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A la une / Témoignage

Le suivi de grossesse en Irlande

Je suis tombée enceinte alors qu’on habitait en Irlande. Et pour moi, c’était une première grossesse. Tu l’auras compris, je me posais beaucoup de questions, et encore plus par rapport au suivi à l’étranger !

La 1ère chose que j’ai fait, c’est aller voir un généraliste, élément indispensable, car c’est lui qui te rédige une lettre nécessaire pour t’inscrire à la maternité.

Rien de particulier à signaler par rapport à la France, sauf lorsqu’elle me donne un papier avec ce que j’ai le droit de manger et boire écrit dessus. L’alcool et le café sont notés comme interdits sur cette feuille, mais en parcourant cette liste avec elle, elle me dit que je peux boire jusqu’à 4 cafés par jour, et qu’un peu d’alcool n’est pas très grave… « Après tout, nous sommes en Irlande, la Guiness, c’est la tradition ! », me dit mon mari en rigolant ! Je te rassure : je ne bois jamais d’alcool, ce n’est pas enceinte que je vais m’y mettre.

Puis j’ai eu un rendez-vous à la maternité au début du 4e mois. Rien avant ça, et donc pas d’échographie du 1er trimestre. De toute façon, en cas de trisomie, pas d’avortement possible : il est interdit ici. De plus, les irlandais considèrent qu’avoir un enfant trisomique est une bénédiction. Je ne porte aucun jugement par rapport à ça, mais je préférais néanmoins avoir la possibilité de choisir en cas d’anomalie chromosomique ou autre.

J’ai tout de même pu faire cette échographie en France, car nous y étions pile lors de la douzième semaine. Quel bonheur de pouvoir découvrir notre petit bout, le seul et l’unique ! Pour la petite histoire, j’ai une sœur jumelle, et mister two aussi. Et avec le traitement en plus, nos chances d’avoir des jumeaux étaient énormes ! Mais il n’y en avait qu’un, et ça nous allait très bien. Je me voyais mal mener une grossesse gémellaire à terme dans un pays étranger.

Le jour de mon 1er rendez-vous à la maternité est enfin arrivé. Ici, tu as un rendez-vous  environs toutes les 6-7 semaines. Entre temps, tu es suivie par ton généraliste.

statue femme enceinte au Merrion Square - Dublin

Crédits photo (creative commons) : William Murphy

J’arrive donc à la maternité légèrement en avance. On me donne mon dossier et on me dit de passer à côté pour me faire peser.

Il faut que tu saches que c’est la maternité avec le plus de naissances en Europe, donc beaucoup, beaucoup de femmes enceintes…

Je me dirige vers une espèce d’immense pièce avec des bancs, où des dizaines de femmes enceintes attendent. Là, je commence à me dire que je vais en avoir pour la journée… En fait, tout le monde a rendez-vous à la même heure : la 1ère arrivée est la 1ère auscultée ! Tu peux me croire, nous avons retenu la leçon pour les autres rendez-vous !

Étape 1 : la pesée

Au fond de cette grande salle se trouve un paravent, et derrière, une balance. Tu as bien lu : tu te pèses au milieu des autres patientes. Heureusement que je n’ai pas eu besoin d’enlever mes vêtements, mais ce n’est quand même pas terrible question intimité !! Il ne manquerait plus qu’elle commente la prise de poids, imagine : « Plus 5kg, eh ben ma petite dame, on s’est laissé aller ! ».

Heureusement, elle a juste noté le résultat dans mon dossier…

Étape 2 : analyse d’urine

Après la pesée, on te donne un flacon pour ton analyse. Là encore, tu fais la queue pour les toilettes, puis la queue pour le faire analyser. Encore une fois, pas vraiment d’intimité.

Petite parenthèse : faire pipi dans un flacon quand tu as un gros ventre et que tu ne peux pas t’asseoir sur les toilettes, c’est un sacré défi !

Étape 3 : rendez-vous avec le médecin

En 5 min, tu es entrée, questionnée, rapidement auscultée, et ressortie. C’est assez rapide, mais l’essentiel est fait : lorsque monsieur bébé et madame future maman vont bien, pas besoin de consultation à rallonge.

