Vivre en famille : le bonheur, le bazar... et tout le reste !

Fiche pratique sur le Retard de Croissance Intra-Utérin : mon expérience


Publié le 9 février 2020 par Étoile

Comme je l’expliquais Petit Poussin a été en RCIU (Retard de Croissance Intra-Utérin) pendant la grossesse. Ce retard a été détecté à 34 SA, confirmé à 36. Face à l’angoisse que nous avons ressenti avec mon mari et le manque de communication que nous avons eu avec les médecins, j’avais envie de partager notre ressenti et notre expérience, car beaucoup de RCIU ne sont pas forcément si graves !

RCIU : qu’est-ce que c’est ? Comment le détecter ?

Un RCIU signifie que ton bébé est en-dessous des normes de croissance établies pour son âge gestationnel. La croissance est évaluée lors des échographies et en fonction de la date de conception. Les médecins utilisent différentes mesures permettant de calculer un percentile de croissance : formule de Haddock. Pour cela, il mesure principalement le BIP (périmètre crânien), le PA (poids abdominal = le ventre de ton bébé = la masse graisseuse) et le LF (longueur du fémur = la taille). Il me semble qu’il y a aussi une mesure spécifique au niveau du crâne pour vérifier la taille des hémisphères droit et gauche. Je ne suis pas une pro donc je suis désolée si mes explications sont vagues. Pour faire simple, l’addition de ces éléments va permettre d’estimer un poids et donc un percentile de croissance.

Un bébé « dans les normes » se situent entre le 10ème et le 90ème percentile. D’après mes différentes lectures et en fonction des médecins / hôpitaux, un suivi précautionneux se décide quand bébé se rapproche du 10ème percentile. D’ailleurs, on l’a connu pour notre aîné qui était au 11ème percentile à l’échographie du deuxième trimestre : j’ai eu le droit à une échographie par mois (sauf qu’à l’époque, l’arrêt de travail et le repos ont bien résolu la situation). 

On parle d’un RCIU modéré entre le 5ème et le 10ème percentile, et d’un RCIU sévère en dessous. Il faut généralement deux échographies avec a minima 2 semaines d’écart pour confirmer le RCIU. Pour notre part, notre fils a été détecté en RCIU à 34 SA (6ème percentile), confirmé à 36 SA (2ème percentile). A 37 SA, il était remonté au 4ème percentile mais cette mesure n’a pas été effectuée sur le même appareil de mesure et le même médecin. En effet, idéalement, il faudrait toujours que les mesures soient faites par le même opérateur, sur la même machine.

RCIU : typologies & causes

Il existe plusieurs causes plus ou moins alarmistes. Cela peut être des causes chromosomiques (trisomie), maternelles (stress, anémie sévère par exemple), vasculaires (placenta défaillant, notchs utérins – ce qui a été a priori le cas pour nous), mais parfois il n’y a pas de causes identifiées ! Peut-être que ton bébé est tout simplement petit, c’est pourquoi il ne faut pas s’affoler 🙂

Globalement, il y a deux types de RCIU : harmonieux où tous les paramètres sont impactés ou dysharmonieux, ce qui a été le cas pour notre bébé. Pour faire simple, j’ai eu du mal à le nourrir en fin de grossesse sans doute à cause de mes notchs utérins. Les notchs sont des encoches visibles sur le doppler des artères utérines, signifiant qu’il y a une résistance des artères ne permettant pas d’envoyer suffisamment de sang au bébé. Par conséquent Monsieur n’a pas réussi à devenir « gras » et à grandir. La nature est bien faite, car l’enfant privilégie en priorité les organes nobles, ce qui signifie qu’un RCIU n’est pas synonyme de déclenchement urgent. Ton bébé peut mal grandir mais « ne pas souffrir ».

Je n’ai pas beaucoup de recul sur le RCIU harmonieux, mais je comprends que cette typologie se développe relativement tôt dans la grossesse et peut nécessiter des examens poussés tels qu’une amniocentèse. 

Crédit photo (creative commons) : congerdesign

Comment surveiller un RCIU ?

L’objectif est de vérifier l’absence de souffrance fœtale. Si ton bébé est correctement surveillé, il n’y a pas de raison que les choses se passent mal ! Les médecins feront en général le maximum pour pousser la grossesse, et ne déclencheront quand dernier recours. Chaque cas est différent, et il est clair que plus le RCIU est détecté tôt dans la grossesse, plus c’est compliqué à cause du risque de prématurité en cas de déclenchement. Pour notre part, le RCIU a été détecté au troisième trimestre. J’ai donc eu un suivi soigneux : échographies régulières avec doppler permettant de surveiller les flux au niveau du cordon et surtout les flux cérébraux du bébé (permettant de détecter une souffrance cérébrale) ainsi que des monitorings réguliers pour détecter d’éventuelles anomalies cardiaques. D’après ce que j’ai compris, ces deux éléments sont plus importants que le percentile de croissance qui est certes indicatif, mais n’évalue pas le bien-être fœtale. 

