Menu
A la une / Récit de grossesse

Comment j’en suis arrivée à ne plus supporter grand-chose en fin de grossesse…

Au début de ce troisième trimestre de grossesse, je commence doucement à me sentir mieux dans ma peau, mais j’ai parfois l’impression que personne ne m’y aide. L’entourage, les gens dans la rue… sont souvent carrément vecteurs de stress, et ça me rend extrêmement critique.

J’en ai marre : du regard des autres, de leurs réactions, des conseils de mon entourage, de mon mari qui ne sait pas comment faire pour bien faire… Les hormones y sont sans doute pour quelque chose !

Enceinte dans la rue

Crédits photo (creative commons) : Bradley Gordon

Sortir de chez moi : forcément, je vais m’énerver…

Oui, mais pourquoi ? Voici les situations les plus sympathiques :

  • Comme je marche lentement, j’ai toujours l’impression que je vais me faire écraser sur les passages piétons.
  • Les caisses prioritaires, les gens ne connaissent pas, apparemment. Ils regardent ton gros ventre, mais ne réagissent pas. Sympa… Je suis dans mon huitième mois de grossesse et je suis toujours obligée de demander pour qu’on me laisse passer. Oui, c’est bien un ventre de femme enceinte que j’ai ! À moins qu’ils ne soient tous bigleux ?
  • Idem dans le bus. Ils seraient capables de me laisser debout.
  • Il y a toujours des gens pour essayer de me toucher le ventre. Je déteste ça. Même mes parents n’ont pas touché mon ventre… C’est juste ultra intime. En plus, à chaque fois, je suis prise par surprise ! Merci collègue, coiffeuse, esthéticienne et j’en passe de respecter mon corps !
  • Merci au livreur qui laisse ma commande volumineuse sur le palier. C’est certain qu’enceinte, on a une forme olympique avec des abdominaux en béton.

Solution : J’ai mal partout depuis une semaine, et mon col s’est un peu modifié. Donc, par la force des choses, je ne sors plus beaucoup de chez moi, maintenant. C’est un mal pour un bien : ça m’évite de m’énerver.

La famille, une bonne source d’énervement aussi !

Je te fais un top des meilleures situations :

  • Ma belle-mère, invitée à déjeuner à la maison, qui m’offre une plante à rempoter. Déjà, je ne suis pas immunisée contre la toxoplasmose… Et surtout, va chercher l’erreur ! Tu ne crois pas que j’aurais préféré un petit quelque chose pour le bébé ? Les plantes, je ne peux plus m’en occuper ! On sent que je suis énervée, là, non ? J’ai juste eu envie de laisser crever la plante, mais mon mari a pris le relais niveau jardinage.
  • Ma belle-mère encore, qui trouve que j’ai « trop acheté » pour le bébé, et me dit : « Demande-moi si tu as besoin de quelque chose. » Contradictoire, non ? Vive la montée d’hormones…
  • Mes parents qui me font des leçons de morale sur mon anémie : « Tu ne manges pas assez de viande, c’est pour ça que tu ne grossis pas, et bla bla bla… On s’en fiche si tu prends du poids… » J’ai l’impression d’être anorexique. Euh, merci, je préfère écouter mon médecin qui me dit que tout est ok à ce niveau-là. Pour information, c’est normal d’avoir parfois moins de globules rouges enceinte, du moment qu’il n’y a pas de carences majeures en fer ou en acide folique ! J’ajouterais même que mon médecin est plutôt content d’avoir une patiente dont le poids ne s’envole pas (pour le moment : un coup de rétention d’eau, et tu peux prendre trois kilos en un mois…).
  • Ma mère et ma belle-mère : « Être enceinte, ce n’est pas une maladie ! » Ou encore : « Je n’ai jamais eu tous ces symptômes, tu fais trop attention à ton corps… » Merci, mais je n’ai pas inventé ma tête dans la cuvette des WC en début de grossesse,  et ce n’est certainement pas pour rien que je suis arrêtée depuis le cinquième mois…
  • Ma belle-mère : « Alors, le prénom ? » Ou dans le même esprit, ma mère : « Tiens, au fait, j’aime beaucoup ce prénom ! » Comment vous dire ? On n’est déjà pas d’accord mon mari et moi, alors LAISSEZ-NOUS TRANQUILLES pour le chercher, ce prénom. En ce moment, on nous pose la question en moyenne trois fois par semaine. Ça m’agace tellement que j’en viendrais presque à souhaiter qu’elles détestent le prénom qu’on va donner au bébé, rien que pour les embêter !

Solution : Aucune satisfaisante. Éventuellement, prendre du recul ou envoyer exceptionnellement balader ta famille (évite quand même de prendre la mouche à la moindre contrariété).

Mon mari (qui a droit à toutes mes plaintes, au passage)

Une fois encore, je te fais un top des meilleures situations :

  • « Qu’est-ce que je dois faire ? »/« Comment on coupe une échalote ? » J’ai envie de lui répondre : « Laisse-moi me reposer ! Tu as entendu ce qu’a dit le médecin ? Alors laisse-moi tranquille ! » Le problème, c’est que si je ne lui donne pas d’indications, il est du genre à faire cramer un plat surgelé…
  • Monsieur qui fait « un peu trop » la fête pour son anniversaire, vers mon sixième mois de grossesse. Il a été tellement honteux de cette soirée qu’il s’est calmé direct ensuite. Pas agréable pour moi sur le coup, mais finalement bénéfique pour ma fin de grossesse !
  • Lorsqu’il râle car il ne veut pas faire telle tâche ménagère. Oui, sauf que là, je ne peux plus la faire, la lessive, et je ne vais pas attendre deux semaines avant d’avoir une culotte propre (j’exagère, beaucoup).

