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Mon accouchement prématuré de quelques semaines


Publié le 28 mai 2014 par Madame Biologie

Il est 6h30, je suis en congé maternité depuis une petite semaine, et mon dos me fait horriblement souffrir. Du coup, au lieu de faire la grasse matinée que j’avais prévu, je fais la crêpe dans le lit. Si, tu sais, la crêpe, ça consiste à te tourner et retourner, jusqu’à ce que tu en ais marre et que tu finisses par te lever !

Bon, en tant normal, je peux jouer à ça plusieurs heures. Mais là, les positions sont assez limitées. Je suis tout de même à 36 semaines de grossesse, mon ventre commence à prendre de la place !

Et puis ma vessie finit par me dire que je pourrai quand même me lever ! Alors je me lève, je vais faire pipi et je tente de me recoucher.

Mais mon dos me dit que non, je ne dormirai pas ce matin. J’ai la tête dans le pâté et je suis de mauvaise humeur.
Je finis tout de même par remarquer que j’ai plus de contractions que d’habitude.

Oui, parce que quand la sage-femme nous a parlé des contractions de Braxton-Hicks (qui surviennent généralement vers le 6ème mois, qui ne sont pas douloureuses, qui n’agissent pas sur le col et qu’on peut avoir une dizaine de fois par jour), j’ai beaucoup ri ! J’ai la chance de faire partie de ces femmes à l’utérus contractile. Ça n’engage à rien pour l’accouchement, mais à partir du 4ème mois, mon ventre se tendait régulièrement. Et par régulièrement, je veux dire plusieurs fois par heure. Ce n’est pas douloureux, mais c’est gênant quand même.

Il est donc maintenant 7h30, et je réalise que mon ventre se contracte encore plus que d’habitude. Et finalement, ma douleur au dos n’est pas comme d’habitude non plus… Je prends alors conscience que quelque chose.
Je suis quasi-certaine d’avoir des contractions, des vraies ! Je panique, parce que, comme je te l’ai dit, je ne suis qu’à 36 semaines !! Il est trop tôt.

J’appelle mon mari avant qu’il ne parte en cours. Entre deux sanglots, j’arrive à lui dire que j’ai des contractions et que je ne pense pas qu’elles s’arrêtent, je ne pense pas que ce soit un faux travail, je suis sûre que c’est pour aujourd’hui au fond de moi.

Il me demande si il doit rentrer ou pas, parce qu’à ce moment-là il est à 5h de route de moi ! Je lui dis d’attendre voir ce que les sages-femmes de la maternité me disent.

photo de bébé à la naissance

Crédits photo (creative commons) : Inspired Photography CT

J’appelle ma mère. Le temps qu’elle arrive, je me douche et je mets à la machine toutes les petites affaires que je n’ai pas eu le temps de laver. Ce devait être ma mission du weekend, finir ma valise de maternité. À 10h, on décide d’aller à la maternité.

Arrivée là-bas, je découvre les urgences. À moins de perdre les eaux devant eux, visiblement, rien n’est urgent !
Vers 11h, on m’examine enfin. Au monito, mes contractions ne sont pas très régulières et mon col a commencé à dilater, mais il est à 1 ! 1, ce n’est pas beaucoup. On m’envoie donc me promener.

Je vais manger avec ma mère et ma sœur, qui nous a rejoint, à la cafétéria de la maternité. Ce n’est pas parce que je galère à rester dans une position décente que je n’ai pas faim ! Par contre, impossible d’aller marcher, j’ai le bassin qui me fait horriblement mal.

On attend donc sur un banc au soleil.

Aux alentours de 13h, je retourne en salle d’examen. Youhou, je suis à 2 !

La sage-femme me dit de retourner faire un tour, parce que les contractions ne sont toujours pas régulières. Mais elle me dit aussi que je peux dire à mon mari de prendre la route : ça sera pour aujourd’hui ou demain !

J’appelle donc mon mari qui part sous les encouragements de ses collègues et élèves. M’enfin, c’est moi qui aurait besoin de courage…

Je m’ennuie, je m’inquiète et il ne sera là que dans 5-6h… Fichu boulot qui nous a éloigné ! Je poireaute donc, 1h, 2h, 3h, 5h. On m’examine régulièrement, mais je reste dilatée à 2. Je fatigue, je m’ennuie. Je me dis que je lui ai peut-être fait prendre la route pour rien… et j’ai maaaaal !

Je n’ai même pas eu le temps de voir mes cours d’accouchement, c’était la semaine prochaine. Comment on fait pour ne pas avoir mal ? Aucune position ne m’est confortable.

Il est 18h30, on me met en chambre de travail. Youpi, j’ai un lit ! Et mon amoureux vient d’arriver, youpi bis !
On me propose de prendre un bain pour aider mon col à se dilater et pour soulager mon dos. C’est vrai que c’est agréable, j’ai beaucoup moins mal dans l’eau.

Je me détends un peu, je dis des bêtises, ça m’aide à ne pas penser à ce qui m’attend. Puis ce n’est pas parce que j’ai mal qu’il faut faire la tronche, non ? D’ailleurs, les sages-femmes m’ont trouvé bien gaie !

