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A la une / Récit d'accouchement

Mon accouchement d’un bébé en siège : les premières contractions

Nous sommes le lundi 11 mai, et le terme est prévu pour le 15 mai. Ça fait déjà deux semaines que j’attends avec impatience que le travail se mette en route.

Bébé étant en siège, ma sage-femme m’a expliqué qu’il n’était pas possible de faire un déclenchement, et qu’il était donc préférable que j’accouche avant le terme, car sinon, la césarienne serait inévitable. Et comme tu le sais, j’ai un objectif ultime : éviter la césarienne à tout prix ! Ma sage-femme m’a donc proposé une séance d’acupuncture pour aider le travail à se déclencher. Le rendez-vous est fixé le lundi matin, à 8h45.

En sortant de la séance d’acupuncture, je m’arrête au marché avant de rentrer chez moi. Il fait beau, je suis en pleine forme, et mes petits commerçants me font remarquer une énième fois que bébé n’est pas encore arrivé (euuuuh, pourquoi, ça se voit tant que ça ?!) !

Vers midi, je ressens des contractions. Je ne m’en inquiète pas : ça fait presque dix jours que j’ai des fausses alertes quotidiennement, avec des contractions régulières pendant une heure, et puis plus rien. Je sens bien que la « sensation » (je ne peux pas encore parler de douleur à ce moment-là !) est un peu différente, mais bon ! Je n’en parle même pas à mon mari.

Il me semble que ça continue comme ça tout l’après-midi, mais étrangement, je ne me souviens absolument pas de ce que j’ai fait cet après-midi-là ! Je me souviens juste avoir fait la vaisselle et, a priori, j’ai aussi fait une sieste au soleil dans le jardin.

C’est aux alentours de 16h30-17h que je me dis : « Tiens, j’ai toujours des contractions, avec cette sensation différente, et elles ont l’air assez régulières. Faudrait peut-être que je vérifie le temps qui s’écoule entre chaque, pour voir… »

Horloge

Crédits photo (creative commons) : insansains

J’hésite à envoyer un sms à mon mari pour lui dire (sur le ton de la blague) que peut-être, il n’ira pas au boulot le lendemain. Mais il est 17h15, il termine à 17h30, et comme je ne suis vraiment pas sûre de mon coup, je ne veux pas nous faire de faux espoirs.

Peu avant 18h, on s’installe devant une série, et je commence à regarder ma montre pour compter le temps entre chaque contraction. Je me rends compte qu’elles ont lieu environ toutes les sept à huit minutes. Elles ne sont pas « douloureuses » – enfin, je ne les ressens pas comme ça, en tout cas –, mais suffisamment intenses pour que je commence à appliquer la technique de respiration par le ventre dès que la vague monte.

Une heure plus tard, une copine m’appelle pour me raconter son accouchement, qui a eu lieu onze jours plus tôt. Je m’installe sur mon ballon durant tout le temps de la conversation, et je fais mine de rien au téléphone ! Je ne veux pas laisser paraître que le travail a sans doute commencé, et je m’arrange pour souffler discrètement (mais comme il faut) à chaque contraction.

Nous restons presque une heure au téléphone, et vers 19h45, quand nous raccrochons, je décide d’aller prendre une douche chaude. D’après ce qu’on m’a expliqué, soit c’est du faux travail et les contractions vont s’espacer ou s’arrêter, soit c’est du vrai travail et dans ce cas, les contractions vont s’intensifier.

Verdict : ça semble être du vrai travail ! Je dis à mon mari de commencer à préparer à manger, et lui précise que c’est mieux de faire des pâtes plutôt que des croque-monsieur : il me faut quelque chose qui tienne au corps, si je dois y passer la nuit !

Nous passons donc à table un peu après 20h. Je note toujours la fréquence des contractions : elles durent trente secondes, toutes les trois minutes. La douche chaude a bien fait effet : je suis passée de sept à trois minutes d’intervalle !

Je prends un spasfon pour la forme, en sachant bien qu’il n’aura pas d’effet. Je m’assois sur le ballon, car c’est plus supportable que la chaise, mais je dois me lever toutes les trois minutes pour gérer la vague qui monte et souffler comme il faut. Je dirais que c’est à partir de ce moment-là que mes contractions ont commencé à être douloureuses. Même si c’était encore largement gérable.

On prend le temps de finir le repas, sans manger trop lentement, mais sans trop se presser pour autant. Puis on s’active un peu pour finir les valises et se préparer. Je suis habillée n’importe comment (chemisier, pas de soutien-gorge, short de pyjama), mais je m’en fiche. Mon mari installe la bâche sur le siège avant de la voiture, au cas où je perdrais les eaux pendant le trajet.

