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A la une / Témoignage

Éclampsie et prématurité : les premières heures

Il y a un an, ma grossesse s’est terminée par une crise d’éclampsie et la naissance prématurée de mon bébé. Aujourd’hui, je reprends ma plume pour te raconter les suites de cette naissance grâce à mes souvenirs et aux précieuses notes prises par mon mari au moment où tout cela est arrivé (ce sera le texte en italique).

Mon Petit Homme est né à 28 SA, ce qui, dans le domaine médical, le situe dans la case « grand prématuré ». Personnellement, je connaissais le sujet, étant moi-même une grande prématurée âgée de plus de 30 ans : j’ai entendu plusieurs fois l’histoire de ma naissance racontée par mes parents. Mais l’écouter et le vivre, c’est totalement différent !

Hospitalisée en urgence, je suis dans le service d’obstétrique où je reprends conscience après ma crise convulsive. J’y retrouve mon mari inquiet et des médecins qui m’expliquent ce qui s’est passé et ce qui va se dérouler dans les prochaines heures… On me dit clairement que je dois rester à jeun (vive le brumisateur et les bâtonnets glycérinés au citron, j’ai si soif !) et que je suis surveillée de près et bébé aussi via le monitoring. Je peux être emmenée à tout instant en salle d’opération si le bébé ou moi-même commençons à passer en zone dangereuse pour nos vies.

Eclampsie et prématurité

Le personnel est très attentif. C’est un défilé d’internes, de sages-femmes, de médecins-chefs, d’aides-soignantes… Les médecins annoncent très vite que l’accouchement aura lieu sous quarante-huit heures max…

J’ai peu de souvenirs de ces moments, même si lors de mes instants de conscience, je suis visiblement alerte et bien éveillée (je donne même des ordres à mon mari !).

Mais j’ai un assez bon souvenir d’une certaine chose : une échographie où j’ai demandé le sexe de notre bébé à la doctoresse. Nous avions une hypothèse sur le sexe, mais mon gynécologue n’avait pas pu nous le certifier à mon rendez-vous du cinquième mois. Et là, pas de surprise, notre bébé est toujours sans sexe… Comment ? Roulé en boule, avec les genoux pliés sur le ventre et le cordon ombilical entre les jambes qui remonte sur les fesses, il est dans une position qui ne permet pas au médecin de voir. Elle ne sait pas vraiment et nous laisse dans le doute…

Aussi, peu de temps après, comme c’était prévisible, la zone rouge est là, très très vite. Les médecins et le brancard arrivent dans la foulée dans la chambre… Après une rachianesthésie, une césarienne, un endormissement forcé, et un “C’est quoi le sexe ?” demandé au papa, je suis devenue maman d’un petit garçon.

Dans la salle de réveil, mon chéri m’apporte une photo : celle de Petit Homme prise juste après sa naissance. Par chance (ou pas, selon), mon mari avait pu quitter la salle d’opération pour suivre et accompagner notre bébé dans ses premières heures de vie. Il m’explique que son test d’Apgar était plus que mauvais, qu’il ne respirait pas à la naissance et qu’il a été réanimé et intubé… Ça a été un gros moment de stress et de frayeur pour mon chéri.

Accouchement à 13h25, pas de cri, les puéricultrices s’occupent de lui, 2-5-7…

Sur cette photo, j’ai trouvé mon bébé grand et beau avec son bonnet, malgré les tubes et les sondes qui l’entouraient. Nous avons pleuré de joie de savoir ce petit être vivant malgré son arrivée en fanfare.

Un peu plus tard, je suis emmenée en brancard dans le service de réa-néonatologie de l’hôpital (je suis chanceuse, mon passage en salle de réveil a été rapide). Là-bas, je découvre mon bébé au fond de sa couveuse, bien au chaud dans sa douce lumière bleue.

Eclampsie et prématurité

Je dois t’avouer qu’à ce moment-là, j’ai été choquée par sa taille et sa maigreur par rapport à ce que j’imaginais d’un bébé normal. Avec son poids plume, il était tout petit et surtout très mince. Pas un beau bébé tout rond et grassouillet comme j’avais pu le rêver. Mais j’ai su que c’était le nôtre et que je l’aimais déjà. Dans ma bulle d’amour (et de médocs), je n’ai même pas fait attention au matériel médical autour de lui et aux différents bruits qui l’accompagnaient.

Les infirmières puéricultrices, qui nous ont accueillis chaleureusement, me permettent de le prendre en peau à peau pendant quelques minutes, sous les yeux de mon mari. Ce moment est bénéfique pour nous trois. Il nous permet de l’embrasser, de nous reconnaître et d’apaiser Petit Homme…

Première visite à bébé, maman l’a vu ! Salle de réa préma n°1, un petit bonhomme avec des cheveux, tout mignon, tout petit, au-delà de l’imagination. Beaucoup de bonheur et d’amour. Beaucoup de fragilité…

Petit Homme est installé dans une chambre double au début de son séjour, avec un autre copain (nous avons appris par la suite que cette chambre était une salle d’opération potentielle en cas d’urgence, gloups). Après avoir changé de colocataire de nombreuses fois, au bout de deux semaines, nous pouvons enfin avoir un peu plus d’intimité avec lui dans une chambre unique. Ça nous fait beaucoup de bien et nous permet de nous rapprocher encore un peu plus.

Je reviens très vite pour te raconter la suite des aventures de notre Petit Homme en néonat…

Et toi ? Tu as accouché (très) précocement ? Comment se sont passées les premières heures de ton bébé ? Comment toi tu les as vécues ? Viens en parler…

A propos de l’auteur

Bretonne de 34 ans, je suis marié à mon Isérois d'amour depuis mai 2014. Deux mois plus tard, dans une folle tornade, notre bébé a pointé le bout de son nez, pour notre plus grande peur et notre plus grande joie. J'ai découvert ce blog via "Mademoislle Dentelle", blog auquel je suis accro depuis la préparation de notre mariage il y a plus de 2 ans.