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Je souffre de nausées très sévères : mes astuces et conseils pour (essayer de) les calmer

Je profite de cet article pour te faire une petite annonce : oui, je suis enceinte ! Je te parlerai d’ailleurs plus tard des angoisses liées à cette grossesse, forcément très particulière. Mais pour le moment, je vais plutôt m’attarder sur un des maux les plus connus de la grossesse : les nausées !

On l’entend très souvent : « la grossesse, c’est pas une maladie ».

Oui, mais. Parfois, la grossesse peut malgré tout rendre malade, très malade même. C’est mon cas : je souffre personnellement de ce que l’on appelle l’hyperémèse gravidique. Ce nom barbare désigne tout simplement les nausées très (très très !) sévères de la grossesse.

L’hyperémèse gravidique : une vraie souffrance

Souffrir d’hyperémèse, c’est avoir la nausée en permanence, sans répit. Et attention : pas une légère nausée, non. L’envie de vomir est tellement forte qu’elle te cloue littéralement au lit. T’alimenter devient bien sûr incroyablement difficile (dans certains cas, le corps ne tolère plus aucune nourriture ni boisson, auquel cas l’hospitalisation est obligatoire). J’ai eu de la « chance » dans mon malheur, je n’ai pas eu besoin de me faire hospitaliser. En revanche, j’ai souffert : je n’ai tout simplement jamais été aussi malade de ma courte vie !

Ce que j’ai trouvé très difficile aussi, c’est l’isolement et la déprime qui accompagnent ces nausées. Imagine un peu : tu ne peux presque plus rien avaler, chaque repas devient une torture physique. La pensée même de manger te rend physiquement malade. Et même quand tu ne manges pas, les nausées ne te quittent jamais.

C’est un peu comme une super gastro, mais qui durerait des semaines entières. Nuits et jours, sans répit. Parfois, tu n’arrives même plus à dormir tellement les nausées sont fortes (ce qui est mon cas, mon médecin a du me mettre sous somnifère – mais coup de bol, ce somnifère a comme effet secondaire de… calmer les nausées de la grossesse).

avoir le coeur à l'envers - nausées de grossesses, comment les atténuer

Crédits photo (creative commons) : Sodanie Chea

Inutile de dire que ton moral est mis à rude épreuve. Certaines femmes souffrent tellement physiquement qu’elles doivent interrompre leur grossesse. Ça n’a pas été mon cas, mais ça te donne une idée du désespoir qui parfois accompagne ces nausées.

Un exemple ? Quand je suis allée voir mon gynécologue pour lui en parler et lui demander de l’aide, il m’a tout simplement expliqué que mes nausées étaient, je cite, « psychologiques ». Quelle blague ! (C’est un peu le problème quand tu passes par le deuil périnatal, comme moi : tout devient forcément « psychologique » au moindre problème médical !)

Personnellement, je fais plutôt confiance aux dernières études, qui ont tendance à montrer du doigt… les hormones, tout bêtement ! Ce qui expliquerait aussi que les nausées diminuent généralement d’elles-mêmes à la fin du premier trimestre, moment où le taux d’hormones… chute.

Mais voilà : comment ne pas culpabiliser, même un petit peu, quand ton médecin te dit que la cause de ton hyperémèse est « psychologique » (donc un peu de ta faute) ? Et que dire face aux personnes, médecins compris, qui te disent sans cesse « ben alors, tu n’as pas l’air épanouie ! » sur un ton de reproche lorsqu’ils te voient. (Oui, tu imagines bien qu’à force d’agoniser au fond de mon lit, je n’avais pas exactement le teint frais et radieux de la future maman ravie que tu croises dans les magazines dédiés à la parentalité, hein !) Ou que dire face à ceux qui te répondent, quand tu leur parles de tes nausées, que « oui, mais tu es enceinte, tu as de la chance, toi ». Impossible de répondre à ça ! N’empêche, moi, ce genre de remarque ne me soulage pas.

Personnellement, je trouve que le mal-être qui découle de ces nausées est trop largement sous-estimé, y compris par les médecins. Et que ça n’aide pas les femmes qui en souffrent à surmonter cette épreuve, très éprouvante pour le corps, mais aussi pour l’esprit.

Si tu en souffres aussi, ou que tu cherches tout simplement à calmer tes nausées de grossesse sans qu’elles ne soient aussi graves, voici les quelques astuces que j’ai testé pour essayer de vivre ma grossesse un peu plus sereinement.

J’ai testé et ça n’a pas marché (mais ça sera peut-être efficace sur toi !)

L’homéopathie

Dans mon cas, ça ne marche pas, mes nausées étant sans doute bien trop sévères. Mais tu peux malgré tout demander conseil à ton pharmacien pour essayer de trouver les solutions qui te conviennent le mieux. De nombreuses femmes m’ont confié avoir été soulagées grâce à ça.

Le gingembre

Testé, mais… moi, ça m’a donné la nausée ! En revanche, il parait que c’est un remède très efficace pour d’autres femmes. Tu peux en râper dans un peu d’eau chaude en infusion, ou prendre des tisanes déjà prêtes au gingembre. Tu peux aussi essayer le gingembre confit, si tu aimes ça (attention, le goût est quand même très fort, donc il faut aimer).

Les huiles essentielles

Attends, ne fuis pas ! Toutes les huiles essentielles ne sont pas néfastes pour le bébé, le tout est de bien te renseigner auparavant pour éviter celles qui ont des effets tératogènes (c’est à dire susceptibles d’entrainer des malformations chez le foetus). Il existe ainsi dans le commerce des mélanges d’huiles essentielles spécialement conçues pour les femmes enceintes souffrant de nausées : il suffit de les respirer pour faire passer la crise.

