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A la une / Récit de grossesse

Ma grossesse gémellaire, le bilan

Je me rends compte que depuis que je t’ai parlé du choix de ma maternité, mes articles étaient thématiques, mais plus chronologiques. Du coup, je t’ai laissée au tout début de ma grossesse, et elle est maintenant quasi terminée !

Je te fais donc un petit résumé accéléré. Tu vas voir, une grossesse double, ça peut être éprouvant physiquement, mais pour autant super bien se passer.

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Crédits photo (creative commons) : love_K_photo

Physiquement

Physiquement, ça a été difficile, comme je te l’ai expliqué en te parlant des maux de grossesse. Malaises, mal de ventre, grosse grosse fatigue, mal de dos, ventre ultra contracté en permanence…

Malgré tout, bizarrement, je m’en tire super bien sur la fin, vu qu’à 8 mois de grossesse et plus de cinq kilos de bébés (+ deux placentas, deux fois du liquide amniotique = sacré poids et volume !), je n’ai eu ni sciatique, ni dos coincé sur une longue durée. J’arrive parfaitement à respirer et à manger les quantités que je veux, et je n’ai que très rarement mal à l’estomac. Tout ça, je pense que je le dois en très grande partie à mon ostéopathe, que j’ai consultée une fois par mois. Aucun mal ne lui a résisté plus de quelques jours après une séance.

Question poids, j’ai pris quinze kilos, ce qui est, je crois, super raisonnable. J’ai eu la chance de ne pas avoir d’envies irrépressibles de hamburger ou de pâte à tartiner, et de passer une grosse partie de ma grossesse en été (où tu as plus envie de courgettes que de tartiflette). De plus, j’ai quand même fait très attention aux craquages (pas d’empiffrage de glace sous prétexte que « je mange pour trois ») et de manger sain en cas de fringale entre les repas (pain complet + fromage frais et fruits, plutôt que gâteaux industriels). Comme je n’ai pas eu non plus trop de nausées, tous les aliments passaient plutôt bien. J’imagine que c’est plus difficile quand ton estomac ne supporte que le chocolat et les trucs sucrés !

Bon, depuis un bon mois maintenant, j’avoue que je fais moins attention, et que je suis moins raisonnable sur le chocolat, notamment.

Médicalement

Médicalement, j’ai eu une grossesse de rêve : à part au tout début de ma grossesse, jamais aucun examen n’a donné un résultat mauvais ou même moyen. On est toujours ressortis des échographies avec un super sourire, encouragés par les commentaires sur le bon développement de nos bébés. Ils n’ont jamais été trop petits, bien au contraire, ils n’ont jamais eu la moindre mesure inquiétante, on n’a jamais dû revenir pour un quelconque contrôle.

Concernant le suivi que j’ai eu, qui t’intéressera peut-être si tu attends des jumeaux (informations valables pour la maternité de Port Royal à Paris, chaque structure ayant certainement ses propres façons de faire) :

  • Suivi une fois par mois par une gynécologue : mesure du ventre, examen du col, pesée, prescription de prises de sang et de compléments alimentaires (fer) si nécessaire. Me concernant, ça s’est arrêté là, car ma grossesse n’a vraiment présenté aucun souci.
  • Arrêt à 4 mois et demi de grossesse. C’est deux semaines plus tôt que ce qu’ils pratiquent habituellement, mais moi, je faisais des malaises en permanence quand j’étais debout. Avant cet arrêt, j’étais en vacances. Si ça n’avait pas été le cas, je pense que j’aurais même été arrêtée plus tôt. Étant donné que je faisais une sieste le matin et une l’après-midi (et genre deux heures, la sieste, pas vingt minutes !) pendant ces vacances, je crois que le repos était vraiment nécessaire. Pour moi, aucun scrupule à être arrêtée tôt : le repos, il paraît que c’est LA clé pour ne pas risquer l’accouchement prématuré.
  • Suivi par une sage-femme libérale une fois par semaine à partir du cinquième mois. Tension, prescription de médicaments, échographie, puisque le centre possédait un appareil. Parfois, c’était un peu superflu, mais j’avoue que j’ai été bien soulagée de pouvoir poser toutes mes questions et parler de mes inquiétudes, sans avoir à attendre le rendez-vous mensuel à la maternité.

Moralement

Il a fallu que j’attende de sentir vraiment bien mes bébés bouger pour être à peu près sereine (et encore, je suis allée aux urgences un jour où je les sentais moins !). Ça a pris des mois, mais petit à petit, j’ai pu gagner en assurance et passer les étapes :

  • je les sens bouger, ça me rassure,
  • j’atteins les 25/26 SA, stade auquel les médecins tentent de réanimer les bébés qui naissent,
  • j’atteins les 32 SA, stade auquel on peut espérer qu’il n’y ait pas trop de séquelles s’ils naissent (même s’ils iront longuement en couveuse),
  • j’atteins les 36 SA, stade où ils peuvent naître sans trop de risque.

