Menu
A la une / Récit d'accouchement

Mon accouchement de rêve, déclenché… ou pas !

Je t’avais laissé en toute fin de grossesse la dernière fois : me voilà arrivée à mes derniers jours de couveuse. C’est un des avantages du déclenchement : c’est rigolo de te dire « demain, à cette heure-ci, je serai en train d’accoucher ! ».

On a donc pu tranquillement profiter de notre dernier weekend en amoureux avant le grand bouleversement : notre dernier resto, notre dernier ciné, notre dernière grasse mat sous la couette, toutes ces belles choses interdites aux jeunes parents !

Le lundi, veille du jour J, je passe la journée avec une amie dont le petit bébé a tout juste 3 mois : c’est un vrai petit ange, qui me sourit toute la journée. Elle-même a accouché suite à un déclenchement médical, car elle avait dépassé le terme de 4 jours. Elle me rassure énormément : non seulement son accouchement s’est bien passé, mais en plus, elle garde un excellent souvenir des heures d’attente et de complicité avec le futur papa (déclenchée à 9h et pas de trace de contractions avant 15h, ça laisse le temps pour papoter tranquillement !).

Du coup, je rentre à la maison (après avoir couru derrière mon bus, à 39 SA + quelques jours !) complètement rassérénée. On boucle la valise pour la maternité, on met le réveil pour aller à l’hôpital le lendemain à 8h, et on passe une excellente soirée : petit repas tranquille (dernier repas au régime diabétique : youhou !) et film avant d’aller dormir. Pendant le film, je ne me sens pas très bien : j’ai du mal à trouver une position confortable, j’ai de légères douleurs dans le bas du dos, mais bon, pas de quoi s’affoler, ça doit encore être mon transit qui fait des siennes.

On file se coucher, mais comme les douleurs persistent, je demande un petit massage à Mister F., histoire de me détendre un peu : il pose ses mains sur mon (énooooooorme) ventre, et là, c’est la marée dans notre lit… ! Je viens de perdre les eaux !

Je panique : ça y est, c’est pour maintenant, j’angoisse, au secours, je ne m’en sens pas capable !

Cette bouffée de stress s’évapore presque immédiatement, et heureusement, car Mister F. est tout perdu, et je lis la panique dans ses yeux. « Qu’est qu’on fait, il est 22h, on ne peut pas y aller en transport en commun ? Si ? J’appelle un taxi conventionné ? Ou peut-être que J. a sa voiture et peut nous y conduire ? Qu’est-ce que tu en penses ? ».

Je le regarde calmement et lui dis : « Ça, c’est pas mon problème : je vais sous la douche, je m’habille, et quand je sors de là, dans 5 minutes, il nous faut un moyen de transport, peu importe lequel, mais on part dans 10 minutes grand max. »

Douche rapide, pendant que Mister F., pendu au téléphone trouve une solution : c’est finalement notre ami J. qui nous emmène. Le trajet se passe très bien : en plein mois d’août, à 22h30, il n’y a pas grand monde, et puis on habite à 10 minutes de la maternité, donc pas de stress. J. est tout excité et me pose plein de questions : « Alors, ça fait quoi les contractions ? Tu as mal ? Tu veux que j’aille plus vite ? Je t’ai pris des coussins et des serviettes pour que tu sois plus à l’aise. » Adorable. D’autant plus qu’à ce moment-là, tout va bien. Les douleurs dans mon dos se font de plus en plus précises, mais rien d’insurmontable, alors je rigole et je papote, toute heureuse.

photo de naissance accouchement

Crédits photo (creative commons) : Kala Bernier

Arrivée à la maternité, on me demande : « Oui, c’est pour quoi ? ». Assez cocasse étant donné que je continue à perdre les eaux dans le couloir et qu’on débarque à 23h avec un bidon gigantesque : pas très observatrice, l’aide-soignante….

On est rapidement installé dans une chambre : on a de la chance, la maternité est très calme ce soir. Il n’y a que trois accouchements sur 9 salles de naissance et 3 blocs. Du coup, l’équipe médicale est plutôt disponible.

Au premier examen, on m’annonce que mon col s’est effacé et que le travail commence doucement. On m’installe le monitoring pour enregistrer l’intensité et la fréquence des contractions, puis on nous laisse tranquille.

Et là, c’est le drame. Les contractions commencent pour de bon : rien à voir avec la vague sensation désagréable du début de soirée. Ça devient douloureux, de cette douleur qui te rend malade, insidieuse et saisissante à la fois. Au bout d’une heure ou deux, je n’en peux plus, d’autant plus qu’à l’écran, l’intensité reste toute faiblarde : ça veut dire quoi, ça ? C’est qu’ensuite, ça va être pire ?! Je commence à paniquer, non pas à cause de la douleur, mais à cause de celle que j’imagine éprouver plus tard…

Je dis sérieusement à Mister F. que ce bébé sera un enfant unique : pas moyen que je revive ça une autre fois !! Il me regarde désemparé et se décide à aller appeler ma sage-femme pour lui dire que malgré les pics ridicules sur la machine, ma douleur, elle, n’est pas ridicule. Il revient et me dit cette phrase magique : « La sage-femme m’a dit de te dire qu’elle te croit, elle arrive tout de suite. »

Le soulagement doit se lire dans mon regard….

