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A la une / Récit d'accouchement

Trois jours de faux travail… et un accouchement éclair !

Quand tu passes la première visite chez le gynécologue et que celui-ci te donne une DPA (date prévue d’accouchement), tu te mets en tête que si tout va bien, bébé sera là avant. J’en étais d’autant plus persuadée que j’avais l’impression que les femmes accouchaient plutôt en avance, généralement. Mais en fait, les statistiques disent qu’il est tout de même courant que le terme soit dépassé.

Le faux travail, un long calvaire avant l’accouchement

Arrive donc le jour J. RAS, rien, nada… On passe faire un petit tour à la maternité de ma ville pour un petit examen de contrôle. Aucun signe que c’est pour bientôt ! On rentre chez nous, on reprend nos petites activités, le futur papa va au travail. En pleine nuit, je sens quelques contractions. Mais elles ne sont pas régulières. Je fais un peu de ballon, je marche, je dors un peu…

La journée suivante est un peu sur le même modèle. Je finis par prendre du Spasfon, pour voir. Mais je gère bien les contractions quand elles sont là. Je reçois même mes parents et ma grand-mère à déjeuner le dimanche. Dans la nuit, je commence à fatiguer avec ces contractions depuis 24 heures. Et puis j’ai 3 étages sans ascenseur à descendre, ce n’est pas facile !

Nous allons à la maternité. Les contractions sont très irrégulières, mais je suis hyper fatiguée. Mais coté col, rien n’a bougé ! Me voyant dans cet état, la sage-femme décide de me garder pour la nuit, et me fait une piqûre dans la cuisse. Ça me soulage quelques petites heures, et je peux dormir un peu.

Le matin, toujours rien, je rentre chez moi. Mon homme reste avec moi ce jour-là, il s’occupe de tout… Il m’aide à supporter les contractions les plus fortes. Je commence un peu à paniquer, car avec toute cette fatigue, j’ai peur de ne plus avoir de forces pour l’accouchement ! Je fais pourtant ce qu’il faut pour inciter mon col à s’ouvrir : ballon, escaliers, mouvements du bassin…

Au cours de cette deuxième nuit chaotique, nous décidons de retourner à la maternité. J’ai des contractions régulièrement pendant une heure, puis plus du tout, puis encore… Moi qui voulait éviter la péridurale, à ce moment, j’attend avec impatience le verdict du touché vaginal pour pouvoir avoir droit à un peu de soulagement.

Et là, catastrophe : la sage-femme m’annonce d’un ton désolé : « Le col est même pas à un, vous faites du faux travail… ». Avec la fatigue et le fait que j’ai vraiment des difficultés à m’alimenter avec les contractions, j’ai un petit coup de mou… Je suis exténuée, je me dis que ce bébé ne va jamais sortir ! En plus, le service est blindé, c’est la pleine lune… Ils peuvent me garder, mais ils n’accéléreront pas les choses pour le moment. De toute façon, je préfère laisser faire les choses le plus naturellement, mais cette fois je n’ai pas le choix…

séance photo bébé marinière

Crédits photo (creative commons) : Vanessa P.

Me voilà donc partie pour une nouvelle nuit, seule dans la chambre de travail, mon mari étant rentré dormir à la maison. La piqûre dans la fesse ne m’apporte qu’une petite heure de répit… Je prends le doudou musical de mon bébé et le pose contre mon ventre. Bientôt ma petite Pounette…. On va se rencontrer bientôt… Mais tu es bien en retard !

Le lendemain matin, mon mari arrive. Il a l’air reposé, lui a dormi un peu, tant mieux. J’attends l’examen avec impatience, j’ai toujours des contractions qui vont et viennent. Hourra, on est à 1, mais « en forçant bien » (ne me demande pas ce que ça veut dire…). D’ailleurs, je perds le bouchon muqueux : c’est signe que ça bouge !

Mais ils ont besoin de la chambre et ils me renvoient chez moi, sans se faire de soucis, puisque j’habite à 2 minutes de la maternité.  Je peine pour monter les 3 étages et arriver à notre appartement. Je renvoie mon mari à son travail, et demande à ma maman de venir me tenir compagnie pour la journée. La pauvre est bien désemparée.

J’ai souvent envie d’aller à la selle depuis le matin. J’aurais dû me souvenir que c’était un des signes que le bébé s’engageait, mais après 2 jours et demi de faux-travail, mon corps était tout courbaturé et mon esprit un peu dans le brouillard.

