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Mon deuxième trimestre de grossesse : le début des complications

Je t’avais laissée lors de mon écho intermédiaire de 4 mois. Le médecin arrive enfin à voir le sexe de notre bébé et… c’est un garçon ! Comme je l’avais senti dès le début ! Je m’exclame « je te l’avais diiiiiiiiiiiit » à mon mari, et le gynécologue nous demande de quoi nous parlons. Nous lui expliquons. Et là, je ris bien, car il répond « ohlala, mais il fallait me la dire votre intuition Madame, JAMAIS je ne contredis des mamans ! Elles ont TOUJOURS raison ! ».

Bref, j’attends mon premier enfant, un beau petit garçon en pleine forme. J’avais une secrète préférence pour un petit garçon en aîné, mais une fille m’aurait tout autant comblée. À vrai dire, je m’en fiche royalement, tout compte fait. Même pour mon prochain bébé, je serai tout aussi heureuse d’avoir un autre petit garçon aussi mignon que le premier, qu’une charmante petite fille.

Nous ne sommes que joie : tout va bien ! J’achète la première gigoteuse, Vertbaudet, avec des chats dessus. Je continue la piscine, le travail… Mais je me sens « pesante ». Tu me diras que c’est normal, je suis enceinte !!! Mais je me sens quand même très lourde, alors que j’ai pris un poids normal.

Nous faisons l’échographie officielle du 2ème trimestre : ah, bébé est très bas. Il a déjà la tête en bas, et il est vraiment placé bas. Bon, ça n’est pas grave, mais cela explique les lourdeurs. Mon gynécologue me prescrit le test du diabète.

séance photo femme enceinte

Crédits photo (creative commons) : Heather Williams

Je fais ce test et reçois mes résultats le jour même : je suis ravie, tout à l’air bon ! J’ai évacué le sirop largement sous une heure, et encore mieux sous deux heures. Seulement, ma glycémie à jeun est habituelle (semblable à ce que j’avais hors grossesse), mais c’est bizarre, le seuil pour les femmes enceintes n’est pas le même, et selon mon labo, je serais au-dessus. Je ne m’inquiète pas, car j’ai éliminé le sirop, c’est ça l’important non ?

Eh bien… non. Au rendez-vous suivant, une semaine après, mon médecin sort mes résultats et m’assène un « bon, vous avez du diabète gestationnel ». « Euuuuuh pardon ?! » Je lui explique que ma glycémie est la même hors et pendant grossesse, que mon métabolisme n’a pas changé. Mais le seuil de 1.10 g/L hors grossesse passe à 0.92, voire 0.90 g/L enceinte Or je suis à 0,94 ! La poisse…

Je manque me mettre à pleurer dans le cabinet. J’allais à ce rendez-vous comme un rendez-vous de routine durant lequel j’aurais discuté de mes petits maux, et voilà qu’on me classe diabétique. En fait, une seule des trois valeurs hors catégorie suffit à poser le diagnostic.

Je ressors de là avec mon protocole : hospitalisation d’une journée à prévoir sous une semaine, avec revérification de ma glycémie 6 fois (avant et après chaque repas), rendez-vous diététicienne pour la marche à suivre, et apprentissage de la machine à mesurer la glycémie.

Je suis complètement perdue, je ne m’attendais pas à ça! J’appelle mon mari en pleurs…

Pendant une semaine, je ne sais plus quoi manger en attendant ce rendez-vous. Je me dis que ce sont de bien grosses restrictions pour pas grand-chose finalement… Mais la santé de mon tout-petit me retient de manger du sucre.

Puis cette hospitalisation de jour arrive. Mon mari me dépose à l’hôpital avant son travail. J’ai posé un jour de maladie grossesse.

On me pique, puis on m’amène le petit déjeuner. Je suis toujours vers 0,92. On me repique après. Le limite et à 1,20, je suis à 1,18, presque à la limite. Et ce toute la journée. Je m’ennuie. Je pleure. Je sais, c’est ridicule, mais j’ai l’impression qu’avec toute cette médicalisation, on me vole ma grossesse, que je n’ai plus le droit de décider moi-même de ce que je peux faire ou non à mon corps…. Je me sens comme une chose à qui on dit « fais ci » mais surtout « ne fais pas ça »…

La diététicienne arrive. Elle est vraiment gentille, elle me pose beaucoup de questions. Évidemment, elle est embêtée, car partout je réponds que je préfère le sucre, que je mange beaucoup de sucre… Bref, tu l’auras compris : je suis une droguée du sucre (et donc NON, les astuces de grand-mères disant qu’une femme attendant un garçon préfère le salé ne fonctionnent pas !).

On m’explique comment piquer mes doigts, et je reçois l’ordonnance pour l’appareil.

La journée se passe…. Mon chéri me rejoint le soir avec un petit cadeau : une peluche en forme de chat. Ben oui, il ne peut pas m’apporter à manger… Je finis le dîner, je suis piquée 1h30 après, et nous rentrons.