La sage-femme arrive, m’examine et me dit que si je veux la péridurale, je peux l’avoir tout de suite : en effet, mes contractions ont été très efficaces et je suis déjà bien ouverte, donc il n’y a plus de raison d’attendre. Et non, ce n’est pas la machine qui ne fonctionne pas, mais mes contractions qui sont « dans les reins », et qui ne sont donc pas captées aussi facilement que les contractions plus traditionnelles. Ouf, je n’étais pas folle et OUIIIIIIIIIIIIIII, je veux la péridurale !!

L’anesthésiste arrive, et pose la péridurale en quelques minutes. Le soulagement est presque immédiat : c’est bien simple, je m’endors avec de la musique dans les oreilles, pendant que Mister F. somnole dans le fauteuil à mes côtés.

La sage-femme me réveille régulièrement pour me dire que tout avance bien : je suis rassurée et me rendors presque aussitôt.

Et puis, arrive le moment où ça y est, c’est tout bon : BébéChou a fait son boulot, il s’est placé bien comme il faut, et maintenant il a besoin d’un petit coup de pouce pour sortir sa tête et rencontrer ses parents ! La sage-femme me réveille : « Il va falloir pousser, Madame ! ». Oui, oui, je sais, j’ai honte, je me suis endormie pendant mon accouchement (AHEM…).

Comme tout s’annonce bien, pas besoin de médecin, on se prépare en tout petit comité : la sage-femme, l’infirmière, le papa et moi. Comme je viens de me remettre une dose d’anesthésie, la sage-femme doit me guider et me dit quand pousser. Visiblement, elle est bien contente : je pousse bien, le bébé approche tout doucement. Elle nous annonce qu’il est très chevelu !

Au bout de 2 ou 3 poussées, alors que Mister F. et moi on pensait n’en être qu’au tout début, elle nous annonce : « Ça y est, le voilà, votre petit bout ! ». Quoi ?! Pardon, mais déjà ?! Oooooooh, mon cœur fond en voyant notre bébé, ce bébé imaginé, rêvé à deux, qui est bien là, pour de vrai ! Je crois que je réalise seulement à cet instant que ce petit être que je sentais bouger, que j’aimais déjà plus que tout, est réel.

La sage-femme me le dépose sur le ventre, et notre petit chaton vient se blottir contre moi : il n’a pas poussé de cri, comme on voit dans les films, non, il est resté tout calme, tout rose, a entrouvert les yeux pour découvrir son papa, et s’est installé sur moi comme un petit animal.

Contre toute attente, on n’a pas les larmes aux yeux, mais un sourire béat jusqu’aux oreilles !

La sage-femme finit son travail (tous les trucs pas glops qu’il faut faire une fois le bébé sorti), puis nous demande soudain : « Mais au fait, c’était un bébé surprise, vous avez regardé le sexe ? ». Euh… gros blanc. On se regarde, Mister F. et moi : non, on n’a pas pensé à regarder. Moi qui était tellement curieuse, qui avait envie tellement d’ouvrir ce fameux petit bout de papier sur lequel l’échographe nous avait marqué le sexe, surtout vers les derniers jours, me voilà tellement en extase devant mon petit bout de chou que je n’ai même pas pensé à regarder ! La sage-femme soulève notre bébé et… et c’est une fille !! Je n’en crois pas mes yeux, d’ailleurs je n’ose rien dire, et c’est Mister F. qui me le dit : « Oui, oui, c’est bien une petite fille !! ». Moi qui m’étais tellement persuadée que ce serait un adorable petit boy, comme c’est étrange ! D’un autre côté, je suis si heureuse (tu te souviens de mon angoisse d’avoir un petit garçon ?), je n’arrive pas à croire à mon bonheur.

Par contre, on n’a toujours pas réussi à se mettre d’accord sur le prénom fille, et là, il va bien falloir la déclarer ! Nous avons deux noms dans notre short list, et comme je ne veux pas forcer Mister F. à choisir mon préféré qui s’avère être le plus original des deux, je lui laisse annoncer. Il me regarde avec un grand sourire et annonce le prénom que je préfère !

La suite est un peu floue : la sage-femme fait faire les premiers tests à ChérieChou (par bonheur, dans la même pièce que moi, j’aurais eu un peu du mal à la voir partir sans pouvoir la suivre), puis me recoud (pas glop, pas glop) et installe ChérieChou à mon sein. Je n’ai toujours pas décidé si je voulais l’allaiter, mais une chose est sûre, je veux bien essayer.

Nous restons encore un moment dans la salle d’accouchement, à regarder notre bébé avec des yeux de merlan frit, avant de remonter dans notre chambre. Le soleil se lève, on voit la tour Eiffel par la grande baie vitrée, je suis heureuse, on est une famille, on a une petite fille magnifique.

Mister F. passe les quelques coups de fil à la famille pendant que je reste dans ma petite bulle avec notre enfant : il nous y rejoint bien vite.

Je suis la plus heureuse des femmes, des mamans, des épouses, la vie est belle.

Et toi ?

A propos de l’auteur

Jeune mariée presque trentenaire et maman depuis l'été 2014, j'essaie de concilier la vie de famille, un boulot passionnant et ma passion pour les voyages. Mister F. et ChérieChou me comblent de bonheur, même si parfois on ne sait plus où donner de la tête ! Mais bon, ça me va bien : je suis plutôt du genre à ne pas tenir en place.... Danse, lecture, piano, mais aussi boxe ou yoga, la vie à 100 à l'heure, j'aime ça !