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La question de la reprise du travail pour une jeune maman poule


Publié le 16 août 2014 par Mrs Tabitha Twitchit

Cette histoire ayant un début, un milieu et une fin, le tout rythmé de péripéties en tout genre, je te la présenterai en chapitres, comme Twilight.

Chapitre 1 : Ascension

Quand j’avais 13 ans, mes parents eurent l’idée saugrenue de nous attribuer un et un seul qualificatif à ma sœur et à moi. Si ma frangine héritait d’un flatteur « charmeuse », j’écopais pour ma part d’un vexant « travailleuse ». Vexant, oui, car à 13 ans, on est quand même plus intéressée par l’amour, la gloire et la beauté que par un éventuel plan de carrière.

Mais soit, puisque le travail semblait me définir, je me donnais pour mission de ne pas décevoir mes géniteurs. J’obtenais mon bac avec mention très bien, ratais de peu une première année de médecine (ayant passé un bac littéraire, on m’excusa aisément et applaudit plutôt des deux mains), obliquais vers des études de lettres et obtenais ma première année avec plus de 17 de moyenne.

Chapitre 2 : Corruption

Et là, c’est le drame. En deuxième année de lettres, je rencontrais celui qui allait devenir mon mari. Histoire compliquée, multiples ruptures, séparation de six mois, retrouvailles passionnées, nouvelles ruptures, fiançailles officieuses, emménagement, chat, déménagement, re-chat, fiançailles officielles…

Tout à mon roman d’amour aux multiples rebondissements, je mettais de plus en plus de côté mes études. Ainsi, je validais mon DEUG de lettres avec mention très bien, ma licence avec mention bien et mon master avec mention assez bien. Il faut dire que parallèlement, je commençais à comprendre qu’en fac de lettres, tout le monde s’en tamponnait joyeusement le coquillard, de mes mentions.

Cependant, tout en disant f… à l’entité universitaire désincarnée, je continuais à souhaiter faire de mon mieux lors de mes expériences professionnelles. Et je peux dire sans me vanter (ou presque) que j’ai plutôt donné satisfaction à mes employeurs. Je suis le genre qu’on rappelle.

Ainsi, j’ai passé deux étés en tant que jeune fille au pair en Belgique et les parents m’ont demandé tous les ans pendant cinq ans si je souhaitais revenir (maintenant je discute sur facebook avec la fille aînée). Ainsi, pendant plus d’un an, j’ai enchaîné cinq contrats dans la même librairie entre stages, job d’été et job étudiant. En juin 2013, j’y achevais mon stage de fin d’études. En juillet 2013, je tombais enceinte.

petite fille bébé et sa maman jouent

Crédits photo (creative commons) : Jessica Nazarova

Chapitre 3 : Damnation

Je me suis mariée en septembre 2013. Un mariage catastrophique, ponctué de nausées, vomis et crises d’angoisse. Je le raconterai peut-être un jour sur Mademoiselle Dentelle, qui sait ? (Mais pas tout de suite, c’est encore douloureux.) (Non, en fait non, pas vraiment, mais le passé est le passé, viva la vida, y tu mama tambien.)

En novembre, la librairie me recontactait pour savoir si j’étais libre à Noël : toujours malade comme un chien et très faible physiquement, je déclinais l’offre.

(Auparavant, au début de ma grossesse, j’ai travaillé deux mois dans un autre magasin, vomi copieusement dans les toilettes de mon lieu de travail, fait des malaises devant les clients… et décidé d’arrêter les frais. Autant dire que ces employeurs-là ne m’ont jamais rappelée !)

Pendant sept mois, j’endossais le rôle de femme au foyer et souffrais plus ou moins en silence, rendant un repas sur trois, tombant dans les pommes une sortie sur deux, me confiant tous les quinze jours à une psy pour cause de dépression pré-natale. Je te raconterai peut-être tout ça aussi en détails plus tard (wouhou, grosse éclate en perspective).

Chapitre 4 : Expulsion

Ma fille est finalement née (eh oui !) le 22 avril 2014. Pendant huit semaines, nous sommes restées en amoureuses. La santé m’est revenue aussi vite qu’elle était partie. Le jour même de mon accouchement, je remangeais normalement, sans nausée. Rapidement, j’étais à nouveau capable de gambader. La reprise du travail était plus que jamais d’actualité. Mais je ne voulais pas voir plus loin que mon congé maternité.

