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A la une / Récit d'accouchement

Mon accouchement avec un bébé pressé (mais pas trop)

 

Comme je l’ai écrit dans un de mes précédents articles, j’ai eu une grossesse relativement sereine, si on excepte le problème de dent. En ce début de troisième trimestre, tout va bien. Je suis en forme, ma dent est enfin soignée, et j’ai réussi sans trop de difficultés à ne pas dépasser la prise de poids que je m’étais fixée (mouahahah, si j’avais su !!!).

Au début de mon septième mois, je remarque une grosse perte marron. Je file chez mon médecin pour qu’elle m’examine. Rien d’anormal, mon col est long et postérieur. Je repars rassurée et confiante.

Deux jours plus tard, je suis en weekend et tout se déroule bien, jusqu’au moment où je me rends compte que mon ventre se contracte souvent. Ce n’est absolument pas douloureux, mais ça revient assez régulièrement. Je file m’allonger, mais au bout d’une heure, c’est toujours la même chose. Je demande à mon mari de m’emmener à la maternité pour qu’on aille faire un contrôle.

Arrivés là-bas, on me met sous monitoring pendant une heure, et on me fait un toucher vaginal. Je suis ouverte à 1, ce qui ne me semble pas très bon, et j’ai bien des contractions régulières. On me donne des cachets pour stopper les contractions, mais ils ne fonctionnent pas. On passe donc à la perfusion. On me fait une piqûre afin d’aider la maturation des poumons du bébé. Le médecin décide de faire une échographie, afin de voir si le bébé va bien et si mon col est raccourci.

Bernard (oui, c’était son nom pendant la grossesse, merci Madame Fleur) va très bien, par contre, mon col est bien raccourci. Je vais devoir rester en observation trois jours pour voir si les contractions s’arrêtent, et par la suite, on pourra envisager un retour à la maison avec des cachets. Je suis effondrée et je culpabilise. Est-ce que j’ai trop forcé au boulot ou pendant le déménagement ?

Les trois journées à la maternité sont horribles, je n’ai le droit de me lever que pour aller aux toilettes. Au bout de vingt-quatre heures, on me passe aux cachets, vu que les contractions se font plus épisodiques. On me fait mon échographie du troisième trimestre. Bernard va bien et a un poids tout à fait correct.

Avant ma sortie, le médecin me fait part de ses recommandations. Je dois rester en position allongée jusqu’à 36 SA, à part pour manger, aller aux toilettes et me doucher. Je lui demande ce qu’il en est pour les cours de préparation à l’accouchement. Il me dit que je ferai sans (facile à dire, c’est un mec). Mon mari me ramène à la maison, et c’est parti pour quelques semaines de baleine échouée sur le canapé.

Pendant quinze jours, je ne fais plus qu’un avec mon canapé. Je passe la plupart de mon temps à faire des commandes sur internet pour l’arrivée de Bernard (parce qu’accessoirement, rien n’était acheté) et à dormir, car ce que je n’avais pas prévu, c’est que les cachets pour stopper les contractions me provoqueraient également une très sympathique tachycardie et de l’essoufflement.

Si tu as vu Twilight 4 (celui où l’héroïne dépérit pendant que le bébé grossit), ben Bella, c’est complètement moi durant cette période (non non, je n’exagère pas). Tout le monde trouve que j’ai une mine affreuse, et pour m’achever, la balance me dit que je perds du poids au lieu d’en prendre (tu la vois, maintenant, l’ironie de ma prise de poids contrôlée). Bernard est très (voire trop) actif, donc il semble qu’il se porte très bien.

Malheureusement, au bout de quinze jours, je recommence à avoir des contractions, un peu plus douloureuses, ce coup-ci. Vu qu’elles persistent, nous repartons pour un contrôle à la maternité. Plusieurs heures de monitoring, une nouvelle échographie, de nouveaux cachets et le verdict tombe : on me ré-hospitalise. Les médecins tentent par tous les moyens d’arrêter les contractions, mais rien n’y fait.

En fin d’après-midi, l’obstétricienne de garde vient m’annoncer que le pédiatre de la maternité ne pourra pas prendre en charge mon bébé, et que donc, on va me transférer dans une maternité avec un service de néonat. Je pense que c’est le plus gros coup dur pour moi. Là, je sais que quoi qu’il arrive, je ne sortirai pas de la maternité tant que Bernard ne sera pas là.

Bébé prématuré

Crédits photo (creative commons) : talo urcera

Nous arrivons à la nouvelle maternité, et on me met directement en salle d’accouchement. Une sage-femme vient m’examiner, je suis ouverte à 2-3. Une interne vient me faire une échographie pour estimer le poids du bébé et vérifier que tout va bien. RAS du côté de Bernard. Elle m’explique qu’on arrête tous les traitements, et qu’on voit si je me mets en travail spontanément. La sage-femme me met sous monitoring et on attend.

Elle commence à nous expliquer comment ça va se passer pour le bébé, en particulier après l’accouchement, et nous dit qu’elle va faire descendre la pédiatre de néonat pour qu’on comprenne bien ce qui risque d’arriver. Je crois qu’elle a vraiment vu qu’on était un peu en stress, mon mari et moi, et je la remercie d’avoir pris cette initiative.

La pédiatre nous fait un topo sur les différentes possibilités (problèmes respiratoires, sondes, machines en néonat…). On est un peu rassurés par ses explications, et puis… on attend !!

On m’examine toutes les heures, mais malgré l’arrêt des médicaments, Bernard n’a pas l’air si pressé que ça. J’ai toujours des contractions régulières, mais gérables. Tard dans la soirée, on me remonte dans ma chambre et on me donne enfin à manger (je n’y croyais plus). Mon mari rentre à la maison, mais doit garder son téléphone à côté au cas où.

