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A la une / Récit de grossesse

Début de grossesse : bonjour l’angoisse !

2 mois après mon IMG, je retombais enceinte. La joie (et la surprise) que cela arrive si vite a rapidement laissé place à l’angoisse de revivre une grande souffrance… Ce qui a fait que ma première partie de grossesse a été un peu difficile à gérer.

Combattre l’angoisse

Dès que le deuxième petit trait est apparu, j’ai réveillé mon mari. Nous étions tous les deux ravis. Après les embrassades… et les quelques pleurs (mais je n’avouerais jamais qui a versé sa larmichette) (c’était moi), nous nous sommes tous les deux posé la question évidente : comment va notre bébé?

Cette question, elle sera le fil rouge de tout mon premier trimestre. Interrogation qui selon les jours invoquait l’inquiétude, la terreur, ou carrément l’angoisse. J’ai tout de suite contacté ma sage-femme, qui m’a donné un rendez-vous classique à la 8eme semaine d’aménorrhée. J’ai également insisté pour faire tous les tests possibles et imaginables pour vérifier comment allait mon bébé. Hop, à 10SA j’ai fait une prise de sang, pour pouvoir à 11SA faire une échographie et conclure le test NIPT. Tu m’excuseras, je ne connais pas le terme en français mais NIPT en anglais veut dire Non Invasive Prenatal Screening (soit examen prénatal non invasif dans la langue de Molière). Cela nous permettait de faire notre première échographie 7 semaines plus tôt que pour une grossesse normale…

Ces semaines d’attente ont été une véritable torture. J’alternais successivement les grands moments d’allégresse à l’idée d’être enceinte et les grands moments d’abattement à me dire que de toute façon ça ne servait à rien, tout allait mal se passer. Les sautes d’humeur et les hormones n’aidaient pas à stabiliser mon humeur. Surtout, c’était une période où nous n’osions rien espérer. Nous parlions à peine du bébé, évoquions de temps en temps mes symptômes, mais globalement ma grossesse était en « stand by » jusqu’à ce fameux test.

Quelqu'un s'etreignant les genoux

Credit photo (creative commons): Anemone123

La fin de l’attente

Evidemment, être dans la salle d’attente de l’hôpital, exactement au même endroit où nous avons appris la mauvaise nouvelle juste quelques mois auparavant, n’a pas ravivé que de bons souvenirs… La terreur de revivre la même chose nous étreignait tous les deux.

Quand l’infirmière, après l’échographie, nous annonce que notre bébé a 1 risque sur 2000 d’être trisomique (soit le plus petit facteur de risque), je souffle enfin pour la première fois depuis ce qui me semble des années. Il y a même eu quelques pleurs de soulagement, même si je n’avouerais jamais qui a eu besoin d’un Kleenex (c’était moi). Il a fallu qu’un professionnel de santé nous certifie avec vigueur (j’ai demandé plusieurs centaines de fois s’il était sûr) que notre progéniture se portait très bien pour que je me rende compte à quel point cette angoisse me pesait.

Enfin, j’avais l’impression de respirer un peu plus librement. Je te mentirais si je disais que la peur a complètement disparu. A chaque rendez-vous chez la sage-femme, et particulièrement avant chaque échographie, la détresse et l’angoisse me prenait le cœur.

Credit photo (creative commons) : Khusen Rustamov

L’annoncer à la famille

Perdre notre premier bébé a été un rude choc pour nous, mais aussi pour notre famille. La distance n’aidant pas au sentiment d’impuissance qu’ils ont ressenti. Evidemment, annoncer la perte du bébé aussi a été très difficile pour nous. Si tu te souviens, nous avions annoncé ma grossesse aux gens les plus proches de nous lors de notre mariage, à 6 SA. Hors de question de recommencer de la même manière. Nous voulions, avant de le dire, être sûrs et certains qu’il n’y aurait pas de complications.

Suivant cette logique, Mister Man aurait été parfaitement ravi d’attendre et d’annoncer carrément la naissance à tout le monde. Mais je suis incapable de vivre avec un secret, et celui-ci commençait à être difficile à dissimuler! Ce couple d’amis venus nous rendre visite et qui a dû se demander pourquoi je me suis éclipsée 3 fois au milieu du dîner (pour vomir… 3 fois). Ou toutes ces bières sans alcool que j’ai dû faire passer pour des vraies pendant les after-works. Heureusement, à part un bedon qui a très vite pointé son nez, mes symptômes de premiers trimestres étaient plutôt sages. Quelques vomissements (et une sensibilité aux odeurs qui aurait pu faire de moi un X-men), de la fatigue, mais c’est tout.

C’est donc aux alentours de 14 SA, après le NIPT, que nous avons lancé les appels Skype. Tout le monde a accueilli la nouvelle avec bonheur… Et surprise ! Car, il faut l’avouer, la vitesse à laquelle Pépette s’est nichée dans mon ventre a pris un peu tout le monde de court.

Lâcher prise

Et à partir du moment où tout le monde l’a su, cette grossesse est devenue beaucoup plus réelle. D’un coup, elle n’était plus au conditionnel : « si le bébé… » « si j’accouche… ». Non, à ce moment-là, les « si » sont devenus des « quands ». Le bébé est devenu réel. Et j’ai enfin, de manière réfléchie et décidée, lâché prise. Je me suis dit qu’il arrivera ce qu’il arrivera. Que la meilleure manière façon d’aider la petite vie dans mon ventre, c’était de ne pas stresser, de ne pas lui imposer trop d’attentes ou d’angoisse. De manière consciente, j’ai décidé qu’après 15 semaines de stress, de questionnements, de doutes, j’allais bien vivre cette grossesse (je sais, c’est facile à dire après les nausées du premier trimestre !), être heureuse enceinte, et de voir ce qui allait advenir sans me mettre la pression. Ce changement d’attitude a été comme une bouffée d’air frais, chassant les démons et laissant rentrer l’espoir….

Personne ouvrant les bras vers le ciel

Crédit photo (creative commons) : Daniel Reche

Et toi, tu étais angoissée pendant ton premier trimestre? Comment as-tu géré l’inquiétude?

A propos de l’auteur

32 ans et toutes mes dents, maman depuis août 2018 d'une fabuleuse Pépette, et expatriée en Suède depuis 5 ans, je suis une vraie geek, désorganisée (un peu), créative (beaucoup), mais surtout passionnée (de films, de livres, de jeux vidéos...) C'est maintenant avant tout ma petite famille qui déchaîne ma passion!