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Un jour, je suis devenue maman…


Publié le 12 février 2020 par Marguerite

Aujourd’hui, je partage avec toi un des pans de ma vie empli de déceptions. Je pense que j’ai réussi à passer au-dessus de tout ce que j’ai vécu à ce moment-là car j’ai beaucoup verbalisé ensuite mais j’ai besoin d’écrire pour essayer d’effacer les dernières traces d’amertume. Et puis, pour que tu comprennes mieux le récit de ma seconde grossesse, tu as besoin d’en savoir plus sur la première.

Et si on faisait un enfant maintenant ?

Fin mars 2015. Sangoku et moi nous marions dans deux mois et demi et nous avons décidé de nous lancer dans les essais bébé juste après. Mais, je propose à mon futur époux d’anticiper un peu : « De toute façon ça ne marchera pas tout de suite, et comme ça, on aura peut-être une bonne surprise juste après notre mariage ! ». Je n’ai pas eu besoin de long discours pour décider mon homme. Nous voilà donc parti pour la grande aventure des essais bébé ! Stop la contraception !

Début mai, mon odorat magique me permet de localiser la moindre goutte d’urine de chien dans la rue ou de détester ceux qui ont la mauvaise manie de mettre trop de parfum. J’ai un réseau veineux impressionnant sur les seins (je ne savais même pas qu’on pouvait en avoir autant) et mes règles n’ont pas l’air de vouloir se manifester… Tout ça me met la puce à l’oreille mais je me dis que c’est impossible d’être tombée enceinte si vite, je déclare très sûre de moi : « chéri, je pense que je fais une grossesse nerveuse alors je vais faire un test et mes règles vont arriver ! ». Je fais mon test, toute seule chez moi, en tremblant un peu… Quelques heures plus tard, Sangoku est sur le point de passer le pas de la porte de la maison, je lui envoie un texto : « Iris (notre chat) espère que c’est une petite sœur ! ». C’est donc bien réel, nous serons bientôt trois !

Crédit photo (creative commons) : Olichel

Quelques jours plus tard, après avoir fait une prise de sang pour confirmer la grossesse, j’annonce la nouvelle à mes parents. C’était important pour moi qu’ils soient au courant très tôt car j’avais peur de faire une fausse-couche et dans ce cas-là je savais que leur soutien me serait indispensable. Ma maman a très mal réagi à cette annonce c’était trop tôt (j’avais 29 ans quand même) et trop proche de mon mariage que je risquais de gâcher. Elle a eu des mots très durs pendant plusieurs semaines et mon mari a fini par lui voler dans les plumes (à juste titre) le lendemain de notre mariage. Nous ne nous sommes plus parlées pendant un peu plus de 4 mois. Elle m’a vraiment accompagnée et soutenue durant mon dernier mois de grossesse.

Une grossesse censée être ordinaire !

Le premier trimestre se déroule bien. Je suis en forme jusqu’à mon mariage au point de faire le grand écart ce jour-là (j’ai fait beaucoup d’années de danse classique mais c’était quand même une mauvaise idée). Je cours partout pour mon boulot et porte des charges lourdes. Je veux prouver à ma patronne que je suis capable d’assumer mon poste même enceinte. Bref, je vis ce premier trimestre à fond malgré les maux de grossesse : acidité, fatigue et odorat super-puissant ! J’ai la chance de ne pas prendre de poids durant ce trimestre pourtant j’ai l’impression de gonfler mais je fais l’erreur de ne pas en parler avec ma gynécologue.

Jusqu’au 7ème mois, ma grossesse se déroule quasiment normalement bien que je prenne très peu (pas assez) de poids avec pourtant toujours cette légère impression d’être plus gonflée que d’ordinaire mais rien d’alertant. J’apprends aussi que Sangohan est dans une position un peu bizarre : il est bien tête vers le bas mais il regarde vers le haut. La gynécologue ne s’en inquiète pas. Cette position n’est probablement pas définitive.

