Menu
A la une / Récit de grossesse

Quand j’ai eu le verdict


Notice: Undefined index: host in /home/nmagnouloux2/sites/dans-ma-tribu.fr/wp-content/plugins/ziofix-credit-picture-old/ziofix-credit-picture.php on line 32

Notice: Undefined index: host in /home/nmagnouloux2/sites/dans-ma-tribu.fr/wp-content/plugins/ziofix-credit-picture-old/ziofix-credit-picture.php on line 32

Cet été, Dans Ma Tribu et ses chroniqueuses prennent quelques jours de vacances… Nous serons de retour le 22 août avec des nouvelles chroniques et de nouveaux témoignages ! En attendant, nous t’avons concocté un petit best of des articles les plus vus de l’année 2016. Ce sont donc toutes tes chroniques préférées que tu retrouveras dans les jours à venir ! 🙂

Quand tu fais un bébé « toute seule », il y a tant de paramètres qui entrent en compte que tu passes un cycle de questions sans fin avant le verdict.

Est-ce que j’ai ovulé ? Avons-nous fait l’amour au bon moment ? Est-ce que mon ovule a bien pécho un spermato ? Est-ce que l’embryon s’est accroché ? Au bon endroit ? Est-ce que ça va tenir ? Est-ce que je teste maintenant ou est-ce que j’attends d’avoir un vrai gros retard ?

Quand tu as fait une FIV, tu as déjà pas mal de réponses à ces questions. Mais évidemment, ça n’empêche pas de s’inquiéter. À compter du transfert, le 23 mars, je ne me posais plus de questions : je me donnais carrément des ordres !

« Accroche-toi ! » Je disais à mon ventre le matin, sous la douche.

« T’es bien là ? » Je continuais sur le chemin du métro.

« T’as intérêt à tenir ! » Je me disais au travail.

« On t’aime déjà, je t’en supplie, fais ton nid… » Je me répétais sous la couette.

Je mettais les paumes sur mon ventre, je tentais d’imaginer ce minuscule amas de cellules perdu dans mon intérieur, je lui envoyais des ondes rassurantes, le guidais jusqu’à la paroi où il devait s’accrocher. Je me sentais comme dans l’expérience du chat de Schrödinger, avec dans mon ventre quelque chose qui à la fois existe et n’existe pas.

Et puis rien. Pas le moindre signe de nidation, que certaines femmes pressentent, pas la moindre mini-goutte de sang, pas de douleurs à la poitrine, de nausées, de quoi que ce soit qui aurait pu me donner un indice.

Gérer l’attente…

Avec mes copines de forum, on avait une sorte de tradition, pendant qu’on « couvait », en attendant le verdict. On mangeait des M&M’s (pour le moral) et on buvait du jus d’ananas (ça fluidifie le sang, paraît-il, et aiderait donc à l’implantation… mais après le +, faut arrêter, hein, pour éviter les fausses-couches !).

WP_20150323_004

Crédits photo : Photo personnelle

Et il fallait rire. Beaucoup. Une étude très sérieuse a révélé que l’implantation embryonnaire prenait beaucoup mieux chez un sujet qui riait souvent. Une histoire de contractions utérines qui aideraient à l’installation…

Ça, ça tombait bien : je suis quelqu’un de très positif et d’enjoué. Et mon mari est un clown. Mon papa aussi. Mes collègues sont drôles. Tout le monde s’est appliqué à me faire rire, et j’ai passé une merveilleuse quinzaine (l’un de mes collègues m’envoyait même des bêtises par texto pendant mon arrêt maladie post-transfert).

Et puis, il y a eu les cauchemars. Je devais faire ma prise de sang pour le verdict le 2 avril. J’aurais préféré le 1er, ça m’aurait permis d’en rire si ça avait été négatif. Mais trois jours avant, je ne dormais plus. Je faisais des rêves idiots et angoissants et, moi qui ai toujours eu un très bon sommeil, je finissais par me lever chaque jour plus fatiguée que la veille.