Je n’ai jamais eu de toucher vaginal durant la grossesse, ils considèrent que si la grossesse se passe bien, ce n’est pas utile, voire même un peu risqué. Ça ne m’a as trop manqué, pas besoin de me faire tripoter par un inconnu tous les mois !

Au final, c’est donc un suivi plus léger, mais qui correspond bien avec une grossesse normale, selon moi. Je n’ai jamais eu l’impression d’être malade, contrairement à certaines de mes amies en France, vu le nombre d’examens tous les mois.

D’autant que j’ai eu un léger souci, et j’ai été très bien pris en charge à partir de ce moment là.

En effet, après une grossesse plutôt sympa, le dernier mois s’est un peu compliqué. Le diagnostic d’un placenta praevia posé, j’ai donc été hospitalisé durant un mois.

L’hospitalisation en Irlande

On m’a d’abord mis dans une chambre avec 14 lits, séparés par des rideaux, où des femmes sont en travail… donc avec le bruit des monitos, les cris de douleurs, les maris qui font les cents pas… Bref, une horreur !!! Heureusement, 2h après, un lit dans une plus petite chambre s’est libéré.

Je partageais tout de même ma chambre avec 3 autres femmes enceintes, ayant aussi un souci durant la grossesse. Si tu veux avoir une chambre individuelle, il faut être suivie en privé. 4000 euros, qui ne t’assurent même pas d’une chambre seule, car il y en a très peu dans l’hôpital. Et là aussi, 1ère arrivée, 1ère servie !

Je te laisse imaginer la tête du personnel quand ils me demandaient les différences avec le système français, et que je leur disais que nous avions des chambres individuelles, ou, au pire, des chambres doubles.

En y repensant, ce n’était pas si mal : les nuits étaient plutôt calmes, si on oublie ma voisine d’en face qui ronflait très fort, vraiment très fort ! Et surtout, le personnel était vraiment très à l’écoute, les sage-femmes prenaient le temps de discuter avec moi, de m’expliquer ce que je ne comprenais pas, je me suis sentie bien prise en charge.

Le seul vrai hic, c’était la nourriture. Bien sûr, tu te dis que dans un hôpital, on ne mange jamais vraiment bien. Je suis d’ailleurs assez d’accord avec toi. Mais après avoir testé la nourriture d’un hôpital irlandais, je peux te dire qu’en France, c’est excellent !!

Au menu : fish and chips, pizza- frites, bacon and eggs, cheese and crakers, ratatouille au ketchup… bref, une horreur. En plus, pas de produit laitier ni de fruit le soir, et surtout un repas servi à 17h, et rien d’autre jusqu’au petit déjeuner, à 8h. Enceinte, c’est impossible de tenir, j’avais trop faim la nuit ! Heureusement, mon mari chéri m’apportait des fruits, des yaourts et des magnums aux amandes (ben quoi, il faut bien se faire un peu plaisir quand même !) quand il venait me voir.

repas hopital Irlande

Le temps m’a paru incroyablement long. Mon seul et unique visiteur était mon petit mari, qui venait à 18h, après le travail. Heureusement, mon ordi était rempli de séries, et Docteur Mamour m’a accompagné durant mon hospitalisation, jusqu’au jour de l’accouchement… que je te raconterais dans un autre billet.

Et toi ? Tu as eu ton suivi de grossesse dans un autre pays que le tien ? Tu appréhendais beaucoup ? Comment ça s’est passé, tu es finalement satisfaite, ou tu aurais vraiment préféré que tout ce passe « chez toi » ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Mariée depuis bientôt 5 ans, c'est durant mes préparatifs que j'ai découvert l'univers des blogs sans pour autant y participer. Et puis, une expatriation à l'étranger et une grossesse m'ont donné envie de rejoindre la team! Je suis une jeune femme de 30 ans,en pleine reconversion professionnelle, fan de danse que je pratique, de cuisine surtout la pâtisserie, je papote beaucoup, j'adore les séries et les films de fifille!!