Mi-décembre. J’ai mon premier rdv avec le gynécologue qui va me suivre à la maternité. Ma prise de poids est toujours normale (+7kg), j’ai de la marge et je peux prendre un petit peu plus. Bébé va bien, il est estimé à 3kgs à terme. Dans cette maternité, ils n’aiment pas trop les bébés en-dessous de 3kgs, le gynécologue me recommande d’essayer d’aller à terme (« euh, je fais comment ? »). Sangohan a toujours la même position bizarre et je sens que ça fait un peu tiquer le gynécologue. Il me recommande le repos mais comme je suis enfin en congé maternité ça devrait aller. Mon col est ouvert à 1.

Le dernier mois, ça dérape !

Veille du réveillon de Noël. Je perds le bouchon muqueux… Cela me paraît normal, j’ai des contractions depuis pas mal de temps et j’ai déjà fait quelques épisodes de faux-travail. Je suis épuisée. Nous passons le réveillon chez mes parents qui habitent à 45 minutes de chez nous. Ma maman me trouve fatiguée et gonflée. Je la sens un peu inquiète, j’ai aussi des scrupules car nous avons partagé très peu de moments depuis le début de ma grossesse. Je lui propose de m’accompagner chez le gynécologue lors de mon prochain rendez-vous. J’aimerais qu’elle voie son petit-fils.

15 jours avant ma DPA. Ma maman m’accompagne donc chez le gynécologue. Ma tension est trop haute, j’ai pris 3kgs et j’ai vraiment gonflée : on ne voit plus mes articulations au niveau des poignets et des chevilles. Mon col est ouvert à 2 et Sangohan n’a toujours pas bougé. Le gynécologue est un peu inquiet, il souhaite que j’accouche avant la DPA (tant pis si Sangohan pèse moins de 3kgs) et me propose un décollement des membranes que j’accepte. Il m’emmène aussi à la rencontre du maïeuticien de la maternité et me prend un rendez-vous pour le surlendemain. Il fait aussi programmer un (éventuel) déclenchement au cas où le décollement ne fonctionne pas.

13 jours avant ma DPA. Le décollement n’a pas fonctionné ! Ma tension est toujours joueuse, j’ai des contractions pendant le monitoring. Le maïeuticien fait venir un gynécologue pour savoir si on me déclenche ou non. Ils décident que je peux rentrer chez moi : rien d’inquiétant : « vous avez gonflé mais pas assez, vous avez pris 3 kgs en un mois mais c’est moins que certains cas de pré-éclampsie et votre tension est joueuse parce que vous êtes stressée et de toute façon le petit apôtre (surnom qu’ils donnent à Sangohan à cause de sa position) fait moins de 3kgs donc, on ne prend pas de risques. Votre col est ouvert à deux, le travail va se faire très vite naturellement sinon, tentez la méthode à l’italienne.»

Avec mon mari, nous sommes un peu étonnés qu’ils ne suivent pas l’avis de mon gynécologue mais nous rentrons chez nous. J’ai rendez-vous pour un monitoring dans 5 jours. Je raconte le rdv à ma maman qui l’attendait avec impatience. Le soir, je reçois un appel de ma grande-tante, une ancienne sage-femme (bizarre, elle ne m’appelle jamais). J’apprends que les informations vont vite dans ma famille et que ma maman a téléphoné à sa tante dans l’après-midi, elle lui a raconté le déroulement de ma grossesse… Ma grande tante a 85 ans, toute sa tête et elle s’inquiète pour moi et les 600 kms de distance n’aident pas (j’apprendrai plus tard qu’elle pense qu’un accouchement par voie basse n’est pas une bonne idée). Je réponds « oui » à ses diverses recommandations : aller prendre ma tension à la pharmacie, retourner à la maternité lors de mes prochaines contractions même si je pense que c’est un faux travail etc… mais je n’en suis aucune (ouh la vilaine.)

