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A la une / Témoignage

Ma première semaine avec ma fille et mes difficultés avec l’allaitement

L’accouchement est terminé, nous sommes tous les trois dans la salle d’accouchement.

La puéricultrice emmène ma fille et son papa pour les premiers soins, tandis que l’interne finit de me recoudre. Par chance, la salle de soins des nouveaux-nés est en face de ma salle. Étant donné qu’il n’y a personne dans le bloc d’accouchement, ils laissent la porte ouverte, afin que je puisse voir ma fille. Une chose est sûre, c’est qu’elle a de la voix !

Mes deux amours reviennent dans la salle d’accouchement. On nous laisse tous les trois profiter. Je vois que ma fille cherche le sein, mais personne ne revient nous voir. Je demande donc à mon mari d’aller chercher quelqu’un pour m’aider à la mettre au sein. C’est mon premier bébé, et je ne sais absolument pas comment faire.

L’auxiliaire de puériculture vient m’aider, mais elle est loin d’être douce. Et surtout, elle ne m’explique rien du tout. Une fois que ma fille a le bout de sein en bouche, elle s’en va. Aucune explication. Je laisse faire, mais je suis un peu choquée par son comportement. Je peux comprendre qu’elle ait faim ou qu’elle soit en train de manger, mais quand même !

Je dois t’avouer que durant toute ma grossesse, je ne voulais pas allaiter mon bébé. Et puis, quand j’ai vu ma fille pour la première fois, j’ai complètement changé d’avis.

Balance bébé

Crédits photo (creative commons) : Chris Macks

Vient enfin l’heure de monter en chambre. Je me retrouve seule avec ma fille, et je suis un peu paniquée. Je ne sais absolument pas comment m’y prendre. C’est très déstabilisant ! Je lui donne le sein, et l’auxiliaire de puériculture me la prend pour que je puisse me reposer. Seulement, je n’arrive pas à dormir. Ma fille est loin de moi, alors qu’elle est si petite. Je culpabilise de l’avoir laissée. Je dors enfin quelques heures, et on me ramène ma fille vers 6h.

Dimanche

Je demande de l’aide pour la mettre au sein correctement, mais encore une fois, on lui met le bout de mon sein en bouche et on ne m’explique pas, malgré mes questions.

Quelques heures plus tard, on m’appelle pour le premier bain. C’est un moment magique de pouvoir découvrir tout le petit corps de ma fille. Elle est toute belle !

Le papa arrive. Nous passons notre première journée. Notre puce dort toute la journée. Je m’inquiète, car elle n’a pas mangé. J’appelle donc l’auxiliaire pour qu’elle vienne me dire quoi faire. Elle me dit de la laisser dormir.

À 19h, ma fille se réveille enfin. À partir de ce moment, elle tète sans arrêt jusqu’au lendemain matin.

Lundi

Je n’en peux plus. Entre la douleur (car chaque tétée me donne des contractions), le fait de rester éveillée et le stress, je craque. C’est à ce moment que l’on m’apporte le petit-déjeuner. L’auxiliaire, me voyant dans cet état, décide de prendre ma fille vers elle, afin de la calmer et que je puisse me reposer. Et moi, je culpabilise à nouveau de la laisser. Je ne dors pas et je souhaite plus que tout que le papa arrive. Je vais prendre une douche et laisse couler mes larmes, qui sortent toutes seules.

Un peu plus tard, on nous appelle pour la visite avec le pédiatre. Ma fille a déjà pris son bain : c’était le seul moyen de la calmer pour les auxiliaires de puériculture. Notre fille va toujours aussi bien et elle est très tonique. Ce mot va me suivre durant une semaine et sera ma bouée de secours ! J’explique quand même à la pédiatre que je pense que ma fille confond le jour et la nuit, mais ça ne l’inquiète pas.

La journée se passe tranquillement, les grands-parents paternels viennent nous faire une petite visite. Arrive le soir, mon mari rentre se reposer à la maison.

La nuit est identique à la nuit précédente. J’appelle l’auxiliaire de puériculture pour qu’elle m’aide à la mettre au sein. Vers 3h du matin, j’ai les seins en feu. Je la rappelle donc, et elle me conseille de lui donner un biberon, afin qu’elle puisse manger à sa faim et que je puisse me reposer un peu. Nous finissons notre nuit.

