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A la une / Témoignage

Le point allaitement de Lady Rainbow : une histoire sans fin

Cet été, les chroniqueuses de Dans Ma Tribu ouvrent leur cœur et te disent tout tout tout… sur l’allaitement ! Régulièrement, une chroniqueuse viendra t’expliquer ses choix sur l’allaitement, artificiel ou maternel, subi ou choisi, grande fierté ou grosse culpabilité, elles ne te cacheront rien !

Aujourd’hui, c’est Lady Rainbow qui fait son bilan sur son allaitement…

Avant les essais

Avant même qu’on commence les essais, je traînais un peu sur les blogs de parents et j’ouvrais grand mes oreilles quand j’entendais mes copines déjà mamans parler de leur bébé. Je n’avais pas vraiment d’idée préconçue sur l’allaitement ou le biberon. Je regardais les sites qui vendaient des biberons avec des jolis motifs et je lisais des comparatifs sur les machines qui font les bibs toutes seules. Je me voyais plus ou moins allaiter pendant 2 mois et passer au lait artificiel lors du retour au boulot.

Pendant les essais

A partir du moment où on a commencé les essais, je me suis intéressée de plus près à comment ça marche un bébé. J’ai découvert le monde du suivi de grossesse allégé, de l’accouchement physiologique, de l’éducation bienveillante. Et je me suis vraiment retrouvée dans cette façon de voir les choses. J’ai compris les inconvénients de la médicalisation à outrance de la grossesse et de l’accouchement (hors cas à risques). J’ai ainsi commencé à me rendre compte que l’allaitement collait plutôt bien à cette optique de respecter au mieux les besoins du bébé.

Pendant la grossesse

Puis je suis tombée enceinte. Et avec ce petit bébé qui grandissait dans mon ventre, j’ai su. J’ai su que j’allais tout faire pour limiter les interventions extérieures sur mon corps, sur mon bébé, pendant sa vie in utero et sa vie à l’extérieur. Et pour moi, ça passait par exemple par un accouchement sans péridurale, libre de mes mouvements pour accompagner mon bébé, et par l’allaitement, pour que mon bébé puisse profiter des nutriments 100% adaptés à sa physiologie, où, quand et combien il en avait besoin. Rapidement, je n’ai plus vu d’autre option que l’allaitement maternel pour nourrir ma Peluche en préparation. Evidemment, je n’étais pas naïve, et je savais que les premières semaines sont souvent semées d’embûches. J’ai tenté de mettre le maximum de chances de mon côté, en lisant des livres (notamment le livre de Marie Thirion et les 150 questions de Muriel Ighmouracène), en épluchant le site de La Leche League et en me faisant une liste de consultantes en lactation et groupes de support à l’allaitement autour de chez moi. En accord avec notre façon de voir les choses, nous avons également décidé de partager un congé parental d’un an, six mois pour moi et six mois pour le papa, afin que je puisse allaiter exclusivement au minimum jusqu’à la diversification (Petit point définition : « allaitement exclusif » signifie que le lait que ton bébé reçoit est uniquement du lait maternel, même s’il est diversifié en parallèle).

Après l’accouchement

Mon accouchement s’est très bien passé, exactement comme je l’avais imaginé : sans péridurale, sans acte instrumental, avec naissance dans la baignoire d’accouchement. Je prévois de te raconter tout ça dans un article dédié ! Apres être sortie de l’eau pour expulser le placenta, mon mari m’a donné Peluche pour sa première tétée. Mon ressenti à ce moment : c’est… bizarre ! Bizarre de se faire tirer sur le téton, bizarre de sentir un truc sortir de l’intérieur de mon sein, bizarre d’avoir un bébé – MON bébé –  accroché à cet endroit ! Apres cette tétée de bienvenue, Peluche s’est enfoncée dans un sommeil profond pour récupérer des forces.

Pendant les quelques heures qui ont suivi l’accouchement, j’ai eu de plus en plus de mal à respirer. Ce qui s’est avéré être juste une méga angoisse à l’idée d’être responsable d’un être vivant à vie, m’a envoyée aux urgences car l’équipe médicale avait peur que ce soit un caillot dans les poumons. A minuit, la SF s’est rendue compte que Peluche dormait toujours alors qu’elle avait tété pour la première et dernière fois à 16h. On a essayé de la réveiller sans succès, alors la SF m’a aidé à exprimer du colostrum à la main pour lui donner à la pipette. Comme Peluche n’avait pas l’air trop disposée à avaler ce liquide, la SF m’a demandé si j’étais d’accord pour lui donner du lait artificiel. J’ai donc dit oui, mais uniquement à la seringue pour ne pas perturber son réflexe de succion. Ça n’a pas vraiment marché non plus, Peluche ne déglutissait pas donc tout coulait dans son cou ! Finalement, après une grosse heure passée dans les couloirs, on m’a enfin donné une chambre et j’ai pu mettre Peluche au sein tranquillement.