J-8 avant ma DPA. Me voilà de retour à la maternité. Je retrouve le maïeuticien qui me fait faire un test urinaire et m’installe pour un monitoring. Bébé va bien, il a toujours la même position. Ma tension me joue encore des tours. Je suis toujours gonflée. Le maïeuticien appelle le gynécologue de garde (le même que la dernière fois) car mon taux de protéinurie ne lui plait pas. Celui-ci ne se déplace pas pour venir me voir et dit au maïeuticien que je peux rentrer chez moi. Je dois revenir le jour de ma DPA mais « vous aurez sûrement accouché avant ! »

Bébé va enfin arriver !

DPA : Jour J. Il est 8h45, j’ai RDV à 9h. Je suis venue avec mon mari et ma petite valise, bien décidée à accoucher aujourd’hui ! « On a rendez-vous avec une sage-femme car c’est mon jour de DPA », Catherine et Liliane, à l’accueil, nous disent d’emprunter la porte de gauche. On se fait refouler, « il fallait aller à droite ». Nous allons donc à droite. Une sage-femme me prend en charge pendant que mon chéri va faire des étiquettes. Je tente de négocier un déclenchement avec la sage-femme mais elle me répond que sans raison médicale, je rentrerai chez moi. Je ne réponds rien car j’ai peur de ne plus être polie. Elle prend ma tension toujours trop haute et installe un monitoring. Elle sort et revient immédiatement car le cœur du bébé bat anormalement. Elle me demande si je n’ai pas fissuré la poche des eaux, « aucune idée, j’ai la sensation que c’est un peu mouillé mais quand on perd les eaux ça fait un gros splatch non ? ». Elle fait un test qui confirme que j’ai fissuré la poche des eaux. Et oui tout ne se passe pas comme dans les films américains. On me garde et on va même me déclencher, « ah et on ne retrouve pas votre dossier, vous saviez que votre fils est en présentation frontale ? ». Mon mari arrive, je suis un peu émue et stressée, bébé va arriver aujourd’hui mais j’ai l’impression d’être prise dans un tourbillon.

10h. On m’installe dans une salle d’accouchement, c’est une sage-femme en formation qui va me suivre, sa tutrice lui dit « c’est génial pour toi, les accouchements par voie basse de bébé en position frontale c’est très rare ». Sangoku et moi sommes étonnés par cette réflexion car jusqu’à maintenant cette position ne gênait personne. Pendant que mon mari repart faire des étiquettes (oui il en faut d’autres puisqu’on me garde !!), on me branche de partout, et le déclenchement est lancé. Au début tout va bien, puis vers 11h, tout déraille, les contractions deviennent insoutenables, j’ai froid et je tremble, mon mari bippe, personne ne vient, je pleure et je crie. Une sage-femme vient enfin me voir et appelle immédiatement l’anesthésiste. La péridurale est posée dans la foulée et je suis soulagée. Je continue à trembler et une sage-femme m’apporte une couverture de survie.

14h environ. Les machines s’emballent. Une gynécologue arrive avec plein de monde dans la salle d’accouchement. Je claque toujours des dents, personne ne comprend pourquoi j’ai si froid. Bébé supporte mal les contractions, on me change de position et on me pose un masque pour m’aider à respirer. Sans rien nous expliquer, tout le monde repart. Je réussis à dormir un peu.

Entre 17h et 20h30. Mon col s’ouvre petit à petit. Je suis de plus en plus gelée (on m’a ajouté une deuxième couverture de survie). Le rythme cardiaque de bébé nous joue des tours à plusieurs reprises et l’équipe médicale débarque au grand complet à plusieurs reprises. Je leur demande si on ne devrait pas envisager une césarienne mais on me répond qu’on va tout faire pour l’éviter. Je me sens très faible et je ne sais pas si je trouverai la force de pousser.