Mardi

Le papa arrive, et c’est à mon tour de donner le bain. Mais avant ça, il y a l’heure de la pesée. Ma fille a perdu du poids, mais rien d’alarmant. Je donne le bain et je ne suis pas très à l’aise. Elle est si petite !

On la « flashe » pour vérifier qu’elle n’ait pas la jaunisse, car elle est un peu jaune. Il faut qu’on l’expose fortement à la lumière du jour pour faire passer ce début de jaunisse. On lui fait aussi une prise de sang pour voir si elle n’a pas été contaminée par la bactérie que j’ai contractée pendant l’accouchement. Elle est toute petite et on lui fait déjà plein de vilaines choses. Ça me fait mal au cœur !

Elle dort de nouveau toute la journée, et se réveille quelquefois pour téter. C’est un véritable défilé dans la chambre : CPAM, photographe, sage-femme pour la contraception, reporter pour le journal. Mes parents, ainsi que le frère de mon mari, viennent nous rendre visite l’après-midi. Ça n’arrête pas, je n’ai même pas le temps d’aller prendre une douche.

Vers 17h, quand tout le monde est reparti, j’appelle l’auxiliaire. Elle me dit que dès que ma fille se réveille, je dois l’appeler. Aux premiers signes d’éveil, je l’appelle, mais elle trouve qu’elle n’est pas assez réveillée. Ma fille se rendort jusqu’à 21h. Cette fois-ci, ce n’est plus la même auxiliaire, et celle-ci ne m’aide absolument pas. Elle me met un bout de sein en silicone, et je n’ai plus qu’à me débrouiller ! La nuit passe, identique aux précédentes.

Mercredi

Normalement, je dois sortir aujourd’hui, mais c’est la pesée qui va décider. Notre fille a encore perdu du poids, même si elle n’a pas atteint les 10% de perte jugés inquiétants. La sortie ne sera pas pour aujourd’hui, et ça me rassure, car je vois bien que quelque chose ne va pas.

On me demande de faire une tétée pesée. Ça consiste à la peser avant qu’elle ne tète, puis après la tétée. Entre avant et après, le poids n’a absolument pas bougé. Pourtant, je sais qu’elle a bu : je l’ai entendu déglutir et il y a du lait dans le bout de sein. L’auxiliaire me fait culpabiliser en me disant que je n’ai sûrement pas eu ma montée de lait et que je devrais lui donner un complément au biberon pour qu’elle reprenne du poids. Sauf qu’elle ne boit que 10ml au biberon. C’est bien qu’elle a pris ce qu’elle voulait au sein !

Le papa donne le bain. Il a l’air à l’aise, c’est beau de le voir comme ça. On prend encore un peu de sang à ma fille pour différents tests et on la « flashe » de nouveau. La puéricultrice décide de faire une prise de sang pour vérifier si elle a la jaunisse ou non. Étant donné qu’elle est à la limite, ils décident de la mettre sous une lampe pour que ça n’empire pas et que nous puissions sortir le lendemain.

Je passe de nouveau quatre heures séparée de ma fille, mais c’est pour la bonne cause. Je reste près d’elle, mais je me mets à pleurer. Elle a un masque pour protéger ses yeux, et elle est reliée par des fils aux différentes machines pour la surveiller. C’est tellement dur de la voir comme ça. J’ai l’impression que c’est de ma faute si elle est comme ça. Il paraît que l’allaitement retarde la guérison de la jaunisse.

Le papa n’a pas été beaucoup présent ce jour-ci, car il avait un entretien pour du travail. J’aurais pourtant eu tellement besoin de lui ! J’ai hâte d’être à la maison pour retrouver mon mari et mon chien.

Jeudi

J’espère vraiment pouvoir sortir aujourd’hui. Je vais donner le bain à notre puce. Elle a perdu un peu de poids, mais la puéricultrice me dit que si une sage-femme peut passer le lendemain pour la peser, je peux rentrer ! Je suis tellement contente !

