Menu
A la une / Témoignage

Se découvrir ou l’enfer du premier mois

Bon, je te l’accorde… peut-être que le mot « enfer » est un peu fort (surtout que, tu vas le lire, nous n’avons eu aucun sujet d’inquiétude particulier, aucun problème) et je me rends bien compte que si toi, maman, tu as eu un bébé malade ou des vrais problèmes, tu vas me détester de me plaindre de ce premier mois somme toute banal… mais aujourd’hui, Minipuche à 4 mois et je garde encore un souvenir fort de ces premières semaines, auxquelles je n’étais pas si bien préparée que ça (pas préparée du tout !)… Je te raconte !

Préparation à l’accouchement, … mais pas à l’après ?

Je me suis fait la réflexion récemment qu’on prépare les futures mamans à l’accouchement. C’est finalement un moment qui va durer quelques heures, un gros chambardement physique et phychologique, c’est vrai. Mais finalement, dans mes cours de préparation à l’accouchement… on ne m’a jamais trop parlé de l’après.

Oui, j’avais lu tous les articles de Dans Ma Tribu… et pourtant l’intensité de ces premières semaines m’a surprise, soufflée… Je ne sais pas comment j’aurais pu mieux me préparer, mais une chose est sûre, je n’avais jamais rien vécu d’aussi fort !

Le retour à la maison

En sortant de la maternité, j’étais vraiment stressée. Il faut bien le dire : à la maternité, si on se pose une question, il y a quelqu’un ! Une puéricultrice, une sage-femme, un pédiatre… Le côté positif, c’est qu’on n’est pas laissé tout seul et qu’on peut être rassuré, à chaque problème il y a une solution; le côté négatif, c’est qu’il faut rentrer dans des cases et qu’on n’est pas laissé tout seul,et on apprend donc pas qu’on est capable seuls. (Oui, oui… j’ai bien mentionné le même point positif et négatif…)

Je m’explique : notre Minipuchette a perdu pas mal de poids à la naissance et fait une petite jaunisse. Le poids / l’allaitement est devenu LE sujet. Elle ne prenait pas assez de poids, c’était à cause de l’allaitement. Chaque mise au sein était devenue une épreuve, une source de stress. Elle le ressentait et c’était pire : pleurs, douleurs, énervement… Résultat, le jour de la sortie de la maternité, j’étais persuadée que je n’y arriverai pas, que je n’étais pas capable de faire seule… En larmes dans un couloir, inconsolable… Au secours !

10 jours dans une bulle

Crédits photo : PIxabay

Heureusement, en rentrant à la maison, à force de patience et de relâchement… nous avons réussi à la remettre au sein et c’est devenu plus facile. Les bouts de sein étaient toujours nécessaires (j’ai fini par comprendre que j’avais un réflexe d’éjection fort et qu’elle serrait très fort). Le Doud y a été pour beaucoup : je tirais mon lait et il m’aidait à la mise au sein en faisant tomber du lait sur le bout de sein pour que Minipuchette ait du lait dès le début de la tétée. Elle a finit par comprendre et au bout de 5 jours, elle savait faire toute seule. Le Doud était mon roc : il avait pris quelques jours. Pendant 10 jours, nous pouvions nous aider, profiter de ce temps à 3 pour nous découvrir, il croyait toujours en mes capacités, et savait toujours prendre le recul nécessaire… même lorsque j’étais au fond du trou, même lorsque nous n’avions pas assez dormi…

Sa vie dans nos bras

Minipuche te l’a expliqué la dernière fois : elle a vite compris que nos bras était bien plus confortables que son lit, sa poussette ou son transat. Au bout d’une semaine de vie, impossible de la poser… même une minute, elle hurlait à pleins poumons et devenait rouge écarlate. Elle passait de mes bras, à ceux du Doud et réclamait à manger toutes les 2h.

