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A la une / Récit de grossesse

Mon 3ème trimestre avec un bébé en siège

J’annonce la couleur d’entrée de jeu pour te permettre d’avoir toutes les informations nécessaires si tu te retrouves concernée par cette situation : un bébé toujours en siège à l’accouchement. Les médecins l’ayant même qualifié de « tétu » comme seule explication à sa position..

Mais pour comprendre…. revenons en arrière ! Explications 🙂

L’échographie T3

Je suis donc à 32 SA, mon ventre commence à sortir un peu (mais pas suffisamment pour qu’on me laisse la place dans les transports..). L’échographie T3 montrera que tout va bien…sauf sa position qui n’a strictement pas bougé d’un millimètre depuis le début : tête en haut, dos à droite.

C’est mon dernier rendez-vous de suivi avec ma gynécologue (8ème et 9ème mois étant forcément à l’hôpital). Elle se veut rassurante : il y a encore 20% des bébés encore en siège à 32 SA et seulement 5% seront toujours en siège à l’accouchement. Elle m’explique que pour faire tourner bébé, j’ai plusieurs solutions :

  • Séance d’ostéopathe pour « ouvrir la cage thoracique » pour donner plus de place à bébé pour tourner
  • Séance d’acupuncture
  • La VME – version par manœuvre externe

Tenter le tout pour le tout

La gynécologue me dit que si je veux « aider » bébé par une de ces méthodes, les séances sont à faire avant 37 SA (après, le bébé risque d’être trop gros pour que ce soit efficace). A 37 SA, la VME est possible (car il y a un risque de rupture de la poche des eaux – donc il faut attendre cette date au minimum).

Je ferais 3 séances d’ostéopathe et 2 séances d’acupuncture. Je n’ai même pas besoin de faire d’échographie pour savoir que ça n’a absolument rien changé : je sens toujours la tête de mon bébé sous ma poitrine.

Crédit photo (creative commons) :
Bébé en siège – Archive d’un livre d’obstretrique 1899 (Flickr)

Je préviens ma gynécologue de ville par mail (elle était tellement adorable et bienveillante durant ma grossesse!) pour lui dire qu’elle est toujours tête en haut. Sympa, elle me répond de ne pas m’en faire et que si elle est toujours tête en haut, elle ne se retournera probablement pas- même avec de l’aide. Elle évoque la possibilité d’un cordon trop court.

Je suis à 37 SA et je dois faire mon suivi à l’hôpital. Au vu des derniers résultats à la T3 et à mes certitudes quant au fait que mon bébé est toujours en siège, j’ai le droit à une échographie qui confirmera sa position. Je serais donc suivi par la suite à l’hôpital par une gynécologue et non pas par une sage-femme….et là, ce sera le début de l’enfer.

La sage-femme qui me voit à 37 SA m’explique la VME car il faudrait la programmer dans la semaine si je veux la tenter. Mais j’ai vu des vidéos de VME, j’ai lu des témoignages… et j’en suis malade. Et je me remémore les conseils de ma gynécologue : elle ne se retournera pas selon elle.

Je donne mon refus de faire la VME. Elle m’explique donc avec beaucoup de bienveillance que dans mon cas précis, il faut que je me prépare quand même à l’idée de la césarienne.

Elle me précise avec beaucoup de douceur – au vu de mes angoisses – que je peux également CHOISIR la césarienne. Dans ce cas, la césarienne sera programmée à 39 SA. Le choix m’appartient…. en théorie. Si je choisis la voie basse, on ne me laissera pas dépasser 41 SA avec un bébé en siège.

Résumé du rendez-vous à 37 SA :

  • je peux choisir voie basse OU césarienne
  • Je ne dépasserais pas 41 SA

Les informations à savoir si bébé est toujours en siège à 37 SA

Si tu souhaites accoucher par voie basse d’un bébé en siège, il faudra

  • faire une radio-pelvimétrie (une radio du bassin pour voir si les mesures sont dans la moyenne voire au-dessus)
  • une échographie pour avoir une idée du diamètre bi-pariétal du bébé à terme

Si ces deux indicateurs sont au vert, il faudra également s’assurer le jour de l’accouchement que la tête du bébé regarde bien vers le bas ET refaire une échographie (déjà pour s’assurer qu’il est toujours en siège) pour vérifier les mesures qui peuvent avoir augmenté de manière conséquente.

Mon suivi de 37 SA jusqu’à l’accouchement

(ou comment pourrir mes dernières semaines de grossesse)

La sage-femme m’avait annoncé qu’avec un bébé en siège, je devrais être suivi toutes les semaines pour faire un point avec un gynécologue.

38 SA

Je vois une gynécologue de l’hôpital qui n’est intéressée que par les résultats de mon échographie à 37 SA et ma radio-pelvimétrie.

« Vous avez un boulevard, bébé est un peu au-dessus de la moyenne, mais c’est bon, on y va pour une voie basse ».

Sauf que moi, je me suis déjà préparée à la césarienne…qui commençait à m’apparaître comme la solution la moins angoissante.

C’est beaucoup trop long à retranscrire par écrit mais je me prend une rafale de commentaires désobligeants comme quoi il est hors de question – au vu de mon dossier – de faire une césarienne « pour ma convenance personnelle », que je n’ai absolument pas mon mot à dire comme les indicateurs sont au vert. Que je suis complètement à côté de la plaque si je pense que la césarienne est une partie de plaisir (où est-ce que j’ai dit ça?).

