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A la une / Récit de grossesse

De la difficulté de réussir à se projeter quand on est enceinte


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Ce bébé, du haut de mes 23 ans en début de grossesse, ça faisait dix ans que je l’attendais. Dix ans d’envies fulgurantes, et de passages plus calmes, moins poignants, mais avec l’envie toujours présente.

On a parlé de faire un bébé ensemble. On en avait très envie. On a dit « après le mariage », pas parce que c’était important pour nous d’être mariés d’abord, mais parce que ça faisait une date symbolique qu’on pouvait garder en vue. Puis on a dit « après le voyage de noces ». Et puis « quand on aura déménagé ». Enfin, on en a eu tellement marre qu’on a décidé de s’y prendre avant, mais de façon à ce que le bébé naisse quand on aurait quitté ce fichu appartement.

Et plus la date de début des essais se rapprochait… moins j’étais impatiente ! J’attendais ça depuis très longtemps, et d’un coup, ça devenait concret. Là, on ne rigolait plus. On allait (essayer de) faire un enfant, pour de vrai. Avec tout ce que ça implique.

Une grossesse, donc avoir un truc qui bouge dans le ventre.

Accoucher, donc, euh… aïe !

Et surtout, surtout, devoir s’occuper d’un être totalement dépendant de nous pendant ses premières années.

Un être dont on est les seuls et uniques responsables. Non, plus question de le rendre à ses parents si ça ne va plus (« Oh, je crois qu’il veut sa maman/son papa ! »). Si ça ne va plus, c’est à nous d’être là, et de gérer comme on peut, quoi qu’il advienne.

Un être avec sa personnalité propre. Qui va grandir, faire des découvertes, des rencontres, se heurter à des expériences pas chouettes parfois, qui fera des choses qu’on ne comprendra peut-être pas toujours, et qui volera de ses propres ailes, enfin.

OH MON DIEU !!!

Pour autant, il ne s’agissait pas de reculer. Je crois sincèrement qu’on n’est jamais prêts pour ça. On peut avoir une envie folle, on peut s’être beaucoup occupée des enfants des autres… on est toujours à mille lieues de ce que c’est, réellement, de devenir parents.

Est-ce à cause de cet état d’esprit que la suite a été ce qu’elle a été ? Je ne sais pas. Je ne crois pas, au fond. Je sais que je suis loin d’être la seule. Je sais que des mamans qui ont eu un bébé imprévu ont pu s’attacher à lui immédiatement, et je sais que d’autres ont eu beaucoup de mal alors qu’elles étaient enceintes suite à un long parcours de PMA. Il n’y a pas de règle, ce n’est pas lié à la force d’une envie.

Toujours est-il que, quand le petit + s’est affiché, j’étais contente, mais bien loin de l’euphorie.

Ensuite ? Pendant des mois, j’ai su que j’étais enceinte, mais c’était purement réfléchi. Quand je posais mes mains sur mon ventre, c’était parce que je me disais que ça m’aiderait à entrer en contact avec le bébé, et à enfin RESSENTIR cette grossesse. Mais jamais je ne les posais spontanément, pour caresser mon ventre et le bébé en-dessous.

J’ai attendu, espéré sentir bientôt ses mouvements, en me disant que ça m’aiderait. Je les ai sentis. Ça n’a pas vraiment changé la donne.

photo de grossesse jardin

Crédits photo : Photo personnelle

Est arrivée l’échographie des 21 SA, celle durant laquelle, généralement, le sexe est annoncé ou confirmé. (En l’occurrence, le gynécologue peu sympathique ne nous avait donné aucune indication là-dessus à 12 SA, bien que, selon de nombreuses connaissances qui décodent bien les échographies, ça se voyait déjà nettement. Bref.)

À ce moment-là, je me suis demandée si je voulais vraiment le savoir. Après tout, depuis un an et demi, depuis qu’une de ces envies d’enfant qui tenaillent m’avait prise, ma petite préférence pour une fille s’était envolée. Et ça se confirmait à présent que j’étais enceinte : garçon ou fille, ça m’était complètement égal. Alors, savoir, était-ce vraiment utile ?

Mais je ne me suis pas posé la question bien longtemps. Cette fois encore, je me suis dit que savoir si je pouponnerais une fille ou un garçon quelques mois plus tard m’aiderait à me projeter davantage. Et puis, on avait déjà choisi les prénoms (avant même la conception), alors je pourrais d’ores et déjà l’appeler par son prénom. Ça aussi, ça pourrait m’aider.

Quelques jours plus tôt, j’avais la vague impression que c’était une fille. Le jour même, je ne savais plus. (En même temps, hein, une chance sur deux !) J’étais donc là, le ventre couvert de gel, allongée sur la table. Et l’échographiste nous a informés que c’était une petite fille.