Si la courbe de croissance de ton bébé se casse, cela ne veut pas dire qu’il est en souffrance tant qu’il continue à prendre du poids. Quand notre bébé est passé au 2ème percentile, nous avons eu très peur. Pas le corps médical. En les embêtant (= en faisant une grosse crise de nerf pour qu’un médecin vienne m’expliquer), j’ai compris que certes la situation n’était pas folle, mais pas non plus alarmante tant que les dopplers et monitorings étaient bons. Le bébé est mieux dans le ventre pour la maturité des organes tant qu’il n’y a pas de souffrance détectée, c’est pourquoi le déclenchement n’est pas toujours envisagé tout de suite. Bref, ce n’est pas rigolo comme situation, mais cela ne veut pas dire pour autant que c’est la catastrophe. Il faut juste bien suivre un bébé RCIU pour intervenir rapidement en cas de soucis, mais aussi appliquer quelques règles d’hygiène de vie : repos total, bien prendre son fer pour corriger une éventuelle anémie, bien s’alimenter, etc… Ce n’est pas non plus la recette miracle, mais ça aide un peu. Disons que tout dépend de la cause du RCIU. Dans mon cas, je n’étais pas anémiée et je ne travaillais plus déjà depuis plusieurs mois… Je n’arrivais pas à envoyer assez de sang dans le placenta avec mes notchs donc avec toute la bonne volonté du monde, je n’aurai pas pu faire beaucoup plus malheureusement 🙁

Quid de l’accouchement avec un bébé RCIU ?

C’est au cas par cas. La voie basse est possible, comme la césarienne. Tout dépend du poids estimé du bébé, de sa prématurité, des monitorings, s’il y a souffrance fœtale ou pas, si tu es concernée par des complications de la grossesse (comme le risque de pré-éclampsie et de l’hypertension qui vont parfois de pair avec un bébé RCIU justement). Le risque de la voie basse est de faire une césarienne d’urgence si bébé ne supporte pas les contractions. En effet, un bébé RCIU peut être un peu plus faible qu’un bébé « normal ». Un déclenchement par voie basse est souvent plus fatiguant qu’une césarienne, et cela dépend aussi si le col est favorable ou pas. Bref, il n’y a pas de bonne réponse: c’est au cas par cas !

De même, on peut choisir de laisser un bébé RCIU qui ne grossit plus beaucoup dans le ventre de sa mère si on estime qu’en terme de bénéfices / risques, il reste mieux dans le ventre de sa mère. Avant 37 SA, c’est évident qu’on déclenchera vraiment en dernier recours, mais l’objectif reste quand même d’éviter la prématurité. Après 37 SA, les avis sont plus mitigés: certaines équipes sont très interventionnistes et préférons sortir le bébé surtout si certains voyants sont un peu jaune (par exemple, une tension un peu élevée), d’autres attendront si les dopplers et monitorings sont bons considérant que la maman reste le meilleur incubateur. Dans mes lectures, j’ai pu lire cependant qu’on laissait rarement un bébé RCIU dans le ventre de la maman après 39 SA en estimant que le gain de poids ne serait plus significatif. 

Les suites de couche avec un bébé RCIU

Je te dirai que tout dépend déjà de s’il y a prématurité ou non et de son état général à la naissance. N’ayant pas été dans cette situation, je n’irai pas dans le détail. En tout cas pour un bébé qui naît à terme, donc après 37 SA, tout dépend du poids de naissance. Pour faire simple, le service pédiatrie m’avait résumé les choses assez simplement avant l’accouchement : un bébé en dessous de 2 kg aura sans doute un petit séjour en néonatalogie, et un bébé de plus de 2 kg sera sans doute avec sa maman dans un petit berceau chauffant. A prendre cependant avec des pincettes, car on ne sait jamais à l’avance l’état de santé réel du bébé. 