Je n’étais clairement pas préparée à ça et nous avons passé des heures sur internet, à essayer de comprendre pourquoi notre bébé tout neuf hurlait dès qu’on la posait; nous avons passé des nuits à nous relayer assis sur le canapé pendant que l’autre dormait quelques heures dans le lit et que notre puchette, elle, dormait du sommeil du juste dans nos bras.

Je n’étais pas préparée à ça… et j’ai trouvé ça dur !

Alors que ma Mini voulait juste être rassurée, entourée… elle venait de passer de 9 mois bien au chaud, à un environnement hostile… elle avait besoin d’un temps d’adaptation et de notre chaleur.

Mon tête à tête avec elle

Et le Doud a repris le boulot et nous ne pouvions plus nous relayer. Minipuche dormait dans mes bras, mangeait au sein, restait dans mes bras… et le Doud en rentrant le soir me trouvait au bout de ma vie. Le soir, il la gardait quelques heures pour que je puisse dormir, prendre une douche… et me réveillait car elle avait faim, et je restais assise sur le canapé… toute la nuit, avec un bébé endormi, en essayant de ne pas m’endormir pour ne pas qu’elle glisse, pour ne pas l’écraser… Elle ne supportant pas d’avoir, ne serait-ce qu’un centimètre de distance avec moi.

Ce peau à peau qu’on nous avait volé à sa naissance, Mini l’a récupéré lors de ce premier mois… 24h de peau à peau par jour, pendant des jours et des jours. Et moi, je n’en pouvais plus… de fatigue, d’incompréhension de cet petit être qui demandait tout mon temps et toute mon énergie, de frustration aussi.

Laissez moi rester en pyjama toute la journée…
Crédits photo: Pixabay

Les copines tribulettes ont été ma préparation à la naissance, pas la préparation à l’accouchement non… mais ma préparation à devenir une maman. Alors oui, c’était normal, c’était le 4ème trimestre de grossesse, certains enfants sont comme ça, elle avait BESOIN de moi… (Merci les filles, vraiment !)

Et j’ai lâché prise, je me suis adaptée à ses besoins : alors j’ai arrêté de lutter, et je l’ai accompagné. Elle et moi nous sommes installées pour la nuit sur notre canapé (c’est un vrai lit 2 places une fois déplié, avec un vrai matelas), avons sécurisé l’endroit (pas de couette, pas d’oreiller, une barrière pour ne pas tomber…) et pour la première fois depuis quelques semaines… nous avons dormi ! Le Doud a gardé la chambre avec le lit, et Mini et moi avons dormi comme ça, pendant presque 2 mois. Je n’étais pas pour le co-dodo, j’avais simplement besoin de dormir, et elle… elle avait simplement besoin de moi.

J’ai simplement mis ma vie et mes envies (si simple, d’une douche, de 10 minutes de silence, d’une heure de grand air…) entre parenthèses pendant quelques semaines pour vivre au rythme de ma Mini, j’ai appris à n’avoir envie de rien d’autre que d’être avec elle, j’ai appris à vivre au rythme des tétées, et le porte-bébé est devenu mon meilleur ami.

J’ai pleuré lorsqu’elle a fait les jours de pointe que j’avais l’impression d’être vissée au canapé et que mes seins me faisaient mal… mais j’ai souris lorsque je l’ai vu grandir, s’arrondir… et sourire, enfin !

Non, rien ne m’avait préparé à ça : la fatigue, le sacrifice, et cet amour inconditionnel !

Et toi, comment as tu vécu ces premières semaines avec ton bébé tout neuf ? As tu eu, toi aussi, un vrai bébé koala qui ne voulait que les bras ?

A propos de l’auteur

Tout juste 30 ans, vivant en concubinage en région parisienne dans un petit F2 avec le Doud', et dans l'attente de Minipuche, notre mini peluche prévue pour février 2019. Bretonne d'origine, ascendant tétue comme une mule; globe trotteuse et ne tenant pas en place; passionnée de photographie; gourmande et attachée à ma famille et mes amis (qui sont ma deuxième famille). Voilà tout ce qu'il faut savoir de moi...