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Mon accouchement hilarant


Publié le 21 novembre 2019 par Marguerite

Je vais t’avouer un de mes péchés mignons : je lis toujours la fin des livres policiers au tout début. Juste les dernières pages pour savoir si le héros ou l’héroïne va bien mais pas suffisamment pour connaître le tueur… Je te vois venir : « Mais Marguerite : quel est le rapport avec le schmilblick ? ». Et bien, je vais te faire partager ma mauvaise habitude en commençant par te raconter mon accouchement.

Une journée ordinaire…

Mon gros bidon et moi sommes arrivés jusqu’au 1er octobre (tu as donc compris que le pouvoir magique de Gwénaëlle n’a pas marché sur moi, je n’ai pas perdu les eaux mi-septembre). Je suis d’une humeur massacrante ce jour-là. Me déplacer me provoque de multiples douleurs. J’appréhende de devoir passer le lendemain avec mon fils de 3 ans et demi, il va falloir jouer avec lui, courir partout et je ne m’en sens pas capable. Ma maman qui séjourne chez nous pour m’aider durant cette fin de grossesse propose d’emmener Sangohan se balader au jardin de la ville le lendemain. Il faut juste que nous fassions le chemin en voiture aujourd’hui pour qu’elle puisse prendre ses repères (elle ne sait pas se servir d’un GPS). Cette proposition me soulage. Nous profitons donc d’un rayon de soleil pour faire le trajet et même la balade que Sangohan et sa mamie feront le lendemain. Je n’en arrive pas à bout… J’ai des contractions que je prends pour un énième faux travail.

Nous rentrons à la maison, ma maman va chercher Sangohan à l’école pendant que je me repose un peu. Lorsqu’ils reviennent les contractions se sont calmées. Nous continuons donc tranquillement notre fin de journée. La fin du dîner arrive et je ne me sens pas bien du tout : j’ai mal aux reins et au ventre, à ce moment-là, je ne comprends toujours pas ce qu’il se passe. Je quitte la table et décide d’aller me coucher. Mon mari s’occupe de coucher notre garçon. Ma maman vient me voir dans ma chambre, elle pense que je devrais aller à la maternité. Comme nous habitons à quelques minutes, je décide d’attendre de percevoir des contractions régulières pour m’y rendre. A ce moment-là, j’ai juste des sensations bizarres dans tout le corps. Les douleurs dans les reins me rappellent mon premier accouchement mais je ne suis pas sûre. Je ne veux pas déranger le personnel de la maternité pour rien.

La soirée avance, dehors c’est la tempête. Les douleurs s’intensifient. Je prends un spasfon qui ne fait pas effet. Je tente de souffrir en silence pendant que mon cher et tendre regarde un match de foot qu’il vit comme s’il était sur le terrain et prodigue aux joueurs moult conseils qu’ils ne semblent pas entendre (« non mais vas-y, fais une passe là !). 22h45, le match est fini, la pluie semble se calmer et je crois que j’ai fissuré la poche des eaux. Nous décidons qu’il est temps de se rendre à la maternité.

Jeu de pistes à la maternité

Après quelques minutes de voiture, nous voilà arrivés aux urgences générales (après 21h, on doit se rendre aux urgences générales pour accéder à la maternité). Bienvenue dans le jeu de piste à travers les couloirs : des flèches partout, un code couleur qui change… Je tremble de douleur et je ris de la situation… Va-t-on trouver notre trésor ?

Crédit Photo (creative commons) : Pexels

Finalement, nous voilà devant un ascenseur que nous empruntons. Une fois à l’intérieur, je rappelle à mon mari que ma sage-femme libérale m’avait déconseillé de monter dans l’ascenseur de peur qu’on reste bloqué à l’intérieur le jour J. On imagine le scénario catastrophe : accoucher dans l’ascenseur. Ça nous détend et en plus, nous sommes arrivés à bon port.

Dernière étape du jeu, il faut convaincre le personnel de nous ouvrir la porte « Bonjour, que se passe-t-il ? », « Je suis Marguerite, mon terme est dans 4 jours et je pense que j’ai fissuré la poche des eaux. » Ouf le mot de passe est bon, la porte s’ouvre.

