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Mon 3ème trimestre de grossesse et les nouvelles complications


Publié le 15 novembre 2014 par Floconnette

Je suis donc à 7 mois de grossesse, nous arrivons à l’hôpital, et je me fais examiner. La sage femme est soucieuse, elle me dit que le bébé est trop bas et que le col se modifie. Ohlala, avec mon mari, nous nous voyons déjà parents dans la nuit d’un pauvre petit bout intubé.

Direction le monitoring. Arg, il y a trop de contractions. Beaucoup trop. Je me fais administrer un médicament pour les stopper, mais il a des effets secondaires (rythme cardiaque, migraines, bouffées de chaleur). Je suis donc branchée à un tensiomètre automatique qui gonfle toutes les 15 minutes et me broie le bras.

Je reçois également les piqûres de corticoïdes pour la maturation des poumons de mon enfant (j’aurai une seconde injection 24h après). La sage femme nous explique que je vais être hospitalisée et sous traitement anti contractile (de l’Adalate). Bref, je suis en menace d’accouchement prématuré, MAP pour les intimes. Je ne suis même pas à 33SA.

Mon mari finit par rentrer à la maison, tandis ce que je monte dans ma chambre d’hôpital. Il revient le lendemain avec mes affaires. Un petit conseil : emporte des affaires ! Les médicaments me font vraiment fait suer, et je ne peux pas prendre de douche avant un moment, car je suis perfusée et je n’ai pas de serviette de bain ! Je dois attendre le lendemain, assez tard, qu’une infirmière m’en apporte une, puis mon mari m’amène tout.

Ces quelques jours sont difficiles, autant pour mon mari désemparé et inquiet pour sa femme et son enfant que pour moi. Je sais que c’est idiot, mais je me sens responsable. Je ne suis même pas capable de porter notre enfant correctement ! Je suis nulle ! C’est complètement stupide comme raisonnement, mais sous le coup des hormones et de l’émotion, voilà ce que je pense.

En plus, j’ai une petite (grosse) frayeur en faisant ma glycémie le lendemain de mon admission : elle est énorme ! 170 !!! En fait, c’est dû aux corticoïdes : bon à savoir si ça m’arrive à nouveau !

3 jours après, j’ai enfin une échographie. En fait, c’est moins alarmant que prévu : le col est tout à fait bon, mais l’examen en urgence pouvait prêter à confusion. Par contre, mauvaise nouvelle, le loulou est vraiment bien bas et ne semble pas du tout vouloir être délogé. Et mes contractions ne s’arrêtent pas, même avec le traitement… Donc… repos absolu. Je peux me lever pour manger et aller aux toilettes, mais sinon, alitement total. Pas semi-alitée, ou assise, non….. Al-lon-gée. Super.

photo de grossesse fauteuil

Crédits photo (creative commons) : Alagich Katya

Nous partons donc pour 4 semaines (jusqu’à 37 SA révolues) de vie plus que compliquée. Mon mari se lève à 5h30 et travaille à 1h de route. Le soir, il doit faire le repas (et attention, pas de pizza ou de choses rapides, mais des menus type diabétiques) et me mettre de côté la portion du lendemain à réchauffer. (Je n’ai pas le droit de cuisiner pendant toute cette période, or les pâtes seules sont interdites… Parfois, je me fais des conserves de légumes, du riz et du jambon, mais c’est tout.)

Je passe par des hauts et des bas : j’en ai marre, je ressemble à une baleine échouée, mon dos souffre le martyre, j’ai faim, je veux du chocolat… C’est quand les 37SA ? Je dors mal à être déjà allongée toute la journée. C’est dur !

J’essaie quand même de me reposer en prévision du tsunami de bonheur attendu début mars. Je tricote de jolies choses à mon bébé d’amour.

J’ai l’impression que mes derniers moments de grossesse me sont un peu volés. Bien sûr, je profite de mon petit bébé qui bouge beaucoup beaucoup, je lui parle, je communique avec lui. Mais j’aimerais pouvoir sortir, être épanouie. En plus, je me sens relativement bien, mis à part les douleurs articulaires… Mais je dois rester couchée.

J’apprends aussi que nous n’avons pas la place en crèche qu’on était « presque sûrs d’avoir » (dixit la directrice, 3 mois auparavant….). Je ne peux pas me déplacer pourtant ! Comment faire ? J’appelle des assistantes maternelles et bloque des rendez-vous à 38 SA.

Pendant mon 8ème mois également, j’ai la dérogation pour aller chez la sage-femme afin de suivre les cours de préparation accouchement. Elle est dans mon village, à 5min en voiture. À ce sujet d’ailleurs, il faut que je te raconte deux petites anecdotes !

La première, c’est qu’une des jeunes femmes du même cours que moi m’interpelle lorsque j’arrive : « Eh ! Il parait qu’on est voisines ! ». Et en fait, oui, on l’est. À 3 maisons près ! Ce jeune couple a emménagé récemment, et avec nos grossesses, on ne s’était jamais croisées. Faut le faire ! Et mieux : sa DPA est un jour avant la mienne !

