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A la une / Récit d'accouchement

Mon accouchement déclenché : un long cauchemar

Je t’ai quittée il y a environ dix-neuf mois. Je t’expliquais alors que la grossesse était loin d’être un long fleuve tranquille pour moi. Bon, je te rassure, depuis tout ce temps, heureusement pour moi, j’ai accouché ! D’une merveilleuse petite fille !

Durant toute ta grossesse, on te demande toujours : « Alors, comment se passe la grossesse ? Pas trop fatiguée ? » Bon, comme tu as pu le lire dans mon précédent article, ma grossesse n’a pas été un rêve, et j’ai eu horreur de ça…

Et après la naissance du merveilleux petit bébé, on te demande : « Alors, l’accouchement ? » Ma réponse ? L’accouchement a été fidèle à ma vision de la grossesse : horrible ! Bon, si tu es actuellement enceinte, tu peux t’arrêter à cette ligne, je ne t’en voudrai pas…

Mon accouchement déclenché catastrophique

Crédits photo (creative commons) : Eric Ward

Ma petite fille est prévue pour le 21 avril 2015. Le dimanche 12 avril, je suis encore plus fatiguée qu’en temps normal. Mais jusque-là, tout va bien : je suis bientôt arrivée à la fin de mon périple et je n’ai aucune contraction. Mais étant très attentive, je me rends compte que je sens très peu le bébé… Instinct maternel ? Je ne sais pas. Mais j’ai le sentiment que quelque chose se passe, que ce n’est pas normal.

Je contacte donc ma sage-femme, qui essaie de me rassurer : c’est normal, bébé a moins de place pour remuer. Mais le doute persiste durant la matinée. Vers midi, avec mon mari, on décide de se rendre à la maternité.

Arrivés à la maternité, on me fait un check-up avec monitoring. Le cœur du bébé va très bien ! Mais bébé bouge très peu… Le gynécologue de garde décide de me faire une échographie. Pas de chance, au même moment, la centrale électrique de la ville brûle ! Oui, oui, pire qu’un téléfilm de l’après-midi ! Résultat : impossible de passer une échographie dans les salles dédiées.

La seule solution est de se rendre au bloc opératoire. Sauf qu’on interdit à mon cher et tendre de rentrer dans le bloc… Résultat : je me retrouve seule et stressée, avec un gynécologue qui parle avec un fort accent… Avec le stress, je ne comprends rien de ce qu’il me dit ! Il me fait l’échographie et là, silence… Il ne dit plus rien. Je ne sais pas pourquoi, mais je ne lui pose aucune question : peut-être la peur d’une mauvaise nouvelle.

Au bout de dix minutes, il me dit finalement qu’il va chercher mon cher et tendre. Il quitte la salle et me laisse seule. Mais trente minutes plus tard, toujours personne… Je commence à m’impatienter. Je décide de sortir et de voir une sage-femme. On me dit que le gynécologue m’a oubliée. Heureusement que je n’étais pas en train de rendre mon dernier souffle ! On m’emmène auprès de mon mari.

Le gynécologue a tout de même la délicatesse de nous expliquer ce qu’il a vu à l’échographie : mauvaise nouvelle, il n’y a plus de liquide amniotique. Bébé n’a pas pris de poids depuis trois semaines, il faut le sortir rapidement. Nous sommes dimanche soir, il me laisse jusqu’à mardi matin avant de me faire une césarienne.

Le chrono est enclenché, c’est le début de la course contre la montre. À partir de là, interdiction de manger, et il faut boire un minimum… Très simple quand il fait 28°C !

Dès le dimanche soir, on commence le protocole pour un déclenchement au gel. On pose un gel sur le col, ce qui doit provoquer des contractions… Sauf que jusqu’à maintenant, je n’ai eu aucune contraction, donc mon col est totalement fermé ! On me dit que ça va très vite se déclencher… La nuit passe, le monitoring reste toujours plat, à mon grand désespoir. Lundi matin, il me reste vingt-quatre heures avant la césarienne…

Le gynécologue du lundi décide de passer à la vitesse supérieure : on me pose un tampon de Propess à 8h. Et à 10h, ô miracle, des contractions commencent à se faire sentir toutes les dix minutes ! Les contractions sont toujours de la même intensité. J’essaie de me concentrer au maximum, et avec mon cher et tendre, on décide d’arpenter les couloirs de la maternité : quels futurs parents n’ont pas connu ça ?

