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Comment gérer son adolescent en crise


Publié le 15 octobre 2012 par Diane

Maintenant que je t’ai dressé le tableau peu réjouissant de ce qui t’attend, je vais essayer de te donner quelques pistes pour t’aider à passer cette épreuve haut la main, sans que tu y laisses des cheveux blancs, des poches sous les yeux et surtout sans laisser ton petit sur le bord du chemin.

Car oui, la principale difficulté de cette période c’est de faire en sorte que tout le monde s’en sorte indemne. Lui, toi, ton couple et le reste de la fratrie. Tu vois un peu le challenge ? Non, non, tu ne peux pas t’enfuir ! Tu es enfermée dans Fort Boyard et Melindra va lâcher les tigres !

adolescents

Crédits photo : lusi

Alors, premier conseil : faire face. Ne pas céder mais surtout surtout ne pas vouloir se battre sur tous les fronts.

Erreur à ne jamais commettre et qui est bien trop souvent le cas avec son petit premier.

Tu vas t’épuiser, perdre de la cohérence, lui donner un sentiment de harcèlement, creuser le fossé et perdre tout semblant de communication avec lui. Et ça c’est le pire. Car c’est ça qui te (vous) sauvera.

Communiquer.

Et ce n’est pas simple du tout de pouvoir discuter avec cet « inconnu connu » qui a surgi sous ton toit, qui est retord par principe à tout ce que tu lui dis… quand tu as le temps de lui parler avant le claquement de porte de sa chambre. Mais il faut insister. Des fois, il n’entendra rien, et d’autres il retiendra des bribes de ton monologue. Oui monologue, car ne rêve pas, le dialogue, ce n’est pas encore à l’ordre du jour. Mais cette petite bribe-là, rien que ça, c’est déjà une belle victoire !

Par contre, deuxième conseil : quand tu es particulièrement mal lunée car tu as passé une journée épouvantable au boulot ou que ton mari a transformé ton pull cachemire en taille layette, oublie l’idée d’aller discuter avec ton ado. Tu es au summum de l’épuisement et de la saturation. Tu as envie de te défouler sur tout ce qui bouge. Ou pas.

Et scoop : un ado n’a aucune valeur apaisante. Donc ton message ne passerait pas et épargne-toi de vouloir t’en rajouter une couche. Garde-la pour demain ! T’inquiète, tu auras aussi sujet à bataille, discussion et recadrage le lendemain ! Ça aussi, c’est la magie de vivre avec un enfant ado, jamais de routine, pas de train-train. Tu ne sais pas quelle belle surprise il te réserve H24 !

Troisième conseil : lui redonner confiance en toi (mais surtout en lui) et le rassurer sur l’amour que tu lui portes toujours, mais qui a évolué… avec lui.

Oui ok, parfois ton amour tu le perds complètement de vue et filerais bien ton marmot à la SPA. Oublie ça aussi. Ils ont assez affaire avec des bêtes bien moins dangereuses.

Mais surtout, plus que tout autre chose : il faut prioriser ses objectifs. Le mien était le respect. On n’est pas des potes, on nous parle sans nous agresser quand on demande de nous passer le sel, on n’a pas le même langage à la maison qu’au collège. Et puis on continue à participer à la vie familiale.

Déjà rien que ça, crois-moi c’est du boulot et ça va devenir une bataille au quotidien. Mais une bataille bénéfique pour eux, leur avenir mais aussi pour l’équilibre de tout le reste de la famille.

Alors qu’il se mette du gel dans ses cheveux en se transformant en porc épic, qu’il porte son jean comme un pingouin, qu’il ait écrit avec du blanco « Sexion d’assaut » sur son beau sac noir Eastpack tout neuf, c’est franchement moins grave.

Oui, tu lui rappelleras de temps en temps que sa coiffure fait mauvais genre, tu lui expliqueras l’origine de la mode de porter les pantalons aux genoux, le prix que tu as payé son sac à dos. Mais tout ceci avec parcimonie et tact. Ce n’est pas ce combat qu’il te faut mener. L’essentiel est loin d’être là. Tu ne peux pas être sur tous les fronts, tous les jours 24/24. C’est impossible. Tu vas y laisser la peau, ta santé psychique et au final, rien ne s’arrangera voire même ça empirera.

Il faut y aller step by step. Car ton gosse il est intelligent (forcément, c’est le tien !). Avec des recadrages qui ont du sens ça va bien finir par lui rentrer dans le ciboulot. Un jour… ou l’autre !

On ne le dira jamais assez : il leur faut des réactions justes, de l’écoute et de la communication à ses petits. Ils souffrent de ce chamboulement (bon ok, tu sers de punching ball), ils sont perturbés, ont la pression au collège de la part des profs, des autres ados qui « eux, ont tout ce qu’ils veulent et font tout ce qu’ils veulent ».

Oui, c’est comme ça.

Alors il y aura des moments où tu baisseras les bras, auras besoin de ceux de ton mari pour te consoler et t’écouter et où tes beaux sentiments disparaitront devant un énième repas de famille se terminant avec un de moins à table. Mais soit tu ne t’y fais absolument pas et tu vas vivre de sales moments, soit tu acceptes au fond de toi que oui, les choses ont changé, que non tu n’étais pas préparée à ça et que ça va bien finir par passer.