Bref, d’un coup, je sens un truc sortir d’un coup de mon intimité, créant un courant dans le bain, suivi de choses pas glop glop. « Euh, Chéri, reste où tu es ! Maman !! Je crois que j’ai rompu ma poche des eaux, tu m’aides à changer mon bain ? » Je voulais lui épargner ce spectacle peu ragoutant ! Ben oui, une fois que ma poche s’est fissurée j’ai eu droit à des morceaux de bouchons muqueux et du sang issu du col. C’est tout à fait normal, mais pas besoin de me voir baigner dedans…

Je tente de reprendre un bain, parce que vraiment, hors de l’eau, j’ai mal, mais genre méga mal !! Mais mon intérieur continu de venir faire la fête à l’extérieur, venant dégueulasser mon bain, alors je renonce.

Nouvel examen, je suis à 3 ! C’est à combien qu’on a droit à la péridurale ?

Il faut savoir que l’anesthésique utilisé à tendance à ralentir les contractions, et donc à ralentir la dilatation du col. C’est pour cela que généralement, on ne la pose pas avant 5 ou 6 ! Ce n’est pas juste parce qu’ils sont tous sadiques refoulés.

Vers 20h, je ne sais même plus où j’en suis. Mais on me monte en salle d’accouchement, parce que les places sont rares ce soir. Alors pour ne pas risquer que ma place soit prise, on m’en donne une directe.

Sorry pour les mamans qui auront dû être transférées ! Mon accouchement étant prématuré, je suis passée devant.
Oui parce que la prématurité, c’est quand tu accouches avant 37 semaines. Alors oui, je n’étais pas très loin d’atteindre le dernier mois. Mais malgré tout, certain bébés peuvent avoir des difficultés lors de leurs premiers instants de vie.

D’ailleurs, quand on a commencé à m’installer dans la salle d’accouchement, une gentille sage-femme est venue m’expliquer (je crois, parce que bon j’étais crevée et j’avais faim et froid et maaaaal) que peut-être, il leur faudrait emmener rapidement mon bébé. Ça dépendrait de s’il se réchauffait bien et s’il arrivait à téter. Et tout plein d’autres choses, mais je n’ai vraiment pas tout saisi. Là, je commençais un peu à flipper… et quand je flippe, mon cerveau est sur off !

La salle d’accouchement donc. Ah, c’est ça ! C’est un peu moche et glacial, au sens propre. Et puis j’ai une espèce de tremblote impossible à calmer, même avec toutes les couvertures. Il parait que le stress peut faire ça.

Je ne sais plus quand, on vient me poser la péridurale. Moi, bêtement, je croyais qu’on allait juste me faire une injection dans le dos. Mais en fait, pas du tout : on te pose un drain. Le mien est relié à une machine qui permet d’envoyer de l’anesthésique « à volonté », grâce à une petite pompe qui passe par-dessus l’épaule. Et on te scotche tout le dos ! Merci la séance d’épilation après…

Le truc le plus sympa : avoir une tremblote incontrôlable, un ventre rond et dur comme une pastèque, et s’entendre dire « pliez-vous bien, là. Dos bien rond, et ne bougez plus ! ». Euh… Comment te dire ? Trop facile ! « D’ici 10 minutes, vous devriez sentir l’effet de la péri. »

10, 15, 20 minutes. C’est normal que je ne sente rien ? Ou plutôt si : je sens encore tout !!! On me remet une dose et là, au bout de 10 min, le soulagement ! J’ai toujours mal au dos, mais c’est juste positionnel. Je ne sens presque plus les contractions, et j’en profite pour somnoler un peu entre 2 prises de tension (ouais, t’as aussi une super pompe sur le bras qui gonfle toutes les 5 min) et 2 visites à base de « ça avance, on est à X ».

Clairement, je perds la notion du temps.

Ma mère est toujours dans la salle d’attente, car une seule personne peut entrer en salle d’accouchement. On vient m’expliquer qu’on va attendre encore 1h avant de me faire pousser, puis que je resterai 2h en salle pour vérifier les suites de couche. Mon mari va donc lui dire de rentrer chez elle. Elle reviendra plus fraîche le lendemain matin, à la première heure !

Finalement, la sage-femme revient et me dit qu’on va commencer. Et crotte ! Chéri est dehors, et moi je viens de me remettre une dose d’anesthésique… Du coup, j’ai du mal à mettre mes jambes dans les étriers : elles sont toutes molles, c’est très bizarre.

Heureusement elles ont plein de choses à préparer avant de me faire pousser, mon mari a eu le temps de revenir juste avant que je commence.

On me fait pousser sur apnée. C’est hyper sportif ! À chaque contraction, je dois prendre une grande inspiration et pousser très fort (je ne sais trop où, vu que je suis assez endormie), puis expirer et recommencer ! On attend la contraction suivante, et hop on recommence.

À un moment, l’espace entre 2 contractions est assez long. On me demande donc si je veux toucher la tête toute chevelue de mon bébé. Je m’exécute, mais je trouve ça vraiment bizarre, vu que je ne sens pas sa tête au niveau de mon vagin, je ne sens rien ! Mais je crois que c’est mieux !

