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Quand la reprise du travail ne se passe pas bien : les expériences d’Étoile et d’Urbanie + quelques conseils pour toi

On te retrouve cette semaine avec les deux dernières expériences malheureuses de nos mamans travailleuses, celles d’Étoile et d’Urbanie. Et pour ne pas te laisser tout autant démunie si toi aussi, tu es victime de discrimination, tu retrouveras à la fin de l’article des conseils pratiques pour t’en sortir !

Conseils pour reprise du travail si discrimination

Crédits photo (creative commons) : Unsplash

Étoile

Avant la reprise

Je travaillais dans le service financier d’un grand groupe. Jeune mariée, tout le service avait les yeux scrutés sur moi, en particulier un de mes chefs.

Après une année difficile avec des horaires très denses, mon chef voulait juste savoir si j’étais enceinte lors de mon entretien de fin d’année, sans même prendre en compte le travail accompli. J’ai donc dû, malgré moi, l’annoncer très tôt, sans possibilité de défendre tout le travail accompli au cours de l’année. Cette grossesse « ne tombait pas au bon moment » pour mon équipe, car nous avions de gros projets en cours. Mais entre nous, il y a toujours du travail dans la finance, et jamais de bon moment pour tomber enceinte !

Pendant ma grossesse, je n’ai donc pas pu adapter mes horaires de travail, j’étais donc en moyenne onze heures par jour sur mon lieu de travail. Avec le temps de transport, je ne rentrais jamais à la maison avant 20h30/21h. J’étais épuisée. Mon gynécologue m’a arrêtée à 5 mois de grossesse pour éviter des complications. Mon corps ne suivait plus et je n’arrivais visiblement plus à nourrir mon bébé suffisamment (un retard de croissance a été évoqué).

Je ne saurai jamais si c’était lié à mon rythme de travail, au stress que je ressentais à cette époque, et je ne rejette la faute sur personne. Je pense juste que j’aurais dû mettre de côté temporairement ma conscience professionnelle afin de tenir plus longtemps, et je regrette quelque part que mes responsables n’aient pas cherché à me décharger un peu de ma masse de travail. Peut-être n’y avait-il pas assez de ressources à l’époque ?

Ce n’est pas vraiment très drôle d’être arrêtée aussi tôt, avec toutes les inquiétudes qui vont avec sur la santé du bébé. Et surtout, je pense que certaines personnes ont pensé tout bas que mon arrêt était un arrêt de complaisance. Bref, le regard des autres a été difficile à gérer.

Après la reprise

J’ai demandé une mutation dès mon retour de congé maternité.

Déjà, il y a eu trop de souffrance de mon côté par rapport au déroulé de ma grossesse, même si, je le répète, je ne veux rejeter la faute sur personne. Trop de jugements, de ressentiments (peut-être des deux côtés ?). Je ne veux pas entrer dans les détails, mais il y a des choses qui marquent et qui ont de quoi faire perdre confiance en soi. Globalement, j’ai ressenti plusieurs fois cette impression que j’avais été une tire-au-flanc en tombant enceinte (et en plus avec des problèmes !) et la sensation que je devais « assumer ce que j’avais fait ».

Par conséquent, à mon retour, j’avais l’impression d’être mise de côté. Comme si mon absence de plusieurs mois m’avait fait tout oublier, comme si j’avais perdu toutes mes compétences. En outre, j’avais fait le tour de mon poste actuel et on avait mobilisé les ressources nécessaires pour me remplacer pendant mon absence, donc ça me paraissait logique d’évoluer. J’ai trouvé très rapidement un nouveau poste en interne, et ça a été une véritable chance. C’est l’avantage d’un grand groupe !

Aujourd’hui, j’ai un poste avec plus de responsabilités, plus intéressant et beaucoup plus flexible, afin de pouvoir le concilier avec ma vie de famille. Je travaille dans un monde exclusivement masculin et je m’y sens très bien. Je suis flexible et mon chef l’est aussi : lorsqu’il y a des échéances ou des réunions importantes, je suis là. Parallèlement, il me laisse gérer les contraintes liées à une vie de famille, comme par exemple emmener bébé chez le pédiatre ou partir plus tôt pour le récupérer.