Attention, ne surtout pas démissionner face à La Bête du Gévaudan. Même si c’est très tentant par moments, j’avoue. Mais justement c’est parce que tu l’aimes, ton petiot, que tu veux l’accompagner dans cette épreuve, que tu veux l’aider en recadrant les choses, en lui expliquant que oui, c’est vrai il y a des règles à la maison, mais que dans la vie c’est pareil. Même pire. Qu’on ne lui fera pas de cadeaux et que tu es là pour lui éviter le maximum de « claques » qu’il pourrait se prendre au risque de lui en donner une petite s’il pousse trop loin les limites. Même si tu es absolument contre. Personne n’est parfait. Ni toi, ni lui. Ni l’éducation que tu lui donnes. Et c’est tant mieux !

Je peux te dire aujourd’hui qu’avec 5 enfants entre 23 et 16 ans, nous avons passé des périodes agitées, affreuses même. Les nuits blanches, les maux de ventre, les angoisses, les cris à s’égosiller, le couple au bord de l’explosion, on a donné. Ça, entre autres joyeusetés que je préfère t’épargner. Mais tu vois, la crise d’adolescence de mon petit dernier est en train de se carapater et quand je vois nos enfants, je me dis qu’on s’en est pas si mal sorti que ça ! Chacun a choisi sa voie (sauf mon aîné qui continue à se poser des questions existentielles) et même si ce n’était pas celle que nous voulions pour eux à la base, ils sont heureux, nous aiment et auront un avenir tout au moins professionnel. L’ambiance est plus sereine à la maison, les calins et rires bien plus nombreux, la complicité et le lien familial sont là. Même dans notre famille recomposée et particulièrement « hors du commun » (je t’en dirai plus dans une autre chronique).

Ils ont grandi. Nous aussi. Et tout le monde s’en est sorti sain et sauf ! Donc toutes ces années difficiles nous les avons affrontées et déglinguées haut la main. Et nous sommes heureux de voir le résultat presque chaque jour sous nos yeux. Et ça, vois-tu, ça n’a pas de prix ! Et toi, tu vas forcément y arriver aussi !

Et crois-moi que lors de cette longue période, tu auras probablement une pensée pour ta mère qui te disait (hurlait) « Je te souhaite d’avoir un ado comme toi ! Tu verras quand tu y seras ! Tu penseras à moi ! »

Message reçu Maman ! Tu avais raison, je pense sacrément à toi en ce moment…


 


Commentaires

17   Commentaires Laisser un commentaire ?

Madame Hermine

Tiens c’est marrant mais chez nous c’était pareil. Ma mère nous hurlait après et nous on était mort de rire. Bon faut dire aussi que sur 7 enfants nous sommes 4 filles assez proches (j’ai 2 ans d’ecart avec l’une, 3 avec l’autre et 4 avec la suivante. Les trois autres sont pus petits : 8 ans pour 2 et 18 pour la dernière)
J’ai vraiment compris que nous étions des pestes et pas sympa quand les plus petits sont devenus des ados. Je comprends ma mère qui partait parfois en pleurant. Pardon Moman!

Mais sincèrement j’espère de tout cœur qui si nous arrivons a fonder une famille, mes enfants ne seront pas comme moi ado.

le 15/10/2012 à 12h00 |

Madame Diane

C’est vrai que lorsqu’on est ado, on ne se rend pas vraiment compte du mal que l’on peut faire à nos parents..

Mes ados m’ont souvent fait pleurer mais j’essayais, parfois tant bien que mal, de le leur cacher.
Déjà pour ne pas me montrer faible vis à vis d’eux, de ne pas faire de chantage affectif et souvent aussi pour ne pas leur montrer qu’ils avaient « gagne » 😉

Mis ce n’est pas toujours simple tout ça, car n’oublions pas qu’en plus de gérer notre ado, l vie continue avec tout son lot de tracas habituels 😉

le 23/10/2012 à 19h08 |

Magali

Ah je relirai ton article quand le moment sera venu !!

le 22/10/2012 à 14h48 |

Madame Diane

J’espere qu’il pourra t’aider 🙂

le 23/10/2012 à 19h08 |

Evy (voir son site)

Enorme et tellement vrai ! Mon fils vient tout juste de faire 10 ans et je le reconnais dans tout ce que tu écris (et je m’y reconnais aussi !!). C’est vrai qu’en plus de ça, un terrible accident l’a fait encore plus murir et donc il faut se la jouer avec justesse et c’est loin d’être facile tous les jours (heures !!). Merci pour ce post, je me sens moins seule.

le 23/10/2012 à 13h38 |

Madame Diane

Merci Evy pour ton commentaire qui me rassure sur le fait que je peux aider celles et ceux qui me lisent.
Le but de ce blog et de mes chroniques est de traiter de sujets parfois sérieux mais avec légèreté pour dédramatiser et montrer qu’on s’en sort toujours avec de l’amour, de la patience et de la persévérance.

