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A la une / Prénoms

Comment choisit-on un prénom pour son enfant ? De la diversité des choix de chacun…

Les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas ! C’est ainsi que nous avons aujourd’hui une telle diversité de prénoms, a fortiori depuis que la loi de 1993 a abrogé l’obligation de choisir un prénom « du calendrier », ou la nécessité de montrer patte blanche dès lors qu’on en sortait.

Était-ce vraiment une bonne chose ? Pour ma part, je suis certaine que oui… Et même si mes yeux saignent parfois devant certaines hérésies orthographiques (rien que ça !), pourtant, je ne souhaite absolument pas qu’on revienne en arrière à ce sujet. Non, vraiment pas.

Mais cela amène toutefois une question : comment choisi-t-on un prénom ? Pourquoi ? Désormais, la palette de possibilités est infinie, on a le choix d’oser – ou pas ! Qu’est-ce qui motive les uns et les autres, pour qu’on se retrouve finalement avec cette diversité, de Noé à Ernestine, en passant par Mirabelle, Galatée, Paul, Nolan, Mattÿss et Kylienzo, mais aussi Moana, Liissá, Bintou ou Joaquín…

Car en vérité, tu auras beau discuter tant que tu voudras : les gens changent rarement d’avis en matière de prénoms ! Au mieux, tu réussiras à faire comprendre ton point de vue (ce qui est déjà pas mal).

crayons de couleurs cube love - comment les parents choisissent les prénoms

Crédits photo (creative commons) : THOR

Des expériences…

Le fait est que, pour les prénoms comme pour une foultitude de choses de la vie, nos préférences et nos choix sont principalement guidés par le vécu de chacun. Et c’est encore plus vrai si l’expérience que tu as eu avec ton propre prénom est négative ! On aura beau t’avancer les arguments les mieux construits qui soient : tu ne changeras jamais d’avis là-dessus.

  • Si tu t’appelles Athénaïs ou Alexie (« non pas Alexia, Alexie, avec un E ! ») alors que tout ce à quoi tu aspirais était d’être discrète, tu ne choisiras pas un prénom rare… Et sûrement pas un prénom masculin qui ressemble fort à un prénom féminin courant, et vice-versa.
  • Si tu es née en 1980 et que tu t’appelles Céline, comme toujours au moins deux autres filles dans ta classe pendant toute ta scolarité, alors que tu voulais marquer ta différence, tu ne choisiras pas un prénom du top 20.
  • Si tu t’appelles Karine Kazatsky et que pendant de longues années tes camarades ont trouvé que « Kaka Prout » était un formidable surnom, tu seras très attentive aux initiales lorsque tu choisiras un prénom.

À l’inverse, il y a aussi les expériences très positives :

  • Si tu t’appelles Arabella et que tu as toujours adoré voir les gens surpris, voire dubitatifs à l’annonce de ton prénom, et que tu en es très fière… tu rechercheras sans doute un prénom original pour ton enfant.
  • Si tu t’appelles Perrine et que tu as toujours trouvé ça « juste ce qu’il faut », ni trop classique, ni trop original, ni trop courant, ni trop rare, tu essayeras de naviguer dans ces mêmes eaux quand tu choisiras un prénom.
  • Si tu t’appelles Julie et que tu as toujours apprécié le caractère « neutre » de ce prénom, tu souhaiterais rester sur des prénoms classiques, qui passent partout.

Et puis au milieu, toutes les expériences « moyennes ». Tu peux très bien avoir toujours eu une deuxième Caroline en classe avec toi, avoir dû épeler systématiquement « Apolline » quand tu te présentais, avoir entendu quelques plaisanteries douteuses, sans que cela t’ait vraiment marqué, ni dans un sens, ni dans l’autre.

Et des raisons réfléchies !

Là-dessus s’ajoute une dimension supplémentaire, étroitement liée à la précédente (au final, c’est généralement l’expérience qui prend le dessus lorsqu’elle s’avère en contradiction avec ces réflexions). Une dimension presque « philosophique ».

On peut vouloir un prénom…

Classique, parce qu’il n’est associé à aucune classe sociale en particulier. Ce qui laisse absolument toutes les portes ouvertes, sans aucun risque de préjugés (de l’avocat au caissier, rien n’est étonnant avec un classique !).
Mathilde, Pauline, Louise, Marie, Valentine
Clément, Maxime, Quentin, Valentin, Baptiste, Paul, Louis

À la mode, parce qu’il correspond à nos goûts (si c’est à la mode, c’est bien avant tout parce que c’est le goût d’une majeure partie de personnes à un moment donné !), et c’est bien le principal ! De toute façon, chaque enfant est unique, que son prénom le soit aussi ou pas ! Et ce n’est pas forcément négatif de pouvoir rencontrer des homonymes…
Emma, Chloé, Inès, Manon, Jade, Lilou, Léa, Zoé
Mathéo, Lucas, Nathan, Gabriel, Maël