C’est alors qu’il est arrivé, le coup de téléphone qu’on n’attendait pas. Ce n’était pas ma famille belge, car des petites qui ont un facebook sont capables de se garder toutes seules. C’était la librairie, qui avait un contrat de quatre mois à commencer le plus tôt possible à me proposer. Fort heureusement, je n’ai pas pu répondre au téléphone et ils m’ont laissé un message, ce qui m’a laissé, à moi, une soirée pour réfléchir (mais pas plus, au risque de sembler méprisante).

Chapitre 5 : Confusion

Cette soirée a été extrêmement compliquée à vivre pour moi. J’oscillais sans cesse entre le cœur et la raison. D’un côté, ce travail qui me tombait dessus était une bénédiction, car vivre à trois sur un SMIC (celui de mon mari), ce n’est pas facile tous les jours. J’imaginais déjà tout ce que le fait de doubler nos revenus pourrait nous apporter, ce que ça apporterait surtout à ma fille, qui grandit avec le minimum niveau vêtements, jouets, qui dort dans notre chambre (sanglots de violons en fond sonore)…

De l’autre côté, ma petite est encore allaitée exclusivement, et il faudrait alors la sevrer en urgence, en l’espace de deux semaines (d’ici la fin de mon congé maternité). Et puis elle n’a même pas deux mois, je n’imaginais pas la confier à des étrangers si vite, des gens qui la laisseraient crier dans son lit alors qu’elle a juste hérité du délicieux caractère de sa maman besoin d’énormément d’affection et d’attention.

Je pleurais toutes les larmes de mon corps, sous les yeux médusés de mon époux qui ne comprenait pas (lui avait repris le travail depuis belle lurette).

Je les ravalais pour contacter le service petite enfance de la mairie pour savoir s’il y avait des places en crèche pour tout de suite. On pouvait effectivement me la prendre (me la prendre !) en urgence trois semaines, mais pas plus, et pas le samedi, et pas au-delà de 19h (dommage, nous travaillons tous deux dans le commerce, donc le samedi, donc au-delà de 19h).

Dans l’idéal, il serait mieux que j’essaie plutôt de contacter une nounou. Encore fallait-il en trouver une qui prendrait une petite de 2 mois tout juste, possiblement de 8h30 à 19h30 cinq jours par semaine, samedi compris, dès maintenant, mais peut-être pas au-delà de quatre mois. Bref, tout cela s’annonçait fort douloureux et compliqué. Mais à la fin de la journée, j’avais pris ma décision.

Chapitre 6 : Conclusion

En effet, j’ai fini par suivre mon envie, l’avis de mon mari et les conseils de mes amis sur facebook : j’ai décidé de ne pas accepter la proposition, même si on avait (énormément) besoin d’argent. Ma fille était trop petite, la faire garder relevait de la mission impossible, et mon cœur saignait à cette seule idée.

J’ai rappelé la librairie à la première heure (enfin, à 10h30, après avoir fait téter ma fille et avalé un morceau de brioche) pour leur donner ma réponse. Mon ancienne chef avait l’air heureuse de m’entendre (moi en tout cas, j’étais heureuse de l’entendre), m’a demandé si ça allait (oui), si j’avais accouché (oui), ce que c’était (un cochon d’inde, pourquoi ?), comment elle s’appelait (« Adèle ? C’est très joli. Ah non, Hazel ? Ah. ») et quel âge elle avait.

Quand j’ai annoncé qu’elle allait avoir 2 mois, elle m’a dit : « Oh ben du coup je suppose que tu veux rester avec elle encore un peu ? » Voilà, j’avais juste à dire oui, exit tous les arguments que j’avais préparés. Ça semble naturel de vouloir rester avec son tout petit bébé, ouf ! Elle m’a quand même demandé si je voulais reprendre le travail plus tard et s’il fallait garder mon numéro pour la prochaine offre. J’ai acquiescé et on s’est quittées bonnes amies. Je dois avouer que j’étais soulagée. Et pour le travail (et la richesse), on verra plus tard !

Et toi alors ? Tu aimes Twilight et les titres en -ion ? Tu as repris le travail dès la fin de ton congé maternité ? T’es fauchée mais contente ? Raconte !

