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A la une / Témoignage

Deux enfants très différents : le rythme et l’attachement

La dernière fois, je t’avais raconté comment j’avais vécu mon accouchement et mon allaitement pour chacun de mes enfants. Je reviens te livrer la suite de ce petit comparatif.

Maman et deux enfants

Crédits photo (creative commons) : UNICEF Ukraine

Le rythme

Pour mon aîné

Je vivais au rythme de bébé.

J’ai eu la chance qu’il fasse ses nuits très tôt. Il a toujours été un bon dormeur : même en journée, il faisait de très longues siestes.

J’étais assez stressée dès qu’il fallait bouger, car je ne voulais surtout pas perturber son rythme. Je prévoyais les sorties ou les rendez-vous médicaux pendant ses heures d’éveil, quand c’était possible. À la maison, je respectais totalement son rythme.

Comme c’était un bébé calme, ces premiers mois avec lui ont été très faciles. J’étais bien, j’ai vraiment profité. Une vraie bulle de bonheur.

Pour ma deuxième

Une fois encore, un bébé facile, qui a vite fait ses nuits (à 2 mois).

Aujourd’hui, elle a 4 mois. Elle dort un peu moins en journée, mais est calme et souriante. Par contre, le rythme est différent puisque bien sûr, il y a le grand frère ! Je ne peux donc plus vivre au rythme de bébé.

Le matin, si elle se réveille vers 6h30, elle réveille son frère. Et inversement, si le frérot se réveille à 6h30, il la réveille… Donc même quand papa gère le grand frère le matin avant d’aller travailler, je suis réveillée.

Et la journée, ben j’ai mon grand de 2 ans, et c’est bien lui qui me fatigue le plus ! Il est dans l’âge du non, et ce n’est pas facile tous les jours. Même si c’est aussi chouette de profiter de lui qui grandit.

Ils ne font pas forcément la sieste au même moment, je n’ai pas beaucoup de temps pour moi. J’avoue que je suis contente, le soir, quand les deux dorment ! Je regrette parfois d’avoir moins de temps à accorder à ma fille que pour mon premier, qui était le centre de mon univers les premiers mois.

Je fais aussi attention au rythme de ma fille, mais nous bougeons plus facilement. Je suis moins stressée de bouger : en fait, la plupart du temps, elle s’adapte très bien.

Je suis quand même plus fatiguée. Je pense que l’allaitement joue, et aussi le fait que mon grand me demande beaucoup d’énergie. Je suis contente d’avoir ces quelques mois avec eux, mais je sais que je serai aussi contente de reprendre le travail, pour faire autre chose et avoir une vraie pause le midi… avec du temps rien que pour moi !

L’attachement

Pour mon aîné

Pour mon premier, dès qu’il est né, j’ai senti un immense amour m’envahir.

On dit que ça peut être dur pour la maman au début, qu’elle peut voir son bébé comme un bébé étranger, mais ça n’a pas été du tout le cas pour mon fils. Je découvrais un amour extraordinaire : ce bébé venait de sortir de moi, c’était incroyable ! Un lien unique et tellement fort nous reliait.

Je me souviendrai toute ma vie de notre première soirée, à peine quelques heures après sa naissance. Il était paisible et éveillé, il me regardait d’un air si calme et confiant, et je le regardais. C’était un moment magique, hors du temps. J’étais parfaitement bien, heureuse.

Et les premiers mois, je me sentais totalement reliée à lui. Bref, pour mon aîné, l’amour m’a submergée comme une vague immense, et ne m’a plus jamais quittée.

Pour ma deuxième

Nous arrivons au paragraphe le plus douloureux à écrire pour moi. En effet, ayant connu cet élan d’amour immédiat envers mon premier bébé, je n’étais pas du tout préparée à ce que ce soit différent pour le suivant. Or, ça a été différent.

Au tout début, nous avons fait du peau à peau et elle a tété. Je me sentais pleine d’amour envers ma petite fille, c’était un beau moment. Mais le soir, j’étais épuisée après cet accouchement. Je la regardais, et je n’étais pas émerveillée comme je l’avais été pour le premier. Je me disais « c’est ma fille », mais je ne ressentais pas grand-chose.

Trois jours plus tard, nous sommes rentrées à la maison. J’étais heureuse, car je me disais que chez nous, ça irait mieux.

Mais les deux premiers jours ont été horribles. Je pleurais sans cesse, je me disais : « Pourquoi on a fait un deuxième ? On ne va jamais y arriver… » Je me sentais seule et coupable. Pourtant mon mari était là pour m’aider et mon aîné était calme. Je savais que je faisais un baby blues, que sans doute les hormones y étaient pour quelque chose, mais comme je n’avais pas vécu ça pour mon fils, c’était très dur.

Après deux-trois jours, je me suis sentie mieux. Je m’occupais de ma fille avec amour. Je savais que je l’aimais, mais je me sentais tout de même coupable, car j’avais l’impression de moins l’aimer que mon fils. Ça me faisait beaucoup de peine.

J’ai un peu cherché des témoignages sur internet, pour me rassurer et me sentir moins seule. J’avais aussi une cousine qui avait eu deux enfants proches en âge et qui avait vécu un peu le même sentiment. Ça m’a fait du bien de parler avec elle, sans jugement puisqu’elle était passée par là. Elle m’a rassurée en me disant que bientôt, j’allais les aimer autant l’un que l’autre.

Et au bout d’un mois, j’ai enfin ressenti cet amour immense et inconditionnel pour ma fille, mais cet amour est venu petit à petit, le temps que nous faisions connaissance l’une avec l’autre.

Aujourd’hui, j’aime extraordinairement mes deux enfants. Mais cet amour a été immédiatement une évidence pour l’un, et pour l’autre, il a eu besoin de grandir doucement au fond de moi.

Ça me rend un peu triste d’avoir vécu les choses de cette manière avec ma fille, même si je sais que ce n’est pas grave. J’aurais voulu que ce soit comme pour son grand frère : je me sens parfois coupable de ne pas avoir ressenti cette évidence envers elle. Pourtant, maintenant, je l’aime tellement ! Mais il reste cette pointe amère de culpabilité en moi. J’espère qu’avec le temps, elle s’effacera.

Pour conclure

Les choses se vivent donc très différemment à chaque naissance. Chaque enfant est différent, ça parait une évidence, mais je pense que ça ne l’était pas pour moi.

Les débuts avec ma fille ont été difficiles, car je m’attendais à revivre la même chose qu’avec mon grand. Or, son arrivée a été comme une petite tornade dans nos vies, bien plus perturbante que l’arrivée de son frère. Et maintenant, j’ai envie de dire tant mieux. Dès le début, elle a pris sa place à elle : elle n’est pas son frère et je découvre ce que c’est qu’être mère de deux enfants.

Je les aime tous deux mais les relations avec l’un et avec l’autre sont différentes, car ils sont des individus différents. Je pense que c’est ce qu’il m’a fallu accepter avec l’arrivée de ma fille, que non tout n’est pas pareil avec chacun et que je ne serai pas exactement la même maman pour chacun.

Et toi ? Tu as eu du mal à te faire à la vie de maman avec deux enfants ? Ou au contraire, ça t’a paru plus facile avec le deuxième ? Tu as connu la distance dont je te parle avec l’un de tes enfants ? Comment l’as-tu vécue ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Jeune trentenaire, mariée, deux enfants : un garçon né en février 2013 et une fille née en janvier 2015. Je travaille auprès de personnes adultes handicapés mentales dans une association où je m'investis beaucoup. J'aime faire de la pâtisserie, coudre (mais je débute), lire, rêver...et plein d'autres choses encore !