J’essaie de me dire qu’au moins, je ne prendrai pas trop de kilos, mais je suis assez anéantie. Je sais, c’est stupide, il y a bien pire que de gérer une petite frustration. Mais je me sens mal. J’ai peur pour mon enfant (qui est déjà un grand modèle aux échographies). J’ai peur que mon stress ne se ressente sur le bébé. J’ai peur de manger. Et j’ai aussi terriblement envie de manger. Je n’ai au aucun dégoût, ni aucune lubie alimentaire durant ma grossesse : juste l’envie de manger.

Ajoutons à cela que j’ai quand même de plus en plus souvent mal au ventre, et que bébé d’amour pèse de plus en plus bas, au point que j’ai des fois du mal à marcher.

Au final, j’apprends à vivre avec ça. Je pleure souvent durant mon petit déjeuner (mon repas préféré et le plus sacrifié sur l’autel du diabète gestationnel). Mais bon, ma silhouette et ma prise de poids me consolent, car même au régime diabétique, je prends assez vite, et je me demande ce que ça aurait été sans le diabète… (Jusqu’à 7 mois environ, j’ai tenu la prise de poids à 1 kg de plus que le mois : environ 7kg à 6 mois, 6kg à 5 mois, etc. Le 3ème trimestre a un peu accéléré les choses par contre !)

Le seul restaurant que nous faisons post-diabète, je suis la seule avec un plat spécial combo gagnant « toxo + listéria + diabète », avec un Perrier en apéro (ben oui, ni alcool ni sucre, il ne reste pas grand chose, si ce n’est l’asparthame).

Mais bon, il y a des gens qui vivent avec ça tous les jours de leur vie… Finalement ça n’aura été que quelques mois, même si sur le coup, ça m’a paru une éternité.

Fin novembre, mes douleurs et mon inconfort augmentant, mon gynécologue décide de m’arrêter et de me mettre au repos. Bon, au moins je peux mieux préparer mes repas et me piquer les doigts en privé (je travaille en open space, donc à faire dans les toilettes, c’est peu pratique).

Je me repose, mais les douleurs augmentent quand même. Un vendredi soir de décembre, je dis à mon chéri que nous devons aller aux urgences, « je ne le sens pas ». Je pense à des contractions, mais je ne suis pas sûre. Je suis à peine à plus de 6 mois.

Bon, finalement, fausse alerte. Je me sens un peu bête mais les sages-femmes sont très gentilles. Je n’avais pas de contractions en fait. Tout va bien, nous rentrons, mais je dois me reposer. C’est le bébé bas qui pèse.

Le mois de décembre se passe, je suis fatiguée et le bébé grossit très vite aux échographie. À la dernière écho, à 32SA, le bébé est vraiment très, très bas. On a du mal à voir sa tête, c’est dire. La sage-femme me dit qu’il n’y a pas de problème tant que j’en fais le minimum, mais pas d’inquiétude à avoir, tout va bien. Nous sommes contents ! Qu’il est beau notre bébé sur ces images !

Mais le weekend suivant l’échographie, donc à même pas 33SA, juste après le nouvel an, je me sens très mal. Mal au ventre en non stop, ventre dur… J’ai une sensation, une intuition que quelque chose ne va pas. Je sens comme mon bébé descendre, encore…

Mes beaux-parents sont là. Ma belle-mère, du métier, me recommande d’aller à l’hôpital. Mon mari se prépare pour m’y emmener, il est tard…. Ma belle mère me conseille gentiment de prendre une petite valise. Je lui dis que non ça ira, ils ne me garderont pas..

Et nous partons. Dans la voiture, j’ai de plus en plus cette impression que le bébé va sortir, je panique ! Je me mets à crier que non, je ne suis pas prête à accoucher, je n’ai pas eu les cours, je suis à 7 mois tout pile, ce n’est pas possible ! Je me voyais déjà accoucher ce soir-là, en mode hystérie totale !

La suite au prochain épisode…

Et toi, tu as fais du diabète pendant ta grossesse ? Tu adores le sucré comme moi, ou tu as réussi à t’en passer sans trop de mal ? Tu avais toujours envie de manger quand tu étais enceinte ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Trentenaire, mariée, maman, propriétaire en campagne, cadre (pas trop) dynamique, sportive (à mes heures), coquette, gourmande..... et j'en passe! Je suis mariée depuis début 2013 et maman depuis début 2014 pour la première fois. J'adore manger, cuisiner, tricoter, lire, me promener, jouer du piano .... et les chats! Je jongle entre ma vie de femme et de maman, en incluant le boulot là dedans. Pas facile tous les jours mais quel bonheur :-) Au point que nous avons récidivé: nous avons accueilli notre deuxième fils tout récemment! Et je suis évidemment totalement folle de mes deux enfants :-)