Ma maman part à 20 heures, et je demande à mon mari de me faire couler un bain pour me soulager. Nous savons que de toute façon, l’accouchement sera pour lendemain, car nous avons finalement eu la confirmation d’un déclenchement à 9 heures. Cette perspective ne m’enchante pas, mais de toute façon, il va bien falloir que ce bébé sorte !

Tout s’accélère

Il est 20h45, je rentre dans le bain chaud, j’ai même pris deux médocs pour stopper les contractions et espérer par la suite dormir un peu, en prévision de la longue journée qui se profile. J’essaie de me détendre et mon mari me masse la nuque… Lorsque arggggg, une énorme contraction me fait cambrer de douleur ! J’ai à peine le temps de récupérer, une deuxième, puis une troisième. Je ne peux réprimer les hurlements.

Mon mari appelle la maternité pour savoir si on peut venir.  La sage-femme en m’entendant crier confirme « heuuu oui, là c’est le moment, on vous attend ! ». Je réussis à sortir du bain, en mode baleine échouée, enroulée dans mon peignoir… Je suis un peu dans un état second, après 72 heures, c’est y est, les vraies contractions sont là !

À 21h30, mon mari me demande s’il a le temps de prendre une douche rapide, il revient du chantier, il se sent sale. Je lui réponds par l’affirmative : 3 jours que j’ai des contractions, on n’est pas à 5 minutes ! En plus, il faut bien que je m’habille avant de sortir pour aller à la maternité.

Sauf que les contractions sont trop fortes. Je m’allonge sur mon lit, lovée contre mon coussin d’allaitement, allongée sur le côté, et il m’est impossible de me lever… Alors je réalise que je ne pourrais pas descendre les escaliers, ces fameux trois étages.

Lorsque mon mari sort paniqué de la douche (qu’il a dû prendre en 2 minutes sur fond de hurlements de douleur), il voit que je n’ai pas bougé et qu’il me sera impossible de le faire. Je lui demande d’appeler les pompiers pour qu’ils me brancardent jusqu’à la maternité…

Pendant qu’il cherche le téléphone et me demande quel est le numéro des pompiers (Gné ? Heureusement que j’ai encore les idées claires à ce moment-là.), je sens quelque chose qui descend à l’intérieur, et une pression extraordinaire à chacune des contractions, qui sont maintenant quasi continues…

Il est en ligne, l’ambulance est partie, on lui passe le médecin du SAMU pour le prendre plus d’informations sur mon état. Et là, SPLOUCH, je perds les eaux… Mon mari exécute les ordres du médecin, qui lui demande ce qu’il voit… (Et là, imagine-toi que cet homme ne voulait justement pas assister à l’accouchement, pour ne pas avoir de souvenirs sanguinolents, hum hum.)

Finalement, au milieu de mes cris – façon cri primal dans les montagnes russes – et du liquide amniotique : « Je… je vois les cheveux. »…

Bon bah, là, c’est cuit, moi je n’ai qu’une envie, c’est de pousser. D’ailleurs je ne sais même pas si je pousse, ou si ce sont les contractions s’en chargent. Je réalise que je vais accoucher là, sur mon lit, dans ma chambre, et que nous serons tous les 2, avec le médecin du SAMU au bout du fil. Je ne panique pas, contrairement à mon mari. Mais bon, forcément, il se rend compte que je souffre et il a peur…

La tête sort instantanément, suivie de près par le reste… Notre Pounette a les yeux ouverts, pousse immédiatement son premier cri, dès que son papa l’attrape pour la déposer sur mon ventre. Elle est toute propre, toute petite, et se love déjà contre mon sein…

22h07. Voilà, nous sommes parents… Nous sommes tous les 3, les pompiers sont en chemin, visiblement la petite va bien, je vais bien, le papa est « content mais sous le choc ».

Je suis dans un état second, sans doute dû à l’énorme dose d’endorphine que mon corps a dû sécréter ! Je fais des blagues aux pompiers, qui sont bien soulagés que le plus difficile ne soit plus à faire. Ils nous transportent rapidement à la maternité pour ne pas avoir à gérer la délivrance.

Pour la petite anecdote, je suis restée un bon moment pieds-nus à la maternité, car je suis partie uniquement vêtue de mon peignoir. Or je n’avais prévu aucune chaussures dans mon sac de maternité : évidemment, je partais du principe que j’arriverais avec mes sandales à la maternité.

