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Crèche parentale : le mode de garde idéal ?

Rapidement après la découverte de ma grossesse, il a fallu penser au mode de garde pour notre futur BébéChou. En effet, en région parisienne, on a intérêt à s’y prendre tôt. Comme je savais que je voulais reprendre rapidement le travail après la naissance, « tôt », ça voulait dire dès le second trimestre de grossesse ! C’est fou, on se fait tout juste à l’idée de la présence de ce petit être en nous, et il faut déjà songer aux aspects pratiques et financiers… Pas très magique tout ça !

Mister F. avait une nette préférence pour un mode de garde en collectivité. De mon côté, je ne me sentais pas de faire les démarches pour trouver la perle rare parmi les assistantes maternelles de notre ville. Je crois que l’idée d’être un « employeur », d’imposer mes critères et mes conditions, me mettait mal à l’aise. Si on m’avait recommandé quelqu’un, j’aurais sûrement eu moins d’appréhension. Je sais bien que ça peut paraître un peu ridicule, et je suis sûre que si on n’avait pas eu le choix, on l’aurait fait. Toujours est-il que nous avons plutôt postulé pour des places en crèche, notamment en crèche municipale.

Ça a été un sacré parcours du combattant : devoir poser un jour de congé pour une « réunion d’information » plutôt inutile, faire de nombreux allers-retours pour rassembler toute la paperasse… Pour finalement s’entendre dire que comme notre enfant naîtrait après les commissions d’attribution en juin, nous n’aurions de toute façon pas de place. Mais que peut-être, quelques semaines avant ma reprise du travail, je pourrais téléphoner pour voir s’il en restait une… Euh, ça sentait le mauvais plan à plein nez, cette histoire !

Et là, j’ai eu la bonne surprise de découvrir que mon entreprise subventionnait une crèche parentale !

Crèche parentale

Crédits photo (creative commons) : Marc van der Chijs

Je ne connaissais pas du tout ce mode de garde, mais nous avons tout de suite accroché au concept. Il s’agit en fait d’une association de parents qui emploie du personnel qualifié (infirmière-puéricultrice et éducateur de jeunes enfants) pour garder les enfants dans des locaux spécifiques. Chaque famille doit s’impliquer dans le fonctionnement de la crèche (trésorerie, organisation du ménage et des courses pour le repas des petits, travaux, sécurité, entretien du linge…) et donner du « temps de présence » : c’est-à-dire venir garder les enfants tôt le matin ou juste avant la fermeture le soir, en compagnie d’une des puéricultrices ou d’un autre parent.

Nous avons rapidement pris contact avec les parents chargés du recrutement, et nous avons décroché un rendez-vous de candidature avec la directrice de la crèche. Il a eu lieu dans les locaux de la crèche. C’était vraiment comique de nous voir pendant cette « réunion » : quatre adultes assis sur de minuscules chaises, en chaussettes, dont moi avec mon gros bidon que je ne savais pas où caser ! De plus, nous paraissions bien naïfs, Mister F. et moi, bouche-bée face aux questions sur nos exigences pour la diversification (la quoi ?!), la motricité libre (pardon ?!) et autres !

Malgré notre air bêta devant ces questionnements à la fois techniques et philosophiques, nous sommes ressortis très enthousiastes. Le fait de pouvoir s’impliquer dans l’organisation de la garde de notre enfant, d’être en contact régulier avec d’autres jeunes parents de notre ville et d’avoir de longs moments de présence dans la structure nous paraissait être le compromis idéal entre garde personnalisée et collectivité. Nous avons eu la grande joie de décrocher une place et, luxe extrême, de l’apprendre avant la naissance. Youhou !

À présent, rentrons dans le vif du sujet : ça fait maintenant six mois que ChérieChou est dans cette crèche, et je voudrais te faire un petit retour d’expérience pour que tu saches (au moins en partie) à quoi t’attendre si tu souhaites tenter ce genre d’aventure.

Comme tu vas vite le voir, beaucoup de points sont à la fois dans les avantages et les inconvénients, car comme souvent, rien n’est tout blanc ou tout noir !

Avantages

1) La petite structure. Très rapidement, nous nous sommes sentis à l’aise. La longue période d’adaptation de quinze jours nous a permis de rencontrer tous les enfants, la plupart des parents, et de passer du temps avec les puéricultrices. Les réunions de rentrée, les assemblées générales et les « goûtapéros » (eh oui, tu t’adaptes quand tu as des enfants en bas âge à coucher : apéro à 17h !) permettent également de discuter régulièrement avec les autres parents. Très vite, notre fille s’est sentie bien : voir son sourire quand elle reconnaît sa petite compagne de crèche le matin, quand on la dépose sur le tapis, ça n’a pas de prix !

2) Le fonctionnement familial, qui permet une grande adaptabilité. Le petit nouveau a du mal à dormir dans le dortoir ? Le noir l’angoisse et il a besoin d’être rassuré régulièrement ? Qu’à cela ne tienne, on lui aménage un petit coin repos dans la pièce à vivre. Là, entouré des bruits de la vie de la crèche, il retrouve comme par magie la sérénité qu’il lui fallait pour dormir tranquillement (au milieu des cris des copains, oui oui !).

