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A la une / Témoignage

Ma grossesse sous haute surveillance : le deuxième trimestre

Je continue la suite de mon récit, avec le deuxième trimestre.

Je rentre cette fois-ci dans la zone de tous les dangers. « Quoi ? Mais c’est pas le premier trimestre, la période à risques ? »

Attends, je vais t’expliquer.

Je sais, normalement, les femmes considèrent que la vraie zone de risques se situe au premier trimestre, en raison des nombreuses fausse-couches qui surviennent à cette période. Mais, ayant perdu un bébé à la fin du deuxième trimestre, bizarrement, c’est maintenant que les choses se corsent pour moi. Ma grossesse devient soudainement très réelle, et les peurs que j’avais réussi à canaliser au premier trimestre se réveillent.

Je peux d’ailleurs résumer ce trimestre en trois mots : fatigue, ennui, lenteur.

Enceinte et fatiguée

Crédits photo (creative commons) : Altus Geldenhuys

La quatrième mois : la fatigue

Les sites internet dédiés à la maternité-trop-épanouie me promettent que, cette fois-ci, c’est mon moment : le deuxième trimestre est censé être génial, mes nausées doivent être reparties voir ailleurs si je n’y suis pas. On me promet un teint de pêche, une énergie de folie, la gambette légère et le cheveu soyeux.

OU PAS.

Certes, mes nausées commencent à se calmer, même si elles ne partent pas complètement. Le hic, c’est que la Fatigue (oui, avec un « F » majuscule) prend aussitôt le relai.

Alors, je ne sais pas par quel mystère insondable ça peut bien se produire, mais chez moi la fatigue est plus intense au deuxième trimestre. Contrairement à la grande majorité des autres femmes enceintes, si j’en crois l’internet mondial de la maternité heureuse.

Pour ma fille l’année dernière déjà, j’en avais fait les frais. J’ai comme la désagréable impression que mon corps est coulé dans du plomb. Dans mes meilleurs jours, tout me parait compliqué et pénible à faire, même me lever pour aller du lit au canapé. Résultat : je dors entre douze et quinze heures par jour (tu comprends pourquoi j’ai appelé mon blog La Marmotteuse, hein ? Un jolie référence à la fois à « marmot » et à « marmotte »…).

Le truc, c’est qu’entre toutes ces heures de sommeil, il faut aller travailler. Oups… compliqué.

Je rentre ainsi dans une spirale infernale : je vais travailler. Ça m’épuise encore plus. Du coup les nausées (qui s’étaient calmées) reviennent de plus belle. Je dois donc me faire arrêter quelques jours. Puis je reprends le travail… et ainsi de suite.

Moralement, c’est difficile à gérer : j’ai l’impression de passer mon temps à quémander des arrêts chez le médecin, je ne sais jamais quand je vais pouvoir travailler, quand je vais pouvoir me reposer… Et puis, comment rester impliquée au travail quand je suis malade un jour sur deux ?

Les médecins, parlons-en : j’arrive à saturation. Je les vois tout le temps, pas une semaine ne se passe sans que je ne sois chez mon obstétricien ou ma généraliste. Je suis en permanence en train de lutter pour leur expliquer que, malgré mon deuil périnatal, je vais « bien », mais que physiquement c’est une autre paire de manches. Eux et moi, c’est un dialogue de sourds : ils sont persuadés que mon deuil est responsable de mon état physique. Et du coup… ils ne m’arrêtent pas. C’est un cercle vicieux. Vers la fin du quatrième mois cependant, je rends visite à un autre médecin qui lui décide de m’arrêter. OUF.

Nous repassons aussi une échographie de contrôle à la fin de ce mois-ci : pour le moment, tout va bien…

Le cinquième mois : l’ennui

Je me repose, enfin ! Je passe mes journées à roupiller chez moi avec le chat, en matant des films et des séries tv à gogo. Bon, ça a l’air kiffant dit comme ça (et j’avoue que ça l’est les deux premières semaines), mais en vrai, je m’ennuie un peu… Je suis tellement fatiguée (et toujours un peu nauséeuse) que je n’arrive pas à faire grand chose. Me balader, voir des amies, faire du shopping… tout ça, on oublie. Si je m’autorise une sortie, en général, je le « paye » le lendemain (je te passe les détails, hein).

