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Le don de lait maternel

J’ai eu la chance d’avoir une grossesse sans soucis (même si je n’ai pas aimée être enceinte), un accouchement de rêve et un allaitement digne d’un Martine. J’ai toujours su que je voudrais allaiter, ou du moins essayer.

J’imagine que la confiance que j’ai eu pour ma grossesse, mon accouchement et l’allaitement vient du regard que j’ai eu sur ceux de ma maman. J’ai vu ma mère avec des grossesses très épanouissantes, des accouchements sans péridurale (dont un pas prévu sur le canapé, même si j’étais trop jeune pour me souvenir de celui-là) et allaiter mon frère et ma sœur de 10 ans mes cadets, pendant 9 et 6 mois. J’ai gardé de cette période des souvenirs très tendres de regards et de câlins, que je voulais connaître à mon tour.

Avant ma grossesse, je n’avais jamais pensée donner mon lait. J’ignorais même que c’était possible ! Mon début d’allaitement s’est fait tout naturellement, et j’ai rapidement eu beaucoup, beaucoup de lait. Trop même ! Il faut dire que mon fils, à deux mois, en allaitement exclusif, pesait 6kg500 (il faisait 4kg à la naissance, ça aide), et que malgré ses tétées de compète, il me restait toujours du lait à tirer après.

Quand, chez ma sage-femme, j’ai vu les dépliants sur le don de lait, je me suis dit que c’était pour moi.

photo mère bébé endormis

Crédits photo (creative commons) : John Spade

Le don de lait, c’est quoi ?

Dans la plupart des cas, on parle de don de lait personnalisé : d’une maman pour son bébé. C’est la majorité des dons gérés par le lactarium par lequel je passe (en 2013, 1270 donneuses personnalisées pour 270 donneuses anonymes).

Mais il existe aussi le don anonyme, de mamans qui ont un surplus de lait et qui veulent en faire le don pour les bébés très fragiles ou prématurés, quand les mamans ne peuvent s’en charger. Ce qui est mon cas.

La prise de contact

Là je parle pour moi : j’imagine que d’un lactarium à l’autre, il peut y avoir des changements.

J’ai appelé le lactarium qui s’occupe de mon secteur, la dame que j’ai eu au bout du fil était très gentille et a bien pris le temps de tout m’expliquer. Elle a d’abord vérifié que j’avais bien du lait en trop, et que le don ne serait pas au dépend de mon fils (vu sa courbe de poids, pas de soucis). Ensuite elle m’a expliqué comment tout se passe au quotidiens, les normes d’hygiène, de congélation etc. Puis quand j’ai donnée mon accord, elle m’a posé des questions d’ordre médical. Pour répondre à ce questionnaire, elle m’a conseillé de me mettre à l’écart de ma famille, car les réponses ne regardaient que moi.

Le questionnaire n’est utilisé que par le lactarium, et les données récoltées restent confidentielles. Certaines questions sont d’ordre sexuel (partenaires multiples, MST…), d’autres concernent le quotidien (alcool, cigarettes…), et enfin, d’autres sont médicales. En même temps, ça me semble normal, au vu de l’utilisation finale du lait ! Une prise de sang est aussi prévue la première fois.

Enfin, elle m’a donné rendez-vous pour 4 jours plus tard, date à laquelle une collectrice, Mlle C, passerait dans mon secteur.

Pour son premier passage, Mlle C s’est égarée. Il faut dire que j’habite « lieu dit coin paumé » à « commune de trou perdu » et que le lactarium (et donc Mlle C) ne sont pas de la région. Mais après un coup de téléphone, j’ai pu la réorienter, et les fois suivantes, plus de soucis.

Ce jour-là, elle est restée 1h, m’a donnée les biberons stériles, le thermomètre de frigo, les fiches rappel avec numéro en cas de pépin, et un récapitulatif des conseils. Et puis un tube pour une prise de sang (entièrement remboursée) pour test HIV, hépatique et autres. Elle a récupérée la prise de sang la fois suivante.