Mais cette fois encore, ça n’a pas été le déclic tant espéré. Alors, j’ai continué à chercher d’autres façons de me rendre compte…

Depuis plusieurs années, je connaissais le bola, cette sorte de grelot qu’on porte en pendentif au niveau du ventre et que le bébé est censé entendre durant la grossesse. Une fois sorti, il est supposé reconnaître le son et être rassuré par cette continuité. Je n’étais pas persuadée que ça marchait vraiment (d’autant que le son est particulièrement mélodieux : moi-même, je trouve apaisant de l’agiter à mon oreille… ça fonctionne donc aussi sans lien in utero !).

Mais je me suis laissée convaincre par la jolie idée d’une amie, qui en avait un différent pour chacun de ses enfants, et le leur offrirait lorsque eux-même attendraient leur premier enfant. Je me disais que le fait de penser que mon bébé entendait ce son, à ce moment-là, quand moi je l’agitais devant mon ventre, et le reconnaître plus tard, ça faisait un lien.

prendre conscience de sa grossesse - bola

Crédits photo : Photo personnelle

Je ne sais pas si ça a vraiment joué. Quelques semaines après avoir adopté mon bola, j’ai eu le rendez-vous du sixième mois de grossesse. Le jour même, rien de spécial, bien que j’aie vu mon bébé à l’échographie de contrôle et entendu son cœur.

Sur le chemin du retour, pour tout te dire, je m’imaginais déjà rédiger cet article, et je me voyais le terminer par « Tout a changé quand je l’ai vue. » (Oui, je suis à la fois pessimiste et optimiste !)

Mais le lendemain, qui était pourtant un jour sans rien de particulier au niveau de ma grossesse (c’était tout de même un jour un peu spécial, puisque c’était celui de la fête des cinq ans de Mademoiselle Dentelle), je me suis réveillée… et je me suis rendue compte. Boum, comme ça ! Sans prévenir !

Ça n’a pas toujours été évident ensuite, quand d’autres femmes évoquaient leur grossesse, ce contact qu’elles avaient avec leur bébé… J’avais l’impression d’avoir perdu du temps. Du temps durant lequel ce lien n’existait pas, durant lequel j’étais complètement extérieure à ma grossesse. Je n’avais pas appris à appeler mon bébé pour qu’il vienne se lover contre ma main. Je ne lui avais pas parlé. C’était comme si tout commençait seulement à cet instant.

Il se trouve aussi que j’ai peu de photos de moi enceinte. En effet, si M. Lutin est habituellement très porté sur les photos (il en fait lors de la moindre balade), pendant cette période, tous les weekends, il travaillait sur le chantier de notre maison en construction. Ajoute à cela que nous étions en hiver, puis au printemps (souvent frisquet), que mon ventre n’est jamais devenu vraiment énorme, même en fin de grossesse… Les rares photos spontanées ont donc été prises avec mon bidon enfermé sous un manteau.

Je crois que le fait de ne pas m’être vue enceinte, extérieurement, ne m’a pas aidée non plus à intégrer cet état. Au final, les photos qui illustrent cet article, j’ai dû expressément les réclamer, et faire une séance photo rapide chez mes parents, un joli soir d’avril, alors que M. Lutin rentrait de la maison, fatigué. Trois minutes à tout casser. Ce sont presque les seules photos que j’ai de ma grossesse, et ça reste un vrai manque.

Heureusement, je m’étais intéressée au monde de la maternité bien avant d’entrer dedans. J’avais donc déjà cheminé sur le type d’accouchement que je désirais. Je savais même où je voulais accoucher. J’ai eu la chance de ne pas tout subir en spectatrice, guidée par des « ça se fait comme ça », l’esprit totalement ailleurs.

Mais paradoxalement, j’étais perdue dans tout ce qui concernait le suivi de grossesse. Il faut dire qu’il y avait beaucoup d’éléments qui rendaient la lecture de la suite assez difficile, notamment le déménagement à 100 km (je ne pouvais donc pas me projeter avec des personnes, des lieux…).

Du coup, alors que j’ai plutôt le profil pour me faire suivre par une sage-femme libérale, je me suis retrouvée chez un gynécologue. Puis chez un second, puisque le premier était aimable comme une porte de prison.

Et le temps d’apprivoiser un peu la nouvelle conscience de mon état, je me suis retrouvée là, enceinte de six mois, à me dire : « Mais au fait… je n’ai pas commencé de préparation à l’accouchement ! »

Et toi ? Tu penses que tu étais prête pour la maternité ? Tu as mis du temps à réaliser que tu étais enceinte ? Est-ce que comme pour moi, la révélation s’est faite du jour au lendemain ? Viens nous dire !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

J'ai 27 ans et un mari super-chouette ! Notre fille "Pimprenelle" est née à l'été 2015 et nous régale de sa bonne humeur... "Ninette" nous a rejoint au printemps 2018. Je m'occupe d'elles à plein temps. Moi, je suis une lutine lunatique, mais généralement très joyeuse et espiègle. Écolo, féministe, non-violente, végane, cousette, fana de prénoms et de vieilles comédies musicales ! Tu peux aussi me retrouver sur le blog Sous Notre Toit et sur Instagram @danslamalledenilith