Moi, ça n’a pas trop marché, et j’avoue qu’ayant déjà perdu un bébé, je n’étais pas très à l’aise avec le fait d’en utiliser au premier trimestre. Mais là encore, je sais que ça peut être miraculeux pour certaines femmes. Demande bien conseil à ton pharmacien en revanche, et n’utilise pas n’importe quelle huile essentielle, surtout au premier trimestre de grossesse.

J’ai testé (avec succès !)

L’eau citronnée

Un peu de citron dans un verre d’eau fraiche, et le tour est joué ! Ça a très, très bien marché chez moi… pendant une semaine. Jusqu’à ce que mon corps décide qu’il n’en voulait plus (et depuis, je ne peux plus en boire une gorgée !).

Les jus de fruits

Si tu souffres de nausées sévères, tu sais que boire de l’eau peut devenir très difficile, puisque ça peut tout simplement te conduire vers la cuvette des toilettes la plus proche ! Je suis incapable de boire de l’eau depuis que je suis enceinte, en revanche j’ai appris à tester des jus divers et variés. Jus d’ananas, de pamplemousse, smoothies… Tu peux aussi essayer de verser quelques gouttes de sirop dans ton verre d’eau.

Alors je t’avoue que je ne sais pas très bien pourquoi un jus de fruit bien sucré « passe » là où un simple verre d’eau me rend malade… mais ça marche.

Je sais, il faut éviter de manger trop sucré pendant la grossesse… mais entre le sucre et mourir de soif, j’ai choisi mon camp !

Manger !

Oui, je sais, tu es très mal. Mais le problème, c’est que la faim aggrave les nausées. Donc en cas de pic de nausée, essaie de manger un biscuit, une compote, une biscotte… pour moi, ça marche très bien.

Au sujet des aliments, justement : évite ce qui est trop gras ou épicé pour ne pas perturber encore plus ton système digestif. En revanche, pour le reste… fais comme tu le peux. Et surtout comme tu le « sens » !

Un aliment te dégoute, a tout à à coup une odeur insoutenable, ou semble avoir « changé de gout » ? Poubelle ! Sinon, c’est la garantie d’un aller simple vers la cuvette des toilettes, crois-moi ! (J’ai personnellement développé une aversion totale pour… le fenouil ! Et je serais bien incapable de t’expliquer pourquoi…)

C’est ainsi que j’alterne des périodes monomaniaques, pendant lesquelles je ne me nourris plus que d’un aliment ou deux, jusqu’à ce que mon corps décide qu’il en a « assez » et qu’il est temps de passer à autre chose. J’ai donc eu une période « riz blanc avec sauce soja », une autre « mini-Twix » (oui oui !), une autre « sandwich au Kiri et cornichons », une autre « chips »…

Pas équilibré ? La encore, entre me laisser mourir de faim et manger équilibré, j’ai choisi mon camp ! Je reprends les repas équilibrés depuis que les nausées ont commencé à se calmer (parce que oui, elles se calment normalement vers la fin du premier trimestre).

Attention également à ne pas trop manger d’un coup, même si tu as très faim : en cas de nausées, ton corps risque de ne pas bien supporter la digestion et de le faire payer. Mieux vaut manger un petit en-cas toutes les deux heures qu’un gros repas 3 fois par jour.

Rester au lit et dans le noir

Regarder des écrans, ou même lire, ont tendance à aggraver mes nausées. Je ne me suis jamais sentie aussi « bien » que lorsque j’étais allongée dans mon lit sans rien faire. Alors oui, tu t’ennuies… mais tu peux toujours essayer d’écouter la radio, un peu de musique, ou un livre audio.

Sortir prendre l’air.

Je sais: au plus fort des nausées, même prendre une simple douche devient un exercice digne de Koh Lanta. Mais j’ai constaté que, lorsque je devais me rendre chez le médecin, donc que je sortais, je me sentais « mieux » ensuite pendant quelques heures. Même s’il me fallait 45 minutes au bas mot pour trouver le courage de sortir de mon lit, le fait de marcher, même 10 minutes, et de prendre l’air frais, m’aidait à atténuer la sensation de nausées pour le reste de la journée.

Du coup, j’ai pris l’habitude d’aérer l’appartement très régulièrement (même par -10°C!), et lorsque je pouvais, j’essayais de sortir quelques minutes pour faire une petite course.

Les médicaments

Parfois, un traitement sera obligatoire pour t’aider : dans ce cas, ne cherche surtout pas à t’auto-médicamenter, et demande conseil à ton médecin. Lui seul pourra te prescrire un médicament adapté et sans danger pour ton bébé.

En cas de doute sur un traitement, n’hésite pas à visiter le site du CRAT, qui est la référence en la matière.

Si toi aussi tu as des conseils ou des astuces à partager dans les commentaires, n’hésite surtout pas : ce sera sans aucun doute utile à d’autres femmes qui galèrent, elles aussi, à faire passer ces satanées nausées !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Je m'appelle Julie, executive woman le jour, blogueuse/ instagrammeuse la nuit. Passionnée de littérature et de séries TV, je suis aussi et surtout maman d'une petite fille absolument adorable (#zéroobjectivité), mais aussi de deux bébés qui n'auront pas pu vivre. Tu peux me suivre sur mon blog perso (La Marmotteuse) et mon compte instagram spécialement dédié au deuil périnatal : à nos étoiles