Bref, j’ai une complète autonomie dans mon travail et je me sens valorisée. Sans doute parce que je suis tombée sur une équipe plus pro et meilleure communicante. Peu importe les horaires, tant que le travail est fait. La flexibilité va dans les deux sens. Il m’arrive fréquemment de travailler une heure ou deux les weekends si nécessaire. Et tu sais quoi ? J’ai regagné en motivation, en confiance en moi et je suis à nouveau contente d’aller travailler.

Urbanie

Avant la reprise

Mon cas est un peu particulier, puisque j’ai été très longtemps absente de mon poste. Disons que j’étais chargée de communication dans un grand groupe. À l’époque, tout se passait merveilleusement bien : mon travail était reconnu, mon équipe au top, ma manager géniale. Quand j’ai perdu mon premier bébé, tout le monde a été d’un soutien sans faille, y compris ma hiérarchie.

Et puis, je suis retombée enceinte, et je suis partie un long moment (presque un an, entre mes arrêts maladie et mon congé maternité). À mon retour, la quasi intégralité de mon équipe avait changé, suite au départ de notre directrice. Et c’est là que les ennuis ont commencé…

Après la reprise

Alors, je ne peux pas entrer dans les détails, puisque tout ceci est encore trop frais. Je manque encore de recul, et je ne veux pas étaler mon linge sale en public. Mais pour être honnête avec toi : j’ai dû être arrêtée quatre mois. Prise d’antidépresseurs, abandon total de mes activités, visite hebdomadaire chez un psychiatre. J’étais même incapable d’ouvrir un livre, moi qui lis tellement…

Ce que je peux faire, en revanche, c’est te donner quelques conseils si tu es également en grande souffrance au travail.

Les conseils d’Urbanie

Ne reste pas seule :

C’est vraiment le plus important. La souffrance au travail va souvent de pair avec un grand isolement (que ce soit lié au comportement de ton chef, de tes collègues, ou à un arrêt de travail). Cherche des alliés si tu peux en avoir parmi tes collègues (BIG UP à ceux qui ont accepté de m’aider, d’ailleurs !), sollicite l’aide de ta hiérarchie. Le CHSCT (Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail) et le médecin du travail sont également là pour t’aider, ainsi que l’inspection du travail en cas de manquement grave de la part de ton employeur.

Va voir un avocat :

Je sais que quand on te parle d’aller voir un avocat, tu t’imagines d’office en plein procès, et tu trouves que c’est sans doute trop « procédurier ». Et pourtant, un avocat est là aussi pour te guider, te donner des conseils (le bon sens commun n’est souvent pas celui de la loi, et ça peut être utile de le savoir !), sans forcément aller au contentieux.

Connaître tes droits, tes recours, te sentir soutenue, comprendre que c’est l’autre qui est en tort aux yeux de la loi et pas toi : ça m’a grandement aidée à aller mieux et à ne pas me sentir complètement abandonnée ! Et pourtant, je peux te dire qu’on a presque dû me traîner par la peau des fesses pour que j’aille consulter la toute première fois…

Fais-toi aider :

Il existe plusieurs dizaines de consultations souffrance au travail un peu partout en France, spécialisées dans l’écoute et l’aide (psychologique, mais aussi juridique). Tu peux aussi aller voir un psy, si tu sens que tu as besoin de parler de ce qui t’arrive à quelqu’un.

Pars !

Oui, je sais, ce qui t’arrive est injuste. Mais ta vie et ta santé mentale valent mille fois plus qu’un poste, quel qu’il soit. C’est aussi pour ça qu’aller voir un avocat peut t’être utile : en cas de démission, ça peut être pas mal d’avoir quelqu’un pour te défendre et négocier ton départ dans les meilleures conditions.

Et puis, dis-toi qu’il vaut mieux prendre un nouveau départ au sein d’une équipe qui sera ravie de t’accueillir et de bénéficier de tes compétences, plutôt que de moisir sur un poste où l’on ne veut plus de toi parce que tu es devenue maman…

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Et toi ? As-tu subi des pressions à ton retour au travail ? Quelles mesures as-tu prises pour y mettre fin ? Viens en parler…

A propos de l’auteur

Je suis la personne qui réceptionne et planifie les articles pour les sites Dans ma tribu et Sous notre toit ! C'est aussi à moi que tu peux poser toutes les questions qui te tracassent à propos des deux blogs. J'ai 29 ans, un chouette mari, deux jolies petites filles et deux gentils chats. Nous vivons tous les six heureux dans notre grand duplex à la campagne !