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Gérer (ou pas) les moments de tension avec sa moitié pendant la grossesse

Pendant la grossesse, tout n’est pas forcément idyllique, que ce soit physiquement (avec les maux de la grossesse) ou moralement (avec les éventuels soucis dans le déroulement de ta grossesse, les événements pendant celle-ci : maladie d’un proche, etc.). Tu peux aussi être confrontée à des situations très banales, mais anxiogènes : les angoisses de ta moitié et/ou sa difficulté à se projeter, les tensions entre vous, etc.

Bizarrement, je n’ai pas lu beaucoup d’articles sur le sujet, comme si c’était tabou. J’ai l’impression que lorsqu’un couple attend un bébé, dans la tête des gens, tout doit être rose. Or, je pense que c’est loin d’être le cas pour la majorité des couples.

Dans notre cas, mon mari s’est clairement mis la pression tout seul, ce qui a parfois créé des tensions entre nous, en particulier durant les premiers mois de ma grossesse.

Couple fâché

Crédits photo (creative commons) : Vic

Les angoisses liées au changement de vie, génératrices de conflits

Lorsque je t’ai parlé de l’annonce de ma grossesse, je t’ai expliqué que mon mari n’avait pas sauté au plafond.

En fait, Monsieur Étoile s’est projeté trop rapidement. Il a réalisé immédiatement que dans neuf mois, nous serions trois, et que ce serait la fin de notre vie à deux. En outre, il s’est vite rendu compte que ça bouleverserait ses habitudes. Par exemple, il adore aller aux concerts, boire des verres, etc., et ce, parfois en semaine. Mais tout ça serait forcément plus compliqué avec un bébé.

Lorsqu’il était de mauvaise humeur en début de grossesse, j’avais quand même droit à des phrases cinglantes, du genre : « C’est toi qui l’as voulu, ce bébé ! » ou « Je m’en fiche, de lui ! » quand j’osais me plaindre de mes maux de grossesse… Il était d’une mauvaise foi énorme, clairement… et complètement maladroit.

Heureusement que je le connais très bien, et que je sais que c’étaient ses angoisses qui parlaient. Le peu de fois où c’est arrivé, il est vite venu s’excuser, tout penaud. Pour être franche, je n’ai jamais cherché à le rassurer là-dessus. C’est peut-être pour ça que, des fois, il a eu des paroles blessantes. Comme s’il avait besoin de relâcher la pression…

Ceci dit, il faut voir le bon côté des choses. Ces angoisses me sont apparues comme une preuve de sa maturité. Oui, sa vie allait changer et il en était conscient. Autant qu’il profite de ces quelques mois de grossesse pour se faire à l’idée et suivre son propre cheminement.

Ce type d’angoisses a totalement disparu depuis le sixième mois de grossesse. Mon mari n’est plus stressé, au contraire ! Depuis que la chambre est faite, il est devenu pressé de rencontrer notre bébé, et joue même avec ses quelques jouets !

Bref, si tu vis des conflits avec ton conjoint, s’il te dit des paroles blessantes… retiens bien que ça peut être totalement NORMAL. Dis-toi que ton homme ne sait pas toujours comment bien faire et exprimer ses sentiments. Même quand un bébé est voulu, il peut rester un choc, et une nouvelle réalité qui s’appréhende difficilement pour certains hommes.

Les angoisses (finalement très naturelles) liées aux soins du bébé

Mon mari s’est vite posé les questions suivantes :

  • Est-ce que je vais réussir à lui donner le biberon ?
  • Est-ce que je vais réussir à lui changer sa couche ?
  • Et si je lui fais mal ?
  • Etc.

Il se demande tout simplement s’il va trouver les gestes pour s’occuper de bébé, d’autant plus que ça ne lui paraît pas du tout intuitif.

Ses angoisses me semblent très légitimes. Si pour ma part, je ne me pose pas trop de questions, lui, ça l’empêche carrément de dormir, parfois.

Concernant ces angoisses-là, j’ai essayé de le rassurer. Il n’est pas plus bête qu’un autre, et moi aussi, je vais devoir les apprendre, ces gestes ! Il suffit de se poser les bonnes questions, de parler avec les sages-femmes et auxiliaires à l’hôpital, aussi… On trouvera toujours une solution si nous avons un doute.

