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À bas la culpabilité maternelle !

Dans ma vie, j’ai rencontré un tas de mères. La mienne, déjà, évidemment, et puis plein d’autres, toutes différentes. Des grosses, des minces, des jolies et des moches, des jeunes et des vieilles, des qui travaillaient et d’autres qui restaient à la maison, des qui allaitaient et d’autres qui donnaient le biberon…

Au final, leur seul point commun : la culpabilité.

C’est dingue de voir à quel point en tant que maman, on a le don de culpabiliser. A croire que c’est un package : un bébé = une dose de cheval de culpabilité éternelle. Personnellement, je n’aime pas spécialement culpabiliser. Après tout, ce n’est (vraiment !) pas très agréable.

Mais cela semblait le truc à faire quand on est maman. Alors je faisais.

Puis au bout d’un moment, j’ai remarqué que certaines mamans culpabilisaient moins que d’autres et j’ai commencé à me poser des questions. Est-ce que j’étais vraiment obligée de culpabiliser tout le temps pour être une bonne mère ? Voici les résultats de ma réflexion.

mère et fille

Crédits photo (creative commons) : Donnie Ray Jones

C’est normal

Être maman, c’est dur.

Les gens disent souvent que « chaque enfant est différent », je suis sûre qu’on t’a déjà sortie cette phrase toute faite. Mais on sait tous ce que ça veut vraiment dire : il n’y a pas de mode d’emploi. Pour aucun d’entre eux !

En gros, le principe de la maternité c’est que tu fais ce que tu peux, plus ou moins au pif parce que de toutes façons tu liras tout et son contraire, et tu verras le résultat de tes efforts dans 20 ou 30 ans, quand il sera trop tard pour corriger le tir et que la seule chose que tu pourras faire sera de dire « désolée » si tu t’es vraiment beaucoup gourée.

(Fastoche ! Je signe où ?)

Donc forcément, en tant que maman, on est sans arrêt en train de se poser des questions, à se demander si ce qu’on fait est le mieux et si on aurait pas dû plutôt faire ceci plutôt que cela. Bref, on culpabilise.

… mais ce n’est pas obligatoire !

Non non.

Souvent j’entends des femmes dire « la sage-femme m’a fait culpabiliser de ne pas allaiter » ou « mon gynéco m’a fait culpabiliser de prendre du poids ». Tu dis ça, toi aussi ? Si oui, j’ai envie de te dire quelque chose.

C’est faux !

Il serait plus exact de dire « j’ai culpabilisé de ne pas allaiter suite à la réflexion de la sage-femme » et « j’ai culpabilisé de prendre du poids suite à la réflexion du gynéco ».

Parce que oui, il s’agit bien de ça. C’est nous-même qui nous faisons culpabiliser. La preuve : si j’essaie de te faire culpabiliser de ne pas avoir encore tranché le bras gauche de ton enfant, je vais avoir beaucoup de mal ! Pourquoi ? Parce que tu es intimement persuadée que ce qu’il y a de mieux pour ton enfant, pour toi et pour toute ta famille, c’est que ton loupiot grandisse avec ses deux bras.

(Enfin j’espère. Sinon ok, il y a de quoi culpabiliser.)

À mon sens, la solution anti-culpabilité est donc simple :

  1. faire ce que tu penses est le mieux pour ton enfant, pour toi et pour ta famille, avec les informations dont tu disposes à un moment donné,
  2. accepter le fait que tu feras forcément des erreurs et que c’est ok.

(Eh, j’ai dis simple. J’ai pas dis facile. Si tu veux du facile, il faut aller grimper l’Everest, pas élever un enfant.)

Non, tu ne peux pas faire tout parfaitement

Bien sûr, il ne s’agit pas de faire n’importe quoi pour ton enfant. Mais une fois que tu a lu la moitié de l’internet mondial à la recherche de THE régime parfait pour la diversification et que tu n’es pas plus avancée parce que tout le monde dit tout et son contraire (commencer à 3 ou à 7 mois ? Peut-il manger du gluten ? Et les amandes ? Petits pots industriels ou pas ? Aaaaaargh !!), tu peux décider de faire ce qui te semble le plus adapté à toi, ton enfant et ta famille à ce moment-là.

Est-ce que tu vas te tromper ? Oui, tu vas forcément te tromper. Si ce n’est pas sur ce sujet, ce sera sur un autre. Parce que non, tu ne vas pas pouvoir tout faire parfaitement. Mais tu sais quoi ? C’est ok, parce que ton enfant n’a pas besoin d’une mère parfaite, il a juste besoin d’une bonne mère.