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Commentaires

12   Commentaires Laisser un commentaire ?

Amélie (voir son site)

Coucou !
Je découvre ton blog via HC, mon petit bout aura 2 mois le 29/08 et je dois reprendre le 08/09 …
J’en suis malade …
Je suis instit, j’aime mon métier … Mais 1/ je n’ai pas envie de reprendre et 2/ je suis éreintée !!!! Mais mon doc n’est pas POUR me prolonger … 🙁

le 16/08/2014 à 12h56 | Répondre

Mrs Tabitha Twitchit

Oui, 2 mois 1/2, c’est très court pour se faire à l’idée de se séparer de ce bébé qu’on a porté pendant neuf mois (et désiré depuis parfois beaucoup plus !) et dont on vient à peine de faire la connaissance. Pour tout te dire, l’article date un peu et ma petite a à présent presque 4 mois… et je m’en occupe toujours à temps plein ! C’est l’avantage de ne pas avoir de travail (le désavantage, c’est évidemment que je n’ai aucune indemnité)
C’est étrange que ton médecin n’accepte pas de te prolonger le congé, ils sont généralement assez coulants pour ça, justement parce que 2 mois 1/2 c’est très court et qu’on est souvent encore fatiguée. D’ailleurs, quand j’ai appelé les crèches de ma ville, toutes trouvaient que 10 semaines, c’était tôt. C’est pourtant la durée légale. Essaie peut-être de voir un autre médecin ?
Sinon, il y a le congé parental, qui te permet de recevoir un petit pécule jusqu’à six mois, et de prolonger éventuellement. Il faut demander le formulaire à la CAF, puisque c’est elle qui gère. J’ai une amie instit qui a fait ça…

le 17/08/2014 à 14h11 | Répondre

Madame Violine

Mon commentaire sera plutôt à l’inverse…
Mon premier enfant est né il y a 11 ans…un bébé qui pleurait beaucoup pendant la journée, qui n’était pas du tout « réglé », j’étais épuisée….Je n’avais qu’une hâte, c’était de reprendre mon travail (instit aussi). Et à partir de ce moment-là, miracle : Loann s’est « calmé », s’est « réglé » !!!
Ce n’est pas culpabilisant tout ça 😉
Mais je comprends en effet, que vous ne vouliez pas reprendre. A la naissance de ma deuxième, j’ai pris un 80% et j’en étais très heureuse !!!
Et là, le 3ème arrive bientôt (terme fin août), mais pour un 3ème on a 16 semaines après accouchement, donc, je vais pouvoir profiter !!
Bon courage Amélie et bonne rentrée ! 😉

le 17/08/2014 à 14h35 | Répondre

Mrs Tabitha Twitchit

J’avoue que c’est un peu le cas ici, le bébé qui pleure beaucoup (ou plutôt qui se plaint tout le temps) et qui est réglé n’importe comment, pur ne pas dire pas réglé du tout. Et c’est vrai que parfois, j’aimerais bien y échapper plusieurs heures par jour en reprenant le travail. Mais en fait, c’est plutôt un frein pour moi, parce que je me dis déjà que je risque la double-peine : cris à la maison et dur labeur au travail (c’est un peu le cas pour le papa, mais le papa peut compter tout le temps sur moi, alors que si on travaille tous les deux, ce ne sera plus vrai), et ensuite que si moi je suis capable (en maugréant) de mettre mes activités sur pause quand elle râle, ce ne sera pas le cas en collectivité, où la nounou ou la puéricultrice auront d’autres chats à fouetter… euh, d’autres bambins à consoler. Alors sûrement que j’ai tort et que ça permettrait sûrement d’améliorer son caractère et de faciliter le quotidien de tout le monde (y compris le sien), d’être un peu moins le centre du monde mais j’ai du mal à me faire à l’idée. Et je ne peux m’empêcher de penser que si dans quelques années, j’ai un travail et que je prends un congé parental pour un éventuel deuxième, je m’en voudrais de n’avoir pas été aussi présente pour ma première…

le 18/08/2014 à 11h46 | Répondre

Madame Violine

Attention, tu n’as pas tort !! C’est ton choix, ton ressenti, et c’est tout à ton honneur !
Bon courage !

le 18/08/2014 à 12h37 | Répondre

Amélie (voir son site)

Je ne peux pas me mettre en congé parental, financièrement ce serait un suicide !

J’aimerais juste pouvoir me reposer un peu, et accessoirement préparer ma classe car avec bébé H24 c’est impossible, il se plaint tout le temps quand il n’est pas en écharpe …En septembre, je pourrais le mettre en adaptation crèche genre 2 ou 3 heures l’après-midi – et non pas en journée continue ce qui sera le cas si je reprends le 08/09… ce qui me fend le coeur ! Il aura 2 mois et 10 jours …

le 19/08/2014 à 09h37 | Répondre

Madame Violine

Comment vas-tu faire alors pour le faire garder ? Des proches ?

