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A la une / Témoignage

Désir de grossesse mais crainte d’être mère : le paradoxe

La nature a doté les femmes (et les femelles en général) de ce don incroyable : donner la vie. Alors certes, elles ne fabriquent pas seules un petit être, il faut bien que les hommes (les mâles) s’en mêlent au début. Mais n’empêche, c’est une telle chance de porter et de faire naître un enfant. En tout cas, c’est ce que je me suis toujours dit !

D’aussi loin que je me souvienne, pour cette raison, j’ai toujours ressenti une gratitude immense envers la nature de m’avoir faite femme.

chaussons de bébé lapin

Crédits photo (creative commons) : Travis Isaacs

Mon rêve de grossesse

Depuis que je suis adulte, j’idéalise la grossesse. Les ventres ronds m’émeuvent et je dois faire attention à ne pas trop laisser trainer mon regard insistant et mon sourire benêt à la vue d’une femme enceinte ! J’envie mes amies qui attendent un heureux événement et rêve d’être à leur place.

Pourtant, je ne vis pas dans le monde des Bisounours, j’ai conscience que l’état de grossesse peut être difficile, douloureux, pénible… Que l’accouchement n’est jamais vraiment une partie de plaisir, que les suites de couches sont une épreuve, etc. J’écoute et je lis aussi bien des témoignages positifs que négatifs sur le sujet, histoire de descendre un peu de mon petit nuage et de relativiser.

Mais rien n’y fait ! J’idéalise toujours la grossesse ! Et à 28 ans maintenant, mariée et (à peu près) stable, je n’attends plus que ça, être enceinte !

Je veux ressentir l’excitation du + sur le test. Vivre les premières semaines en gardant le secret (si j’y arrive !) et en regardant mon mari avec un sourire en coin et les yeux qui brillent. Réfléchir à comment faire une annonce originale à nos proches et les voir se réjouir d’être bientôt tonton/tatie/grands-parents/parrain/marraine, etc. Voir mon ventre s’arrondir tout doucement. Même les nausées, je veux bien les avoir !

Bref, tu l’as compris, j’idéalise vraiment la grossesse ! Peut-être trop. Mais tant que je ne l’ai pas expérimentée, je n’en démords pas. Mais là, je m’égare, je repars sur mon nuage, donc revenons sur Terre…

Pour te faire un petit topo rapide de la situation : arrêt de la pilule à l’automne dernier, cycles longs et irréguliers, pas de projet qui puisse m’occuper suffisamment l’esprit et me changer les idées, donc tendance à faire de mon désir une obsession.

Et puis, il y a la peur de la stérilité, de devoir prendre des traitements, de la PMA, peur de faire partie de ces couples pour qui il ne suffit pas de désirer être parents pour le devenir. Étant donné qu’autour de moi, beaucoup de femmes tombent enceintes rapidement, je commence à vivre difficilement ces mois d’essais. Les cycles passent, et aucun signe ne me rassure sur le fait que je suis, que nous sommes bien capables de procréer.

Voilà, en résumé, où j’en suis !

Mes craintes de la maternité

D’autre part, et c’est là que se trouve tout mon dilemme/paradoxe intérieur, je suis quelqu’un de (quelque peu) stressé. La maladie et la perte de certains membres très proches de ma famille, alors que j’étais adolescente, puis adulte, m’ont rendue plus angoissée que je ne l’étais déjà par nature. J’ai peur qu’on m’enlève (encore) ceux que j’aime, peur de ne pas avoir droit au bonheur total.

Alors, depuis que j’ai l’âge d’être maman, j’ai peur d’avoir un enfant. Parce qu’au-delà de la joie d’être mère, ce que je ressens aussi, c’est la peur de la mort subite du nourrisson, de l’étouffement, ou de je ne sais quel mal dont un bébé peut souffrir.

Il ne faut pas imaginer le pire, me diras-tu. Certes, mais mon passé endeuillé a fait quelques ravages qui se manifestent encore et se manifesteront toute ma vie, je pense.

Heureusement, ces craintes du pire ne me bouffent pas la vie non plus, je suis capable (et heureuse) de faire la nounou quand l’occasion se présente, de m’occuper d’enfants sans pour autant m’enfermer dans une bulle aseptisée avec assistance respiratoire et électrocardiogramme à portée de main !!