La deuxième anecdote est assez incroyable : nous étions en tout 5 futures mamans à ce cours, dont 4 à accoucher dans le même hôpital (seule ma voisine allait en clinique). Nous avions toutes des DPA fin février ou début mars, sur une semaine. Une autre maman était en menace d’accouchement prématuré depuis bien plus longtemps que moi, d’ailleurs. Et le lendemain de mon accouchement, je croise l’une de ces mamans ! Elle accouche 2h30 après moi, dans la salle voisine !

Très amusant comme coïncidence, tu ne trouves pas ? Alors, je ne sais pas si tu me croiras quand je te dirai que nous croisons une autre de nos consœurs dans une chambre voisine ! Et de 3 ! Et la surprise est à son comble lorsque nous découvrons que la 4ème qui doit accoucher dans cet hôpital est également des nôtres à la maternité… Incroyable, je te dis. En moins de 12h, nos 4 bébés sont nés (le premier étant le mien). La seule qui accouche 10 jours plus tard est celle qui va en clinique.

Nous sommes restées amies et discutons très souvent par messagerie, et nous nous réunissons régulièrement pour nos « réunions bébés ». Franchement, j’ai trouvé ça très amusant !

Bref, anecdotes mises à part, je recommence à vivre à 37 SA, mais avec précautions quand même. Nous voyons les nounous, nous choisissons un coup de cœur. A 38 SA, je retourne au laboratoire, car mon dernier examen était un peu mauvais au niveau plaquettes (ha, tu me vois venir ?). J’y vais confiante : quand même, après le diabète, le bébé bas qui me torture les nerfs des jambes et la MAP, une pré éclampsie ? La bonne blague !

Je ne ris pas longtemps… eh oui, voilà-il pas que je fais une pré éclampsie ! Plaquettes en chute libre, protéines élevées, tension qui monte, foie et reins qui débloquent aux analyses… Hop, sur ordre téléphonique de mon gynécologue, je refais ma petite valise après 8 jours sur pieds, et je suis hospitalisée.

Là, je te le dis : je suis écœurée. Je recommençais enfin à vivre, je profitais de ma fin de grossesse, et là, à 8 mois passés, on va encore m’embêter ?! J’en ai maaaaaaaaaarre ! Je harcèle les médecins pour rentrer, je suis courant 39 SA quand même, mince, laissez-moi accoucher ou rentrer, mais ne me gardez pas prisonnière, pitié ! Mais non, mon cas est « trop grave » pour prendre le risque de me laisser rentrer, mais « pas assez grave » pour déclencher tout de suite.

J’ai une prise de sang toutes les 48h, des tests de protéinurie sur 24h, 3 monitoring par jour, et des prises de tension toutes les 2h, de 6h à 22h. Mes analyses empirent, lentement, mais sûrement…

On me fait comprendre que ça serait bien que j’accouche. Mais après avoir dit à mon loulou de rester là-dedans bien au chaud, il n’a pas l’air de vouloir sortir ! Je fais des tours d’hôpital, prends les escaliers. C’est le monde à l’envers, moi qui ne devais pas accoucher, maintenant que je fais tout pour, rien ne se passe.

Je suis quand même assez inquiète : ma tension monte (moi qui suis toujours à 9/quelque chose, je suis minimum à 13/quelque chose, et j’atteins le 15 et le 16 à certaines mesures…). Mes plaquettes continuent de chuter toutes les 48h, mes reins et mon foie produisent de l’acide urique et des TGO hors de la norme… Mais aucun œdème, une prise de poids « normale » (hum), pas de bourdonnements. Je reste en observation…

Heureusement, il y a les JO d’hiver à la télé, ça m’occupe plus que les Feux de l’amour ! Sauf quand c’est « après-midi curling »… Je vais en douce à la cafétéria prendre un flan, parfois… Je sais, c’est mal… Mais la déprime me guette avec l’hôpital et les plateaux diabétiques. Pas moyen de négocier un fruit le matin, alors que la diététicienne m’y avait autorisée à la maison ! Retour donc au zéro sucre, et parfois, comme tout être humain, je craque… (D’ailleurs, je peux t’assurer que ça ne m’a pas « sevrée » du sucre cette histoire. Au contraire, j’en mange presque plus qu’avant…)

À la Saint Valentin, j’obtiens une autorisation de sortie à la journée pour le lendemain. Et en prime, on m’annonce que je serai déclenchée le 18 février (par prostaglandines). Youpi !!! Ce 14 février annonce de bonnes nouvelles, je suis toute heureuse de voir mon chéri le lendemain en-dehors de l’hôpital. Et au pire, le 18, on commencera les choses sérieuses !

Mais cette nuit, du 14 au 15, j’ai des contractions étranges.

J’en ai toujours autant que d’habitude, mais là, toutes les 2 ou 3 heures, il y en a une qui me fait mal au point de me réveiller… Je suis inquiète à l’idée de ne pas pouvoir rentrer le lendemain alors qu’elles ne sont pas rapprochées du tout, mais contente si jamais c’est la machine qui se met en route ! À suivre, j’ai un monitoring le lendemain matin de toute façon, on verra bien…

Et toi ? Tu as dû être hospitalisée pendant ta grossesse ? Ça t’arrivait de craquer tant tu ne supportais plus ton régime ? Ton bébé semblait trop pressé de sortir au début, pour ensuite ne plus vouloir pointer le bout de son nez ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !


