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A la une / Récit de grossesse

Un gros bébé et ses conséquences

C’est le branle bat de combat dans ma tête (encore une fois). Bébé est gros, voire même très gros selon l’échographe, il paraît même que ce serait un « macrosome » (quel horrible mot)… Bon et alors, quelles conséquences ?

 

Possibilité 1 : aucune

Heureusement, au lendemain de mon écho T3 j’ai un rendez-vous de préparation à l’accouchement avec ma super sage-femme. Avant de commencer à parler de pré-travail, de travail et de poussée nous voyons ensemble le compte rendu de l’examen et elle me rassure beaucoup. Des bébés de plus de 4 kg c’est plutôt commun, et ce n’est rien des grave en absence de diabète. Et justement, pour m’éviter le supplice d’un second test de diabète gestationnel qui serait demandé par l’hôpital, elle anticipe en me prescrivant un test de glycémie traditionnel : une prise de sang à jeun puis trois heures après le premier repas de la journée. Je lui en suis infiniment reconnaissante car j’avais été malade comme pas possible lors de mon HGPO (hyperglycémie provoquée par voie orale). Et va savoir, on te dit qu’il faut limiter le sucre mais on t’en fait prendre 75g à jeun. Comme c’est un test médical du coup c’est pas grave, c’est ça ?

Bref tout va bien.

Crédits photo : Creative Commons (Pxhere)

Possibilité 2 : un accouchement plus compliqué

Lors de mon rendez-vous du huitième mois à la maternité qui a lieu un peu plus tard, je dégaine immédiatement le résultat, on ne peut meilleur, de mon test de glycémie (en mode première de la classe) qui me sauvera comme prévu. La sage-femme qui suit mon dossier n’a pas non plus l’air alarmée. Elle pense que les mensurations de Mininous sont constitutionnelles, car il ne semble pas à l’étroit dans sa piscine et puis surtout, il se trouve qu’il y a eu de nombreux très gros bébés dans ma famille, des bébés dépassant parfois les 5kg ! Que ça fait du bien d’avoir affaire à quelqu’un de bienveillant après ce rendez-vous glacial avec le Doc.

Mais… (il y a quand même un mais) elle souhaite tout de même que mon dossier soit vu par une commission et m’explique les risques qui se présentent lors d’accouchement de gros bébés : la fracture de la clavicule du bébé, et les complications comme l’utilisation d’instruments (forceps, spatules, cuillères…) ou carrément la césarienne d’urgence si bébé ne s’engage pas dans le bassin. Et au détour d’une phrase, me place le terme « déclenchement ».

 

Déclencher mon accouchement ?

A l’issue de ce rendez-vous je commence à cogiter sur cette histoire de déclenchement, et j’en parle immédiatement à Chéri qui me répond que lui ça lui est égal, c’est mon accouchement, c’est moi qui choisis. OK, merci pour ton aide, t’aurais même pas un tout petit avis ? D’habitude tu ne te fais pas prier pour le donner…

Alors, pourquoi déclencher cet accouchement ?

Si l’hôpital me le proposait c’est qu’il pourrait s’avérer utile, notamment dans le but d’éviter les complications et la souffrance de Mininous pendant l’accouchement. Je suis une grande froussarde, et si l’idée de la césarienne en urgence ne m’enchante qu’à moitié, celle des spatules me tétanise carrément. Bien sûr je n’ai aucune envie de rajouter de la souffrance à Mininous en lui infligeant un accouchement long et compliqué avec risque de fracture de la clavicule ou autre chose de fort sympathique dès son arrivée dans notre monde.

Le deuxième atout d’un déclenchement selon moi, serait d’être à l’hôpital avant le commencement, car je suis également très angoissée par l’idée que le travail débute alors que Chéri n’est pas présent, le pire serait bien évidemment un vendredi après-midi, moment de grande affluence sur les routes où il risquerait fort d’être coincé sur le périph. Que celles qui rêvent de se rendre à la maternité en métro lèvent la main !

Et puis il y a le côté organisationnel aussi. Nous habitons loin de nos familles et cela nous permettrait de nous arranger facilement pour la garde de notre poilu. (OK, cet argument n’est pas top, mais savoir notre poilu serait bien gardé et que Chéri n’aurait pas à faire plusieurs allers-retours pour s’en occuper tous les jours ferait une chose de moins à gérer).

Pourquoi pas ?

Pour commencer parce que ça n’est pas un accouchement physiologique. Même si ce n’est pas vraiment dans mes priorités, j’aime tout de même l’idée de laisser faire la nature.

Et puis il paraîtrait qu’un accouchement déclenché est beaucoup plus douloureux qu’un accouchement naturel.

Il y a aussi le risque que les produits ne fonctionnent pas.

Et enfin, le déclenchement retire toute la magie de la surprise et nous aimons les surprises (il ne t’as pas échappé que je ne fais pas mention du sexe de Mininous, c’est parce que nous ne le connaissons pas). C’est un accouchement sur rendez-vous sans aucun charme.

C’est un choix qui est très dur à faire, je mets donc ces réflexions de côtés au moins jusqu’à mon prochain rendez-vous à la maternité.

D’ailleurs quelques jours plus tard, l’hôpital me rappellera pour me proposer une échographie de contrôle.

 

L’écho de contrôle

Quelques semaines plus tard, je retourne à la maternité pour effectuer cette échographie de contrôle. Je suis un peu stressée car c’est un environnement que je ne connais pas et Chéri n’a pas pu se libérer pour m’accompagner. J’ai surtout peur que le/la gynéco ne soit pas sympa, à l’image du Doc qui m’a sacrément refroidit. Mais heureusement, je trouve en face de moi une femme souriante et chaleureuse et surtout qui parle pendant l’examen (pourquoi je n’ai pas fait toutes mes échos ici ?), soit tout l’opposé du Doc qui avait fait mes échos jusqu’à présent. Son discours est rassurant. Mininous est un gros bébé certes, mais il suit gentiment sa courbe de croissance, « surement que la cantine est bonne là où il se trouve » me dit-elle sur un ton bienveillant. Nous discutons rapidement des conséquences possibles lors de l’accouchement et elle me dit que si je le souhaite (et vraiment sans pression), elle peut déjà bloquer une date pour un déclenchement à 39SA, ou que je peux encore y réfléchir et en rediscuter lors de mon rendez-vous du neuvième mois avec la sage-femme de l’hôpital.

Tu te doutes bien que si je te raconte toute cette histoire c’est que j’ai pris rendez-vous, parce qu’à ce moment, c’était une évidence. La peur des complications a largement surpassé l’envie d’un accouchement naturel. Et puis j’avais une petite voix dans ma tête qui me disait que de toute façon Mininous viendrait après le terme, et que je n’aurais rien gagné à être déclenchée à J+6, autant le faire à J-12.

Le rendez-vous est pris, à tout vite Mininous !

 

Et toi ? As-tu aussi été confrontée au choix du déclenchement de ton accouchement ? Qu’aurais-tu fait si tu avais été à ma place ? Dis-moi tout !

A propos de l’auteur

La trentaine passée, j'attends mon premier bébé pour Novembre 2018. La maternité n'était pas une question évidente pour moi et il m'a fallu beaucoup de temps pour que l'envie d'avoir un enfant s'installe vraiment. Et j'ai hâte de pouvoir en parler avec toi !