Courage Amélie, su tu as des proches autour de toi (amis, famille), n’hésite pas à demander un peu d’aide. Le laisser un peu pendant 2 ou 3 heures, cela fait du bien, et après, vous vous retrouvez avec plus de sérénité – bon, je sais, pour un premier, c’est plus facile à dire qu’à faire… Je ne voulais pas moi à l’époque…mais j’ai eu tort…

le 19/08/2014 à 14h08 | Répondre

Mrs Tabitha Twitchit

Arf, toi aussi tu as un bébé glue ! Moi j’avoue que ça me donne encore moins envie de la faire garder. Dans un mois on est invités à une crémaillère et ma mère insiste pour la prendre durant la soirée… mais je me dis « Et si elle crise ? Comment ma mère règlera ça et dans quel état elles en sortiront toutes deux ? » Bon, il est probable que ce ne déclenchera pas une guerre nucléaire et qu’au final je les retrouve copines comme cochons… mais c’est stressant !

Oui, le congé parental, c’est sûr qu’il faut pouvoir se le permettre. Nous on arrive à vivre avec presque rien, mais c’est en partie parce qu’on n’a jamais vraiment quitté notre train de vie étudiant (les sorties en moins !) : petit appart, pas de prêt -location, petite voiture payée par un héritage-, système D à gogo… C’est clair que si on avait pris l’habitude de vivre autrement (déjà on vit beaucoup « luxueusement » qu’au début de notre relation, et on ne pourrait pas revenir en arrière ! -ma gazinière, mon grand frigo et ma machine à laver, je vous aime !), un smic à trois, ce serait juste impossible…

le 20/08/2014 à 15h04 | Répondre

webmum6

Je n’ai toujours eu qu’une envie : reprendre le boulot le plus tôt possible. Rester à la maison avec un bébé ne me convient pas du tout.
Mes bébés ont toujours bien accepté la crèche et je les retrouve avec joie le soir. Mère de famille nombreuse oui, maman à temps plein, non ce n’est pas pour moi 🙂

le 20/08/2014 à 16h02 | Répondre

Mlle Lilas

j’ai adorée ton article, surtout le coup du cochon d’inde!!! j’ai un petit de 2 mois et demi et je comprend tout a fait ton ressenti, l’angoisse m’envahit rien que de penser a reprendre un boulot et devoir laisser mon bébé…même si la question se pose pas tellement car j’ai pas de boulot qui m’attend!! et tant mieux je préfère l’amour de mon fils a tout le caviar du monde!!!

le 11/10/2014 à 22h47 | Répondre

Yaelle

J’ai été en arret a 5 mois de grossesse pour mon ainée et je n’ai pas repris le boulot depuis! du coup ca fait bientot 3 ans et demi que je n’ai pas travailler! pas toujours evident, des moments de deprime mais je ne peux pas me resigner a laisser mes loustics a quelqu’un d’autres, cette année j’y songe tout de même, ils vont aller a l’ecole et j’ai envie d’autres choses et d’un peu plus de finances ^^
Je peux comprendre qu’on ai pas envie par contre, c’est vraiment un choix tres personnel!

le 05/01/2015 à 14h20 | Répondre

Mrs Tabitha Twitchit

J’ai l’impression de me (re)lire 🙂 Moi je n’ai plus travaillé depuis mon troisième mois de grossesse (fin de CDD et état de santé incompatible avec un renouvellement)… sachant que ma fille a 8 mois 1/2 à présent… ben oui, ça fait long aussi ! Des fois ça me manque, mais jamais assez pour me faire regretter le temps que je passe avec mon bébé. Envisager de la faire garder est très dur. Mais il faudra bien s’y résoudre car actuellement, ce n’est plus possible financièrement. Elle grandit, elle mange de tout, sa garde-robe change tous les trois mois, elle est avide de jeux de plus en plus élaborés… avec un SMIC pour trois, on a du mal à suivre ! Donc dès février je retrouve le chemin de Pôle Emploi, ou de l’intérim, ou du travail direct (on peut rêver). J’aurai réussi à la garder à moi seule 9 mois, bon ben c’est déjà pas mal… (et je préfère choisir le moment où je vais la faire garder, comment, par qui, qu’y être contrainte par un impératif professionnel immédiat : se dire du jour au lendemain « bon ben tu lui trouves une nounou fissa et tu y retournes dans une semaine » -c’est arrivé une seconde fois, en plus, depuis cet article- c’est vraiment trop dur)

le 05/01/2015 à 17h03 | Répondre

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