Crédits photo : Amandine Gimenez Photographie

Les 6 premiers mois

Dans les tous premiers jours, Peluche n’ouvrait pas bien sa bouche. Je le voyais parce que ça me pinçait quand elle tétait, et que mon téton se retrouvait tout aplati après une tétée. J’entendais aussi ce son caractéristique : « clic, clic » à chaque déglutition. Alors tous les jours, voire deux fois par jours, on allait voir la SF pour qu’elle m’aide à positionner ma fille comme il faut. En parallèle, je me tartinais les seins de lanoline et je restais les seins à l’air au maximum. En cinq jours, problème réglé, mes tétons restaient ronds après la tétée et je n’avais plus mal.

La pesée du cinquième jour a montré que Peluche n’avait perdu que 5% de son poids de naissance, ce qui est vraiment bien (la moyenne à J5 est 6-7%, et idéalement il ne faut pas dépasser 10%). A la pesée du dixième jour, elle avait repris son poids de naissance, donc je me disais que l’allaitement était bien en place… Mais nous étions épuisés. Peluche restait sur nous toute la journée, et la nuit elle ne voulait pas dormir sur le matelas, mais sur moi. Je dormais quelques heures par nuit, tant bien que mal, assise et calée avec des coussins. Mon mari s’occupait du début et de la fin de la nuit, berçant Peluche dans son couffin. Au bout de cinq semaines, on était complètement exténués. Alors j’ai fait la plus grosse erreur de l’Univers : j’ai mis mon petit doigt dans sa bouche quand elle grognait la nuit. Ça a été miraculeux, en quelques jours elle ne se réveillait plus pour téter. Tu parles d’un miracle… Qui dit suppression des tétées de nuit, dit stagnation de ma lactation. En plus, je détectais mal ses signaux de faim : j’attendais qu’elle se tête les mains, qu’elle m’appelle… Je me suis rendue compte 8 mois plus tard en regardant une de ses premiers vidéos qu’en fait elle bougeait juste la langue quand elle avait faim. Les tétées sont ultra rapides : 5 minutes sur un sein, 3 minutes sur le second. Pourtant, elle ne pleurait quasiment pas et était bien éveillée, alors malgré sa courbe de poids qui montait très lentement, elle semblait être en bonne santé. Régulièrement, j’allais au groupe de support à l’allaitement, et les dames me disaient que la position est bonne et que je devais juste continuer comme ça.

A la pesée du troisième mois, Peluche est au 9e percentile, alors qu’elle était au 50e percentile à sa naissance. La dame qui s’occupe de nous et qui est soi-disant consultante en lactation me dit de la réveiller la nuit et de lui donner du lait artificiel pour la faire grossir. Surement pas !!! J’achète donc un tire-lait pour essayer de stimuler mes seins plus souvent. Mais le stress me bouffe, et j’arrive à tirer à peine 20 ml en 20 min. Au bout de 3 jours, j’arrête tout. Les prochains mois vont être surement stressants, mais ma fille a l’air en bonne santé et sourit tout le temps. Alors je laisse tomber le tire-lait et les réveils forcés la nuit et je reprends mon rythme habituel. Les pesées des mois 4 et 5 ont effectivement été difficiles puisque Peluche était sur le 4e percentile. Notre infirmière référente a été super gentille puisqu’elle a accepté de venir peser Peluche à domicile pour que je ne stresse pas trop. Et c’est elle-même qui m’a dit que tant que Peluche avait l’air en forme et souriante c’est que ça allait pour elle.

Les 6 mois suivants

Je reprends le boulot, et Loulou commence son congé parental. Ma reprise n’est pas trop difficile : je bosse de la maison et mon bureau est à 3 mètres du salon. Ça me permet de continuer les tétées facilement. En même temps que la diversification, je cale Peluche sur un nouveau rythme de 5 tétées par jour, une avant chaque repas + celle du coucher. Pour être sûrs qu’elle ne manque pas de calcium, on lui donne deux petits yaourts par jour. Elle mange également 4 repas équilibrés par jour, car nous avons choisi de faire la DME (Diversification Menée par l’Enfant). Son comportement ne change pas, mais sa courbe de poids remonte tout doucement, pour atteindre le 25e percentile à 12 mois.

