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A la une / Récit de grossesse

Du choc à l’acceptation de ma grossesse

Pas le temps de souffler, nous avions à peine commencé nos essais que je me retrouvais avec un test plein de pipi positif dans les mains. J’ai vraiment eu du mal à croire qu’après quasiment 15 ans de contraception hormonale, mon corps puisse me faire ça. Je suis d’ailleurs allée faire deux prises de sang avant d’en informer Chéri.

Phase 1 : Mon Dieu, mais qu’ai-je fait ?

Mon cerveau était en ébullition totale. J’étais en état de choc. Les six mois -environ- pendant lesquels je comptais me préparer à l’idée d’être enceinte, en vivant quelques déceptions de voir mes règles arriver, en me réjouissant du nouveau cycle qui débute, l’excitation de l’attente… Tout ça venait de s’évaporer. Heureusement, la joie de Chéri à la découverte de cette nouvelle contrebalança un peu ma détresse. Je n’aurais vraiment pas du compter sur les statistiques, mais il était trop tard pour revenir en arrière.

Bon, que faire maintenant ? Attendre ? Oui, mais quoi ?

En décidant de lancer les essais bébé je n’ai pas une seule fois pensé que ça marcherait du premier coup, je n’y étais absolument pas préparée. On m’avait bien mis en tête qu’à plus de 30 ans la fertilité avait commencé son déclin, et j’avais accepté cette donnée. Et bien sur il était hors de question de parler de cette détresse, surtout pas à Chéri. Les premières semaines furent moralement très compliquées.

Pour commencer, je n’ai pas ressenti de joie alors que j’ai toujours pensé que la nouvelle d’une grossesse désirée menait à des étreintes sans fin et à des larmes de bonheur. Pas dans mon cas. J’ai plutôt pensé à mon boulot, je n’avais pas eu le temps de réfléchir aux conséquences qu’une grossesse aurait sur mes différents projets en cours. J’ai aussi pensé avec tristesse à notre voyage en Thaïlande, où nous devions assister au mariage d’une amie. Une occasion unique qui tombait à l’eau car impossible à réaliser avec un nourrisson de quelques semaines. Et j’ai bien sur culpabilisé de ne pas être heureuse.

Et puis je me suis mise à penser qu’il était toujours possible de faire une fausse-couche. Je regardais les statistiques (toujours ces foutus stats) et je me disais que j’avais mes « chances ».  Et j’ai aussi pensé à l’avortement. Mais quelle mère en carton j’étais déjà, non pire, un véritable monstre.

Enfin je pensais à toutes ces femmes, à tous ces couples infertiles qui seraient prêts à tout pour être à ma place. C’est tellement injuste pour eux. Et puis injuste pour moi aussi. Mais qui a dit que la vie était juste ?

Mais le temps ne s’arrête jamais pour nous laisser le temps de digérer des nouvelles et par chance mon attention a assez rapidement été redirigée sur notre projet en cours. Nous venions d’acquérir notre premier appartement et la signature de l’acte de vente approchait avec son lot d’excitation et de craintes. J’avais donc la tête dans les cartons, et sur Pinterest pour essayer de décorer mentalement notre chez-nous.

Phase 2 : La politique de l’autruche

Malheureusement notre achat immobilier ne s’est pas déroulé aussi bien que nous l’aurions voulu. Trop enthousiastes, nous nous sommes lancés trop vite et avons été très déçus de découvrir plein de détails embêtants une fois l’acte de vente signé. Avec Chéri nous n’avons pas hésité longtemps, et nous avons retroussé nos manches pour remettre cet appartement à notre goût avant l’arrivée du bébé. Et on s’est lancés à fond. Au lieux de parler poussette, nounou, puériculture et prénom de bébé nous passions nos soirées à faire mille plans, à casser/monter des cloisons, à faire des joints de placo, de la peinture, du parquet, du carrelage, de la plomberie, de l’électricité, etc.

Cela m’a vraiment permis « d’oublier » ma grossesse aussi souvent que nécessaire, à moins que j’ai réussi à convaincre Chéri de se lancer parce que j’avais besoin de me focaliser sur autre chose ?

Le fait est que cela m’a permis d’arriver au troisième trimestre sans me torturer davantage l’esprit, tout en m’occupant indirectement de l’arrivée de notre bébé puisque nous avons entre autre refait sa chambre de A à Z avec beaucoup de plaisir.

Crédits photo : SerKuch (Pixabay)

Phase 3 : On va avoir un bébé !

Il y a en fait de nombreux choix que nous avons fait pour notre bébé au cours de cette rénovation. Nous avons créé le nid douillet parfait à nos yeux pour l’accueillir. Il a désormais toute sa place dans notre foyer et inconsciemment cela m’a aidé à accepter petit à petit la venue si rapide de ce nouveau membre de notre famille. Alors que Chéri finissait les travaux, ma grossesse plus avancée ne me permettant plus de participer autant, je me suis mise à la recherche de ce dont nous avions besoin pour son arrivée (poussette, siège auto, mode de garde, meubles de chambre, vêtements…). Avec toujours bien sûr des petits accès de panique (de plus en plus rares) « Oh mon Dieu, mais qu’est-ce que je vais faire d’un bébé ! », desquels je me rassurais en me disant que je pouvais toujours choisir d’accoucher secrètement sous X. Mais sache qu’alors que j’écris ce billet à 2 semaines de ma DPA, je n’ai toujours pas trouvé comment cacher mon accouchement à Chéri, ni ce que je dirais à nos familles.

Et là il me reste juste un dernier détail à régler : ma valise pour la maternité. Toutes les affaires sont là, éparpillées dans la maison, mais à chaque fois que je me dis que je vais m’y mettre mon cerveau intervient : « Tu ne veux pas d’abord repasser les rideaux qui traînent depuis six mois dans la corbeille à linge ? »  « Et si tu nettoyais les tiroirs de ta cuisine ? Ils sont tellement sales »  « Chéri sera ravi si tu lui prépare une brioche pour demain matin »  « Oh regarde ! Une montgolfière ! »….  Bref, il reste 15 jours on disait ? on est laaaaarge !

Peut-être que je viendrais bientôt te raconter comment on fait une valise entre deux contractions…

En tout cas ce qui est sur c’est qu’on va très bientôt avoir un Mininous !!

 

Et toi ? Comment as-tu vécu la nouvelle de ta grossesse ? As-tu aussi (un peu) paniqué ? Raconte-moi tout !

A propos de l’auteur

La trentaine passée, j'attends mon premier bébé pour Novembre 2018. La maternité n'était pas une question évidente pour moi et il m'a fallu beaucoup de temps pour que l'envie d'avoir un enfant s'installe vraiment. Et j'ai hâte de pouvoir en parler avec toi !