Et je suis certaine que tu es dotée de tout cela.

Courage pour toi et ton petiot et à bientôt!

le 23/10/2012 à 19h12 |

Annevero

Oh Comme je me sens moins seule d’un coup. J’ai découvert votre blog en recherchant quand se termine la crise d’ado ! Merci en tout cas pour tous ces bons conseils.

le 17/09/2013 à 17h12 |

virginie harket

bonjour…mon fils virgile va avoir 15 ans en mai et nous fait cette periode de »crise » depuis plus de deux ans…entre virgile et moi sa maman nos rapports sont toujours sur le rapport de force. .je suis d’un temperament à ne pas lacher prise determinée et à cheval sur des principes.je suis une femme active tout comme mon mari..je gère notre maison comme si c’etait mon entreprise..bref rien n’est laissé au hasard…et avoir une maman maniaque ou plutot une maman qui aime que les choses soient carrée n’est pas ce qu’ un ado rafolle…oui il arrive souvent que virgile me fasse pleurer…et j ai souvent envie de quitter mon mari mon aisné virgile et son petit frère alban…mais une autre chose me retient l’amour que j ai pour eux…

le 03/03/2014 à 16h02 |

Margo

Je te lis lors d un moment de faiblesse et ça m a redonné l envie de me battre merci pour ces vérités

le 11/08/2014 à 14h00 |

Sophie

Super article ! Parler de cette période difficile avec humour, ça fait du bien. Nous avons survécu, tant bien que mal, à l’adolescence de notre fille, et je pensais que ce serait plus zen avec le garçon. Hélas je viens de comprendre que la famille vient de replonger pour quelques années difficiles… On va gérer au mieux : tenir bon, serrer les dents, et attendre que ça passe. Bon courage à toutes les mamans d’ados !Tenez bon on va s’en sortir !!

le 03/12/2014 à 16h25 |

Mlle Moizelle

Brrr… ça refroidit quand on est pas encore maman… Mes soeurs ont tellement fait souffrir ma mère, je ne me vois pas assez forte pour gérer tout ça. Ce qui me fait le plus peur? Découvrir que l’un de mes enfants se drogue. Je crois que je deviendrais folle et que je le mettrais littéralement à la porte.

le 26/01/2015 à 16h53 |

Bidiboom

Eh voilà! Les années défilent face à ce blog et les problèmes restent et passent dans d’autres mains. Ma fille a 10 ans. Elle est en plein dedans (si tôt???) on n’a beau être prévenue, on n’est pas prête! Après 3 envols lyriques lors du diner, j’ai décidé de la laisser pleurer dans sa chambre. Ce qu’elle a fait pendant 20 min … avant d’aller chercher le téléphone pour appeler sa grand-mère adorée (73 ans et il est maintenant 22h30!). Mais bon, on tombe sur quelques témoignages et on a envie d’écrire ‘moi aussi je te lis dans un moment de faiblesse et de grande solitude et juste Merci!

le 10/04/2015 à 22h28 |

gastellier

merci beaucoup, moi aussi je vis ce moment délicat de l’adolescence de mon premier enfant, et je me trouve un peu démunie,…… ton article m’a fait comprendre que ce que je vis tous les parents le vivent, je vais y arriver

le 18/04/2015 à 12h18 |

Catherine

C’est très drôle ! D’abord parce que l’on est en plein dedans et que le coup de la SPA, j’y ai pensé, j’avoue. Ensuite parce que l’on s’appelle Gavaudan (nom qui vient du Gévaudan), et que la Bête du Gévaudan, pour le coup, je l’ai à la maison !!! Merci donc pour ce trait d’humour dans une énième journée de brutes … çà me repose un peu.

le 02/06/2015 à 13h06 |

laetitia

Mon fils a 15 ans et je n’arrive plus à le gérer, je suis séparé ,et a refait ma vie, nous sommes une famille recomposé , mais mon fils me fait vivre un enfer, il séché les cours , se fait exclure, boit fume , j’en peu plus, il est violent meme avec moi, je suis désemparé, a tel point que je voudrait le faire placer dans un foyer d’accueil , je l’aime plus que tout , je fais de mon possible pour qu’il ne manque de rien, il a ce qu’il veut,mais ce n’ai jamais assez. j’ai besoin d’aide!!!

le 24/01/2016 à 13h01 |

Seyah

Laetitia, est-ce mieux aujourd’hui? Mon garçon est tellement désagréable j’en peux juste plus. Ça dure e combien de temps ce cauchemar?

le 16/01/2018 à 05h22 |

André Christine

Bonsoir diane

Ce n’est qu’aujourd’hui que je découvre votre blog
Ma film de 18 ans est fâchée et en colère après moi. Je suis « tombée » sue un brouillon que je n’aurais pas du lire…
Je me suis excusée oralement puis par écrit. Mais elle reste en colère
Comment faire pour qu’elle me redonne sa confiance
Je précise que je suis séparée de son père et qu’il lui a demandé de prendre parti. …le fameux brouillon
Merci pour vos conseils

le 09/10/2017 à 20h34 |

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