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La fin de grossesse et la naissance de MiniChat


Publié le 21 septembre 2019 par MamBat

La dernière fois que je t’ai laissée, j’attendais encore de savoir si j’aurais, ou non, le droit d’accoucher par voie basse.

A 37 sa, j’ai donc eu ma dernière échographie de contrôle et là, stupeur, mon placenta est enfin remonté ! Pas de beaucoup, certes, mais suffisamment pour avoir mon autorisation pour la voie basse ! Je souffle d’un coup… avant de réaliser que cela signifie qu’il va peut-être que je me mette à organiser mon départ à la maternité : préparer (enfin) ma valise, monter le berceau, trouver des amis pour s’occuper des grandes sœurs au moment du départ… tout ce qui devait être une simple formalité en cas de césarienne programmée devient une vraie organisation à prévoir. Cela dit, je ne me stresse pas trop : Biquette est née après terme, PetitChou 2 jours avant, je ne m’attends pas vraiment à accoucher avant 40 sa. Commence alors l’attente…

40 sa : rien du tout

40+1 : coup de téléphone de la maternité pour caler les rendez-vous du protocole de grossesse prolongée (aka ton bébé est tellement bien dedans qu’il va falloir s’organiser pour le faire sortir).

41 sa : 3 kilomètres à pieds (ça use, ça use…) et pas une contraction. Enfin plutôt, une grosse contraction, je sens MiniChat descendre dans mon bassin sauf qu’une fois la nuit passée, il est remonté et je n’ai plus de contractions. Je commence à m’inquiéter un peu : à 41+3 j’ai rendez-vous pour un déclenchement, et je sais que ma maternité n’aime pas trop déclencher sur un placenta bas.

41+1 : qu’à cela ne tienne, j’appelle une amie qui doit accoucher 10 jours plus tard. Perdu pour perdu, on n’a qu’à se promener dans les bois les plus proches, si ça ne me fait pas accoucher, ça ne peut pas me faire de mal. 6 kilomètres plus tard, j’ai quelques contractions dans la soirée. J’envoie un message à une amie pour lui demander si elle préfère que je l’appelle ou qu’on sonne directement chez elle si on part dans la nuit, puis je vais me coucher. Plus de contractions, ce ne sera encore pas pour aujourd’hui.

41+2 : Tant pis, je me fais une raison, ce sera un déclenchement demain matin. Sauf qu’à 10h… une contraction, puis une autre, puis encore une autre. Ça fait 3 contractions en une heure qui m’obligent à ralentir. Serait-ce pour aujourd’hui ? On décide de déjeuner, mais entre la fatigue et les contractions qui restent espacées mais douloureuses, je n’ai aucune envie de faire à manger. On est dimanche, je vais sur le marché et j’achète du gratin dauphinois aux truffes et du tiramisu sur le stand du traiteur italien. On couche les grandes pour la sieste et lance un film. Les contractions sont à peu près régulières toutes les 10 minutes.

15h : on retourne se promener, avec les grandes cette fois-ci. Les contractions sont toujours bien présentes, et on décide de ne rentrer que lorsque je serai obligée de m’arrêter de marcher pour laisser passer la contraction.

17h : retour à la maison, on appelle une amie, ça y est, ça semble bien parti cette histoire, on lui laisse les grandes avec les instructions pour la soirée, la nuit et le petit déjeuner, puis on part à la maternité.

Une fois arrivés, l’infirmière d’accueil me demande la régularité de mes contractions (toutes les 7 minutes) et de chiffrer la douleur. On doit être à 6/10 mais je gère. Elle me laisse donc dans une salle d’examen sans personne. Le temps passe, je gère toujours, assise sur le bord d’un tabouret. J’attends de voir une sage-femme pour commencer à utiliser la synergie d’huiles essentielles qu’une amie sage-femme m’avait indiquée pour l’accouchement.

Quelqu’un passe… et ferme la porte de la salle dans laquelle je suis. Ça fait maintenant une heure qu’on est arrivés, et je n’ai toujours pas vu de sage-femme. Je gère toujours, mais l’attente commence à être pénible.

Finalement, comme nous sommes à côté de l’entrée des urgences, je dis à mon mari d’ouvrir la porte et de faire un signe à la prochaine personne qui passe, de toute manière les infirmières sont obligées de passer devant cette salle pour ouvrir aux personnes qui arrivent aux urgences. Aussitôt dit, aussitôt fait, le résultat ne se fait pas attendre : une infirmière passe, nous voit, apprend qu’on est seuls depuis 1h30 et appelle en urgence une sage-femme : « Hé ! ça fait 1h30 que MamBat attend, elle n’a vu personne et c’est son troisième enfant ! »

2 minutes après, une sage-femme est avec nous : je suis à 4, le travail a officiellement commencé ! Il n’y a aucune salle de travail de disponible, alors on me passe directement en salle de naissance. Il est 19h15, et j’ai des contractions toutes les 6 minutes. Mon mari est chargé de me masser les zones sacrées à chaque contraction, et de me masser les mêmes zones avec des huiles essentielles toutes les 20 minutes. A posteriori, lui donner quelque chose à faire pendant le travail a été la meilleure idée de tout l’accouchement, d’abord ça me soulageait bien, et ensuite il ne se sentait pas impuissant ou inutile. Je me mets dans ma bulle, la salle est très silencieuse et j’ai besoin de ce silence pour me concentrer sur les contractions et la rencontre qui approche.

