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A la une / Vie de maman

Maman ET active : le duo impossible ?

Je me souviendrai sûrement toujours de la nuit où j’ai réellement réalisé qu’il y avait un problème : Bébé Loutre, qui devait avoir 10 mois, s’était mise à hurler dans son lit au beau milieu de la nuit. J’ai accouru, et j’ai voulu la prendre dans mes bras, mais elle s’est débattue. Elle me frappait avec ses poings, ses pieds, et continuait à crier. Et là son père est arrivé, et instantanément, elle m’a repoussé pour se jeter dans ses bras. A ce moment-là, j’ai su : j’avais mal concilié ma vie de mère avec celle de ma vie de femme active, et j’en payais le prix fort.

Crédit : photo personnelle

Une histoire plus que banale

Mon histoire n’est pas si extravagante : ma fille est arrivée comme un rayon de soleil alors que j’étais encore étudiante. Elle avait 8 mois lorsque j’ai enfin fini mes 8 ans d’étude, et pris mon premier poste. Pour moi, c’était une consécration : une nouvelle étape de ma vie, un travail dont je rêvais, un salaire bien plus que décent. Mais aussi des responsabilités énormes, du travail en quantité et une équipe de 10 personnes à gérer, dont les 2/3 ont plus du double de mon âge. Ce travail, que je voulais tant, j’avais pris des années à m’y préparer, et je voulais à tout prix le réussir. Sans pour autant lâcher ma vie de maman !

Alors j’ai tout fait pour concilier les deux : j’ai évité d’accumuler les heures supplémentaires, en bossant comme une dingue sur mes heures de travail ; j’ai pris la décision de m’occuper de ma fille 2 après-midi par semaine, quitte à devoir commencer mon travail à 4h du matin ces jours-là ; j’ai accepté le téléphone portable professionnel qu’on me tendait, parce que, tout en m’incitant à répondre à mes mails à la maison, il me permettait justement de gérer des problèmes depuis ma maison, sans devoir retourner au bureau.

Pendant deux mois, j’ai eu l’impression d’avoir une double vie. Je commençais le plus tôt possible, je gérais mes équipes d’une main de maître toute la journée, et 9h plus tard, je courrais chercher Bébé Loutre chez sa nounou, et j’enchaînais avec toutes les tâches de la maison. Nettoyer, faire à manger, lancer une lessive, payer une facture, prendre un rendez-vous chez le médecin, sortir le chien…

Ah oui, toi aussi tu as remarqué ce qu’il manque dans cette liste ? Bien joué, moi j’ai mis deux mois à m’en apercevoir…

Courir, courir, courir, sombrer

Un jour, papa Poule m’a dit : « depuis quand tu n’as pas donné un bain ? ». Ce fut un premier électrochoc. Effectivement, je ne donnais plus de bain, je ne donnais plus des repas, je ne changeais plus de couches, et surtout, je ne jouais plus avec Bébé Loutre.

Et ce n’était pas volontaire, simplement soit je faisais autre chose (et je ne manquais clairement pas de tâches à accomplir), soit j’étais épuisée (je te mets au défi de te battre pour faire manger un bébé à 19h alors que tu ne t’es même pas assise depuis 4h du matin !). Pour te donner une parfaite métaphore de moi à l’époque, j’étais comme un missile à tête chercheuse : je détectais à 10m à la ronde la moindre tâche à accomplir, et je courrais m’épuiser dessus, au travail comme à la maison, jusqu’à arriver à un moment de ma soirée où j’explosais, littéralement, à coup de larmes et de cris, et je partais donc me coucher.

Et j’avais, injustement, défini mon bébé comme une liste de tâches à accomplir : préparer le sac de nounou, prévoir la purée du soir, mettre les couches à la machine, plier et ranger le linge propre, mettre de l’ordre dans la zone de jeu, changer les draps du lit, etc, tout ça c’était mes tâches à accomplir après le travail. Donner à manger, changer bébé, donner un bain, câliner, lire une histoire, jouer, c’était les tâches déléguées de fait à Papa Poule, tâches qu’il accomplissait d’une main de maître, en temps et en heure, ce qui me convenait très bien.

Pas étonnant donc que Papa Poule ait été élu parent référent de Bébé Loutre !