Le 31 mars, j’en ai eu marre. J’ai décidé d’aller faire une prise de sang sur ma pause de midi, en me disant que, quel que soit le résultat, ce seraient deux nuits de sommeil de gagnées.

C’est quoi, cette prise de sang ?

Voilà ce qui se passe dans ton ventre quand un œuf se niche dans tes parois utérines : ça déclenche immédiatement la production d’une hormone, qu’on appelle Bêta-hCG (BHCG pour les intimes). Cette hormone se voit à la prise de sang, et c’est aussi elle qui colore la bandelette de ton test de grossesse urinaire, si tu ne le fais pas trop tôt (ceux-ci détectent en général à partir de 25 ou 50 UI de BHCG).

La dose de BHCG double à peu près toutes les 48h. Donc, en gros :

  • le jour de la nidation, soit à J5 d’âge embryonnaire environ, tu as 1UI de BHCG,
  • à J7, ton taux est de 2,
  • à J9, il est à 4,
  • à J11, il est à 8,
  • à J13, il est à 16,
  • à J15, il est à 32…

Ceci est évidemment très approximatif : ça fait généralement un peu plus que doubler.

Bref, généralement, à J15, tu constates que tu n’as pas tes règles, et tu vas faire ton test. Si l’embryon n’est pas accroché, aucun BHCG n’est détecté à la prise de sang (en tout cas, en dessous de 5UI, le test est considéré comme négatif).

Après entrent en compte les fausses-couches précoces, les grossesses extra-utérines, etc. Mais c’est une autre histoire.

Le verdict, alors ?

Je suis allée faire ma prise de sang le 31 mars, soit à J11. Forcément, on devait déjà voir s’il y avait ou non une accroche. J’ai passé l’après-midi à actualiser la page web de mes résultats. Ils sont tombés à 18h. Tous mes collègues étaient partis. J’ai ouvert le document, tremblante, le cœur au bord des lèvres.

19UI de BHCG, avec écrit en dessous, en italique : « Taux normal pour 1 semaine de grossesse ».

J’ai fondu en larmes.

J’ai couru voir ma collègue de la boutique d’à côté, qui avait passé une mauvaise journée. Je lui ai dit : « Tu veux une chouette fin pour ta journée de merde ? » Elle m’a dit : « Vas-y ? » J’ai dit : « Ça a marché ! » Elle a hurlé et m’a serrée fort dans ses bras. Voilà. J’avais juste besoin de le dire à quelqu’un à ce moment-là.

En rentrant du travail, j’ai acheté une tétine à la pharmacie, que j’ai offerte à mon mari. Il a eu du mal à croire que ce n’était pas une blague, que ça avait marché. On s’est répété ça toute la soirée : « Ça a marché, ça a marché ! »

Le lendemain, j’ai fait quelques mauvaises blagues aux copines… et leur ai finalement annoncé que si, c’était bon, ça avait pris !

Test de grossesse FIV

Crédits photo : Photos personnelles

(À gauche, on ne la voit presque pas, cette timide petite barre qui dit que « OUI, c’est bon ! Tu es enceiiiiiinte !!! »)

Je sais que c’est risqué, mais je l’ai annoncé à beaucoup de monde à ce moment-là. Dans la semaine qui a suivi, quoi. J’ai fait un test urinaire qui affichait bien clairement le verdict, et j’ai envoyé la photo aux copines qui savaient qu’il n’allait pas tarder à tomber. Tu dois te dire : « Mais elle est folle ?? Et si elle avait fait une fausse-couche ??? »

Évidemment, c’était une possibilité que j’envisageais. Mais ce qui était important à cet instant, c’était de savoir que nos deux gamètes pouvaient se rencontrer, créer quelque chose, et que mon corps était prêt à accueillir le quelque chose en question. Et puis, si le quelque chose venait à se décrocher, je préférais être entourée de gens qui pouvaient comprendre ce que je vivais, plutôt que de gens qui me demanderaient « Alors ? » régulièrement.

Les bonnes ondes

Ce petit +, tout timide au début, m’a fait penser à un millier de remerciements que je n’ai pas pu (ou su) dédier aux personnes qui le méritaient. Je voudrais en faire la liste ici.