3) La nourriture faite maison avec les bons fruits et légumes du marché. Ce sont les parents de garde le matin qui préparent les compotes, et les puéricultrices qui se chargent des purées. Du coup, nos petits mangent sainement tout au long de la semaine. Quel soulagement pour moi qui était stressée à ce sujet, mais pas suffisamment vaillante pour envisager de faire à l’avance tous les repas de mon enfant !

4) Le temps passé sur place. J’avoue que j’adore quand je suis de permanence le soir : passer une heure à m’occuper des petits, les faire jouer, les surveiller, mais aussi les observer dans leur environnement me procure beaucoup de plaisir ! Oui, certains parents voient plutôt ça comme un inconvénient (ce que je conçois tout à fait !). Mais en dépit de la fatigue après une heure à ce régime (veiller sur douze enfants en même temps, même quand on est deux, ce n’est pas de tout repos !), je trouve là un de mes petits bonheurs de la semaine. Et voir ma fille interagir avec les autres enfants, je trouve ça fascinant. Être sur place permet également de rassurer les parents anxieux : par exemple, une de mes peurs était que les puéricultrices laissent les enfants s’endormir en pleurant tout seuls dans le dortoir…. Mais après quelques heures passées sur place, j’ai pu être rassurée à ce sujet.

5) La grande diversité des activités proposées aux enfants. Là, on rejoint les avantages propres également aux crèches classiques. Jouer dans le petit jardin, se baigner dans la petite piscine gonflable l’été, cueillir les premières fraises du potager, faire de la peinture à doigts, de la pâte à modeler ou des gomettes, profiter de la séance musicale une fois par semaine… Je suis heureuse que ma fille puisse être autant stimulée. Je suis bien consciente que si j’avais pris un congé parental, je n’aurais pas été capable de lui proposer un tel panel d’animations.

Inconvénients

1) La petite structure. Ça veut dire que si une famille ne remplit pas bien son rôle (se rendre disponible pour les différentes corvées, les faire en temps et en heure, ne pas oublier de venir pour les temps de présence, respecter les horaires de fermeture…), toute la structure en pâtit. Ce sont alors les autres parents qui doivent absorber la charge de travail supplémentaire. Sans mentionner les inévitables tensions qui apparaissent dans ces cas-là.

2) La contre-partie pour une nourriture maison : la corvée de courses ! Une fois par semaine, une des douze familles doit donc acheter les trente-six yaourts nature, vingt-quatre petits-suisses, cinq packs d’eau, sans oublier les vingt carottes, les cinq kilos de pommes de terres, les vingt-cinq pommes et les vingt poires… Non, ce n’est pas ce qu’il y a de plus fun de passer une partie de son dimanche entre le marché et le supermarché, avant de filer à la crèche pour ranger tout ça !

3) L’investissement personnel. Ce genre de structure ne fonctionne correctement que si chaque famille y met du sien. Et parfois, ça prend du temps. Étendre les vingt-quatre bavoirs trois jours d’affilée, alors qu’on n’a qu’une envie, en cette fin de journée, c’est passer du temps avec son enfant, ça fait suer, c’est sûr.

4) La vie en collectivité. Oui, c’est génial d’avoir des copains de son âge, d’être stimulé par les grands… Mais bon, en hiver, on aimerait limiter les interactions ! C’était juste l’horreur, cet hiver : entre le début du mois de novembre et la fin du mois de mars, j’ai eu l’impression d’être sans arrêt chez le pédiatre. Notre fille a été constamment malade : otite, rhume, de nombreuses gastro… Heureusement, rien de bien grave, mais pour de jeunes parents déjà épuisés par les nuits hachées, le travail et le reste, ça faisait vraiment trop. On est ressortis de cet hiver complètement exténués, Mister F. et moi.

Bilan : et si c’était à refaire ?

J’ai sûrement oublié des tas de détails, mais je pense que tu as maintenant une idée assez précise de mon ressenti sur ce mode de garde.

Si c’était à refaire, je crois qu’on recommencerait. J’émets seulement un gros bémol sur le dernier point : les maladies pendant le premier hiver. Peut-être que pour les éviter, on opterait (ou on optera, avec le petit frère ou la petite sœur ?) pour un compromis : une première année chez une nounou et une entrée à la crèche différée ? À voir !

Promis, je reviendrai te raconter le moment venu !

Et toi, tu avais des appréhensions à embaucher une nounou ? Tu ne jures que par la collectivité ? Tu as testé la crèche parentale ? Quel a été ton ressenti ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Jeune mariée presque trentenaire et maman depuis l'été 2014, j'essaie de concilier la vie de famille, un boulot passionnant et ma passion pour les voyages. Mister F. et ChérieChou me comblent de bonheur, même si parfois on ne sait plus où donner de la tête ! Mais bon, ça me va bien : je suis plutôt du genre à ne pas tenir en place.... Danse, lecture, piano, mais aussi boxe ou yoga, la vie à 100 à l'heure, j'aime ça !