Je crois que parfois, culpabiliser nous permet d’accepter qu’on est imparfaite. On a fait des erreurs, mais bon, au moins on n’est pas contente de soi, on se le répète et on le dit aux autres. C’est déjà ça, hein ?

Sauf que, est-ce que ça vaut vraiment le coup de se pourrir la vie avec ce genre de culpabilité inutile ?

À quoi sert la culpabilité ?

Attention, je ne dis pas qu’il ne faudrait plus jamais culpabiliser.

La culpabilité saine a une vraie utilité : quand on blesse quelqu’un, c’est le sentiment de culpabilité qui nous amène à nous excuser, à réparer et à ne pas recommencer. Si tu penses avoir fait du tort à ton enfant, tu peux (tu dois !) t’excuser, réparer et faire ce qu’il faut pour ne pas recommencer. Si tu grondes ton fils à tort, que tu arrives en retard pour chercher ta fille à la maternelle ou que tu lui fiches la honte devant tous ses copains, oui, je pense que c’est normal de ressentir de la culpabilité et oui, je pense que c’est une bonne chose de s’excuser auprès de son enfant.

Apprendre que tout le monde peut faire une erreur, c’est une leçon de vie importante. Ton enfant peut alors se dire qu’il n’est pas seul à faire des erreurs, qu’il peut devenir « grand » malgré ses quelques erreurs et qu’il n’est pas obligé d’être parfait aux yeux des autres. De la pression en moins sur ses épaules !

De même, voir son parent assumer et réparer une faute (y compris en s’excusant auprès de son enfant), est une bonne base pour apprendre à assumer et réparer ses erreurs. Encore une fois, les enfants apprennent en modélisant ce qu’ils voient autour d’eux et ton exemple d’adulte responsable sera bien plus efficace que tous les discours que tu peux faire pour essayer de le responsabiliser.

Arrêter de culpabiliser pour nos pensées et nos envies

Mais si tu regardes bien, nous les mamans, nous culpabilisons bien souvent pour quelque chose que nous ne contrôlons pas, c’est à dire nos émotions et nos envies :

  • ne pas avoir envie d’allaiter (ou ne pas avoir envie d’arrêter d’allaiter)
  • avoir envie (ou besoin) de travailler à l’extérieur
  • avoir envie de garder son enfant avec soi
  • ne pas aimer donner le bain/jouer/chahuter/chanter/lire/faire des gâteaux avec ses enfants (raye la mention inutile)
  • ne pas avoir ressenti l’amour inconditionnel dès les premiers instants
  • avoir regretté le sexe de son enfant
  • être heureuse de les déposer chez Mamie pour un weekend en amoureux

Sauf qu’on ne maîtrise pas ses émotions. On maîtrise uniquement ses actes.

Oui, tu peux avoir envie, dans un moment de ras le bol, de tout plaquer et de te barrer à l’autre bout du monde sans plus jamais donner de nouvelles. Et oui, tu as le droit d’avoir cette envie. Tant que tu ne passes pas à l’acte, cela ne fait pas de toi une mauvaise mère ! (En revanche, ça veut peut-être dire que tu es au bout du rouleau et que tu as besoin d’aide pour gérer ton quotidien, mais ça c’est un autre problème, qu’on abordera dans un autre article.)

Être parent, ce n’est pas noir ou blanc. Cela suppose un tas de sentiments complexes et parfois contradictoires. On aime nos enfants à la folie, tellement qu’on se dit qu’il serait impossible de vivre sans eux, et en même temps, parfois, on a juste envie d’être tranquille et de ne plus les voir.

Je pense que c’est normal. Jusqu’à présent, je n’ai jamais rencontré de maman qui ne ressentait pas ce genre d’ambivalence.

Alors est-ce que ça vaut le coup de culpabiliser parce qu’on est juste une mère normale qui fait du mieux qu’elle peut ?

Je vote non.

Et toi, comment tu gères la culpabilité maternelle ? Des conseils à nous donner ? Des expériences d’erreurs que tu as faites ? Raconte-nous ça dans les commentaires !

A propos de l’auteur

Je suis entrepreneur, auteur et fondatrice de plusieurs sites (dont celui-ci !). Je viens de quitter la région parisienne pour m'installer en Ardèche avec mon mari, nos 4 enfants et notre chien. J’adore recevoir, décorer et surtout cuisiner. Tellement, d'ailleurs, que j'ai aussi un blog cuisine où je propose des recettes crées avec des produits locaux et de saison.