« Entre-deux », dont les sonorités sont familières, mais qui ne sont pas forcément très courants pour autant. Certains sont des classiques moins usités, d’autres partent d’une base classique avec une terminaison qui diffère. L’avantage étant alors d’avoir un prénom presque aussi passe-partout qu’un grand classique, tout en pouvant éventuellement surprendre un peu, selon jusqu’où on s’aventure. Mais le tout, en évitant de vraiment choquer.
Clarisse, Anaëlle, Louisa, Lucine, Auréliane…
Amaury, Lilian, Amélien, Adriel, Alexian…

International, parce qu’actuellement, on est amené à voyager de plus en plus, tant pour les études que pour le boulot. De plus en plus de personnes vivent à l’étranger une partie de leur vie. Et ça risque de s’accentuer encore pour les générations futures ! Mieux vaut alors prévoir un prénom qui sera facilement compris dans d’autres langues, au moins l’anglais, et si possible d’autres encore.
Lisa, Alice, Yaël, Victoria, Julia, Eva, Elena, Anna, Sophie, Nina
Tom, Elliot, Noah, Samuel, Soan, Alex, Ruben…

Étranger, même sans avoir aucune origine, parce qu’on aime la multiculturalité du monde, et que si un prénom nous plaît, on ne va pas s’en priver sous prétexte qu’il est d’une autre culture. Ou, peut-être, parce que justement, même sans en faire partie soi-même, on est attaché à une autre culture, un autre pays, et qu’on souhaite ainsi lui rendre hommage.

Rare et original, parce qu’on considère que c’est un plus d’être le seul à porter un prénom, de n’avoir personne à qui se comparer. Et qu’on trouve ça bien d’intriguer les gens, qu’ils se rappellent de la personne qui porte ce prénom qu’ils ne connaissaient pas. Tant pis s’il faut l’épeler systématiquement et que certains s’emmêlent les pinceaux !
Néphélie, Azorella, Junon, Séraphie, Galith, Toscane, Philothée, Yanamaï, Cornélia…
Nominoé, Phœnix, Galaad, Malchus, Zoïle, Éliphaz, Lochlann…

Inventé, pour être unique, pour n’être vraiment rattaché à aucune histoire, et se construire en partant d’une base totalement vierge.
Eléovna, Yélanelle, Manéaya, Ozanille, Soranine, Kizoa…
Lokan, Pamiolis, Corimel, Yzatéo…

Avec une orthographe qui n’est pas celle d’origine, parce que c’est une façon de se démarquer, de surprendre, tout en pouvant garder un côté « connu » de par des sonorités qui restent celles qu’un prénom plus classique.
Marinne, Lorah, Noëmy, Sharlyn…
Maxym, Tibo…

Qui nous rappelle des histoires, qu’elles soient de légende, mythologie, conte, littérature, opéra, théâtre, ou même de l’Histoire avec un grand H… Parce qu’on aime avoir l’esprit qui vagabonde en entendant ce prénom, et qu’on trouve que c’est une richesse d’avoir un tel « socle », très fort mais suffisamment lointain, pour construire son identité.
Shéhérazade, Arwen, Thémis, Lorelei, Ophelia, Haydée, Cybèle, Isabeau, Iseult…
Ulysse, Sinbad, Philéas, Gavroche, Zadig, Lancelot, Cléante, Orion…

Liés à notre origine, qu’elle soit bretonne, italienne ou arabe, et même si on a soi-même la nationalité française uniquement : c’est aussi ça, la richesse d’une culture, c’est qu’elle regroupe une multitude de cultures, justement ! Pas de raisons d’essayer de la « cacher », on est fière de cette part de nous !

Ancré dans une histoire familiale, parce que ce sont nos racines, et que ces racines sont celles qui nous ancrent pour nous permettre de nous élever haut.

Qui n’évoque personne qu’on connaisse déjà, pour éviter d’accoler inconsciemment cette image à l’enfant, et qu’il soit le tout premier que l’on associe à ce prénom.

… Évidemment, on peut difficilement être en accord avec toutes ces raisons à la fois ! Ce qui fait qu’on grince parfois des dents en apprenant une naissance d’un enfant qui porte un prénom en totale contradiction avec ce qui nous parle, à nous. Mais chacun a ses raisons pour faire un tel choix, et ce n’est pas forcément parce qu’elles sont opposées aux nôtres qu’elles ne sont pas réfléchies.

Et toi, quelle est ton expérience avec les prénoms ? Quelles sont les critères qui te correspondent ? Viens en discuter !

A propos de l’auteur

J'ai 24 ans. Habitant une grande ville par nécessité, mon mari et moi faisons construire notre future maison à la campagne : objectif verdure ! Et puis après, on aura des enfants et un chat, pour remplir tout ça !