Je suis prise en charge par une sage-femme, une infirmière et une infirmière en formation. La sage-femme me demande si j’ai des contractions régulières. Je suis incapable de répondre à cette question : j’ai mal aux reins, le bébé bouge beaucoup et surtout je tremble donc « oui j’ai des contractions, mais je n’arrive pas à les compter ». Je fais un test urinaire, on prend ma tension et on me place sous monitoring. Ma tension est un peu élevée, j’ai donc droit à une prise de sang pour vérifier que je ne fais pas de prééclampsie. Le test urinaire montre que j’ai bien fissuré la poche des eaux.

Par ailleurs j’ai bien des contractions, elles sont irrégulières, mon col est ouvert à 2 large (c’est le cas depuis plusieurs semaines). On me garde mais le travail n’est pas vraiment lancé. L’équipe médicale est vraiment bienveillante et m’explique bien que comme je ne peux pas être déclenchée (j’ai accouché par césarienne la première fois), je vais peut-être devoir attendre 24h avant qu’une décision soit prise si le travail ne se lance pas. Je risque une deuxième césarienne mais la sage-femme est plutôt positive, elle pense que le travail ne devrait pas tarder à démarrer. La sage-femme, l’infirmière et l’infirmière en formation m’accompagnent dans une chambre, elles m’expliquent qu’elles ne repasseront pas avant quelques heures mais que je dois sonner rapidement si les contractions deviennent régulières car le travail peut être rapide.

Bébé va pointer le bout de son nez

2h du mat, j’ai des frissons, je claque des dents (et je monte le son), les contractions deviennent, d’un seul coup, intenses et rapprochées. Je réveille mon mari qui bipe l’équipe médicale. La sage-femme arrive, elle confirme que le travail a commencé, mon col est ouvert à 3. Je pars en salle de travail.

La sage-femme appelle l’anesthésiste (oui je veux la péridurale tout de suite, je suis chochotte et je ne gère pas bien la douleur). Elle m’annonce qu’il va venir mais elle pense que ça peut être un peu long. Elle me propose un gaz hilarant pour atténuer la douleur en attendant. J’accepte sans trop comprendre ce qu’elle vient de dire, j’entends juste que cela va me soulager. L’infirmière me pose un masque, au début je me sens un peu mal mais en respirant calmement et régulièrement, la pièce cesse de tourner. Et là, je ne me contrôle plus, je commence à rire de tout. L’élément déclencheur : les oiseaux dessinés sur le plafond de la salle de travail. Je trouve cela kitch et ça m’amuse. Du coup, grosse ambiance dans la salle de travail, je raconte pleins de blagues à l’équipe médicale qui s’amuse visiblement bien aussi. Je n’ai plus mal. Je fais une arrivée en fanfare à l’anesthésiste : je fais une petite musique d’ambiance genre film de superhéros et l’appelle le sauveur des femmes enceintes. Ça n’a pas l’air de le faire rire, il est ronchon le monsieur !

Mon mari sort, on m’enlève le masque magique, les douleurs reprennent et je m’amuse beaucoup moins. Nounours (l’anesthésiste) râle mais je ne sais pas trop pourquoi, et a du mal à me piquer, il s’y reprend à plusieurs fois, c’est long et les contractions sont de plus en plus douloureuses. Il a enfin fini, mon mari revient, je sens les contractions mais je n’ai plus mal. Mon col est ouvert à 7, je retrouve ma bonne humeur. Nounours reste en salle de travail car ma tension est un peu basse et je tremble. La sage-femme le rassure, elle surveille ma tension joueuse et instable depuis le début et je tremblais déjà en arrivant à la maternité.

4h du matin, l’équipe médicale nous laisse en salle de travail en nous recommandant de nous reposer car il faut garder des forces pour l’arrivée du bébé. Je dois rester sur le côté car bébé ne supporte pas bien les contractions lorsque je suis sur le dos. Je ne sais pas si j’ai vraiment dormi mais j’ai entendu mon mari ronfler !

Une petite frayeur

5h15 du matin, je sens que ça pousse, la sage-femme arrive à ce moment-là. Mon col est ouvert à 10. Bébé ne supporte toujours pas bien les contractions. Elle appelle le gynécologue qui en fait était à côté car il craignait de devoir partir vite en césarienne à cause de mon utérus cicatriciel. Dans un premier temps, ils nous annoncent tous les deux qu’on se laisse environ 2 heures pour laisser bébé Fleur descendre et sortir. Cela nous convient. On se dit qu’au plus tard à 7h15, nous serons une famille de quatre. L’équipe médicale est très contente car elles pourront toutes assister à l’accouchement et l’infirmière en formation est ravie car c’est le premier accouchement qu’elle verra entièrement.