Je suppose que ce type d’angoisses passera une fois qu’il s’occupera réellement de notre bébé.

Les angoisses par rapport à la maladie et à ma grossesse à risque

À chaque fois que nous avons eu des frayeurs, mon mari s’est souvenu des risques liés à ma maladie. Il s’est angoissé, mais dans le bon sens : c’est-à-dire que chaque frayeur l’a fait réagir et l’a incité à prendre le relais à la maison – notamment lorsque j’ai dû être alitée suite à une grosse crise de contractions.

Je me suis aussi rendu compte qu’il me cachait ses angoisses par rapport à ma grossesse à risque quand à l’échographie du septième mois, il m’a dit : « Il est déjà bien, notre bébé, à ce stade ! Je ne pensais pas qu’on irait aussi loin dans la grossesse ! »

C’est vrai qu’on ne savait pas trop où on allait avec cette grossesse ! Mais il a vraiment bien géré sur ce point, car en tant que future maman, on culpabilise toujours un peu lorsqu’on a une grossesse atypique.

Un petit mot sur mes propres angoisses… car dans un couple, on est deux !

À vrai dire, le stress n’est pas permanent chez moi, car je ne me pose pas trop de questions (ou de manière ponctuelle).

Cependant, mon mari a été là pour me rassurer quand :

Il a toujours su trouver les mots ou les gestes pour me rassurer. Rien que pour ça, merci Monsieur Étoile !

Et au final ? Beaucoup d’écoute pour plus de sérénité

Tu vas sans doute rencontrer des situations et des réactions différentes de celles que nous avons rencontrées, car nous sommes tous différents. Mais, dans la plupart des cas, elles seront aussi normales ! Il ne faut juste pas que ces inquiétudes et ces disputes soient permanentes, sinon, ce n’est pas le top pour ta grossesse, et ça peut dégrader ta relation de couple.

Personnellement, j’ai rassuré mon mari quand je pensais ses angoisses légitimes et justes, mais d’autres fois, je l’ai laissé se débrouiller seul. Il fallait qu’il surmonte tout ça par lui-même (notamment tout ce qui était projection avec bébé). C’est un cheminement qu’il devait faire seul, car c’est un ressenti bien trop personnel.

Quand nous avons eu des disputes, j’ai pris le temps de creuser pour éviter que les choses ne s’enveniment. Il ne faut surtout pas rester sur des non-dits pendant la grossesse, mais plutôt chercher à comprendre pourquoi il y a eu des paroles blessantes (et ça va dans les deux sens !). Personnellement, je laissais retomber la pression quelques jours avant d’en parler.

Souvent, je parlais aussi à mon bébé après un moment de frictions, car il devait forcément ressentir mon stress. Je lui disais que rien n’était de sa faute, et que c’était normal que les émotions de ses parents partent en vrille parfois !

Au final, je trouve qu’on s’en sort super bien, pour un couple très différent. On a toujours beaucoup dialogué.

Aujourd’hui, bébé arrive bientôt, et je peux te dire que mon mari est fier de mon ventre et de le sentir bouger. Plus l’échéance approche, et plus je le trouve serein ! Toutes ces angoisses ont été un mal pour un bien : elles lui ont permis de se poser les bonnes questions pour la suite.

Par conséquent, je suis totalement sereine quant à l’arrivée du bébé. Nous sommes l’un comme l’autre conscients de nos faiblesses. C’est plus facile de gérer un bouleversement aussi énorme qu’un bébé quand tu sais ce que pense ta moitié, et à propos de quelles choses elle risque de perdre pied.

Et toi, comment as-tu géré les angoisses de ton conjoint et les disputes entre vous deux pendant ta grossesse ? As-tu d’autres conseils ? Viens nous dire !

A propos de l’auteur

Je suis la maman de Petit Prince né en 2015 et de Petit Poussin né au printemps 2019. Après deux grossesses bien surveillées, j'assume pleinement ma vie professionnelle avec le soutien sans faille de mon mari et beaucoup de flexibilité & d'organisation. Depuis un peu plus d'un an maintenant, nous avons quitté la région parisienne pour vivre dans l'Est de la France suite à une opportunité professionnelle. Bref beaucoup de changements pour notre famille en très peu de temps !