Concernant les points d’attention pour ces petits bébés (et donc nés à terme et non prématurés), les risques sont principalement des difficultés à se nourrir (dont difficultés à téter) et donc le risque d’hypoglycémie, des difficultés pour réguler sa température, plus rarement des anomalies du rythme cardiaque et une détresse respiratoire les premiers jours. C’est pourquoi une surveillance accrue les premiers jours via des prises de sang, vérification du rythme cardiaque… est nécessaire. En outre, ce sont des bébés qui demanderont plus d’attention d’un point de vue « psychologique ». En effet, souvent les bébés de petits poids sont en unité kangourou à l’hôpital. Une équipe dédié aide les parents à privilégier le peau à peau et un contact rapproché avec ses parents. Dans les cas les plus compliqués, ils sont bien sûr hospitalisés en couveuse en néonatologie. Pour ceux en unité kangourou, l’objectif est d’établir rapidement un lien fort qui leur permettra de finir correctement un développement qui n’a pas pu se faire totalement dans le ventre de la mère. Ce sont des bébés qui se développeront encore mieux si le relationnel avec les parents est limite « fusionnel » au début (mais au fond comme les prématurés aussi !). A noter, un bébé en RCIU est souvent suivi en hôpital niveau 2B ou 3.

Et oui, ces petits bébés peuvent être plus fragiles, mais très honnêtement il faut relativiser. J’ai craqué une journée à l’hôpital pendant une de mes journées d’hospitalisation – surtout parce que je manquais d’explications sur la situation. C’est certain que l’on s’inquiète, car on ne sait pas où on va et comment sera le bébé, mais c’est comme cela. On y est pour rien, et dans notre cas, il n’y avait pas d’urgence vitale ! Après, nous nous attendons à un suivi pédiatrique sérieux dans les années à venir car nous sommes conscients que ces bébés ont des risques accrus sur des troubles mineurs du développement: troubles de l’attention, difficultés à parler, etc… Mais ça, c’est une autre histoire et notre bébé n’aura sans doute aucun soucis ? C’est difficile d’y voir clair pour le moment. On est sur du « cas par cas » .

J’espère en tout cas que cet article pourra aider des familles dans notre cas, car nous avons beaucoup souffert du manque d’explications du personnel médical et notre moral en a pris un coup. A l’époque, je n’ai pas trouvé de ressources me suffisant sur la toile. Ce que je dis, est vraiment à prendre avec du recul, car cela mélange ce que j’ai compris ainsi que notre vécu. 

Note : Je parle tout au long de mon article de bébé RCIU. On utilise aussi le terme d’ « hypotrophe », mais je n’aime pas du tout ce terme qui fait « malade ». Je l’ai banni volontairement de mon vocabulaire 🙂 Je préfère utilisé le terme aussi de bébé PAG (petit pour son âge gestationnel).


 



Pendant la grossesse, tu t’imaginais épanouie, heureuse, avec un joli ventre rond, et bien sûr, il y a de ça. Mais tu n’étais peut-être pas tout à fait préparée pour les vergetures, les coups de pied dans la vessie à 2 heures du matin et les galères administratives. On ne te la refera pas deux fois. Avec le guide hyper complet et concentré de Dans Ma Tribu, tu sauras exactement ce qui t’attend après l’accouchement. Clique ici pour en savoir plus.

Guide accouchement

Commentaires

2   Commentaires Laisser un commentaire ?

Madeleine

Coucou. Ca me touche ton commentaire. J ai eu un rciu inférieur au 5ème percentile. Mes parents, 35 ans après les faits, sont toujours un peu marqués par ma naissance compliquée, pourtant, j ai tout fait pour les rassurer : un bac+10, 2 thèses…🤣
Et si je suis la plus petite de la famille, je fais qd même 1m63, donc ça va!!!
A priori, c etait aussi un pb de placenta… j ai eu deux frères après moi, sans problèmes. Mon dernier petit frère était même un bon gros bébé !
Courage à toutes les mamans et papas qui s inquietent pour leurs loulous!

le 10/02/2020 à 07h19 |

Maud (voir son site)

RCIU pour nous aussi lors de ma 1ère grossesse. L’échographe, au 2e trimestre, nous a alarmé (inférieur au 3e percentile) et je me voyais déjà avorter pour cause de trisomie…
Heureusement, ma gynéco, ma SF et une amie qui avait eu le même cas que moi m’ont rassurée. Ce n’était localisé que sur l’abdomen donc ça écartait les gros risques de trisomie (car 1 seul organe touché).
ET finalement, avec beaucoup de repos c’est rentré dans l’ordre et elle est née à 3,250 kg alors qu’estimée petit poids !
Même si chaque cas est différent et qu’il ne faut ni s’alarmer trop tôt, ni ne jamais s’inquiéter, c’est bien de parler de ces sujets là 😉

le 19/02/2020 à 13h36 |

Les commentaires sur cet article sont fermés.