5h30, je signale à la sage-femme que ça pousse vraiment ! Elle constate qu’effectivement bébé s’est pressée et elle est descendue. On m’installe pour pousser. Dans un moment de lucidité, je préviens que je ne sais pas pousser car je n’ai fait que deux ou trois poussées pour mon premier accouchement et ça n’avait pas été très efficace. On commence donc, la sage-femme me guide bien.

Apparemment je suis plutôt bonne élève, mais bébé ne supporte pas du tout les contractions. La sage-femme appelle le gynécologue qui était resté dans les parages. Là, tout devient flou. Il me dit qu’on a très peu de temps pour sortir Fleur sinon ce sera une césarienne. J’étais vraiment bien préparée à cette éventualité donc je réagis calmement et lui demande quoi faire. Il me dit de pousser quand je le sens et lui va m’aider. En trois poussées, avec l’aide d’une ventouse, les conseils de mes trois fées (l’équipe médicale), ceux du gynécologue et les encouragements de mon mari nous avons réussi à guider Fleur vers la lumière du jour.

Il est 6h et des poussières. Je l’entends très rapidement pleurer. Elle va bien c’est un beau bébé. Pendant que j’ai droit à une révision utérine un peu longue et douloureuse, mon mari fait un peau à peau avec notre nouveau petit amour. Le gynécologue m’explique également que mon utérus est très étroit et que lorsqu’il est intervenu en plus de l’arythmie, bébé était en train de présenter son front c’est pour cela que tout s’est accéléré (une complication que je connais bien mais c’est une autre histoire que je te raconterai une prochaine fois). On papote un peu des spécialités culinaires asiatique et je lui parle de mon dégoût pour le durian (le roi des fruits en Asie du Sud Est mais ça sent tellement mauvais qu’il est interdit dans certains hôtels).

Crédit photo (creative commons) : Truthseeker08

Je peux ensuite moi aussi faire un peau à peau. Je plaisante un peu avec l’équipe qui m’a accouchée. Mon mari et moi les remercions chaleureusement car nous nous sommes vraiment sentis écouter, tout nous a été bien expliqué avec bienveillance et anticipation. J’ai eu, cette fois, la chance d’avoir un bel accouchement.

Et toi, raconte-moi tout : as-tu testé le gaz hilarant ? Quel souvenir gardes-tu de ton accouchement ? Es-tu tombée sur une super équipe médicale ?


Guide accouchement

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Commentaires

7   Commentaires Laisser un commentaire ?

Doupiou

Oh le joli récit ! J’adore ! J’ai aussi eu droit au gaz hilarant lors de mon premier accouchement mais j’ai fais une violente réaction allergique instantanément (ce qui n’était pas très hilarant !)

le 21/11/2019 à 11h40 | Répondre

Marguerite

La sage-femme m’a dit que certaines femmes réagissent mal et se mettent notamment à pleurer ! Il paraît que l’effet disparaît dès qu’on enlève le masque. J’ai eu beaucoup de chance de bien réagir parce que je n’aurais pas supporté la longue attente avant l’arrivée de l’anesthésiste sans cela .

le 29/11/2019 à 10h19 | Répondre

Madame C

L’ascenseur… mon mari y a été enfermé le jour de l’accouchement… cesa Programmée, j étais déjà « habillée » pour aller au bloc… gros coup de stress

le 22/11/2019 à 00h54 | Répondre

Marguerite

Effectivement, il a dû stresser et toi aussi !!!

le 29/11/2019 à 10h20 | Répondre

Maud (voir son site)

C’est super que tu aies pu accoucher par voie basse après une césarienne !
J’ai bien ri avec l’épisode du gaz hilarant 😀
Moi c’était de l’oxygène je crois, rire m’aurait fait du bien à ce moment là !

le 24/11/2019 à 16h17 | Répondre

Marguerite

Oui, je suis très contente de cet accouchement par voie basse d’autant plus que le premier m’a laissé un très mauvais souvenir ! J’avais eu le masque à oxygène la première fois, je préfère largement le gaz hilarant !

le 29/11/2019 à 10h21 | Répondre

Maman Ours

Quelle histoire ! J’en ai eu aussi mais je n’ai pas du tout ri, plus plané je crois ^^

le 30/11/2019 à 20h54 | Répondre

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