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A la une / Récit de grossesse

Mon placenta et moi

Dans l’une de mes dernières chroniques, je t’expliquais que pour la première fois j’arrivais à lâcher prise et à profiter de ma grossesse. Je dois avouer que ce lâcher prise m’a été bien utile ces derniers mois.

Quand les choses se compliquent…

Lorsque je suis arrivée à ma deuxième écho, ma grossesse se passait plutôt bien, une fois la frayeur des saignements du premier trimestre passée. Les nausées et migraines commençaient à passer doucement et je reprenais goût aux repas.

Nous avons prévenu le médecin de notre choix de connaître le sexe et de ne pas le connaître, et l’échographie a commencé. Bonne nouvelle : MiniChat est dans les normes pour la taille ! Pas d’hypotrophie ni de suivi rapproché pour cette fois-ci, c’est donc possible ! Oui, mais il y a un mais. Le médecin s’arrête sur une mesure, puis m’explique que mon placenta a l’air un peu près de mon col, il va falloir vérifier ça. L’écho endovaginale confirme le diagnostic : placenta bas inséré. « On va surveiller ça et on verra pour la suite » Surveiller quoi ? Voir quoi ? Et c’est quoi cette histoire de placenta bas inséré ?

Le placenta bas inséré, qu’est-ce que c’est ?

En théorie, en début de grossesse, ton placenta s’insère au fond de ton utérus. Parfois, il arrive qu’il fasse autrement, et autrement c’est notamment une insertion basse, près du col donc. On le diagnostique en général lors de la deuxième échographie. A ce moment, le médecin (ou la sage-femme) qui te fait passer ton échographie vérifie la distance entre l’orifice interne du col, et le bord du placenta. On parle de placenta bas inséré s’il est implanté à moins de 6 centimètres de l’orifice interne.

Dans ce cas, on prévoit une échographie de contrôle environ un mois après pour vérifier que le placenta s’est éloigné du col grâce à la croissance de l’utérus. Dans 90% des cas, le placenta remonte avant la troisième échographie. Si ce n’est pas le cas, on parle alors de placenta praevia, et en fonction de la distance entre le placenta et l’orifice interne, il peut être nécessaire de prévoir une césarienne, parce que le placenta gênerait ou empêcherait le passage du bébé en cas d’accouchement par voie basse.

Outre le risque de césarienne, il y a surtout un risque d’hémorragie : pendant la grossesse, le col de l’utérus est sollicité et travaille. Si ton placenta est dans le fond de l’utérus, pas de souci, mais s’il est bas inséré, cela peut causer des saignements. Dans ce cas, un réflexe : urgences maternité sans se poser de questions.

Crédit photo : Pixabay

Et pour moi alors ?

De mon côté, je m’estime chanceuse : je n’ai pas eu d’hémorragies. A partir de ma deuxième écho et jusqu’à la troisième, je n’ai pas vécu dans le stress, j’ai juste pris le temps de me faire à l’idée de la césarienne.

Lors de l’échographie de contrôle un mois après la deuxième écho, mon placenta n’avait pas bougé. Rien. Nada. Même pas un dixième de millimètre. Pas de passeport pour la voie basse donc, et un report de la décision à la troisième écho, même si ça commence à sentir le roussi… En attendant, je dois me ménager : plus de grands trajets en voiture, pas de métro, pas de port de charge (cela incluant également Biquette et PetitChou).

A partir de là, la fin de ma grossesse est devenue un grand flou. Je t’en reparlerais sans doute plus tard, mais ne sachant pas comment j’allais accoucher, je suis devenue incapable de me projeter dans la fin de la grossesse, la naissance, ou même l’après. Je ne vivais plus que le présent, me préparant et préparant MisterBat à l’idée de la césarienne programmée.

Je suis arrivée à ma troisième écho un peu blasée, mais prête à entendre que la position de mon placenta empêchait la voie basse. Sauf que… sauf qu’il a bougé ! Un peu. Pas beaucoup. Pas assez pour envisager la voie basse sans risque pour le moment. Je suis ressortie de là avec la date d’une autre échographie de contrôle, des mesures précises en tête, et l’espoir d’une voie basse.

Parce qu’elles m’ont aidé à me projeter, voilà les biométries utilisées pour décider d’une césarienne en cas de placenta bas inséré dans ma maternité :

  • Entre 0 et 2 cm de l’orifice interne : césarienne programme
  • Entre 2 et 4-5 cm : ça se discute, ça dépend de la taille du bébé et de tout un tas de paramètres que je ne connais pas
  • Au-delà de 4-5 cm : pas de risque, voie basse autorisée sans problème

A l’heure où je t’écris, je n’ai pas encore passé ma dernière échographie de contrôle mais j’y vais sereine. Evidemment, j’aimerais bien pouvoir accoucher par voie basse, tous les accouchements sont différents, mais j’ai un peu peur des douleurs des suites de couche post-césarienne. Cela dit, si ce doit être une césarienne programmée, j’essaie d’y voir aussi des avantages : la logistique de la naissance sera plus simple, je saurais à l’avance à qui confier Biquette et PetitChou… et je sais que quelle que soit la décision prise par mon gynécologue, ce sera la meilleure décision pour le bébé et pour moi au vu des circonstances.

Et toi ? Tu as déjà eu un placenta bas inséré ? La naissance s’est bien passée ? On vient de t’en diagnostiquer un et tu es dans le flou ? Viens en parler !

A propos de l’auteur

MamBat au rapport, 28 ans et presque toutes mes dents ! Maman de Biquette (2015), PetitChou (2016), et future maman de MiniChat, j'aime lire, faire de la musique, coudre, prendre du temps avec ma famille et mes amis... rien que de très ordinaire donc !