20h30. Je suis enfin arrivée à dilatation complète. Naïvement, je pense que je suis arrivée au bout de mes galères… Que Nenni ! La sage-femme trouve que bébé est trop haut, elle décide de tenter de le faire tourner mais rien ne fonctionne. Elle place donc un ballon sous mes genoux et demande à mon mari de bouger mes jambes en faisant des ronds. Elle s’en va !

21h15. Les machines s’emballent. La sage-femme arrive, elle enlève le ballon et souhaite tenter une manipulation pour tourner bébé. Les machines s’emballent à nouveau. Une gynécologue arrive en trombe, la sage-femme lui explique brièvement la situation. La gynécologue annonce un code rouge, elle demande à tout le monde de se dépêcher et on part en césarienne. Je ne comprends pas tout mais elle me racontera après que je lui ai demandé si elle allait pouvoir sauver mon bébé ! Sangohan est né à 21h40. Je ne me souviens pas vraiment du déroulement de la césarienne. J’ai eu très froid et peur. J’ai perdu pas mal de sang et je me souviens que je me sentais très mal. Mais finalement, tout s’est très bien terminé : Sangohan était en parfaite santé et il faisait 3,2 Kgs !

Crédit photo (creative commons) : jarmoluk

L’anesthésiste qui m’a surveillé pendant deux heures m’a dit que j’avais eu beaucoup de chance que cette gynécologue intervienne et qu’elle nous avait sauvé Sangohan et moi !

Et toi raconte-moi tout ! Comment as-tu vécu ta première grossesse ? Et ton premier accouchement ?


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Commentaires

4   Commentaires Laisser un commentaire ?

Raphaelle

Oh mon dieu! Ca a du être dur de s’en remettre…! Mon bébé est aussi né en position frontale (par voie basse, il est sorti dans cette position jusqu’au bout) et c’etait horrible (36h de travail et particulièrement douloureux).. heureuse que tout se soit bien finis pour vous!

le 12/02/2020 à 08h09 | Répondre

Madame Lagon

Euh, mais tu as eu l’explication de ce qu’il s’est passé du côté des soignants ?? Parce que ça fait froid dans le dos de lire que « tu as eu de la chance que cette gynécologue intervienne » : comment ça de la chance ? Elle passait là par hasard ? Les autres médecins comptaient ne pas intervenir ?

Désolée de réagir aussi fortement, j’ai accouché il y a quelques mois en mode complications donc ton histoire résonne en moi. Heureusement pour moi, j’avais eu besoin de voir une psychiatre pendant la grossesse, et elle m’avait préparé à l’éventualité d’un accouchement « avec des couacs », et j’ai eu la chance que les soignantes à la maternité soient à la fois réactives et empathiques, donc j’ai très bien vécu mon accouchement pourtant pas glop.

le 12/02/2020 à 08h29 | Répondre

Chloé

Comme Madame Lagon, la phrase m’interpelle «tu as eu de la chance que cette gynécologue intervienne». (Perso, j’ai compris cela, comme c’est la plus douée du service donc elle a su réagir correctement à une situation difficile.)
Non, tu n’as pas eu de la chance, car si les soignants avaient été plus professionnels, plus à l’écoute et plus présents, l’accouchement auraient pu être bien différent.
C’est quand mÅeme fou que personne ne vous ai rien expliqué sur la naissance de votre bébé. Vous devriez être mis au courant et pourvoir choisir (dans une certaine mesure) de ce que vous voulez en fonction du déroulement de l’accouchement ! C’est ton corps et votre bébé !

Comment l’as tu vécu ? Comment vas tu aujourd’hui ?

le 12/02/2020 à 09h24 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Je trouve le manque d’écoute et d’explication des soignants juste pas possible.
Est ce que tu as pu avoir des explications par la suite.
En tous les cas, je comprends que tu es encore des choses à évacuer.

le 12/02/2020 à 09h40 | Répondre

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