Pas étonnant non plus, au bout de deux mois ainsi, de me prendre en pleine face la vérité : après avoir fait une vilaine dépression post-partum les premiers mois de Bébé Loutre, j’étais en train de m’enquiller un sympa petit burn-out professionnel ET maternel. Bingo !

Redevenir maman !

Ce phénomène, j’en ai réellement pris conscience il y a deux mois, quand je me suis rendue compte de la conséquence terrible de cette façon de concilier mes vies : ma fille, que j’aime plus que tout, ne voulait plus m’approcher.

Evidemment, elle, elle s’en moquait que je fasse les démarches administratives pour qu’on ait de l’eau chaude, que je cuisine pour lui mettre une super purée bio dans l’assiette du soir, ou que je gagne de l’argent pour lui acheter un beau livre marionnette. Tout ce qu’elle voyait, c’est papa qui jouait avec elle à l’heure du bain, qui lui donnait à manger, et qui lui lisait une histoire au moment de se coucher. Les enfants se moquent de tout ce qu’on peut faire pour eux, ils ne voient que ce qu’on fait AVEC eux.

Crédit : photo personnelle

Alors j’ai mis un grand coup de frein. Assez ! Je n’avais pas rêvé d’être simplement mère, j’avais rêvé d’être une maman, de sentir ses petits bras autour de mon cou, d’entendre son rire rebondir contre les murs, de lui murmurer des mots d’amour en la berçant. Je voulais redevenir sa maman, et pas simplement une inconnue de passage dans la cuisine !

Evidemment, les choses ne changent pas du jour au lendemain, et si je veux être tout à fait honnête, ma charge de travail au boulot comme à la maison ne s’est pas atténuée. Ce qui a changé en revanche, c’est la façon dont je gère tout ça : je choisis de me concentrer sur les priorités, j’accepte de déléguer, ou de remettre à plus tard. Je me facilite la vie, je trouve des moyens de réduire les tâches ménagères (vive le sèche linge pas écolo !), et si ça ne suffit pas, et bien tant pis, j’apprends aussi à être imparfaite. Si le salon n’est pas rangé quand la voisine passe, elle n’en fera pas une maladie. Et si elle me juge quand même, à moi de ne pas en faire une maladie.

Je choisis de prendre le temps, le temps de donner un bain, le temps de m’allonger sur le tapis d’éveil pour jouer avec Bébé Loutre, le temps de prendre soin de moi aussi. Je l’ai emmené en vacances, toute seule, et j’ai d’ailleurs tellement de choses à te raconter à propos de cette expédition que ça méritera un article entier. Je choisis de lâcher prise, de renoncer à mes rêves de perfection, tout en restant une femme active, mais surtout en restant plus que tout une maman !

Alors non, je ne pense pas qu’il soit impossible de concilier une carrière et des enfants, seulement cela demande de sacrés ajustements. Dans une société où on nous demande d’être parfaite à la maison (parce que c’est notre rôle depuis la nuit des temps, n’est-ce pas ?) et parfaite au travail (bin oui, après tout on n’avait qu’à pas se battre pour l’égalité des sexes !), dans cette société où la moindre erreur impose une flagellation en place publique (j’ai nommé les réseaux sociaux), et bien il faut choisir : choisir d’être imparfaite, et choisir de l’assumer ! Et aussi se laisser du temps, le temps de trouver son rythme, tant au travail qu’à la maison, le temps d’apprendre à gérer, parce qu’un bébé ce n’est pas une simple tâche qu’on rajoute sur nos plannings surchargés. Un bébé c’est une opportunité d’aimer, et d’être aimé, et c’est bien là le plus important.

Et toi, comment as-tu choisi de concilier ton travail et tes enfants ? Est-ce que tu as traversé une période de burn-out ? Comment as-tu décider d’y faire face, ou de t’en prémunir ?

A propos de l’auteur

Moi c'est Maman Kangourou, jeune maman passionnée de plein de choses, mais surtout d'écriture (d'ailleurs tu peux retrouver mon blog perso ici). Je suis l'heureuse maman de Bébé Loutre, née en janvier 2019, un concentré d'énergie et d'amour. Maman active, branchée écologie et méthode d'éducation Montessori, je partage avec toi mes déboires et mes bons plans.