Je passe une courte nuit, et vers 5h, j’appelle les infirmières, car je trouve que les contractions sont plus fortes. De nouveau, on me fait un monitoring et on m’examine. Col toujours à 3 (bref, pas beaucoup de changements), mais on me redescend en salle d’accouchement. J’appelle mon mari pour qu’il revienne.

C’est reparti pour le monitoring et les examens de col à intervalle régulier… Sauf que comme la veille, ça n’avance pas du tout ! Mon mari fait mumuse avec l’ordinateur qui référence toutes les femmes sous monitoring et me fait des commentaires sur la puissance des contractions de chacune. A priori, je ne suis pas la pire !!! Je respire bien, et j’ai l’impression que ma méthode ne fonctionne pas trop mal, vu que je ne me tords pas de douleur à chaque contraction.

La matinée passe, mais toujours pas de Bernard en vue. Finalement, on me remonte dans ma chambre, je déjeune et je souffle pendant les contractions. Ma famille vient me rendre visite. Ma mère trouve que j’ai le ventre plus bas que la veille. Mais moi, je commence à en avoir marre d’attendre et de souffler.

En début de soirée, les contractions s’intensifient et on me descend (again !) en salle de travail. J’espère que ce coup-ci, c’est pour de bon. Nous avons la bonne surprise de retrouver la sage-femme qui nous avait accueillis à notre arrivée, avec qui j’avais eu un bon feeling. Elle m’examine et me dit franchement que par rapport à hier, ça n’a quasi pas bougé. Hum hum, Bernard, qu’est-ce que tu fous ?!!

Voyant que je souffre, elle appelle l’interne pour voir ce qu’on fait. Il m’examine, mais veut l’avis du chef de service (visiblement, je suis le cas du service, et personne ne veut décider). Le chef de service arrive et prend la décision tant attendue : pose de la péridurale !

Je regarde mon mari et je vois qu’il craque. Du coup, moi aussi. On pleure tous les deux. Lui parce que ça devient concret, et qu’il a peur pour Bernard. Moi, parce que j’ai peur de mal faire pendant l’accouchement, et que ça n’aille pas pour Bernard.

L’anesthésiste vient me poser la péridurale. À force de voir des femmes pleurer dans Baby Boom, je me disais que ça devait faire mal. Personnellement, je n’ai absolument rien senti, à part une légère piqûre d’aiguille et une sensation de froid/chaud quand le produit circulait, au début. Après quinze minutes, c’est le pied : je ne sens plus les contractions et je revis. Je profite de ce moment de calme pour envoyer des textos à ma famille et mes amies, pour les tenir au courant des avancées.

La sage-femme vient me percer la poche des eaux. Le liquide est teinté et elle me dit que c’est signe que Bernard est prêt à sortir. Je sais aussi (toujours grâce à Baby Boom) qu’on risque de devoir l’emmener assez vite pour le nettoyer. Elle me dit de l’appeler si je sens que ça pousse dans les fesses, et qu’elle revient dans une heure pour contrôler le col. Je suis assez zen, mon mari aussi.

Je regarde mon téléphone, et je vois qu’il est 22h. Je me dis que c’est mort pour qu’il naisse aujourd’hui, et je suis un peu déçue. Il faut savoir que dans ma famille, nous sommes tous nés un multiple de 5 (les 5, 10, 15, 20, 25, 30), même mon mari. Du coup, j’aurais bien aimé que Bernard respecte lui aussi la tradition familiale. Sauf que là, ça ne semble pas super bien engagé.

Au bout d’une heure, je commence à sentir à nouveau les contractions. Elles ne sont pas vraiment douloureuses, mais c’est une sensation désagréable, et surtout, je sens que ça pousse dans mes fesses. La sage-femme revient avant que je ne l’appelle. Elle m’examine et me dit que c’est bon, on s’installe, car je suis à dilatation complète. Je n’en reviens pas qu’après toute cette journée d’attente, finalement, ce soit bientôt la fin. Au passage, je commence un peu à stresser, parce que je ne sais toujours pas comment pousser.

La sage-femme me fait faire un essai : elle me dit de pousser sur ses doigts. A priori, je fais ce qu’il faut, elle est contente. J’ai les jambes en compote. Mon mari est à côté de moi, mais je crois que je ne fais plus beaucoup attention à lui. Je me concentre sur les contractions, la poussée, et ce que me dit la sage-femme.

Au bout de trois ou quatre poussées, elle demande à une infirmière d’aller chercher l’interne. Là encore, merci Baby Boom, je sais que si on appelle l’interne, c’est pour les forceps ou la ventouse. Et là, je me dis : “Ah non, il est petit, il sortira sans aide !” Je pousse de toutes mes (dernières) forces, et en deux poussées, on me pose mon bébé sur le ventre, juste au moment où l’interne arrive (pour rien, donc !).

Avec mon mari, nous pleurons de joie et de soulagement. Bizarrement, je ne le trouve pas si petit que ça, notre bébé (il s’avère que pour 35 SA, il a un très bon poids). Il est 23h36, et notre Choupi (maintenant, ce n’est plus Bernard !) a respecté la tradition familiale : il est né un multiple de 5 !

Et toi ? Tu as aussi été alitée pour menace d’accouchement prématuré ? Comment l’as-tu vécu ? Est-ce que finalement, ton bébé est né prématurément ? Raconte !

Toi aussi, tu veux raconter ton accouchement ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Jeune mariée (4 ans) et jeune maman (2 ans) d'un choupinou qui grandit trop vite !!! Je vis à Paris et j'essaye de concilier ma vie perso et ma vie pro du mieux que je peux.