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Comment une crise d’éclampsie a bouleversé ma grossesse


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Il y a un an, j’ai donné naissance à mon petit garçon. Ça aurait pu être une histoire pleine de bonheur et presque ordinaire, comme pour des milliers de parents, mais mon histoire est un peu différente.

Avec ce texte, j’espère te faire passer un message à toi, future maman : écoute-toi (oui oui). Ne fais pas comme moi, qui voulais me montrer forte et ai été inconsciente (ou têtue comme une bretonne, dirait mon chéri).

Mais rassure-toi, mon histoire se termine bien. Et aujourd’hui, tout le monde se porte à merveille.

Naissance et éclampsie

Crédits photo : Photo personnelle

À 6 mois de grossesse, je me sentais en super forme. Tout allait bien pour moi et bébé. J’étais suivie par des sages-femmes dans l’hôpital à côté de chez nous, et j’étais en arrêt maladie par précaution, à cause de mon travail un brin particulier. C’était le début de l’été, et je comptais bien me reposer, mais aussi en profiter un peu.

Avec mon mari, nous savions que j’attendais un petit bonhomme, même si nous n’avions pas encore réfléchi à un prénom. Nous étions sur notre nuage de futurs parents. Mais tout s’est assombri très soudainement.

Un lundi, après avoir passé un beau weekend entre le parc du Puy du Fou et l’anniversaire d’une amie, je me suis sentie un peu fatiguée. Rien de méchant à mes yeux, vu les deux jours de folie que nous venions de passer. Sans compter mon ventre imposant qui poussait (et mon sentiment de devenir une jolie baleine future maman).

Bébé gigotant et jouant avec ma vessie, je suis allée me coucher tôt ce jour-là.

Le lendemain, ma journée s’est bien passée, rien à signaler. Mais j’ai eu un gros mal de tête le soir (ce qui m’arrive rarement). Toujours rien de grave pour moi : un paracétamol, et hop, disparu !

Le mercredi a été un peu différent. Je me suis levée avec un mal de dos intense. Bon, comme chacun des jours d’une femme enceinte est une nouvelle aventure, je me suis dit : “C’est comme d’habitude !” (J’avais déjà des problèmes de dos depuis le début de ma grossesse, et notre matelas n’était pas top.) Mais cette fois-ci, la douleur formait un cercle entre mon dos et ma poitrine.

Par précaution, j’ai appelé mon ostéopathe, qui m’a proposé de passer dans l’après-midi. J’y suis allée, nous avons papoté, il m’a remise d’aplomb, et je suis sortie du cabinet soulagée et légère.

Le soir, j’ai trouvé bébé un peu plus calme. Puis de nouveau, la migraine est apparue. Hop, encore un paracétamol et elle est passée ! Enfin…

… jusqu’au milieu de la nuit, où j’avais de nouveau mal à la tête, au dos et à la poitrine. Mon mari s’est inquiété (le pauvre, ce n’était que le début). Je l’ai rassuré en lui disant qu’au matin, j’appellerais mon médecin traitant, et que j’aviserais avec lui de ce qu’il faudrait que je fasse.

Le matin est arrivé, mais mon coup de téléphone, lui, n’a jamais pu être passé.

À peine levée, j’ai fait quelques pas dans le couloir. Et là, je me suis sentie toute chose : des papillons sont apparus devant mes yeux, et mes jambes se sont mises à flageoler.

Je me suis rallongée en catastrophe sur le lit, et j’ai appelé mon homme, qui était dans la cuisine, prêt à partir au travail.

Le temps qu’il arrive dans la chambre, j’ai senti comme des fourmis monter dans mes jambes, de façon très intense. Ensuite, mes jambes ont commencé à trembler toutes seules, puis mes bras. Je ne contrôlais plus mon corps, je convulsais.

J’ai juste eu le temps de dire à mon mari : “Je pars”, avant d’entendre ma mâchoire claquer… Trou noir.

Pompiers et SAMU sont intervenus à la maison. On m’a sortie par la fenêtre de la chambre et j’ai été emmenée en urgence au CHU de niveau 3 le plus proche (et non pas à l’hôpital à côté). Il y avait un risque vital pour le bébé et moi, nos vies étaient en danger.

Camion pompiers

Crédits photo (creative commons) : Frédéric Bisson

Après un jour et demi dans le brouillard, différents examens, plusieurs tentatives des médecins pour me stabiliser, je plongeais en zone rouge, entraînant bébé avec moi. Une césarienne a donc été decidée en urgence.

Mon fils est né à 28 SA et pesait 1kg tout rond. Par chance, les médecins ont réussi à le réanimer et il a survécu.

Mon mari a pu le voir quelques temps après sa naissance, dans sa couveuse. Pour ma part, j’ai pu le découvrir le soir même, et l’avoir en peau à peau contre moi pendant quelques minutes (bonheur et soulagement).

Il nous a fallu deux jours pour lui trouver un prénom, qui a finalement été une évidence (et qui lui va comme un gant).

Que s’est-il passé ?