Elle a pris le temps de répondre à mes questions, d’être sûre que tout était bon de mon coté, et de me dire que mon bébé était magnifique. Elle m’avait aussi proposée de me prêter un tire-lait électrique, mais mon petit manuel me convenait parfaitement

Comment ça se passe ensuite ?

Mlle C passe toutes les trois semaines. À chaque fois qu’elle vient récupérer le lait, elle me donne rendez-vous pour la fois suivante. En théorie, elle passe dans la matinée, voire en début d’après-midi, mais elle ne peut pas me donner d’heures précises, alors je m’arrange pour ne rien prévoir ce jour-la. Sinon, un coup de fil et je prends le voyage suivant. Idem si je suis en vacances et que je n’ai pas remplis tous les biberons, ou que j’ai moins d’un litre et demi de lait à donner.

Chaque jour, voilà comme tout se déroule :

Mon fils se réveille à 7h, et tète à ce moment-là, mais il reste ensuite tranquille jusqu’à la tétée de 10h.

Pendant ce laps de temps, je prends ma douche, m’habille, prends mon petit déjeuner et mets mon tire-lait à stériliser. Je le fais bouillir dans une casserole pendant 10min, pompe remontée et récipient à part. Ensuite, je vide la casserole en utilisant le couvercle, et laisse refroidir le matériel sans le toucher. Une fois qu’il est froid, je visse la pompe et le récipient, sans toucher l’intérieur.

Puis à 10h, quand mon fils prend un sein, je tire l’autre. Au début, c’était sport, mais j’ai très vite pris la main. Et je profite des montées de lait créées par la succion de mon fils pour tirer sans aucune difficulté. J’ai essayée de tirer mon lait sans mon bébé, mais j’ai mis 30 minutes pour tirer 50ml et j’ai eu mal. Alors que comme ça, en 15min, je tire sans soucis 150 à 210ml.

Ensuite, je verse le lait obtenu dans un biberon stérile, je note la date et la quantité de lait sur l’étiquette, et je le met au frigo 1h, puis au congélateur (frigo 4°C, congélo -20°C). En théorie, je pourrais laisser le biberon dans le frigo la journée, tirer mon lait une deuxième fois, le mettre au frais 1h, compléter le biberon du matin, et enfin le mettre au congélateur. Mais pour moi, 200ml par jour, c’est déjà bien. (De toute façon, le biberon ne fait que 240ml, donc…)

Après, je lave juste le tire-lait entièrement démonté à l’eau chaude et au liquide vaisselle, et je suis tranquille jusqu’au lendemain.

Ça me prend 40 minutes par jour. Les biberons stériles sont par lot de 18, aussi sur trois semaines, je tire mon lait 3 fois pour moi. Quand c’est pour moi, je ne me prends pas la tête à stériliser le tire-lait et je mets le lait dans des pots de confiture en verre au congélateur. Et si j’ai besoin de lait en rab pour cause de sortie ou autre, et bien soit je tire une deuxième fois dans la journée, soit je ne donne que 17 biberons au lieu de 18 !

Quand Mlle C vient, j’ai donc un peu plus de 2 litres de lait qui l’attendent.

Pour l’instant, je n’en suis qu’au début de l’aventure. Mais j’espère continuer jusqu’à mon retour au travail et au sevrage de mon fils, c’est à dire jusqu’à ses 6 mois, dans mon cas.

Si je ne connaissais absolument pas le don de lait avant d’avoir un bébé, je recommencerai avec les prochains si je le peux. J’aime l’idée que mon fils ai plusieurs frères et sœurs de lait !

Et toi ? Tu savais qu’on pouvait faire des dons de lait maternel ? Tu aurais envie de tenter ? Tu l’as déjà fait, comment ça s’est passé ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Je suis une jeune maman de 24 ans, mariée depuis 3 ans avec l'amoureux. Nous avons un chat, trois poules, une petite maison à la campagne et depuis février un petit gars qui fait notre joie! Autrefois je faisais de la cuisine, de la couture, de la course à pied mais pour l’instant je prend juste le rythme de notre nouvelles vie à 3! Mais je randonne dès qu'il fait beau avec le petit contre moi.