Quand on prend la route, il est 21h50. Je réalise enfin ce qu’il se passe, et me dis que lorsque je repasserai le seuil de la maison, je ne serai plus enceinte, mais je serai maman. Je serai accompagnée de notre enfant, un tout petit bébé dont il faudra prendre soin.

Le trajet est un peu difficile : notre voiture a une finition « sport », et les suspensions ne sont pas des plus douces : je ressens chaque bosse, creux ou imperfection de la route, et c’est fou comme il y en a ! Il faut une bonne demi-heure d’autoroute pour se rendre à la maternité, mais j’insiste auprès du futur papa pour qu’il ne prenne pas de risques inutiles : on a le temps, ça ne sert à rien de rouler plus vite que la vitesse autorisée. Il m’assure qu’il fait attention (mais je découvrirai deux semaines plus tard qu’il a quand même roulé plus vite !). Je me dis qu’étant donné l’intensité des contractions et mon ressenti sur la route, il n’aurait pas fallu partir plus tard.

Nous arrivons à la maternité à 22h25, et trouvons une place juste devant l’entrée : l’avantage d’arriver à cette heure-là. Je mets un peu de temps à traverser la route, car je dois m’arrêter lorsqu’une contraction arrive, pour la gérer. Je m’accroche à ce que je trouve : en plein milieu du carrefour, c’est le bras du futur papa. Entre chaque contraction, j’essaye d’avancer le plus vite possible, pour avoir un point d’accroche à ma portée avant la prochaine vague.

Je me souviens vaguement des instructions pour trouver le chemin de la maternité, mais j’ai oublié de relire mes notes. Nous trouvons un ascenseur, arrivons au premier étage et nous arrêtons devant une porte vitrée, comme prévu. Sauf que nous ne trouvons pas le bouton pour appeler, afin qu’on nous ouvre la porte. Heureusement, une aide-soignante passe dans le couloir à ce moment-là. En fait, nous nous étions trompés d’ascenseur : cette porte-ci n’est pas ouverte la nuit !

Nous sommes accueillis par une sage-femme, qui nous fait attendre dans le couloir qu’une des deux salles de pré-travail se libère. Enfin, je vais savoir à combien je suis ouverte ! J’espère vraiment que le travail est déjà bien avancé. La sage-femme m’annonce que je suis ouverte à 4. Je suis contente, je ne voulais vraiment pas arriver trop tôt à la maternité.

Nous sommes donc installés en salle de travail : il est 23h. La sage-femme, Juliette, est vraiment super : elle a lu mon dossier et a bien compris mes particularités : ma peur des piqûres et de la pose du cathéter, mon refus de perfusion et de péridurale, ma volonté d’être le moins médicalisée possible.

Mais je n’ai pas le choix : elle doit quand même me poser un cathéter dans la main, même si la perfusion n’est pas branchée. Je panique un peu, refuse pour la forme, mais je sais très bien que je dois l’accepter : on m’avait prévenue et je m’y étais préparée. Heureusement, mon mari est là pour m’apaiser, et Juliette est une vraie pro : elle n’a pas besoin de s’y reprendre à plusieurs fois, et une fois le cathéter posé, je n’ai pas mal. Elle me fait même un pansement, de manière à ce que je ne voie rien.

Elle m’installe ensuite le monitoring pendant trente minutes. Je suis soulagée quand elle me l’enlève : la ceinture me gênait, et j’avais encore plus mal à chaque contraction.

Puis, vers minuit et demi, une femme entre dans la salle et m’annonce qu’elle est là pour préparer le matériel. Je ne comprends pas de quoi elle parle, elle ne s’est pas présentée, je lui demande qui elle est. Elle me dit qu’elle est l’assistante anesthésiste et qu’elle prépare le matériel pour la pose de la péridurale. Là, je panique : quoi, déjà ?! Mais non ! Pas maintenant, je ne suis pas prête ! Ça ne peut pas être fait plus tard ? Je ne veux pas !

La suite… au prochain épisode !

Et toi ? As-tu attendu longtemps avant de te rendre à la maternité ? Comment as-tu ressenti les premières contractions ? T’a-t-on imposé une certaine médicalisation pour l’accouchement ? Viens nous raconter !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Nous nous sommes mariés en mai 2014 et la famille s'est agrandie pile 1 an après avec l'arrivée de notre premier fils. Crapouillou est devenu grand frère 20 mois plus tard. Madame vélo parce que je me déplace beaucoup à vélo, normal je travaille dans le développement durable (bonjour le cliché !).