En 20 min, je réussis à sortir mon petit bonhomme. Il est 23h56 ! Je crois qu’il voulait vraiment naître le même jour que son cousin, le coquin.

Je ne sais plus à quel moment, une auxiliaire de puériculture me l’emmène pour les petits examens de routine, mais ça ne dure pas.

Je me souviens juste qu’on me l’a posé sur la poitrine, qu’il avait les yeux grands ouverts, et ne faisait pas si riquiqui pour un petit prématuré. Il scrute son papa pendant qu’on me raconte je ne sais quoi pour ma toilette et qu’on me fait des points. Il tête et il est en bonne santé. J’en oublie même que je ne voulais pas qu’il naisse aujourd’hui, que c’était trop tôt.

Je pensais pleurer comme une madeleine, mais finalement je ne pleure pas. Mais je fais toujours ça quand je suis vraiment full d’émotion, il n’y a plus rien qui sort !

On me remonte en chambre, l’équipe vient me souhaiter bon courage avant de me dire au revoir, je trouve ça hyper sympa ! Et l’une d’elle m’a dit une chose pas bête « en fait, vous avez attendu que votre mari soit là pour vraiment commencer le travail ». Hum maybe, il parait que le corps est bien fait.

Dans la chambre, j’ai de la chance, je serai toute seule. Du coup, mon mari peut rester dormir avec nous, il y a un lit d’appoint. Ça me rassure qu’il soit là pour commencer notre vie à trois !

Et toi, tu as eu beaucoup de contractions tout au long de ta grossesse, bien avant le 6e mois ? Tu ne comprends plus rien quand tu es stressée ? Tu as entendu l’arrivée du papa avant d’être prête pour commencer à pousser ? Raconte !

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Pendant la grossesse, tu t’imaginais épanouie, heureuse, avec un joli ventre rond, et bien sûr, il y a de ça. Mais tu n’étais peut-être pas tout à fait préparée pour les vergetures, les coups de pied dans la vessie à 2 heures du matin et les galères administratives. On ne te la refera pas deux fois. Avec le guide hyper complet et concentré de Dans Ma Tribu, tu sauras exactement ce qui t’attend après l’accouchement. Clique ici pour en savoir plus.

Commentaires

5   Commentaires Laisser un commentaire ?

Madame De Poche

Bonjour,
Merci pour ce partage ! Je suis actuellement enceinte de 34 semaines et je suis arrêtée depuis 2 semaines à cause de contractions plutôt douloureuses (et j’ai pu apprendre le terme d’utérus contractile qui me correspond bien aussi en plus des contractions), et c’est sympathique de pouvoir lire un article comme celui-ci qui se veut plutôt rassurant lorsque l’on évolue dans ce tout nouvel univers qu’on ne connait pas bien !
Et un grand merci à toutes pour ce blog qui est très réussi ! Bonne continuation !

le 28/05/2014 à 09h38 | Répondre

Madame Biologie

Ravie que mon récit puisse servir à rassurer une future maman. C’est vrai qu’une première grossesse c’est assez angoissant surtout dans notre société qui médiatise tellement les vilaines histoires et vraiment pas assez tous les petits miracles !
Encore quelques semaines et ton bébé sera paré pour découvrir le monde. Je te souhaite plein de jolies choses pour cette nouvelle vie !

le 02/06/2014 à 13h08 | Répondre

youyou

Bonsoir,
je m’appelle Youyou et j’ai 22 ans. Je suis enceinte de 8 mois et demi. J’ai annoncé ma grossesse à 1 mois et demi!? Je vais avoir une petite fille que je vais l’appeler Camille. Le papa a très bien réagit quand je lui ai annoncé ma grossesse!! Mais, mon père et ma mère n’ont pas très bien réagis parce qu’ils me trouvent un peu trop jeune.
Bisous à vous, et bon courage!!!!

le 19/10/2014 à 23h52 | Répondre

Louna

Toutes mes félicitations, Mme Biologie ! 🙂

Quel stress de n’avoir pas eu ton mari à tes côtés au début, heureusement que ta maman était là. Je me souviens que c’était une des (milliers) de choses qui me stressait le plus : me sentir toute seule et perdue sans le futur papa à mes côtés pour m’épauler. Même si finalement, avec le recul, je sais bien que le papa ne peut pas faire grand chose, hormis apporter un soutien psychologique. Mais mon mari était plutôt désemparé devant ma douleur en fait….

Mais dans ton cas, comme te l’a dit la sage-femme, finalement, ton corps l’a attendu bien sagement avec de passer aux choses sérieuses ! 😉

Encore toutes mes félicitations pour votre petit garçon, arrivé à point, entre vos 2 mariages !

le 10/12/2014 à 10h32 | Répondre

Lulu

Bonjour je encinte de 34 semaines de grossesse et je mal dos et aussi les je vait plutot o wc ts les 10 de min se normal ou pas espliquier moi je att votre repend merci?

le 05/07/2016 à 18h34 | Répondre

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