À midi, on contrôle mon col : il est à 1cm. Allez, on reste motivée !

À 17h, on recontrôle le col. Verdict : 1cm ! Je commence à déprimer, à ne plus savoir gérer la douleur… Je deviens insupportable !

À 20h, on décide d’essayer de se reposer… Sauf que les contractions en ont décidé autrement ! Elles sont toujours de la même intensité, mais plus rapprochées : toutes les quatre minutes. Je souffre affreusement.

À minuit, on me donne un décontractant… Sauf qu’il est surdosé : je suis complètement stone et il me rend malade. Je m’endors après chaque contraction.

À 4h35, mon mari appelle une sage-femme, qui vérifie mon col. Miracle : 3cm ! La sage-femme dit à mon mari de préparer les affaires rapidement : c’est l’heure ! Incompréhension totale de notre côté : le col est à 3cm, et il faut passer à la vitesse de l’éclair en salle d’accouchement ? Je tiens à peine sur mes jambes, avec la perfusion de décontractant. Comment je vais faire ?

On m’installe en salle, et à 4h45, l’anesthésiste vient pour la péridurale… Elle me fait faire le dos rond, sauf que les contractions sont très rapprochées et trop longues, et elle ne veut pas attendre que chaque contraction passe pour me piquer… Elle me rate une fois, deux fois, trois fois… Elle me crie de relâcher mes muscles. Sauf que c’est impossible, je n’arrive plus à gérer, je suis hyper tendue. Elle menace de partir sans poser la péridurale. Je suis si fatiguée que je fonds en larmes… Et elle arrive enfin à me la poser.

À 5h, on vérifie mon col : je suis à 10cm… Là, c’est le moment de passer à l’action. Je commence à pousser, mais je n’en peux plus. J’ai très mal : la péridurale a été mal posée, elle ne fait aucun effet. Au bout de vingt-cinq minutes, je vois que les sages-femmes sont prêtes à faire appel au gynécologue de garde pour m’aider avec des instruments, mais moi, je ne veux pas ! Dans un dernier effort, je sens ma fille arriver.

Malheureusement, la sage-femme n’est pas assez rapide : en passant ses épaules, elle commence à tout déchirer. Elle me fait une épisiotomie pour m’aider. Sauf que la péridurale n’étant pas efficace, je sens tout. Ma fille naît dans un hurlement de douleur.

Et là, on me pose ma fille sur moi, miracle de la vie ! Elle est magnifique. J’oublie toute la douleur précédente. Quand la sage-femme me recoud, je suis tellement occupée à admirer ma fille que je ne prête pas attention à la douleur… Ma fille est mon anti-douleur.

Comme tu l’as bien compris, mon accouchement a été loin d’être une partie de plaisir. Moi qui voulais trois enfants, je me dis que tout compte fait, un seul enfant me comblera. Mais grâce à la bien connue amnésie post-accouchement, on ne garde en tête que les sourires de notre enfant, nos petits bonheurs ensemble…

L’amnésie post-accouchement a tellement bien fonctionné avec moi que je me suis relancée dans l’aventure sept mois après avoir accouché ! Et dès le premier mois d’essais, je suis tombée enceinte. Comme quoi, il ne faut jamais dire : fontaine, je ne boirai pas de ton eau…

Et toi ? As-tu aussi été déclenchée ? Comment ça s’est passé ? As-tu été dégoûtée pour toujours de la grossesse… ou as-tu retenté l’aventure dans la foulée ? Raconte !

A propos de l’auteur

Mariée depuis 3 ans, je suis l'heureuse maman d'une petite fille de 21 mois et un petit garçon de 6 mois..