Vers 10 mois, nous avons eu un passage à vide : elle n’était plus vraiment intéressée par les tétées, souvent elle ne voulait même pas du deuxième sein. Tous les jours pendant un mois, je me suis dis que c’est la fin, qu’elle va se sevrer… Et finalement au bout d’un mois ça repart, elle est de nouveau demandeuse. Au hasard de mes lectures, j’ai vu que c’était courant cette baisse de régime vers 10-11 mois, et ce n’est pas du tout un sevrage naturel comme beaucoup de mères peuvent le penser. Si tu es dans ce cas, je ne peux que t’encourager à continuer à proposer le sein à ton bébé, cette phase ne va pas durer. Le sevrage naturel arrive entre 3 et 6 ans, quand l’enfant n’a plus besoin de lait pour grandir.

Depuis ses 1 an

Après 6 mois de congé parental, le papa est retourné au travail et Peluche a fait ses débuts à la crèche. Fidèles à nos principes, nous n’avons pas fourni de lait artificiel à la crèche, mais nous leur avons demandé de donner un yaourt ou du fromage à Peluche pour le goûter. Elle passe donc à 3 tétées par jour. La première tétée se déroule dans notre lit, dès qu’elle se réveille. Ça lui permet de finir sa nuit si elle s’est réveillée un peu tôt. La seconde tétée, c’est quand elle rentre de la crèche à 17h30. Pendant les 5 premiers mois, elle en profitait pour faire la sieste pendant une heure, vu qu’elle ne dormait pas beaucoup à la crèche. Et la troisième tétée c’est au moment du coucher, au calme dans sa chambre, notre moment câlin. Je ne l’entends plus déglutir donc je pense qu’elle ne boit plus grand-chose, mais quand je ne suis pas là pour la tétée du soir sa couche est toujours sèche le lendemain matin. C’est donc qu’elle doit boire un petit peu quand même. Vers 18 mois, elle laisse tomber la sieste de fin de journée en même temps que la tétée associée. Quand elle est particulièrement fatiguée, elle demande à téter, ça dure quelques minutes puis elle retourne jouer.

Vers un co-allaitement

Je suis tombée enceinte de Pioupiou quand Peluche avait 15 mois. J’avais assez peur de la douleur que pourraient occasionner les tétées pendant la grossesse. Pour le moment (je suis à 4 mois de grossesse), j’ai juste eu une semaine bizarre au premier trimestre. J’avais l’impression d’être énervée qu’elle tête. Je me rappelle m’être dit quelques fois que j’allais la sevrer parce que ça m’agaçait trop. Et puis quelques jours plus tard ce sentiment a disparu. J’ai parfois les seins un peu sensibles, mais rien de très douloureux, plutôt une sensation de gêne.

J’ai « hâte » d’avoir du colostrum pour voir comment elle va réagir. Est-ce qu’elle va être surprise ? Est-ce qu’elle va vouloir le boire ? Est-ce qu’elle va décider d’arrêter de téter ? Les paris sont ouverts… Mais j’aimerais mieux qu’elle ne se sèvre pas. Je crois que je ne suis pas prête à ce qu’elle abandonne les tétées !

Je me pose aussi (et surtout !) la question de comment on va faire avec Pioupiou. Les deux tétées quotidiennes de Peluche sont inscrites dans le rituel de sa journée, et notamment celle du matin. Au pire, je pourrais allaiter les deux en même temps, assise dans mon lit… On verra bien comment ça se passe.

Ce qui est sûr et certain, c’est que j’allaiterai Pioupiou. J’ai appris beaucoup de choses sur l’allaitement avec Peluche, et je sais que ça se passera bien avec Pioupiou. Et puis j’essaierai d’aller jusqu’au sevrage naturel, donc j’ai encore quelques bonnes années d’allaitement devant moi !

Et toi, tu as allaité un grand bébé ? Tu envisages un co-allaitement ? Dis-moi tout !

A propos de l’auteur

Hello ! J'ai 28 ans et j'habite en Angleterre avec mon mari Loulou et nos deux enfants dingos Peluche (2,5 ans) et Pioupiou (6 mois). La vie à quatre, c'est l'éclate !