Cet été, les chroniqueuses de Dans Ma Tribu ouvrent leur cœur et te disent tout tout tout… sur l’allaitement ! Régulièrement, une chroniqueuse viendra t’expliquer ses choix sur l’allaitement, artificiel ou maternel, subi ou choisi, grande fierté ou grosse culpabilité, elles ne te cacheront rien !

Aujourd’hui, c’est Camomille qui fait son bilan sur ses allaitements…

Cet article, ça commence à faire quelques temps que j’ai envie de l’écrire. Pour donner un message d’espoir à celles qui n’ont pas réussi à allaiter ou n’ont pas vécu un allaitement serein… et qui en gardent une amertume : Ne baisse pas les bras si un autre bébé arrive !

Crédit Photo : Anton Nosik

Je suis bien placée pour savoir que non, allaiter, ce n’est pas simple. Lorsque j’ai accouché d’Alphonse il y a quatre ans l’allaitement était pour moi une évidence. C’est vrai, la littérature vend du rêve : relation privilégiée avec bébé, bébé moins malade, perte de poids plus rapide pour la maman… Sauf que non. Alphonse n’a jamais voulu téter. Je me suis acharnée les 10 premiers jours à essayer et ré-essayer la mise au sein, regardant mon bébé perdre du poids. Lui, il hurlait. Je n’ai compris que bien après qu’il avait faim… Un jour, j’ai craqué. Et ma mère, qui était venue m’aider à déclarer « ça suffit, je vais acheter du lait et des biberons », et elle avait raison.

Pour Ernestine, j’en avais parlé ici il y a deux ans (mon dieu que le temps passe vite !). Pour la faire très simple, j’ai réussi à allaiter ma petite fille pendant presque 6 mois, mais que ça a été dur ! Un allaitement serein ? Ben voyons ! Une relation indescriptible ? Une tétée câlin ? Inconnues au bataillon !

Et puis, en mars dernier, j’ai accouché de Gustave (j’y reviendrais peut-être, je sais que l’ordre de mes articles ne répond à aucune logique !) Un beau bébé de 4,2 kg. Je me suis tout de suite fait une raison : je n’arriverai pas à l’allaiter. C’est bien connu, allaiter des gros bébés c’est plus difficile, ils ont besoin de plus de lait dès le début. Ah bon ? m’a répondu l’auxiliaire de puériculture dans la salle d’accouchement. C’est n’importe quoi, gros ou pas gros, les difficultés de l’allaitement sont les mêmes. Je ne l’ai pas crue, mais j’ai mis Gustave au sein. De toute façon, je voulais tenter l’allaitement quelque soit le gabarit de mon bébé. Il a mis un peu de temps à trouver le sein, mais quelques minutes plus tard, c’était bon !

Je ne te cacherai pas que les débuts ont été durs. Mais qui a des tout débuts faciles ?! J’ai trouvé le temps de la montée de lait très désagréable. Gustave avait faim, il pleurait beaucoup et passait presque tout son temps au sein. J’avais les tétons en feu. Je serrais les dents à chaque mise au sein, c’est à dire presque en permanence. Toutes les nuits je le donnai à la pouponnière pour dormir un peu et je leur disais : « surtout vous lui donnez un bib ! » C’est ainsi que les 3 nuits que j’ai passé à la maternité Gustave a eu un complément, et le reste du temps il était scotché à moi.

Et puis j’ai eu ma montée de lait. Comment je l’ai su ? L’infirmière me l’a dit, je ne m’en étais pas rendue compte ! Les seins gonflés, qui tirent ? Le lait qui ruisselle, à s’en retrouver trempée la nuit ? Pas cette fois là ! Cette fois, tout a été simple, j’ai presque envie de dire inné.

Je suis rentrée à la maison avec un bébé qui avait retrouvé son poids de naissance et qui tétait sans problème. Pour ne pas que mon sein devienne une tétine géante, j’ai tout de suite chronométré les tétées : pas plus de 12 minutes par sein. Je sais que ce ne sont pas les recommandations, mais c’est un rythme qui nous allait à tous les deux, et que je continue d’appliquer. On lui donnait ensuite le petit doigt à téter pour satisfaire son besoin de succion (et quand je vois le temps qu’on passait avec le petit doigt dans sa bouche, immobile sur le canapé à ne rien pouvoir faire je suis contente que mon mari pouvait me relayer !!!) Au niveau des douleurs, j’ai eu de vives douleurs au mamelon pendant une semaine à peu près, peut-être 10 jours. Et tout est rentré dans l’ordre. Comme ça, tout simplement, sans rien faire de particulier.

A un mois de vie, il était à 8 tétées par jour. Il a fait ses nuits à 2 mois et demi. Et maintenant, à 3 mois et demi il est à 6 tétées par jour. Je t’avouerai que la relation fusionnelle décrite dans tous les livres m’est toujours inconnue. En tout cas, je n’ai pas l’impression que ma relation soit différente de celle que j’avais avec Alphonse en lui donnant le biberon. En revanche, je veux témoigner que chaque allaitement est différent et même si tu as l’impression d’avoir raté le précédent, tu peux avoir un allaitement simple pour le bébé suivant. Maintenant je ne me pose plus de question, je sais qu’il tète toutes les 3h environ, et surtout je peux le nourrir où je veux. Quand je me déplace avec lui, je prends 3 couches et 2 langes et c’est tout.

C’est pour moi tellement simple que je commence à envisager de continuer en mixte quand je reprendrai le travail !

A propos de l’auteur

Je suis maman d'un "grand" garçon (6 ans) qui a combattu un cancer à l'aube de ses 4 ans, d'une petite fille (4 ans) et d'un petit garçon (2 ans). Grande lectrice, amatrice de cinéma adorant voyager, j'ai mis beaucoup de choses entre parenthèses pour me consacrer à mes petits monstres !