Il y a peu, j’ai également pris conscience que j’ai aussi tout simplement peur qu’un petit être vienne perturber notre quotidien. Oui, j’appréhende parfois en pensant qu’au terme des neuf mois, il y aura quelqu’un dont nous serons responsables pour toujours, quelqu’un dont il faudra s’occuper, qui deviendra une priorité, qui bousculera nos habitudes.

À ce jour, je n’ai à me préoccuper que de moi-même. Mon mari et moi allons régulièrement au cinéma, et de temps en temps manger au restaurant. Nous aimons aussi passer des journées entières à regarder des films dans notre salon, et faire la grasse matinée. Des activités qui, certes, peuvent encore se faire quand il y a un enfant à la maison, mais quand même beaucoup moins facilement !

Aurai-je suffisamment de patience pour donner tout mon temps à un enfant ? Suis-je égoïste d’avoir de telles pensées ? Ce sont ces questions qui me turlupinent.

Oui, mais alors, que faire ?

Tous ces tiraillements dans mon esprit, c’est bien gentil, mais comment assouvir mon envie de grossesse, si l’envie d’être mère n’est pas (encore) une évidence ?!

Tu me diras peut-être (comme me l’a dit une amie il y a quelques jours) : « Va à l’étranger et deviens mère porteuse ! »

Alors certes, c’est une possibilité, mais en fait, si je cherche bien, là, quelque part dans mon cœur et mon corps, j’ai envie d’être maman ! Ben oui, évidemment, je le sais, je le sens, c’est juste que mes accès d’angoisse me freinent un peu trop souvent !

Mais moi aussi, je veux voir naître un petit être qui ne serait qu’à moi (qu’à nous !). Moi aussi, je veux choisir un prénom, préparer une jolie chambre. Moi aussi, je veux entendre une petite voix dire « Maman » et que ce me soit adressé.

Je veux avoir un enfant à moi sur les photos de famille. Je veux que l’ordre des choses soit respecté, que j’aie mon premier enfant avant mes petits frères et sœurs (déjà en âge d’en avoir). Il n’y a certes aucune règle à ce sujet, les aînés n’ont pas forcément des enfants avant leurs cadets, mais dans mon cas, je vivrais assez mal le fait d’être tatie avant d’être maman.

Le désir d’enfant n’est pas inné, il germe en soi (ou pas), il se construit… Non, ce n’est pas une évidence… Enfin, je ne crois pas. Je peux d’ailleurs tout à fait comprendre les femmes qui choisissent de ne pas avoir d’enfant, comme Fleur-Joséphine, qui a écrit à ce sujet pour Sous Notre Toit.

Heureusement, les mois et les années passant, je mûris, je suis aussi plus en contact avec des nourrissons. Beaucoup de mes amies deviennent mamans, alors ça me rassure. Je me dis que si les autres y arrivent, il n’y a pas de raison pour que je n’y arrive pas. Je me dis aussi que je suis bien entourée, et qu’il y aura toujours des conseils à prendre autour de moi si je doute ou si je suis perdue.

Mon mari est prêt, et comme il est tout l’inverse de moi, jamais angoissé, il saura me rassurer. J’ai envie que ce soit mon tour, j’ai envie de faire le cadeau à ma maman d’être grand-mère (elle est prête, elle aussi, elle l’attend !). Je veux que les prochains Noël soient ceux où je reçois des cadeaux pour mon enfant, et plus uniquement où c’est moi qui en fais aux autres.

Voilà, tout plein de petites et de grandes choses qui font que, malgré mes angoisses, qui sont et seront toujours là, j’attends, j’espère, je guette et rêve d’un bébé pour 2016 !!

Et toi, tu voudrais un enfant là tout de suite maintenant ? Tu te poses des questions, tu as des angoisses, ou bien tu abordes la chose très sereinement ? Au contraire de moi, la grossesse te fait peur ? Viens partager avec moi tes sentiments…

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

29 ans, mariée et toute jeune maman d'un petit bonhomme né le 10 juin 2016 ! Pourquoi ce pseudo "Mme Au Conditionnel" ? Parce que ma phrase préférée c'est : "Et si..." (si j'avais su... s'il était toujours là... si je pouvais changer ça... si j'étais moins ça (ou plus !)...) tu l'auras compris, j'ai tendance à beaucoup vivre ma vie au conditionnel ! Pas bien !! Mais je me soigne, surtout grâce à l'amour de mon mari !