Dès que je rentre dans la chambre, je prépare toutes les affaires. Mon mari arrive avec la poussette, et nous voilà partis pour une nouvelle aventure. Ma fille commence à comprendre le jour et la nuit. Elle tète beaucoup la journée et, forcément, elle veut téter au moment de partir. Je me retrouve à lui donner le sein dans la voiture.

Nous voilà enfin à la maison. Je pensais que le retour serait plus difficile, mais tout s’est parfaitement bien passé. Il faut dire que nous avons une petite fille merveilleuse.

Je décide quand même d’aller à la pharmacie chercher un tire-lait et une balance pour suivre le poids de notre fille quelques jours. La journée se termine tranquillement.

Vendredi

La sage-femme passe faire un contrôle. La puce a encore perdu du poids, mais la sage-femme ne s’inquiète pas. Elle me dit de mettre ma fille au sein dès qu’elle se réveille et de la porter un maximum. Si demain elle a encore perdu, on utilisera le tire-lait.

De mon côté, bien que différentes sages-femmes soient passées tous les jours me voir à la maternité, j’ai une infection. Cette sage-femme-là me prescrit des antibiotiques. Elle est très rassurante et très gentille. Dommage que je ne l’aie pas vue à la maternité !

Samedi

La sage-femme revient pour contrôler. Encore une petite perte de poids, mais la perte totale n’a toujours pas atteint les 10% du poids de naissance. La sage-femme regarde comment ma fille tète, puis me dit de tirer mon lait. Je ne tire que 70ml pour les deux seins. Je le donne à ma fille au biberon, et elle boit bien. Nous concluons que le sein doit énormément la fatiguer et qu’elle ne mange pas à sa faim.

Je commence donc le tire-allaitement. Au départ, j’ai vraiment l’impression d’être une vache que l’on trait, mais je m’y fais. Les quantités que je tire ne sont pas énormes, et la demande de ma puce augmente rapidement. Je suis donc prise de panique à 23h, car j’ai peur de ne pas réussir à nourrir ma fille à sa faim.

Je pensais pouvoir aller à la pharmacie acheter une boîte de lait en poudre. Seulement, à partir de 22h, il faut passer par le commissariat et avoir une ordonnance. Après un long moment de panique, je relativise en me disant que depuis le premier jour, j’ai réussi à lui donner du lait et qu’il n’y a pas de raison que je n’y arrive pas durant la nuit. Le lendemain matin, mon mari ira acheter du lait infantile dans un supermarché ouvert le dimanche. Entre le tire-lait et le sein, j’arrive à nourrir ma fille correctement.

Dimanche

En changeant ma fille ce matin-là, je constate qu’elle est un peu plus jaune que la veille. Ayant peur d’une rechute de jaunisse, je décide d’aller faire un petit contrôle à la maternité.

En attendant que je me prépare et que je prépare notre puce, mon mari va au supermarché acheter le lait. Quand il rentre, je suis rassurée. Ma fille ne mourra pas de faim !

La visite à la maternité se passe parfaitement bien. La jaunisse n’a pas recommencé, mais il faudra venir faire un petit contrôle le mardi suivant. Et, bonheur ultime, ma puce a repris du poids ! Aujourd’hui, c’est la fête des mères, et c’est un superbe cadeau ! Nous sommes tellement heureux !

Voilà notre quotidien : je tire mon lait et nous donnons des compléments de lait artificiel. Notre fille mange bien. Maintenant, le papa peut donner le biberon. Les premiers jours ont été difficiles, mais tout ça est derrière nous.

Nous profitons à chaque instant de notre fille. Elle grandit beaucoup trop vite et je m’émerveille chaque jour devant sa beauté et ses progrès ! C’est notre plus grand bonheur !!

Et toi ? Tu as rencontré des difficultés au début de ton allaitement ? Tu as trouvé du soutien dans l’équipe médicale ? Comment s’est passé le retour à la maison ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Je suis Madame Chance, j'ai 26 ans et je suis mariée depuis décembre 2014 à un homme merveilleux.Je suis une toute jeune maman d'une sublime petite fille née en mai 2015. Je suis passionnée par la lecture, l'écriture et la décoration.