  • Merci à M., la collègue qui m’a dit d’aller voir une gynéco dès le début des essais, et au Docteur Géniale, qui a très vite réagi.
  • Merci au Professeur Poker, qui a trouvé le nécessaire chez Monsieur Loup, et aux internes et aides-soignants qui étaient présents ce jour-là.
  • Merci à chaque professionnel de santé qui était là sur le parcours, qui a été patient (ou pas), compréhensif (au moins un peu), et qui a répondu à nos questions.
  • Merci au pharmacien voisin, qui a suivi toute cette histoire, des granules anti-nausées du début jusqu’à l’achat de la tétine, et qui s’en est ému.
  • Merci au pharmacien plus bas, qui est resté jusqu’à 21h pour recevoir le coursier qui m’amenait ma seringue de blocage. Quand je lui ai dit : « Merci, vous vous rendez pas compte… », il a répondu : « Si, je sais. » Et j’ai entendu dans sa voix à quel point il comprenait l’importance du geste qu’il venait de faire.
  • Merci à ma meilleure amie, qui est la seule personne à avoir pleuré devant moi, à m’avoir prise dans ses bras et à m’avoir dit « C’est vraiment pas juste ! » pendant que je lui racontais mon histoire.
  • Merci à ma maman et mon papa, d’être restés si positifs alors que je rentrais agacée des examens, défaite des jours qui passaient autour de mon ventre vide (et à toute ma famille du côté maternel, pour sa super génétique de pondeuses de compèt !).
  • Merci à tous les collègues qui ont traversé ma vie (et plus encore à ceux qui y sont restés), qui ont compati, compris, et se sont ensuite réjouis à chaque avancée minuscule.
  • Merci à mes copinautes, les forumettes, d’un soutien sans faille pendant les essais, puis pendant les examens et le protocole.
  • Merci à Boop, qui m’a envoyé des bonbons pour patienter, et à Vii, qui est toujours restée hyper positive durant toutes ces galères.
  • Merci au Docteur Pire. Parce que c’est un gros con, mais qu’il a quand même réussi ce tour de force de récupérer des ovocytes en très bon état, et a fait en sorte que de tous ces aller-retour entre lui et moi, soit apparue cette petite chose qui allait tant compter : un embryon viable et bien  implanté.
  • Merci à S., la copine infirmière qui m’a expliqué avec calme et brio comment gérer les piqûres, et à L., qui s’est mariée dans la foulée et a joliment détourné mon attention de ces moments difficiles.
  • Merci à mon p’tit frère de m’avoir fait la plus jolie des nièces !
  • Et merci à Monsieur Loup d’avoir su rester si fort, si positif, et de m’avoir si bien piquée.

J’oublie sûrement encore une tonne de monde, mais chaque personne qui a été là lors de ce parcours a sans le savoir joué un petit rôle dans la réussite de ce grand projet.

FIV réussite

Crédits photo (creative commons) : Suus Wansink

Voilà, je ferme ce long volet pas très réjouissant de la PMA, et je reviens très vite te raconter le début de la plus belle de mes aventures : comment je suis devenue maman !

Et pour toi ? Comment s’est passée l’attente jusqu’au résultat de ton test de grossesse ? Tu arrivais à dormir ? Tu l’as fait plus tôt que prévu ? Tu as annoncé le résultat dans la foulée ? Raconte !

Toi aussi, ça te plairait de nous raconter ta grossesse mois après mois ? Toutes les infos pour devenir chroniqueuse grossesse, c’est par ici !

A propos de l’auteur

Bretonne de cœur, Normande de racines, Parisienne d'adoption. Mariée à Monsieur Loup, mon prince Charmant, depuis juin 2012, et maman d'une petite Lueur depuis décembre 2015. Dessinatrice, fan de Disney, gamine dans l'âme, je suis une éternelle positive... et c'est pas toujours facile ! Tu peux désormais me retrouver sur www.bribesdevies.fr, et me suivre sur instagram @chaperonrouge_et_cie