Crédit photo (creative commons) : Pixabay / esudroff

Vers 20h15, les contractions ne se sont toujours pas rapprochées, je gère mais je commence à désespérer : je sais bien que je veux accoucher sans péridurale, mais là, rien ne se rapproche, j’ai le sentiment que comme pour PetitChou l’accouchement est parti pour durer… et à ce rythme là, je n’arriverai à rien. En plus la douleur commence à s’intensifier, je fatigue… j’appelle alors la sage-femme, au courant de mon projet et on discute de la péri. Elle entend ma peur de perdre pied à cause de la douleur et me propose un deal : je vais aux toilettes, elle m’examine et on en reparle.

A l’examen, surprise : en début de contraction je suis à 7, mais mon col est tellement mou qu’une fois la contraction là, je suis à complète et la poche des eaux est bombante. Impossible de chiffrer exactement la progression du travail ! C’en est trop, je lui dis qu’à ce compte là, je n’y arriverai pas, il va falloir que je me repose. Elle se lève, m’installe la perfusion pour l’hydratation et là… contraction, la poche des eaux éclate. Il y en a partout et je suis stupéfaite. Je n’ai jamais connu une telle rupture, et là il va falloir que ça aille très vite sinon je vais perdre les pédales. La sage-femme le comprend, attend la contraction suivante pour décider de la suite à donner. Contraction : la tête est sur le périnée. Mon dernier souvenir est d’avoir vu la sage-femme appeler l’équipe en vitesse pendant que je lui dis « là, il va falloir qu’il sorte de là, et vite ! »

La puéricultrice qui ne sait pas que je n’ai pas de péri me propose de m’allonger pour bien me détendre : impossible, et trop tard, je suis en train de pousser. Une contraction : la tête passe, une autre, les épaules, et la suivante j’attrape mon bébé et mon mari tombe dans les pommes.

Il est 20h49, MiniChat est né, et je découvre dans mes bras le plus beau des petits garçons.

La suite est un peu moins drôle quoi que tout aussi intense : mon placenta n’est pas expulsé complètement. Un coup d’écho montre que les morceaux restants sont localisés à l’entrée de l’utérus. Pendant plus d’une heure et sans anesthésie, la sage-femme massera mon utérus et la gynéco ira chercher à la main les morceaux restants. C’est long, ça fait mal, et en plus j’ai une faim de loup. Je ne remonterai dans ma chambre que deux heures après la fin de la révision utérine, le temps d’être sûr que le risque hémorragique est écarté. La nuit commence, la vie est maintenant devant nous !

Et toi, tu as accouché sans péridurale ? Tu as connu une révision utérine ? Viens en parler en commentaire !


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Commentaires

7   Commentaires Laisser un commentaire ?

Marie

« Et mon mari tombe dans les pommes » 😂😂😂 bravo à tous les deux quand même, bravo à toi qui as super bien géré, trop mignon!

le 21/09/2019 à 09h38 | Répondre

MamBat

Après coup on en rit, 3° enfant, 3° accouchement, et pour la première fois il défaille à la naissance 😀

le 21/09/2019 à 13h51 | Répondre

Maud (voir son site)

Désolée pour ton mari, je n’ai pas pu m’empêcher de rire aussi « et mon mari tombe dans les pommes » !
En même temps ça a dû être impressionnant avec la rapidité de la sortie de MiniChat !
J’ai eu aussi un placenta bas inséré pour la 2e grossesse qui est remonté au fur et à mesure des contrôles mais pas suffisamment pour avoir l’accord d’un accouchement par voie basse sans risque.
J’en ai pleuré devant la gynécologue…
Finalement ptit chou n’a pas attendu la césarienne programmée et s’est annoncée 5 jours avant. Césa en semi urgence qui s’est très bien passée et qui m’a permis d’avoir la surprise de sa naissance quand même 🙂

le 21/09/2019 à 19h34 | Répondre

MamBat

Je suis contente de savoir que ta césarienne s’est bien passée et que tu as pu avoir al surprise de la naissance malgré tout. De mon côté, j’étais assez en paix avec la possibilité de la césa programmée. On m’en a parlé lors de la deuxième écho, j’avais fini par me faire à l’idée et même à y trouver des avantages (possibilité d’anticiper la logistique autour de la naissance, de se préparer sereinement à ce jour là, etc.), donc l’autorisation de la voie basse m’a prise par surprise, mais cela dit, je suis ravie d’avoir pu accoucher par voie basse sans péri ni (trop de) complications !

le 23/09/2019 à 15h52 | Répondre

Virg

« J’attrappe mon bébé et mon mari tombe dans les pommes » c’est excellent 🙂 🙂 🙂 une histoire qui restera dans les anales de votre famille 😉
Bienvenue au minichat

le 22/09/2019 à 12h03 | Répondre

Workingmutti (voir son site)

J’adore le parallèle entre le bébé qui sort et le papa qui tombe dans les pommes XD. Pour la révision utérine sans anesthésie, franchement c’est vraiment très très très limite.

le 23/09/2019 à 09h06 | Répondre

MamBat

Sur le coup je leur ai demandé si l’anesthésie était possible, ils m’ont répondu qu’ils allaient voir. En en reparlant avec une amie sage-femme, elle me disait que ça dépendait vraiment des médecins, et que certains ne voulaient pas prendre le risque d’une hémorragie, et donc choisissaient de faire les révisions vite et à vif. Après coup j’aurais peut-être du insister pour être anesthésiée, mais sur le coup j’essayais déjà de me remettre et de comprendre ce qui se passait.

le 23/09/2019 à 15h46 | Répondre

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