Quand les choses se bouleversent à nouveau

Une fois à la maternité, nous sommes prises en charge toutes les deux. La sage-femme que mon mari a eu au bout du fil auparavant s’occupe de moi, et elle me confiera que, lorsque le SAMU a appelé pour leur annoncer une patiente avec un bébé, elle était sûre que c’était moi. Quelques points de sutures plus tard, j’entends : « Votre mari aurait dû ralentir la sortie du bébé ! » LOL. Mais heureusement, les points sont très superficiels, je n’aurais pas de séquelles.

Ma Pounette arrive après ses quelques examens. Malgré ses 3 jours de retard, elle ne pèse que 2,750 kg, et pas l’ombre d’un bourrelet. Mais tout va bien. On lui fait quand même des examens complémentaires, compte tenu des circonstances de sa naissance.

Le lendemain matin, un premier verdict tombe. Son taux de protéine C réactive (CRP) est élevé. Cela peut être un signe d’infection, on surveille donc la fièvre. Mais pour ma part, je trouve que ma Pounette va bien. Elle tête bien, elle dort… et moi, je réalise ce qu’il vient de nous arriver…

Le soir, le médecin arrive dans la chambre l’air grave. Les CRP sont encore montées, or les protocoles de l’époque indiquent un traitement par antibiotiques en intraveineuse, et des examens complémentaires pour le bébé, qui doit donc être transféré en néonatologie.

J’accuse le coup. Ma plus grande crainte est d’être séparée de mon bébé… Voyant que tout se mettait en place pour ma fille, j’ai quand même osé demander à pouvoir la suivre. Et heureusement que je l’ai fait ! Pour la poursuite de mon allaitement, pour ma santé de jeune maman, pour la sérénité du papa… Déjà qu’on nous faisait grandement culpabiliser par rapport au fait que notre fille soit née à la maison (comme si nous l’avions fait exprès).

Bref, j’ai finalement une place en unité kangourou, et je prends l’ambulance avec ma Pounette, laissant le papa sur le parking, désemparé. Lui comme moi, ça faisait beaucoup de choses en 24h.

En arrivant là-bas, la prise en charge est rapide. J’entends les lettres « PL » notamment, qui tombent en prescriptions… Le pédiatre m’explique qu’ils font une série d’examens, dont nous n’aurons les résultats que 3 jours plus tard. Si tout va bien, nous sortirons, sinon, on précisera le traitement. En attendant, antibiotiques à large spectre deux fois par jour en intraveineuse, surveillance sous scope pendant la nuit.

On me ramène mon bébé à minuit, j’ai l’impression qu’elle a mené un combat de boxe et qu’elle a beaucoup pleuré. Elle a les fils du scope, le pansement de la ponction lombaire dans le dos (la fameuse « PL »)… Elle tète de plus belle et s’endort contre moi.

La puéricultrice la ramène dans la nurserie pour la mettre sous scope, et promet de me la ramener dès qu’elle en aura besoin. Et elle tiendra sa promesse ! Que ce soit pour une tétée, ou même seulement pour un câlin de maman. Cette femme est une sainte !

Au cours de mon séjour, j’aperçois parfois dans le couloir d’autres mamans, et je sais que certaines vivent des instants bien plus compliqués que ceux que je vis moi-même. J’essaie cependant de ne pas trop y prêter attention, je me consacre à ma fille. Je sens vraiment que je suis SON monde, lorsqu’elle se love contre moi, je suis tout ce qu’elle connait pour le moment, et je sens que ma présence la rassure et lui permet de supporter ce qu’on lui fait subir par ailleurs.

J’avoue avoir véritablement apprécié mon passage en chambre kangourou. Les visites des proches sont limitées, mais autorisées. L’idéal pour se reposer et apprendre tranquillement à être maman. Et le personnel est vraiment à l’écoute.

Nous voilà samedi. Le docteur passe, le sourire aux lèvres… J’appelle mon mari, il peut venir avec la nacelle. Nous rentrons à la maison toutes les deux avec lui. Et là, je m’autorise enfin à pleurer après toutes nos mésaventures…

Et toi, tu as accouché en avance, après terme, ou le jour pile de la DPA estimée ? Tu te disais aussi que tu accoucherais forcément avant ? Tu as connu long faux travail ? Raconte !

Toi aussi, tu veux raconter ton accouchement sur le blog ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Petite blonde débordée, maman de deux poupous, mariée à Monsieur Super bricoleur. J'essaie de profiter de la vie en voyant le positif d'abord... et tant pis pour les tracas secondaires !