Solution : Être patiente. J’aime trop mon mari pour lui tenir rigueur de ses petits travers, même s’ils m’énervent sur le coup. Je sais qu’il m’aime énormément et qu’il fait de son mieux. Un homme a aussi ses propres appréhensions à gérer.

Et pour finir, quand je m’énerve toute seule…

Oui, oui, ça m’arrive, et en particulier dans les situations suivantes :

  • Quand j’en ai marre de m’occuper de la maison… Le problème vient aussi de moi ! Je veux tout bien gérer : ménage, cuisine de petits plats… Sauf qu’au bout d’un moment, ce n’est plus possible (sauf si tu as zéro contraction et une forme olympique) ! J’ai une grosse pensée pour les femmes qui ont déjà des enfants, car c’est sans doute encore plus difficile de lâcher prise.
  • Quand je me sens dépendante des autres physiquement. Mon mari doit prendre le relais avec plein de choses quand j’ai trop de contractions. Je déteste ça.
  • Quand j’ai du mal à me mouvoir dans un corps qui se transforme tellement d’une semaine à une autre ! Depuis quelques jours, je me cogne, car j’estime mal les distances entre mon ventre et les meubles de la cuisine, de la salle de bain… Ça peut certes sembler drôle (tu peux rire, derrière ton écran !), mais sur le coup, je me fais de la peine, et surtout, je me fais mal. Ces situations finissent parfois en grosse crise de larmes. J’ai aussi du mal à supporter ma démarche de grand-mère dans la rue.

Solution : Respirer un grand coup et faire des exercices de respiration (en plus, ça peut t’aider à gérer les contractions le jour de l’accouchement). C’est une solution plutôt efficace sur moi.

Finalement, qu’est-ce que je ressens vraiment ?

Globalement, j’ai l’impression que tout le monde a ses a priori sur les femmes enceintes. Je ne me sens pas toujours aidée ou soutenue, sans doute parce que je ne demande jamais rien (moi et ma fierté…). C’est peut-être logique, en fait. Mais, bien que je sois du genre à serrer les dents et à me débrouiller, j’aimerais que mon entourage percute que j’ai besoin d’aide.

Et paradoxalement, ça me crève le cœur de devoir tout déléguer à mon mari, puisque depuis le début du huitième mois, les contractions m’obligent à me calmer dans les activités du quotidien (totale contradiction avec mon paragraphe précédent, je sais…).

En outre, certaines remarques ou réactions me paraissent déplacées et me font mal au cœur. Ce n’est déjà pas évident de se sentir « diminuée » avec son gros ventre, c’est pire de l’être dans le regard des autres. Notamment dans la rue parce que je ne marche pas assez vite, ou dans le bus parce que je pique la place de quelqu’un qui, LUI, a travaillé toute la journée.

J’ai même eu une remarque d’une collègue qui me disait qu’en fin de grossesse, on devenait « bête » parce qu’on n’avait plus tous ses neurones ! Je trouve ça vraiment horrible. Au contraire, être enceinte, ça rend plus sensible, plus douce envers les autres, plus réactive et organisée (il faut bien préparer la venue du bébé et gérer les papiers, non ?). Et puis je continue aussi à avoir une activité intellectuelle importante.

Bref, je ne comprends pas toujours certaines personnes qui semblent vouloir mettre la femme enceinte dans une case. Pour moi, je reste avant tout une femme jeune, dynamique (certes pas physiquement), féminine… qui est juste en train de créer ce qu’il y a de plus beau au monde ! C’est une force incroyable que de pouvoir donner la vie.

Après, il faut relativiser : j’exagère sans doute certaines choses. Il y a des personnes clairement adorables : mon mari est plein de bonne volonté, mes parents ont été exceptionnels tout au long de ma grossesse, malgré la distance (ils vivent à 400 km de chez nous !), mes amis prennent régulièrement de mes nouvelles. J’ai aussi rencontré des équipes médicales géniales, des gens très gentils dans la rue et dans les commerces… Mais voilà, les hormones accentuent forcément certains ressentis négatifs.

Et toi, tolères-tu aussi moins bien certaines réactions ou attitudes pendant ta grossesse ? Tes hormones jouent-elles un grand rôle dans ta perception du monde ? Viens nous dire !

Toi aussi, ça te plairait de nous raconter ta grossesse mois après mois ? Toutes les infos pour devenir chroniqueuse grossesse, c’est par ici !

A propos de l’auteur

Je suis la maman de Petit Prince né en 2015 et de Petit Poussin né au printemps 2019. Après deux grossesses bien surveillées, j'assume pleinement ma vie professionnelle avec le soutien sans faille de mon mari et beaucoup de flexibilité & d'organisation. Depuis un peu plus d'un an maintenant, nous avons quitté la région parisienne pour vivre dans l'Est de la France suite à une opportunité professionnelle. Bref beaucoup de changements pour notre famille en très peu de temps !