Crédit photo (creative commons) : Andre Hunter

Bref, je me prend un monologue de près de 10 min pour terminer par « vous accoucherez par voie basse, c’est comme ça, un point c’est tout ». Elle ajoutera également que oui, on peut me laisser dépasser le terme de 5 jours avec un bébé en siège.

Résumé du rendez-vous de 38 SA

  • Je DOIS accoucher par voie basse
  • Je peux aller jusqu’à 41 + 5
  • Déclenchement impossible

Je suis en larme au volant de ma voiture dans le parking de l’hôpital. J’appelle Chéri, je lui explique. Je suis inconsolable. Toutes mes angoisses ressortent à nouveau. Si bébé ne s’est pas retourné (avec 80% de réussite avec une seule séance normalement – j’en ai eu 5 !), si elle est toujours tête en haut : IL Y A UNE RAISON. Je ressens au plus profond de moi que si j’accouche par voie basse, mon bébé sera en souffrance fœtale (si cordon trop court par exemple!). Je ne veux pas accoucher par voie basse. Je veux une césarienne. Je suis désemparée, au fond du gouffre. Quelque chose ne va pas avec mon bébé. J’en suis sure.

J’appelle ma mère dans la foulée, toujours en larmes. Elle se rappelle que la fille d’une de ses très proche collègue est sage-femme dans un autre hôpital près de chez nous. Elle finira par me donner son numéro pour que je l’appelle pour avoir son avis, son expérience.

39 SA

J’ai appelé la fille sage-femme de la collègue de ma mère (tu me suis toujours ?) : pour elle, j’ai le CHOIX dans le cas très précis d’un bébé en siège d’avoir une césarienne ou non. J’ai le droit de demander cette césarienne sans qu’on me balance le terme « césarienne de confort ». Elle me dit que c’est inadmissible et que si je le souhaite, elle peut demander à transférer mon dossier dans son hôpital et qu’elle prendra personnellement en charge mon dossier. Je déclinerais : l’équipe qui gère le suivi dans ma maternité est HORRIBLE mais l’équipe aux « urgences » est parfaite.

A 39 SA, je rencontre une nouvelle gynécologue (le suivi, ça n’est pas leur fort…). Regonflée à bloc par la SF, je lui explique toute l’histoire : j’ai eu une FC, je suis plus stressée que la moyenne, on m’avait donné le choix de la césarienne, on m’a interdit (j’insiste bien sur le mot) la césarienne et moi je stresse de plus en plus.

Je stresse parce que les mesures radio + BIP bébé étaient cohérentes…. à 37 SA. Plus le temps avance, plus les mesures du BIP grossissent jusqu’à atteindre le 95e percentile. J’ai peur – parce qu’on me « force » à la voie basse et que je me retrouve le jour J avec un bébé qui ne passe plus…et que ça se finisse en césarienne d’urgence (et donc souffrance fœtale – mon angoisse numéro 1).

Elle m’écoute, elle est adorable. Elle comprend. Elle m’explique avec beaucoup de douceur les risques de la voie basse (avec risque probable d’une césarienne au bout du compte) et les risques de la césarienne. Elle me confirme que j’ai bien le choix de la césarienne et que personne n’a à me faire culpabiliser dessus. Elle m’expliquera que l’hôpital a reçu des consignes : ils doivent faire le moins de césarienne possible et que je suis probablement tombée sur une médecin zélée pas du tout à l’écoute.

Crédit photo (crative commons) : Sandrachile .

Celle que je vois à 39 SA me proposera un déclenchement à 40SA si mon col est favorable. Elle regardera : je suis PRESQUE favorable. Elle me propose – si cela me convient, un autre rendez-vous avec une SF (coté suivi..pas coté urgences…) pour revérifier le col à 39+6 SA et si c’est bon, je viens avec mes valises à 40 SA pour un déclenchement : elle m’a presque rassurée de la voie basse.

[ Petite aparté : j’ai beau être en fin de grossesse, sentir mon bébé tous les jours – mon stress ne fait qu’augmenter de pire en pire plus on se rapproche du terme. Je suis malade à l’idée d’être seule responsable s’il se passe quelque chose. Je suis malade à l’idée de ne pas être capable de détecter que quelque chose ne vas pas in utero. Je veux que ce bébé sorte au plus vite pour que mon mari ET moi en soyons responsable. Donc chaque jour qui me rapproche des 41 SA devient un supplice. ]

Résumé du rendez-vous à 39 SA

  • Je peux bien choisir voie basse ou césarienne jusqu’au dernier moment
  • Non, on ne fait pas dépasser le terme pour un siège
  • Oui, un siège peut être déclenché sur accord médical (qu’elle me donne en le notant sur mon dossier)

39+6

Mon col n’est pas totalement favorable malgré les 18 étages montés tous les jours et les 3h de marche quotidienne. Ça n’a pas bougé d’un iota. La sage-femme qui fait le contrôle du col me propose de revenir à 40+1 SA aux urgences cette fois pour un contrôle. Elle en profite également pour me faire un décollement des membranes.

Pour te tenir en haleine pour le prochain article : j’ai bien accouché à 40+1 SA… mais comment ? Naturellement ? Déclenchement efficace ? Césarienne ?

A très vite pour la suite de mes aventures avec la plus désagréable de toutes les gynécologues de tous les temps !

A propos de l’auteur

29 ans, Maman d'une petite fille de février 2019, mariée à Chéri (d'origine chinoise), survoltée et angoissée, je te raconte ici ma fausse couche, ma grossesse sous stress (le mien !) et mon nouveau quotidien de maman avec un bébé koala !