Les médecins nous ont dit que j’avais fait une « crise d’éclampsie avec HELLP syndrome ». Tout ça a été précédé d’une pré-éclampsie, que je n’ai pas détectée, malgré les quelques symptômes que j’ai ressentis (migraines, mal de dos/poitrine).

J’aurais également pu être diagnostiquée par mon ostéopathe, mais il a zappé de me prendre ma tension (pas de bol). Une tension anormale nous aurait pourtant alertés. J’aurais été prise en charge de suite à l’hôpital pour la pré-éclampsie, et ça m’aurait évité d’atteindre la crise convulsive de l’éclampsie.

Qu’est-ce que c’est, la pré-éclampsie ?

C’est une maladie qui peut toucher n’importe quelle femme enceinte (même s’il existe plusieurs facteurs de risque).

Elle survient généralement à partir du sixième mois de grossesse, mais peut aussi se manifester jusqu’à quelques jours après l’accouchement. Son origine n’est pas trop connue, ni définie (défaut d’implantation du placenta, antigènes du papa posant problème, hérédité…).

Les symptômes de la pré-éclampsie sont nombreux : hypertension, protéines dans les urines, mal de tête, douleur à la poitrine ou au niveau de l’abdomen, œdèmes, diminution de la quantité des urines, troubles visuels, vertiges… Bref, tout plein de signes auxquels il faut être attentive.

Cette maladie peut avoir des conséquences graves pour la maman, allant jusqu’à son décès si elle n’est pas prise en charge (et c’est la même chose pour bébé). Le seul et unique traitement de l’éclampsie est l’accouchement (et ce, quel que soit le stade de la grossesse) et l’enlèvement du placenta.

Côté papa

Après m’avoir vue perdre connaissance et convulser, il a bien géré (merci la formation aux premiers secours, je la conseille à chaque papa) et a contacté les secours. Il a accueilli les pompiers à la maison et a certainement dépassé les limitations de vitesse pour me rejoindre à l’hôpital.

Il a passé deux jours seul* dans un mélange d’inquiétude et de peur pour bébé et moi. Heureusement, il a été vite apaisé quand il a vu que j’allais un peu mieux après l’accouchement, et que bébé était vivant.

(*Sa famille vit à 800 km de chez nous, et ma famille était partie en vacances à 600 km d’ici. Dans l’urgence, ils ont tous rappliqué dans les 48 heures, pour nous soutenir et découvrir notre petit bonhomme…)

Côté maman

Comme toute maman ayant subi une césarienne, il a fallu que je m’en remette (doucement mais sûrement, comme dit l’adage), surtout sans mon bébé près de moi.

Il a aussi fallu que je me remette de la crise convulsive, des doses de médicaments, de l’inquiétude ressentie, du choc de la naissance, de la prématurité de bébé… Un grand merci à la psychologue et aux médecins, qui nous ont rendu visite dans ma chambre d’hôpital pour nous faire parler/pleurer/comprendre que nous ne devions pas nous en vouloir, et nous calmer/rassurer/expliquer…

En plus de tout ça, j’ai été sous médicaments pour faire redescendre ma tension, et mon hospitalisation a duré une dizaine de jours (j’aurais pu rester plus longtemps, mais je saturais dans ma chambre d’hôpital).

Après ma sortie, j’ai été suivie pendant plusieurs mois : prises de sang pour contrôler la baisse/stabilisation de ma tension, tests urinaires pour surveiller le taux de protéinurie, et examen chez un néphrologue.

Pour une prochaine grossesse, il me faudra un suivi dans le service des grossesses à risque, une prise d’aspirine quotidienne dès le début de la grossesse, et des rendez-vous hebdomadaires avec un tensiomètre (glamour !).

Côté bébé

À sa naissance, mon fils a été mis en couveuse, et suivi/soigné/opéré/chouchouté dans le service de réa-néonatalogie du CHU (merci et bravo aux équipes). Après deux mois et demi d’hospitalisation, il en est sorti en bonne santé.

Aujourd’hui, il n’a pas de séquelle visible, et se développe normalement, à son rythme. Mon mari et moi sommes rassurés et heureux de ce dénouement.

Pour conclure

Profite de ta grossesse au maximum, mais sois à l’écoute de ton corps, et n’hésite pas à harceler questionner ton médecin, ta sage-femme, ou toute autre personne au moindre signe qui pourrait t’inquiéter !

Et, oui, oui, oui, dès que mon premier bébé sera un peu plus grand, je rêve d’en faire un second !

Et toi, tu as souffert de pré-éclampsie ? La naissance de ton enfant a aussi été précipitée ? Tu as vécu les moments d’angoisse de la prématurité ? Viens en parler…

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Bretonne de 34 ans, je suis marié à mon Isérois d'amour depuis mai 2014. Deux mois plus tard, dans une folle tornade, notre bébé a pointé le bout de son nez, pour notre plus grande peur et notre plus grande joie. J'ai découvert ce blog via "Mademoislle Dentelle", blog auquel je suis accro depuis la préparation de notre mariage il y a plus de 2 ans.