Peu à peu, le spectre de la fausse-couche s’en est allé, mon passé de PMA s’est éloigné, et j’ai pris confiance en mes petits bonshommes (ce sont des garçons, je te l’ai dit ??).

Question hausse et baisse de moral, je n’ai pas eu à subir la tyrannie des hormones, celles qui te font te marrer comme une baleine en entendant Chevallier et Laspalès dans la pub pour la Matmut, et pleurer toutes les larmes de ton corps parce que ton supermarché n’a plus tes yaourts à la banane préférés.

En revanche, au début de mon huitième mois de grossesse, et pendant presque tout ce mois, j’ai eu un gros coup de blues. Je pleurais souvent, toute seule chez moi, et je n’arrivais pas à en parler. Je ne savais pas trop pourquoi je pleurais, mais j’avais la sensation que cette grossesse ne me réjouissait plus. Je parlais beaucoup moins à mes bébés, un peu comme s’ils m’indifféraient. Tu imagines bien que c’est super culpabilisant, comme sensation…

Au début, je me suis dit que ça devait être une sorte de baby blues en avance : je sentais la grossesse arriver à son terme, et ce qui me rendait triste, c’était de me séparer de mes bébés. Ça me semblait moralement acceptable, comme raison. Je suis restée avec cette idée quelque temps, mais avoir trouvé cette explication ne m’empêchait pas de pleurer.

Ma sage-femme, à qui j’en avais déjà parlé, m’a demandé si j’allais mieux. Je me suis mise à pleurer dans son cabinet et à lui dire vraiment ce que je pensais. En substance : « Ces bébés me font peur, je ne sais pas qui ils sont, ce sont des étrangers, ils ne me connaissent pas non plus, je n’ai plus envie de les rencontrer, je ne sais pas si je les aime. Comment peut-on aimer des inconnus ?? »

Ça, c’est un poil moins acceptable moralement, comme sentiment. Je n’en ai parlé qu’à la sage-femme, je n’ai pas assumé ça devant quelqu’un d’autre, même si maintenant, c’est un peu plus facile, parce que c’est derrière moi. Je te le dis à toi, parce que ça t’arrivera peut-être aussi. Dans ce cas-là, sache que tu n’es pas la première à ressentir ça, et que ça va passer. En parler à un professionnel, mettre des mots sur ton malaise, c’est important pour l’évacuer.

La sage-femme m’a dit que c’était normal, que non, en effet, on ne se connaissait pas, eux et moi, et elle m’a fait remarquer que tout le temps où je lui disais ne pas savoir si je les aimais, je caressais mon ventre, que tout ça venait avec le temps, et qu’il ne fallait pas avoir peur. Depuis, je ne pleure plus, je reparle à mes bébés et j’ai hâte de les rencontrer !

Voilà le résumé de ces quelques mois. À l’heure où j’écris, je suis à 37 SA + 3, et j’attends… Je suis surveillée par monitoring tous les lundis depuis deux semaines. Les bébés vont bien, mais il n’y a aucun signe précurseur d’accouchement. À tel point que la maternité me parle de déclenchement ! Un comble quand on sait que j’ai passé des mois à craindre qu’ils n’arrivent trop tôt… Et voilà qu’on veut les faire sortir de force !

Un comble… ou une conséquence, peut-être ? C’est en tout cas ce que semble penser l’acupunctrice que j’ai vue aujourd’hui : quand la maman a eu très peur d’une arrivée prématurée, elle a envoyé plein de signaux à ses bébés qui disaient : « Restez au chaud, les gars ! » Du coup, ils obéissent ! Alors depuis quelques jours, j’essaie de leur dire que dehors, c’est sympa aussi !

M’écouteront-ils, ou devrons-nous subir un déclenchement chimique forcé ? Nous le saurons au prochain épisode ! (Ce n’est pas un effet de teasing, hein, moi-même, j’écris sans le savoir !)

Et toi ? Comment s’est passée ta grossesse ? As-tu réussi à « tenir » plus que tu ne le pensais ? As-tu aussi eu un gros coup de blues ? Raconte-nous…

Toi aussi, ça te plairait de nous raconter ta grossesse mois après mois ? Toutes les infos pour devenir chroniqueuse grossesse, c’est par ici !

A propos de l’auteur

Mariée, 40 ans, parisienne et future maman... de jumeaux ! Quand ils seront là en janvier 2016, on tâchera de résoudre l'équation petit appart et seulement deux bras par adulte avec deux enfants, leurs rythmes et leurs besoins + tout ce que ça implique comme nombre de couches, de biberons, de meubles, de poussettes etc. Mais avec un peu d'ingéniosité et de débrouillardise (et autant d'humour et de recul que nos nuits sans sommeil nous le permettront) on va s'en sortir, j'en suis sûre !