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IMG, et après ?


Publié le 20 août 2019 par Bibi

La dernière fois, je te racontais la pire journée de ma vie… Ça fait maintenant 1 an et demi que c’est arrivé . Je pense qu’il me faudra des années pour vraiment m’en remettre, pour faire le deuil. Alors, quelles sont les conséquences de cette IMG pour moi?

Psychologiquement

Evidemment, perdre un enfant est une souffrance profonde. Je ne sais pas si j’ai le recul nécessaire pour en parler maintenant, car je n’ai pas l’impression d’avoir encore totalement digéré cela. Il me faut peut-être encore du temps. Aujourd’hui, et notamment grâce au fait que j’ai une fabuleuse Pépette qui me prend beaucoup de mon énergie et de mon amour, la douleur du deuil est vraiment adoucie. Comme je l’expliquais dans mon article sur mon IMG, je me dis toujours que je n’ai pas perdu un bébé, mais l’idée d’un bébé. C’est sans doute un mécanisme d’adaptation qu’utilise ma psyché pour moins souffrir. Et après tout, si ça marche… J’arrive à aller de l’avant, et repenser à cette journée n’amène plus les grosses larmes

J’ai eu de la chance d’avoir un mois d’arrêt maladie après les événements. Mon mari aussi a été arrêté. Nous avions besoin de ce temps pour nous rétablir moralement. C’est passé par une phase à se morfondre, déjà, en mangeant des pizzas affalés devant une comédie. Puis est venue une phase de rétablissement, doucement, ou nous avons commencé à envisager l’avenir. Ce mois de repos a été suivi par un mois de vacances, au soleil, à la plage (ce qui n’a pas aidé mon image de moi, soyons honnêtes), qui nous a changé les idées et permis de repartir sur des bonnes bases.

La perte de l’insouciance

Maintenant, plus jamais un rendez-vous médical ne sera de routine. Il y avait 1 chance (risque?) sur 8000 que notre fille ait la trisomie 18, et c’est tombé sur nous. La faute à pas de chance, bien sûr, mais je ne tiendrais plus jamais pour acquis une grossesse « normale » et un bébé en bonne santé. Avec cette perte d’insouciance, vient aussi la peur. Tout parent a peur de perdre son enfant, je pense que c’est une angoisse normale. Mais parfois cette peur se transforme en terreur. Je sais quelle douleur c’est de perdre un enfant alors qu’il n’est pas encore né, et parfois l’angoisse de la disparition de Pépette me paralyse. Je rationalise et arrive à me calmer, mais cette angoisse est toujours à l’arrière de mon crane, et je ne serais plus jamais désinvolte avant un rendez-vous médical.

Cette angoisse était décuplée par l’idée de tomber de nouveau enceinte. Mais dans notre malheur, nous avons quand même eu de la chance: ce qui est arrivé n’était pas dû à la génétique. Un autre enfant aurait tout autant de risque d’avoir la trisomie. La question de reprendre des essais s’est donc posée très rapidement, dès mon retour de couches en fait. Et vu mon âge avancé (je ne suis pas non Mathusalem, hein, mais je me rapproche des 33 ans), et notre envie d’avoir plusieurs enfants, plus on attend, plus les grossesses seront compliquées. A dire vrai, nous avions compté sur un minimum de 6 mois pour réussir à concevoir de nouveau, mais la nature a été plus rapide que ça! Nous sommes en effet revenus des tropiques avec un petit supplément de bagage dans mon ventre…

Peluche dans une valise

Crédit photo (creative commons): Alexas_Fotos

Physiquement

Les conséquences physiques sont les plus immédiates et les plus difficiles à ignorer. Le lendemain de mon IMG, c’est clairement ce qui était le plus dur à encaisser. Les courbatures dues à 15 heures de délivrance, la fatigue émotionnelle et physique, et surtout, surtout, une montée de lait très douloureuse qui me rappelait sans cesse qu’il n’y avait pas de bébé à nourrir.

Mais aujourd’hui, le plus dur est d’accepter mon nouveau corps. Parce que deux mois après mon interruption de grossesse, je suis retombée enceinte. Globalement, pendant 1 an et demi, j’ai porté la vie. Beaucoup de changements (hormonaux, notamment, mais aussi des belles fluctuations de poids) qui font qu’au jour d’aujourd’hui, 8 mois après avoir accouché, mon corps est totalement différent de celui d’avant mes grossesses. Diastase (dont je compte te parler dans un prochain article si j’ai le temps), vergetures, seins gigantesques, bref, entre une garde-robe pas du tout à jour et un bébé à la maison, difficile de me sentir sexy, ou même de me reconnaître. Alors, théoriquement, la voie de la rémission passerait par un bon régime et des visites plus régulières à la salle de sport. En réalité, de temps en temps je fais des exercices à la maison et je tire un trait sur mon brownie.

femme se regardant dans le miroir

Credit photo (creative commons): StockSnap (Pixabay)

Pour mon couple

Je pense que notre couple est ressorti grandi de cette épreuve. Mister Man et moi avons traversé tout ça ensemble avant tout. Sa douleur a été différente de la mienne, puisqu’elle se traduisait moins physiquement, mais elle a été tout aussi grande. Tout le long, nous nous sommes épaulés, soutenus. Nous avons, chacun à notre tour, été le roc sur lequel l’autre pouvait s’adosser. J’ai découvert mon homme sous un jour différent. Sans lui, je pense que je serais beaucoup plus abîmée psychologiquement.

Pendant ces longs mois, et après aussi, nous avons toujours parlé. La communication est la base de notre couple, et nous avons ainsi discuté de nos sentiments, ressentis, expérience, mais aussi de tout et de rien pour faire passer la douleur. Nous avons continué à rigoler, et à envisager un autre avenir ensemble.

Couple se tenant la main

Credit photo (creative commons): JUrban

Au final, cette expérience douloureuse m’a beaucoup appris. Sur moi-même, sur mon couple, et sur la vie en général, Je ne serais plus jamais la même.

Commentaires

2   Commentaires Laisser un commentaire ?

Mère Renarde

Merci pour ce bel article qui n’a pas du etre facile a rédiger pourtant. Je me retrouve beaucoup dans la partie où tu parles de perte d’insouciance, même en ayant pas perdu de bébé. Je suis contente pour vous que pepette se sois installée rapidement et qu’aujourd’hui tu sois un peu plus sereine.

le 20/08/2019 à 09h15 | Répondre

Aurèle

Merci pour cet article ! Après la perte de notre bébé in utero, lorsque je suis retombée enceinte, j’étais terrorisée à l’idée que cela recommence, que mon corps empêche à cette grossesse d’arriver à terme. Pendant 8 mois, je suis allée à mes échos (tous les 15 jours), la peur au ventre. Ce qui m’a aidé est le fait d’attendre des jumeaux. À l’annonce de la gémellité par mon gynéco, ma première réaction a été : « j’espère qu’il y en aura au moins à rester en vie ! ». C’était assez horrible de dire ça quand j’y repense mais la route me semblait tellement longue… Aujourd’hui ils vont bien et je savoure ma chance même si je reste marquée par ma grossesse précédente et tous les changements qu’elle a provoquée en moi.
Bon courage à toi pour la suite en espérant que tu retrouves une plus grande sérénité avec ton mari et ta fille.

le 20/08/2019 à 20h51 | Répondre

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