Guide accouchement

Commentaires

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Madame Patate (voir son site)

OLALA ! On dirait ma petite vie de ces derniers jours. Mardi dernier, je suis allée à la maternité pour le RDV du septième mois. Tout allait bien. Le col s’était légèrement modifié mais pour la sage femme, rien de grave. Deux jours plus tard, écho T3. Et là, panique du docteur. « Votre col est ouvert. Vous ne rentrez pas chez vous, vous filez de suite à la maternité ». Hum. OK. Mise sous Adalate, piqûres faites, alitée pendant 4 jours là-bas. Et puis finalement, droit de rentrer à la maison le lundi … Pour rester allongée chez moi pour au moins 3 semaines (étant à 33SA). J’avoue que je le vis plus ou moins bien parce que je veux vraiment que ma poupette naisse dans les meilleures conditions mais comme l’impression de ne pas maîtriser mon corps … Affaire à suivre pour ma part mais rassurée malgré tout de voir que c’est faisable ! 😀 Allez, on y croit !

le 15/11/2014 à 12h10 | Répondre

Floconnette

Courage Mme Patate!!!
J’ai bien réussi!!!
Bon mon chéri m’a offert Canal plus pour varier les programmes lol, et j’ai appris à tricoter couchée!
Tu es vraiment au même stade que moi au moment des faits du coup! J’ai bien tenu jusqu’à 36SA inclus et entre 36 et 37 je me suis autorisée à m’assoir un petit peu mais je n’ai bougé et arrêté l’Adalate qu’à 37SA révolues.
Par contre, avec le recul et vu mon accouchement (récit à venir) je crois que pour le prochain si ça se reproduit j’arrêterai l’Adalate à 36SA!
Ca ne t’a pas donné la migraine les premiers jours ce traitement?

SInon je te souhaite que Bébé attende 8 mois de grossesse et ne te fasse pas de pré éclampsie pour ta part!!!

Courage 🙂

le 16/11/2014 à 13h33 | Répondre

Madame Patate (voir son site)

Oooh, merci !
Ahah, heureusement que les chéris sont là pour remonter le moral 🙂 Pour ma part je jongle entre séries et mon boulot de graphiste que je peux faire semi couchée !
Bon, bah ça me rassure de voir que tu as tenu ! Pour ma part, Adalate arrêté dès ma sortie de la maternité et ce matin, monito au top, sans aucune contraction ! Ma fille a compris, yeaah !
J’ai hâte de lire ton récit sur l’accouchement en tout cas 🙂
Rolala, si et pas que ! J’avais des bouffées de chaleur monstrueuses surtout !

Merci encore 😉

le 18/11/2014 à 14h54 | Répondre

Floconnette

ah oui les bouffées de chaleur…. pfff! Contente d’en avoir fini avec tout ça!

Super si ton monito est top! les miens étaient toujours bons, il y avait des contractions mais je m’y étais habituée. Je pense que mon corps était fait pour porter le bébé bas et contracter, c’est tout.
Allez allez ça va le faire, ton bébé est prévu pour janvier alors? J’ai vu ton blog mais n’y ai pas trouvé la réponse 😉
J’ai été alitée juste après Noël pour ma part mais déjà depuis début décembre, il y a quasi un an donc, je devais bouger le moins possible.

le 20/11/2014 à 16h16 | Répondre

Peg

Bonjour à toutes,
Je trouve vos écrits rassurants. Je suis en Map depuis le 14 janvier. Lors de ma dernière écho, j’informe l’échographe que j’ai des contractions non douloureuses depuis 15 jours. Ok madame, nous allons vs faire une écho du col. A partir de cet écho, j’ai l’impression d’avoir vécu une tempête. Je file aux urgences maternite. Monito, adalate, test urinaire… Col pratiquement effacé mais ferme. Je suis hospitalisée 2 nuits. Je pleure Bcp… Heureusement ma voisine de chambre est très sympa. Je sors de l’hôpital le week end. Ufff!!! Panique à la maison, quand retourner à la maternité… Je suis perdue, je ne comprends plus mon corps, je crois que j’ai encore des contractions mais ne suis pas sûre. Mon cœur s’emballe parfois. Est les effets du médicaments. Je suis Perdue, Oh Secours, je pourrais crier… J’ai l’impression que le monde s’effondre sous mes pieds… Que la vie de ma vie ne tient qu’à un fil, que j’en suis la seule responsable… Fin de grossesse entre parenthèse dans un monde perdue… Aujourd’hui je suis à 33 sa+2 jours. Premier pallier à franchir 34 sa. Je fais péter le champagne dimanche si mon trésor est tjs au chaud.
En vs lisant, je garde espoir et voit que d’autres personnes vivent cette expérience et leur bébé arrive à terme. Ça fait du bien…

le 20/01/2015 à 17h26 | Répondre

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