Vers la fin du mois commence également un nouveau trouble trop choupinou de la grossesse : les malaises. Voilà, je me mets à tomber dans les pommes un peu partout où je vais, et peu importe si j’ai dormi quinze heures auparavant. Dans la queue du supermarché ? Pouf, par terre. Dans la rue ? Aussi. Rien de grave, juste quelques chutes de tension. Mais ce n’est pas comme si je pouvais compter sur la bienveillance des quidams, qui détournent le regard dés qu’ils me voient approcher d’une queue ou d’une place assise.

J’avoue que ça ne m’incite pas à sortir plus de chez moi… Bon, heureusement que j’adore lire et que j’ai plein de retard dans mes séries préférées. Mais je commence à compter les jours jusqu’à l’accouchement. Je me rends surtout compte que cette grossesse va être L.O.N.G.U.E.

Nous passons enfin la terrible échographie du deuxième trimestre, la trouille au ventre : notre poussinette décide pour l’occasion de nous offrir son plus beau profil (comprendre : elle est à moitié en traviole), donc l’échographiste nous fait revenir trois fois pour réussir à bien mesurer toutes les parties de son corps. J’ai beau avoir le sens de l’humour, sur le moment, je ne le vis pas très bien (cette petite a intérêt à avoir son bac du premier coup, c’est moi qui vous le dis !).

Lorsque la dernière visite se termine par un « Tout va bien », nous poussons enfin un premier soupir de soulagement. Je file aussitôt évacuer mon stress (et mon livret A) dans la première boutique de vêtements pour enfants que je trouve sur mon chemin, sous le regard mi-perdu, mi-atterré de Jean-Mi.

Le sixième mois : la lenteur

C’est officiel : je m’ennuiiiiiiiie ! Ouh que le temps passe lentement… je commence à compter les jours. Littéralement !

Heureusement, je commence enfin les cours de préparation à l’accouchement ! Joie ! Voilà qui va m’occuper !

Sauf que : dans la salle, au milieu des autres femmes enceintes qui vivent à fond leur première grossesse, je ne me sens pas à ma place. Je me retrouve obligée de présenter un petit papier à la sage-femme qui anime les séances pour « informer » de mes antécédents (et éviter toute question indélicate devant les autres parturientes). Et, aussi, de mentir.

Oui, parce que je pourrais dire devant les autres participantes que ce n’est pas ma première grossesse, reconnaître qu’il y a des choses que je connais déjà, ou que j’ai déjà accouché. Mais soyons honnête : personne dans la pièce n’a envie d’entendre ça ! J’ai vécu le pire cauchemar d’une femme enceinte, certes, mais le reste du monde n’a pas à le savoir. Donc je mens. Je réalise aussi que je suis la seule de mon groupe à cumuler une liste de maux de la grossesse aussi longue que le bras. J’ai un peu l’impression en sortant de là d’être la super-poissarde de service, j’ai le moral dans les chaussettes… et après une longue discussion avec mon mari, je décide de ne pas y retourner.

Alors attends, ne flippe pas : je suis bien des cours de préparation à l’accouchement… mais en privé, avec une sage-femme rattachée à la maternité qui nous donne des cours d’haptonomie (je t’en parlerai dans un autre article). En bonus, ça me permet d’impliquer au maximum Jean-Mi, qui pour le coup participe activement à ces sessions. Voilà, ce ne sont pas des cours « classiques », mais je sens que je peux me permettre d’aborder les sujets qui me tracassent… tous les sujets. Y compris ma grossesse précédente.

Pour finir, nous ne dérogeons pas à la règle et passons, à nouveau, une échographie de contrôle… Tout va « bien », mais le Grand Spécialiste qui nous suit nous annonce un bébé taille mini-pouce. Genre, vraiment petit. Le bébé est en effet dans la moyenne très basse des normes de poids. Voici donc le grand retour de ma super pote : l’Angoisse. Au moment où j’écris ces lignes, je ne sais toujours pas ce que la suite nous réserve. Affaire à suivre…

Et toi ? Tu as eu droit au fameux deuxième trimestre idyllique ? Ou tu as aussi connu cette terrible fatigue ? Tu as été arrêtée et tu t’es ennuyée ? Tu connais l’haptonomie ? Viens nous raconter !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Je m'appelle Julie, executive woman le jour, blogueuse/ instagrammeuse la nuit. Passionnée de littérature et de séries TV, je suis aussi et surtout maman d'une petite fille absolument adorable (#zéroobjectivité), mais aussi de deux bébés qui n'auront pas pu vivre. Tu peux me suivre sur mon blog perso (La Marmotteuse) et mon compte instagram spécialement dédié au deuil périnatal : à nos étoiles